Chapitre 8

 

 

                        Alia s’amusait à essayer de semer Elany, mais sans grand succès. Elany était trop maligne. Comme à son habitude, Elany Sumo s’arrêta devant l’étalage de Mylène, l’herboriste et la jeune fille admira les nouvelles collections de vêtements que proposait à chaque fois, la vendeuse en face de Mylène. Alia trouvait les robes un peu trop voyantes et osées. Elle en fit vite le tour. Elle regarda sa mère, mais celle-ci discutait toujours avec l’herboriste.

 

            Alors avec un haussement d’épaules lasses, elle se dirigea vers l’étalage suivant, qui présentait des bijoux. Elle était tellement fascinée qu’elle ne le vit pas arriver et le bouscula violemment. Avec un petit cri de surprise, elle perdit l’équilibre et serait tombée si une main secourable ne l’avait pas rattrapé avant. Cette main qui s’attardait à quitter la sienne. Alia leva les yeux et croisa un magnifique regard bleu. Le jeune homme la dépassait d’une bonne tête, mais il était plutôt mince et beau. Elle était unanime. Un sourire étirait des lèvres séduisantes. La jeune fille se sentit rougir. Il prit enfin la parole d’une voix grave et envoûtante.

 

— Est-ce que vous allez bien ?

 

            Elle réussit à hocher la tête. Un rire retentit.

 

— Auriez-vous perdu la langue ?

 

— Non, parvient-elle à murmurer d’une voix cassée ?

 

— Ah, enfin ! Je suis désolé de vous avoir bousculé ainsi. Je ne regardais pas devant moi. Je faisais un sermon à mon ami Sheba.

 

            La jeune fille fut surprise par ses paroles. Elle baissa la tête et aperçut la panthère. Elle eut un sursaut de peur et se rapprocha involontairement du garçon.

 

— N’ayez pas peur, elle n’est pas méchante.

 

            Alia observa à nouveau l’animal et tendit la main pour la caresser quand un appel se fit attendre.

 

— Alia ? Alia ? Dépêche-toi ?

 

            Alia recula d’un pas et jeta un nouveau regard vers le jeune homme. Elle lui offrit un sourire timide. Il comprit aussitôt.

 

— Au revoir, jolie Alia.

           

            Un nouvel appel presse se fit entendre. La jeune fille jeta un regard à sa mère qui s’impatientait. Elle regarda de nouveau devant elle, mais le jeune homme avait disparu. Elle fouilla la foule, mais aucune ne trace. Elle soupira furieuse contre elle-même.

 

            Elle ne connaissait même pas son nom, alors que lui si. Elle se dirigea vers Elany qui la fixait bizarrement. Tout en se dirigeant vers le château, elle réagit alors « Je connais le nom de la panthère et un homme se promenant avec ce genre d’animal ne doit ne pas courir les rues, songea -- elle ».

 

 

                        Selphie cogna la porte de la chambre des garçons avec force. Quelqu’un finit par lui ouvrir. Le sourire de la jeune fille disparut.

 

— Seth est-il là, Zell ?

 

            Le jeune homme soupira exaspéré.

 

— Non, Selphie. Il n’est toujours pas rentré.

 

            Zell sortit de la pièce et ferma la porte à clé. Il se tourna vers la jeune fille.

 

— Viens, les autres nous attendent pour manger.

 

            Selphie le suivit, la tête baissée désappointée. Arrivée à la moitié des marches, elle entendit la voix de Zell.

 

— Regarde, Selphie ! Seth est avec le Capitaine.

 

            La jeune fille l’observa à la dérober. Son cœur battait toujours la chamade quand elle le voyait.

 

— Il semblerait que notre ami à la tête dans la lune émit en riant Ward en montrant Sethsuno à Zell.

 

            Celui-ci s’installa à côté de son ami et s’exclama :

 

— Eh ! Oh ! La lune, tu m’entends Seth.

 

            Le jeune homme sursauta violemment et porta sa main à son front. Il regarda ébahi les autres qui s’esclaffés. Seule, Selphie ne riait pas et les doutes à son sujet grandissent en Sethsuno. Le Capitaine Sylen posa la main sur l’épaule de son ami.

 

— À qui pensiez-vous, Sethsuno pour oublier vos amis.

 

            Il fut surpris de le voir légèrement rougir et embarrassé. Selphie sentit une petite morsure de jalousie l’envahir. Le jeune homme fit un geste évasif et changea de conversation.

 

— Avez-vous pu rencontrer la Reine ?

 

            Avec un dernier petit sourire, Sylen répondit à la question.

 

— Oui. Elle nous attend demain en milieu de matinée… Euh ! … J’ai également eu le plaisir de rencontrer Elany Sumo. Je tiens à vous prévenir que deux Sorcières de Tar Valon se trouvent également au château.

 

            Sethsuno haussa simplement les épaules.

 

— Nous nous en accommoderons.

 

 

                        Alia Sumo pénétra dans sa chambre comme une folle. Sa servante attirée sursauta de surprise. Depuis un certain temps, il était rare qu’elle aperçoive sa jeune maîtresse sourire ou d’être joyeuse. Alia s’écroula sur son lit et poussa un petit cri de plaisir.

— Que vous arrive-t-il, Milady ?

 

            La jeune fille se redressa sur un coude et regarda sa servante.

 

— Je suis simplement contente, Tania. As-tu déjà succombé à un magnifique regard.

 

            Tania émit un petit rire.

 

— Oh oui, Milady ! C’était celui de mon fiancé.

 

            Alia s’assit et posa sa tête entre ses mains, elle soupira.

 

— Des yeux bleus ! J’ai cru que j’allais me noyer dedans.

 

            Tania s’approcha de sa maîtresse et amie également.

 

— À ce point-là ! … Comment l’avez-vous connu ?

 

            Alia leva les yeux vers sa servante.

 

— Sur le marché ! Je l’ai bousculé. Mais je n’ai pas eu le temps de savoir comment il s’appelait.

 

— Une histoire qui finit trop vite.

 

            La jeune fille secoua la tête.

 

— Non, je ne veux pas. Écoute, Tania ! Il voyage avec une panthère, avoua Alia les yeux brillants.

 

            Tania sourit à son tour.

 

— Évidemment, cela ne court pas les rues.

 

            La servante réfléchit un instant avant de proposer.

 

— Je peux demander à Gus de se renseigner dans les auberges. Vous êtes d’accord ?

 

            Alia prit les mains de son amie.

 

— Vrai ? … Il ne faut pas que Elany soit au courant. D’accord ?

 

 

                        Le repas était délicieux bien que Sethsuno avait toujours la tête ailleurs. Cela amusait ses amis qui en profiter pour se moquer gentiment de lui. Le jeune homme resta avec eux un certain temps avant de prendre congé. Il voulait prendre un peu l’air. L’aubergiste le voyant se diriger vers la sortie le rattrapa aussitôt.

 

— Sir ! Excusez-moi de vous importuner, mais il me semblait logique de vous prévenir.

 

— De quoi s’agit-il ?

 

— Un homme pose des questions à votre sujet. Enfin, il voulait savoir si nous connaissions un homme avec une panthère.

 

            Surpris, Sethsuno ouvrit la porte de l’auberge, puis demanda encore :

 

— Cela fait-il longtemps ?

 

— Non, cinq minutes pas plus.

 

            Le jeune homme sortit rapidement et regarda autour de lui. Il aperçut une ombre un peu plus loin et décidé de la suivre. C’était un homme plutôt maigrichon. Sethsuno l’interpella. Méfiant, l’homme porta la main à son pantalon où se trouvait sa dague.

 

— Que voulez-vous ?

 

            Sethsuno se rapprocha un peu pour être en pleine lumière.

 

— C’est plutôt à moi de vous le demander.

 

            L’homme le regarda un instant un peu bête, puis comprenant, relâcha sa pression sur la manche de ça dague.

 

— Écoutez, je m’appelle Gus porter. Je travaille aux écuries de la Reine Elayne. Ma fiancée m’a gentiment demandé de me renseigner pour connaître votre nom. C’est tout !

 

            Sethsuno porta sa main à son front.

 

— Pourquoi voulait-elle le connaître ?

 

            L’homme plus confiant se rapprocha.

 

— C’est sa jeune maîtresse qui lui a demandé.

 

            Gus réfléchi un instant, puis fait :

 

— Le mieux serait que vous rencontriez directement cette personne.

 

— C’est possible ?

 

            Gus lui fit signe de le suivre. Ils traversèrent les rues sombres de la ville silencieuse. Ils longèrent un petit moment le mur d’enceinte et Gus appuya sur une pierre du mur. Un bruit retentit et une ouverture apparut.

 

— Attendez-moi ici. Je n’en ai pas pour longtemps.

 

            L’homme s’engouffra dans le passage. Sethsuno regarda autour de lui puis s’appuya contre le mur, les bras croisés.

 

            Alia n’arrivait pas à dormir. Elle se sentait trop énervée. La porte s’ouvrit doucement. Alia ferma les yeux pour faire croire qu’elle dormait.

 

— Milady ! Milady !

 

            Alia se redressa aussitôt.

 

— Tania ! Qu’y a-t-il ?

 

            La servante rapporta des vêtements.

 

— Habillez-vous vite ! Gus a fait du très bon travail. Il a trouvé le beau regard bleu avec une panthère.

 

            Alia lui adressa un chaud sourire.

 

— C’est vrai ! Alors comment s’appelle-t-il ?

 

            Tania lui tendit ses affaires et répliqua :

 

— Vous n’aurez qu’à lui demander vous-même.

 

                        Gus lui montra le chemin qu’il fallait prendre. En récompense, elle l’embrassa sur la joue et lui offrit la pièce. Le couloir du passage secret était trop sombre pour courir, mais cela ne l’empêcha pas de marcher vite. Sethsuno entendit des pas s’approcher. Alors, il se redressa s’entendant à voir apparaître Gus. Au lieu de cela, il aperçut la plus jolie nymphe de Esthar. Intimidée tout à coup, elle s’arrêta nette au niveau de la porte. Sethsuno sourit et lui tendit la main.

 

— On dirait la jolie Alia du marché.

 

            Rougissante, elle posa sa main sur la sienne. Il reprit :

 

— Je suis très content de te revoir, jolie fille.

 

            Il souleva sa main et embrassa la paume. Alia frissonna à ce contact. D’une voix douce et un peu effrayée, elle avoua :

 

— Moi aussi, je suis heureuse de faire ta connaissance, euh…

 

— Sethsuno.

 

            Elle leva vers lui un regard surpris.

 

— Mon prénom est Sethsuno.

 

— Oh ! Oh ! Mmh ! Il est très beau.

 

            Le jeune homme éclata de rire. Éberluée, elle le regarda puis, elle s’esclaffa à son tour. Sethsuno lui prit la main et l’attira plus près de lui. Il se mit en marche. Elle le suivit sans hésitation.

 

— Ton amie Sheba net pas venue avec toi ?

 

— Non, je l’ai laissé auprès de mes amis.

 

            Elle se tourna vers lui tout en marchant en arrière.

 

— Sais-tu qu’il est très dangereux de se promener la nuit ?

 

            Le jeune homme marchait d’un pas tranquille en regardant les étoiles. Alia s’amusait à l’observer. Il avait un nez aquilin et des pommettes hautes. La forme de ses yeux faisait penser à des amandes. Sa bouche était mince et semblait douce, mais pouvait se durcir à tout moment.

 

— Je sais, mais à quoi servirait d’être libre si nous nous arrêtons au fait du péril qu’il peut y avoir dehors la nuit

 

            Il baissa son regard bleu vers ceux couleurs chocolat de la jeune fille.

 

— Dans mon village natal, les habitants disaient que j’étais une personne non fréquentable et pourtant, j’ai de nombreux amis, c’est étrange.

 

            La jeune fille s’écria :

 

— Je crois que ces villageois étaient simplement stupides et jaloux. Il ne faut pas faire attention à eux. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent à être bête.

 

            Sethsuno leva sa main libre et effleura la joue satinée de la jeune fille.

 

— Merci ! Il est rare d’être défendu de la sorte.

 

            Alia baissa la tête gênée.

 

— Je ne sais pas ce que l’on peut ressentir d’être rejeté par plusieurs personnes. Mais je crois qu’à ces moments-là, il est préférable d’avoir de bons amis.

 

            Le jeune homme serra la main d’Alia un peu plus fort et avec tendresse. Il s’arrêta et murmura :

 

— Nous devrions faire marche arrière maintenant. Il commence à se faire tard.

 

            Elle hocha simplement la tête. Ils reprirent la route en sens inverse.

 

— Comment es-tu devenu ami avec une panthère ?

 

            Sethsuno se mit à rire.

 

— Sheba n’est pas une véritable panthère. Elle a subi une mutation génétique.

 

            Alia le regarda bouche bée.

 

— Une quoi ?

 

— Une mutation génétique… Je l’ai choisie dans une portée de chat domestique. Ensuite partout où j’allais, je l’emmenais. Je précise que je vivais dans un orphelinat au milieu d’une immense forêt.

 

— Je suppose qu’il y avait beaucoup de danger dans cette forêt, demanda Alia avec le sourire.

 

— Oui assez, j’ai appris à observer les monstres qui peuplaient la forêt. Sheba s’est retrouvée en mauvaise posture et s’est fait mordre. J’ai utilisé mes pouvoirs sur elle. Cela a réussi, mais un effet secondaire s’est produit.

 

            Ils arrivaient bientôt au passage secret.

 

— Elle a grandi et elle est devenue une superbe panthère, finissant à sa place Alia. Il vaut mieux cela qu’un horrible monstre, plein de pustules.

 

            Elle fit la grimace tout en disant ses paroles. Sethsuno ne put s’empêcher de rire.

Tania arriva sur ces entre faits.

 

— Milady ! Il est temps de rentrer.

 

            Elle attendit que la servante se soit éloignée, pour lever les yeux vers Sethsuno.

 

— Je crois qu’on doit se dire au….

 

            Le jeune homme ne la laissa pas finir sa phrase. Il l’attira contre lui et il l’embrassa. D’abord surprise, elle ne réagit pas. Mais elle sentit bientôt tout son corps s’embraser. Elle entoura le cou de Sethsuno de ses bras et répondit avec autant de passion au baiser. Quand il releva la tête, il était à bout de souffle. Alia posa son front sur le torse du garçon. Il lui caressa ses cheveux noirs.

 

— Ne t’inquiète pas, jolie fille. Nous nous reverrons.

 

            Elle leva la tête, les larmes coulant le long de ses joues. De ses pouces, il les essuya.

 

— Ce ne sont pas des paroles en l’air, Alia.

 

            Il pencha son visage vers le sien et lui baisa tendrement le coin de ses lèvres. Puis, il fit demi-tour et s’enfonça dans la nuit.

 

 

                        Miliana finit par leur avouer qu’elle se sentait observer jour et nuit. Souvent par Mildred, mais d’autres fois, elle ne savait pas par qui. Elle leur raconta toutes les scènes que la fontaine lui avait montrées. Une image retient l’attention de Dame Amelyn. Celle-ci représentait deux hommes monstrueux et une femme.

 

            Miliana la décrivit du mieux qu’elle put. Pour une fois, Seifer bénit son grand-père. Robert Almasy reconnut la femme à la description qu’en fit la Princesse. Avant qu’il ne reniât son fils Ticky, celui-ci était venu passer quelques jours de vacances avec ses meilleurs amis Rhys. Ticky avait demandé l’autorisation à son père, si son ami pouvait amener sa fiancée.

 

— J’ai accepté bien évidemment. Rhys était un garçon sérieux. Il est arrivé deux jours plus tard avec sa future femme.

 

            Seifer s’exclama aussitôt.

 

— Vous insinuez que la femme vue par la Princesse serait Brenda Mudo, la mère de mon meilleur ami ?

 

            Robert Almasy ne menait pas large devant la fureur de son petit-fils. La Reine Astrid s’écria :

 

— Jeune homme ! Veuillez vous calmer !

 

            Seifer respira à fond pour essayer de redevenir serein. Quistis lui toucha le bras.

 

— Seifer, l’habit ne fait pas le moine. Pourquoi Sir Robert mentirait-il ? Il semble qu’il appréciait plus Rhys que ton père.

 

            Seifer se mit à réfléchir. Raijin qui parlait rarement demanda :

 

— Êtes-vous sûre, Sir Robert que cette femme serait Brenda Mudo ?

 

            Le Duc se sentit offensé, mais répondit tout de même.

 

— Oui, je suis sûre. Il est vrai que cette femme était très belle, mais je me suis toujours demandé comment un garçon comme Rhys avait pu choisir ce genre de femme.

 

— Que voulez-vous dire Sire ? interrogea Dame Amelyn.

 

— Elle, elle respirait la méchanceté.

 

            Le Duc regarda son petit-fils.

 

— Je sais ce que tu penses de moi, mon garçon. J’ai été furieux contre Ticky quand il est devenu lige et encore plus quand il a épousé une roturière. J’ai beau dire du mal de mon fils, le jour où j’ai rencontré cette Brenda, j’étais bien heureux, que ce ne soit pas ton père qui devait l’épouser.

 

Une voix de femme se fit entendre dans un brouhaha.

 

— Cette femme était le diable incarner.

 

            Toutes les personnes présentent dans la pièce se retournèrent. Des gardes essayaient de faire sortir cette hystérique. La Reine Astrid renvoya ses hommes. La jeune femme se redressa très droite, Sir Robert s’exclama :

 

— Alyssa Mudo ?

 

            Elle sourit.

 

— Sir Robert Almasy ! La dernière fois que je vous ai vu, oh !.... Remonte à loin maintenant.

 

            Elle fit la révérence à la Reine. Dame Amelyn s’écria :

 

— Vous êtes la tante du jeune Sethsuno.

 

            Alyssa la regarda.

 

— Oui et vous, la Sorcière de Tar Valon qui posait des questions sur mon neveu.

 

            Quistis s’exclama alors :

 

— Oui, je me souviens. Vous avez accompagné Seth jusqu’à l’orphelinat. Je vous avais entre aperçus.

 

            Alyssa repoussa ses longs cheveux châtain en arrière.

 

— Oui, il avait insisté pour se rendre à cet orphelinat et à aucun autre.

 

            Elle se tut un instant, puis reprit tristement.

 

— j’avais espéré le trouver ici.

 

            Seifer s’approcha d’elle et la salua.

 

— Je suis Seifer Almasy, voici Quistis Trèpe, Raijin Lopez et Irvine Kiméas. Nous sommes tous des amis de votre neveu.

 

            Elle lui serra la main.

 

— Ravie de te connaître Seifer. Sethsuno où est-il ?

 

— À Esthar, il est parti à la recherche d’Elany Sumo.

 

            Alyssa les observa surprise.

 

— Elle est vivante !

 

            Des larmes de joie coulèrent le long de ses joues.

 

— Maudite Brenda !

 

— Que voulez-vous dire ?

 

— Mon frère croyait qu’Elany était morte. Je vais vous apprendre une chose sur mon frère, même Seth ne le sait pas.

 

            Elle s’approcha de la fenêtre.

 

— Pendant un temps, il fut envoûté par Brenda Finch. Ainsi fait, il rompit tout contact avec Elany. Mais un jour, il se réveilla et voulut quitter Brenda, mais il ne put jamais le faire.

 

            Alyssa essuya ses larmes et Quistis termina à fin.

 

— Rhys Mudo ne put quitter Brenda à cause de l’enfant qu’elle portait.

 

            Alyssa hocha la tête.

 

— Oui. Rhys était un homme bon. En apprenant sa paternité, il a accepté de jouer le jeu pour son fils. Seth n’a jamais su et vu. Rhys faisait tout pour faire de son fils, un homme loyal et honnête.

 

            Dame Amelyn s’exclama :

 

— Un homme ! Mais ce jeune garçon n’est pas humain.

 

            Alyssa se retourna furax.

 

— Taisez-vous Sorcière ! Je vous interdis de dire du mal de mon neveu. Sa mère est démoniaque, capable de tuer le propre chat de son fils par manque de câlin de celui-ci.

 

— Pardon ! murmura la Reine horrifiée.

 

— Seth adore les chats. Un jour, il avait ramené une chatte noire. Il la cajolait à tout bout de champ. Rhys en riait de le voir. Mais un jour, ils étaient partis plusieurs jours dans la montagne. Brenda en a profité. Elle était jalouse de ce chat. Tous les habitants le savaient. Nous avons retrouvé la chatte égorgée dans la forêt. J’ai fait croire à Seth qu’un animal sauvage en était responsable. Mais j’ai vu de mes propres yeux. Brenda essuyait un couteau de boucher taché de sang.

 

— Mon Dieu !

 

            Seifer n’en revenait pas de ces nouvelles peu réjouissantes.

 

— Pourquoi en parlait maintenant ?

 

            Alyssa haussa les épaules fatalistes.

 

— Au début, j’avais peur pour mon frère et pour Seth. Ensuite, je la croyais morte. Il y a un mois, je me suis rendue sur la tombe de mon frère. Il y avait quelque chose d’étrange. J’ai appelé le Maire de Shumy et il a ordonné que l’on déterre les deux cercueils. Celui de Brenda était vide. Celui de mon frère avait été souillé. Plus tard, il m’a semblé la voir et je ne suis pas la seule dans ce cas. J’ai peur pour Seth. Elle lui voue une passion débordante. J’ai peur qu’elle décide de le reprendre.

 

            Épuisée par ses révélations, Alyssa s’écroula sur une chaise, la tête entre les mains. Irvine s’agenouilla près d’elle.

 

— Vous allez bien, Milady ?

 

            La jeune femme releva la tête. Elle posa une main sur les cheveux du garçon.

 

— Merci, jeune homme de t’inquiéter à mon sujet. Pendant de longues années, j’ai vécu dans la terreur à cause de Brenda. Ensuite, malgré la perte de mon frère et de mon époux, j’étais contente que Seth soit libéré de sa mère. Maintenant, le cauchemar me hante de nouveau.

 

— Ne vous inquiétez pas ! Nous empêcherons que cette Brenda envoûte Seth.

 

            La Princesse fit à cet instant une révélation.

 

— Vous ne pouvez rien contre elle. Mais, je pense que la personne capable d’empêcher cet envoûtement est la jeune fille dont je vous ai parlé.