Chapitre 9

 

 

                                   Un soleil radieux pénétrait dans le salon privé d’Elany Sumo. Eugenia et Mirabelle étaient assises dans le canapé en velours vert. La Reine préférait rester debout devant la fenêtre. Elany faisait les cent pas. Un coup à la porte les fit sursauter.

 

— Entré parvint à murmurer Elany.

 

            Le Capitaine Sylen d’Ascort fit son entrée en compagnie de deux jeunes filles, de deux garçons et d’une panthère. Mirabelle et la Reine eurent un recul de peur.

 

— Vous auriez pu vous abstenir de faire rentrer cet animal, Capitaine.

 

            Sylen eut un sourire d’excuse.

 

— Sheba n’est pas dangereuse, Majesté ! répondit le jeune homme près du Capitaine.

 

            Il observa consciencieusement toutes les personnes présentes. Les Sorcières ressentirent le pouvoir qu’il détenait.

            Un frisson glacial les parcourut. Il stoppa son regard sur l’autre femme debout à part la Reine. Il s’approcha d’elle et tendit la main.

 

— Je me nomme Sethsuno Mudo, Lady Sumo.

 

            Elany regarda chaque détail de son visage. Le menton volontaire, les pommettes hautes et surtout les yeux ressemblaient à Rhys.

 

— Tu lui ressembles un peu, murmura-t-elle en lui serrant la main.

 

            Elle reprit pour elle-même « et son sourire ». La Reine Elayne présenta les Sorcières de Tar Valon et Sethsuno fit de même pour ses amis. Ensuite, Elany les pria de s’installer. Par plaisir, Zell s’assit près de Mirabelle qui eut un geste de recul à son égard.

 

— Je suppose que vous êtes au courant que les incendies qui ont eu lieu voilà 7 ans, sont l’œuvre des Lynos.

 

            Elany et les autres hochèrent la tête.

 

— De Darinos, aussi les informa également Elany. Les Lynos lui obéissent. Je ne comprends pas pourquoi, ils nous attaquent.

 

— D’après Seth, ils seraient à la recherchent de quelque chose. J’ai le souvenir d’avoir été sonder, chuchota Fujin.

 

— Moi aussi, avoua Zell.

 

— Et toi, Sethsuno ?

 

            Le jeune homme eut un léger sourire dur.

 

— Je l’ai rejeté.

 

— Comment as-tu pu le faire ? Il est impossible d’échapper à ce sondage, s’exclama Elany.

 

            Il haussa les épaules.

 

— Je ne sais pas. Quand j’ai senti son esprit dans le mien, je lui ai dit de s’en aller avec violence.

 

            Eugénia se redressa en se tordant les mains angoissées.

 

— Tu ne peux qu’être qu’un démon tout comme eux ! s’écria-t-elle.

 

            Sethsuno reçut cette phrase de plein fouet. Fujin lança :

 

— Vous délierez ma parole ! Il est hors de question qu’on vous laisse traiter notre ami de la sorte.

 

            Les autres hochèrent la tête. À cet instant la porte s’ouvrit.

 

— Je t’ai dit que je recevais. Pourrais-tu m’obéir pour une fois, Alia ? cria Elany en colère contre sa fille.

 

            La jeune fille l’avait complètement oublié et elle eut un geste de recul en entendant la fureur qu’Elany ressentait. Des larmes montèrent à ses yeux. Elle eut beaucoup de mal à les contenir.

 

— Je suis désolée.

 

            Sethsuno se tourna vers la jeune fille et la reconnut. Elany reprit :

 

— Alia, sors d’ici ! Cela ne te concerne pas. Va-t’en !

 

            Alia ne put se retenir plus longtemps. Elle faisait demi-tour, quand une main l’agrippa. Elle leva son regard humide et croisa de magnifiques yeux bleus.

 

— Ne parlez pas à Alia de cette façon.

 

            Elany offusquée répliqua :

 

— Je parlerai à ma fille comme je le veux. De quel droit ? Te….. Te permets-tu pour me donner des ordres ?

 

            Sethsuno lui lança un regard noir. La Reine en fut pétrifiée d’effroi. Elany eut du mal à avaler sa salive. Quant aux Sorcières, elles n’en menaient pas large.

 

— J’ai horreur que l’on fasse de la peine à mes amis. Alia en est une. De plus, elle est concernée par cette histoire. Elle est votre fille adoptive, Elany. La seule personne qui lui reste à chérir. Croyez-vous que les tentatives d’assassinats à votre encontre l’ont épargnée ?

 

            Elany baissa la tête, honteuse. Alia essuya ses larmes et se rapprocha légèrement du jeune homme. Eugénia observa la scène en silence avant de déclarer.

 

— Elany ! C’est de ce jeune homme dont il te faut te méfier. C’est à cause de lui que tu perdras ta fille.

 

            Toutes les personnes présentes se tournèrent à la fois vers Eugénia et les deux jeunes gens.

 

— De quoi parlez-vous à la fin ? demanda la Reine.

 

            La Sorcière reprit son souffle et reprit :

 

— Il y a 3 ans, j’ai prévenu Elany qu’un garçon étrange charmerait sa fille. Il se trouve que ce garçon est Sethsuno Mudo.

 

            Elany réagit alors et envoya une onde de choc contre Sethsuno qui fut aussitôt renvoyé à l’envoyeur. Elany tomba à genoux sur le sol carrelé. Le Capitaine Sylen l’aida à se redresser.

 

— Vous voyez qu’il est dangereux.

 

            Sethsuno allait répliquer, mais Alia prit la parole en premier.

 

— Ne soyez pas stupide, Eugénia ! Vous êtes une Sorcière et vous n’êtes même pas capable de savoir qui a répliqué à l’attaque.

 

            La Sorcière Eugénia se mit à trembler d’horreur. Deviendrait-elle trop vieille ? Sa magie baisserait-elle ?

 

— Alia comment as-tu osé frapper ta mère ?

 

            Le regard de la jeune fille se durcit et observa la Reine sans peur.

 

— Elany est une bonne magicienne, alors elle aurait dû sentir que Seth ne me veut aucun mal.

 

                       

            Un coup à la porte empêcha la Reine de répliquer. Elany s’appuya un peu plus contre le Capitaine Sylen. Un garde pénétra dans la pièce sans attendre.

 

— Majesté ! Galbadia vient de nous envoyer un message.

 

            Il semblait essoufflé.

 

— La Reine Astrid nous informe que des troupes se forment partout. La chef suprême, Dame Amelyn annonce qu’une guerre terrible contre les ténèbres va bientôt avoir lieu. Elle dit aussi de faire attention aux évanescents. Ils sont de retour.

 

            La Reine porta une main à son front, terrifié.

 

— Euh… Majesté. Il y a également un message pour Sethsuno Mudo.

 

            Celui-ci se secoua et s’approcha du garde.

 

— Quel message ?

 

            L’homme attendit un signe de la Reine.

 

— Il vient de Seifer Almasy. Il dit « Euh… Mission accomplie auprès de la Princesse Miliana. Grand danger tourne autour de nous, mais en particulier pour toi, Seth. Alyssa Mudo nous a raconté qu’on avait souillé la tombe de ton père et vidé celle de ta mère. Nous allons essayer de te rejoindre le plus rapidement possible. Seifer. »

 

—  "Souiller la tombe de mon père ! Qui avait osé faire cet acte aussi criminel."

 

            Sethsuno ferma les yeux horrifiés. Seuls restaient ses amis dans la pièce. Il y avait urgence. La Reine était partie préparer ses troupes. Les Sorcières en conciliabules se demandaient si elles devaient appeler les autres à la rescousse. Zell assit sur le canapé, la tête entre les mains répétait sans cesse.

 

— Des évanescents ? Qu’est-ce que c’est ? Des monstres.

 

            Alia faisait les cent pas de rage tout en marmonnant.

 

— Mon Dieu ! Ces Sorcières sont stupides, stupides, stupides. Pourquoi ont-elles offert l’île de l’enfer à Darinos ?

 

            Sethsuno regardait l’effervescent dans la cour d’entrée du Palais. Les gardes couraient dans tous les sens. Un sourire dur étira ses lèvres. Cette immense ville n’avait plus connu de guerre depuis près de 3000 ans, tout le contraire de Galbadia. Le jeune homme soupira de colère.

 

— De quoi parles-tu, Alia ? Qui est ce Darinos ? demanda brusquement Selphie.

 

            Seth se tourna vers ses amis et fixa la fille d’Elany Sumo. Celle-ci haussa les épaules de façon peu certaine.

 

— Darinos est un Lynos et le chef de beaucoup de démons. J’ai appris récemment que quelques années plutôt, les Sorcières ont offert à Darinos une île qu’il réclamait en échange de disparaître de la région.

 

 

                                   Des bruits de lutte retentirent dans le couloir. Quistis sortit son fouet de dessous de son oreiller et descendit de son lit en quatrième vitesse. La porte s’ouvrit avec violence. Un Trolloc se retrouva face à elle. De surprise, Quistis recula et faillit tomber, mais parvint à se rattraper au dossier d’une chaise.

 

Le Trolloc bafouilla quelques mots dans sa langue et s’élança vers elle. Il leva l’énorme marteau qu’il tenait en main. Quistis hurla et s’éjecta en travers du lit pour se retrouver hors de portée. Celui-ci stoppa net surpris. Il la chercha du regard. Dès qu’il l’aperçut, il poussa un cri de guerre et fonça à nouveau sur elle.

           

            Seifer se débarrassa du corps encombrant tombé sur lui. Il se releva d’un bond pour tuer un autre Trolloc qui apparaissait dans le couloir. Les gardes de la Reine ne savaient plus où donner de la tête. Des milliers de monstres avaient envahi Galbadia sans que personne ne s’en aperçoive. De quelle manière étaient-ils arrivés ? Pourquoi aucune autre Contrée ou rumeur ne les avaient prévenus ? Les citadins devaient se débrouiller seuls, car tous les soldats se trouvaient piégés dans le château.

 

            Seifer espérait que la Reine était en sécurité. Un éclair apparut dans ses champs de vision. Dame Amelyn se débrouillait du mieux qu’elle pouvait. Seifer embrocha de nouveau un autre Trolloc. Puis couru aussi vite que possible vers la chambre de Quistis. Il espérait que Raijin et Irvine se trouvaient en sécurités. Il n’avait pas le temps de s’occuper d’eux.

 

            À une embouchure, il s’arrêta indécis. « Mince, c’est lequel tournant déjà ! » Il tourna à droite et fut arrêté dans son élan par un homme habillé de noir. Il ne pouvait pas voir son visage encapuchonner. Seifer ressentit la haine de l’individu. Le démon releva la tête et le jeune homme ne put retenir une exclamation. Une tête d’humain d’un blanc pure avec deux cavités d’un noir absolu à la place des yeux. L’évanescent ou le Mydrall leva son épée d’un noir de jai et Seifer eut beaucoup de mal à avaler sa salive.

 

            Irvine avait beaucoup de mal à se débarrasser des Trollocs. Heureusement, Raijin était venu lui donner un coup de main. Il était vrai qu’ils connaissaient tous les deux un peu de magie, mais pas aussi puissant que ceux de Sethsuno. Raijin songeait que Fujin arriverait mieux à se défendre que lui. Il essaya tout de même d’envoyer une onde de choc. Cela leur permit de vivre plus longtemps.

 

            Quistis desserra son fouet autour du cou du monstre et s’échappa par la porte. Des cris, des hurlements horribles, d’agonies s’étendaient à travers tout le château. Il fallait à tout pris qu’elle rejoigne Seifer. Elle se mit à courir comme une folle dans les couloirs, parsemés de cadavres. Un instant, elle s’arrêta et observa le corps disloqué à côté d’elle. C’était Robert Almasy. Il avait eu la colonne vertébrale brisée et… « oh, mon dieu ! on lui avait arraché les yeux ».

 

            Elle eut un hoquet et s’empressa de fuir ce lieu. Elle finit par entendre une rumeur. Elle déboucha dans un autre couloir, plus grand. Des gardes hurlaient de rage. La Reine Astrid était morte, assassinée de façon épouvantable par un Mydrall.

 

            Une autre rumeur lui parvint également. Les Trollocs prenaient la fuite. Les gardes les pourchassèrent. Quistis se rendit compte qu’elle pleurait. Elle essuya de rage ses larmes et partit de plus belle à la recherche de Seifer.