Origine1975

Petit message

Les histoires racontées avec leurs événements ainsi que tous les personnages sont tous imaginés par origine1975. Toute ressemblance avec des personnes existantes est fortuite.

 

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Origine1975

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18 juin 2018

Tome 8 : Chapitre 12

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Chapitre 12

 

         Pourquoi n’arrivait-il jamais à dire non à son grand-père ? Michio étira son corps mince aux muscles fins. Il soupira avec bruit. Carlin avait une exposition dans quelques jours. Il prétendait n’avoir personne sous la main pour l’aider à poser ses tableaux.

 

         Nael se trouvait dans la pièce arrière à obéir aux ordres directs de son papy. Michio grimaça. Papy Carlin adorait donner des ordres juste pour les ennuyer. Le garçon aperçut son reflet à travers une vitre. Il se troubla. Maintenant, plus que jamais, il ressemblait physiquement à Carlin. Il avait demandé à voir des photos de son grand-père plus jeune.

 

         Il n’y avait pas à dire. Carlin était son vrai père. Tous deux avaient la peau blanche. Les yeux noirs semblaient moins sombres pour le plus jeune et il n’avait pas hérité de la manie de Carlin de ne pas cligner des yeux, la plupart du temps. Michio avait également les cheveux très noirs et les avait coupés au raz des épaules en dégradé, comme son grand-père évidemment. 

 

         Michio haussa les épaules. C’était ainsi, il n’y pouvait rien. Il était même plutôt fier de ressembler à celui qu’il considérait comme son papy. Ses pères étaient Luce et Erwan et c’était tout. Le garçon se pencha pour prendre un autre tableau. Il monta ensuite sur l’escabeau pour l’accrocher. Il resta un instant à l’observer. Il représentait un paysage désertique. Il en ressentait la chaleur présente. 

 

         À cet instant, il sentit une main sûre poser sur ces fesses. Il sursauta et il se retourna d’un coup manquant de tomber. Dès qu’il retrouva sa stabilité, il foudroya d’un regard l’inconnu. 

 

         — Ça ne va pas la tête, imbécile. 

 

         Le nouvel arrivant d’une quarantaine d’années sourit, amusé. C’était un très bel homme, aux teints basanés, aux yeux noisette, et les cheveux bruns foncés. Il portait un costume trois-pièces comme une seconde peau. Michio ne pouvait s’empêcher de le trouver beau et sexy.

 

         — Désolé, mais c’était beaucoup trop tentant et ça n’a pas eu l’air de vous déranger plus que cela. 

 

         L’homme avait un léger accent italien. Michio haussa les épaules. Il n’avait jamais caché à qui que ce soit sa préférence sexuelle. Et même s’il n’avait que seize ans, il n’était déjà plus un saint. Le garçon rétrécit les yeux et lança :

 

         — Vous savez, je n’ai que seize ans. Vous pourriez avoir des ennuis. 

 

         L’homme émit un petit rire. Il fit un geste de la main comme si ce n’était rien. 

 

         — Mon garçon, la vie est bien trop courte pour s’occuper de ce genre de détail. 

 

         L’homme sortit un petit carton d’invitation. Il le tendit au garçon. Michio le prit. Il allait le lire, mais à cet instant, Carlin fit son apparition. Michio le rangea rapidement dans sa poche comme si de rien n’était. Carlin fronça les sourcils en apercevant l’inconnu. Il s’exclama :

 

         — Borghèse ? Que fiches-tu ici ? 

 

         L’homme se tourna tout sourire vers le peintre. Son arrière-grand-père avait été un fan incontesté de Carlin Oda. Il lui avait souvent demandé des tableaux très olé olé, voire très limites. À la mort de celui-ci et celui de son père, Armando Borghèse avait revendu les tableaux. Il en avait récolté une telle somme qu’il n’en était toujours pas revenu.

 

         Il avait voulu voir de lui-même à quoi ressemblait ce peintre. Alors, dès qu’une exposition avait lieu, il s’y rendait. Il n’avait pas les mêmes goûts que son grand-père, mais il reconnaissait le talent de l’artiste.

 

         — Est-ce ainsi que vous vous adressez à un futur client, signor Oda ?

 

         Carlin pinça les lèvres. Il jeta un coup d’œil vers son petit-fils. De quoi avait-il parlé avec cet homme ? Michio lui rendit son regard. Le peintre soupira. Il voudrait le mettre en garde contre ce Don Juan, mais il était certain que ce petit fripon n’en ferait qu’à sa tête comme à son habitude.

 

         — Borghèse, ma patience a des limites. 

 

         L’italien émit un petit rire. 

 

         — Je passais juste dans le coin. Une certaine vue m’a intrigué. J’ai cru un instant que vous aviez rajeuni. 

 

         Carlin se troubla un instant. Il jeta un autre coup d’œil vers son petit-fils. C’était vrai pour la ressemblance. L’homme s’amusait. Mais, il reprit son sérieux.

 

         — Non, je ne suis pas passé juste par hasard. Je voulais juste savoir si vous étiez au courant pour la drogue. 

 

         Carlin fronça les sourcils. 

 

         — De quoi vous parlez ? 

 

         — Depuis plus de deux mois, il y a des suicides dans mon pays. Ils ont tous un point commun. On retrouve de la drogue rouge du dragon, mais elle est imparfaite. Elle est deux à trois fois plus violente que celle que vous avez connue. 

 

         Carlin blanchit. 

 

         — Merde !

 

         Michio fut surpris. C’était la première fois qu’il entendait son grand-père juré. Il le menaçait déjà assez souvent de lui faire avaler du savon chaque fois qu’il l’entendait injurier. 

 

         — Michio ? Va aider ton frère. 

 

         Le garçon descendit de l’escabeau. Il préféra obéir.

 

         — Ravi de vous connaitre signor Borghèse.

 

         — Moi de même. Peut-être nous reverrons-nous ? 

 

         Michio leva sa main en signe d’au revoir. Carlin croisa ses bras. Il grogna :

 

         — Ne tournez pas autour de mon petit-fils, Borghèse.

 

         — Allons, allons ! Ce garçon est assez grand pour décider de lui-même, Carlinou.

 

         — Vous n’allez pas sortir vivant d’ici si vous continuez à m’appeler ainsi.

 

         L’homme sourit à nouveau, nullement effrayé par la menace.

 

         — Que vous êtes susceptible ! Bon, je vous verrais à l’exposition. Je voulais juste vous informer pour la drogue. J’ai songé que cela pourrait vous intéresser.

 

         Nael n’en pouvait plus. Son grand-père était infatigable. Il l’avait mené à la baguette toute la matinée. Son frère avait eu plus de chance. Quand celui-ci arriva pour l’aider. Michio ne se gêna pas pour se moquer. Pouvait-il l’étriper ?

 

         Les deux garçons continuèrent toute l’après-midi également. Ils avaient mangé sur place. Renko avait eu pitié d’eux et il était venu avec un panier rempli de sandwichs pour ces trois gloutons. Pendant que les adolescents mangeaient, Carlin lui avait parlé de la visite de Borghèse et des révélations sur la drogue. 

 

         Renko lui promit d’en parler avec l’inspecteur Grandier. Celui-ci se renseignerait. Il s’échappa ensuite pour éviter d’être embarquer dans le déballage des tableaux. Carlin jura qu’il se vengerait sur son homme le soir même. 

 

         Il relâcha les deux garçons vers dix-neuf heures. Nael décida de rejoindre son père Erwan. Il aimait bien se rendre de temps en temps à la société. Son père lui enseignait tout ce qu’il devait savoir sur la gestion d’une entreprise. Nael appréciait fortement ce moment. Il avait ainsi son père pour lui seul.

 

         Michio ne s’intéressait pas le moins du monde de l’entreprise. Il préférait peindre même s’il n’y passait pas autant de temps que son grand-père. Il aimait également ennuyer son père Luce, cela n’avait pas changé en grandissant. Il aimait également écrire avec lui. Ça lui arrivait de temps à autre.

 

         Luce en avait été grandement surpris quand son fils lui avait demandé de faire une histoire avec lui. Luce ne l’avoua pas, mais il jubilait de joie. Même si parfois, il le regrettait. Combien de fois son fils lui avait fait monter les joues en feu ? Michio décrivait tout dans les moindres détails. Il ne se gêna pas le moins du monde à se moquer de son père d’être trop prude. 

 

         Michio abandonna son frère en cours de route. Il voulait se rendre dans un autre lieu. Il se rendait à l’adresse indiquée sur le carton remis par Borghèse. Il savait très bien pourquoi il y allait. L’homme l’avait signalé. La vie était bien trop courte pour jouer les rabat-joie. Il ne risquait rien. L’homme ne lui ferait rien de mal sinon son grand-père ne le laisserait pas y aller. 

 

         Son grand-père était loin d’être stupide. Michio aimait de temps à autre prendre du bon temps. Il avait perdu sa virginité depuis plus d’un an déjà lors d’une soirée entre jeunes. Nael aussi y était passé d’ailleurs. Mais, celui-ci n’avait pas récidivé. 

 

         Le quartier indiqué sur l’invitation était l’un des plus riches du coin. Il se rendit à pied jusqu’à l’hôtel cinq étoiles. Personne ne l’arrêta. Il savait où il se rendait et les employés s’en rendaient compte. Il prit l’ascenseur jusqu’au troisième étage. Il prit le chemin sur la droite et il sonna à la dernière porte. 

 

         Celle-ci s’ouvrit sur l’italien. L’homme s’était changé et il portait sur le dos une robe de chambre et son pantalon. Même ainsi, il dégageait un parfum sexy. Armando sourit au garçon. Il le laissa pénétrer dans la chambre.

 

         — Je suis ravie de vous revoir, jeune homme.

 

         — Avouez que vous saviez d’avance que je viendrais, signor Borghèse. 

 

         L’homme s’approcha très près de Michio presque à le frôler. Il posa une main sur la joue de celui-ci avant de la glisser sous le menton. Il souleva le visage vers lui. Il posa alors ses lèvres sur celle du garçon. Il les trouva absolument sexy surtout avec les deux piercings sur la lèvre inférieure. 

 

         Quand Michio put enfin reprendre son souffle, il sentait son corps en feu. L’homme savait embrasser. 

 

         — Je devrais prendre une douche avant. 

 

         L’homme secoua la tête. Il laissa glisser ses mains sur le corps en feu. Il caressa les fesses. Michio se troubla. Il perdait le contact avec la réalité. Armando n’avait pas envie de lâcher le garçon. Peut-être avait-il peur que celui-ci change d’avis en cours de route ? 

 

         Il prit grand soin à ce que le garçon ne puisse revenir sur terre avant de l’avoir dévorer de la tête aux pieds. Il le déshabilla petit à petit tout embrassant chaque partie découverte.

 

 Michio se laissa faire. Il n’avait pas honte de son corps ni des sensations qu’il pouvait recevoir. Armando devait bien reconnaitre que son jeune amant était plutôt doué. Car bien qu’il le dévora plus d’une fois, le garçon lui rendit tout autant son plaisir. Pour un peu, Armando regrettait de ne pouvoir le garder pour lui.

 

Quand finalement, il ne put se retenir plus longtemps, il se chargea de préparer convenablement le point sensible. Puis, il s’enfonça d’un simple coup de rien. Les deux hommes se laissèrent emporter par le désir. 

 

         Quelques heures plus tard, assis sur le lit, Michio se rhabillait après avoir pris une douche avec son amant d’un soir. L’italien, toujours nu, sous les couvertures, regardait le garçon.

 

         — N’as-tu pas quelqu’un dans ta vie, Michio ?

 

         Le garçon stoppa un instant, puis il se tourna légèrement vers l’homme. 

 

         — Si cela avait été le cas, je ne serais pas ici. 

 

         L’italien émit un petit rire. 

 

         — Tu sais, cela ne veut rien dire. Certains ont beau avoir quelqu’un, cela ne les empêche pas de fricoter de temps à autre ailleurs. 

 

         — Alors, ces individus n’en valent pas le coup. Ce n’est pas très correct envers la personne que vous prétendez d’aimer. C’est lui manquer de respect. 

 

         — Ah ! Si seulement, je pouvais te garder. 

 

         Michio se mit à rire à son tour. Il secoua la tête. 

 

         — Je n’aurais peut-être pas refusé si vous aviez vingt ans de moins. 

 

         — Mmmh ! Dois-je mal le prendre ? Où dois-je le prendre comme un compliment ?

 

         Le garçon se redressa pour fermer son pantalon. L’italien le dévorait du regard. Michio sourit amusé. 

 

         — De ma part, c’est un compliment. De toute façon, je ne suis pas fait pour vous, Borghèse.

 

         — Armando, s’il te plait. Qu’est-ce qui te fait croire ça ? 

 

         — Juste mon intuition. 

 

         Après avoir mis ses baskets, Michio attrapa sa veste. Il se dirigea vers la porte. 

 

         — Au revoir, Michio. Peut-être à une autre fois ?

 

         — Armando ? Vous savez très bien qu’il n’y aura pas une autre fois. Arrivederci !

 

         Michio se dépêcha de sortir de l’hôtel. Il jeta un coup d’œil à l’heure. Il fit la grimace. Il n’arriverait jamais à la maison avec le couvre-feu. La poisse ! Il allait encore subir le sermon éternel de son père. Bah ! Ce ne serait pas la première fois ni la dernière fois. 

 

         Nael se trouvait dans la bibliothèque quand son frère finit par rentrer. Le garçon secoua la tête en entendant la voix de son père Erwan. Il sourit. Il imaginait très bien la tête de son frère. Il devait faire comme s’il l’écoutait sérieusement avant de lâcher à son père qu’il devrait se lâcher un peu. 

 

         La porte s’ouvrit avec fracas. Nael regarda son livre voltiger quand il reçut de plein fouet son frère dessus. Celui-ci se mit à rire en entendant le soupir de son frère.

 

         — T’es malade, Michio ! Un de ces jours, tu vas m’éclater les côtes. 

 

         — Oh ! Pauvre chou ! Alors ? As-tu parlé avec Dan ? 

 

         Nael poussa son frère pour s’asseoir un peu mieux. Il haussa les épaules. 

 

         — Non, il devait être avec sa copine. 

 

         Michio observa son frère. Il secoua la tête. 

 

         — Pourquoi ne lui dis-tu rien ? Tu aimes Dan, Nael. Arrête de jouer à l’idiot et embrasse-le une bonne fois pour toutes. Tu sais très bien qu’il sort avec cette fille alors qu’il ne l’aime pas.

 

         — Qu’est-ce que tu en sais ? Il sort avec elle depuis six mois.

 

         — Parce que c’est un idiot. Ne me regarde pas comme ça ! J’ai raison. Il croit à tort que tu m’aimes. Merde ! Comment peut-il croire une chose pareille ?

 

         — Bah ! Il n’a pas tort. Je t’aime mon frère.

 

         Michio attrapa le livre sur le sol avant de frapper la tête de son frère avec. 

 

         — Banane ! Moi aussi, je t’adore Nael. Mais merde ! Il ne peut pas faire la différence entre l’amour entre deux frères et l’amour avec son âme sœur ?

 

         Nael s’étira un bon coup. La fatigue de cet après-midi commençait à se faire sentir.

 

         — C’est juste que nous ne sommes pas du même sang.

 

         — C’est de la connerie. Hans et Kaigan m’ont dit qu’ils avaient eu le même problème. Ah ! Ça fait chier !

 

         Nael se leva et il récupéra le livre à son frère. Il le rangea. Puis, il se tourna.

 

         — Je suis fatigué. Je vais me coucher.

 

         — Attends, je viens.

 

         Depuis presque trois ans maintenant, les garçons avaient leur chambre individuelle. Elles avaient été refaites selon le caractère des propriétaires. Celle de Michio avait eu le droit à un magnifique couché de soleil sur tout un pan de mur. Il avait aidé son grand-père à le faire. Le reste des murs avait été peint en blanc. La décoration restait dans les tons blanc et rouille. Apparemment, Michio affectionnait la couleur rouge dans tous les tons et particulièrement celle qui se rapprochait du roux. 

 

         Nael avait préféré un ton plus ensoleillé. Carlin et Michio lui avaient peint une mer calme avec le soleil en son centre faisant briller la mer de mille feux. Le reste était en jaune paille. Le mobilier lui se trouvait blanc nacré. C’est dans celle-ci que Michio entra. Il se jeta sur le lit de son frère avec plaisir. Il se mit à bâiller.

 

         — Qu’est-ce que tu fiches, Michio ? 

 

         — Eh bien ! Ça se voit non ? Je vais dormir avec toi.

 

         Nael se rendit dans la salle de bain. Il attrapa un caleçon propre et le balança sur son frère. Celui-ci se mit à rire.

 

         — Fais ce que tu veux, mais tu te mets un calbute !

 

         — Pudique ! 

 

         — Je ne le suis pas, je suis juste correct.

 

         Michio fila dans la salle de bain riant de plus belle. Il avait pris la mauvaise habitude de son grand-père de ne pas mettre de caleçon sur son pantalon. Les seules fois où il en mettait un, c’était à l’école et quand il dormait avec son frère. 

 

         Nael se trouvait déjà entre les draps quand Michio le rejoignit. Il se serra contre son frère. Il n’y avait pas d’attirance entre eux. Ils se considéraient réellement comme des frères. Pourquoi les autres ne s’en rendaient-ils pas compte ? Stupide Dan ! songea Michio. 

 

         — Alors ? Comment était l’homme avec qui tu étais, Michio ?

 

         — Mmh ! Très doué. Je dirais plutôt dangereux aussi. 

         

         Nael frissonna. Michio s’en rendit compte.

 

         — Tu n’as rien à craindre, Nael. C’était juste une fois. Je ne le verrais plus. Je fais très attention et je ne choisis pas n’importe qui. 

 

         — Je sais, Michio. Ce serait bien que tu trouves la bonne personne. Je m’inquiéterais beaucoup moins ainsi. 

 

         — T’es un ange, Nael. Mais, je peux dire la même chose pour toi. Si vous pouviez arrêter de m’inquiéter Dan et toi, vous seriez gentil. 

 

         Nael bâilla à s’en décrocher la mâchoire. 

 

         — Ça, ce n’est pas gagné, gagné.

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17 juin 2018

Tome 8 : Chapitre 11

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Chapitre 11

 

 

Un infirmier lui avait amené du linge afin qu’Erwan puisse se changer. Il eut aussi la possibilité de prendre une douche afin de se réchauffer. Ensuite, il patienta assis sur un siège dans le hall d’entrée. Les enfants avaient été pris en charge afin de subir quelques examens afin de s’assurer que tout allait bien. 

 

Le plus préoccupant était Michio. Il avait reçu beaucoup de coups violents. Il y avait également le coup à la tête dû à sa chute dans l’eau. Les coudes sur les genoux et la tête dans ses mains, Erwan ne vit pas arrivée la petite troupe. 

 

Ce fut l’appel de son nom qu’il se redressa d’un bond. Il eut juste le temps de se retenir en recevant Luce dans les bras. Il serra son compagnon contre lui. Renko et Carlin se trouvaient également présents. Erwan croisa le regard de son beau-père. Celui-ci n’aimait pas être dans un hôpital, mais quand c’était un proche, il en oubliait sa peur.

 

— Où sont mes bébés, Erwan ?

 

L’homme reporta son attention à son compagnon. Il lui déposa un baiser sur le front. 

 

— Ils sont avec le docteur Carmichael. Nael ne voulait pas quitter Michio.

 

— Que s’est-il passé, Erwan ? demanda Carlin d’un ton ferme. 

 

Erwan grimaça. Il aurait voulu passer sous silence pour Michio. Mais, ce ne serait pas juste. Il devait être mis au courant. Alors, il raconta tout ce qu’il savait par rapport à ce qu’il avait vu et entendu, mais sur ce que les enfants ont pu lui raconter.

 

Luce gémit en entendant qu’il avait failli perdre pour toujours un de ses fils. Erwan le cajola comme il put tout en lui assurant que le garçon allait très bien maintenant. Renko retenait Carlin également par l’épaule. Celui-ci avait blanchi en apprenant la chute dans l’eau.

 

À ce moment, un cri retentit. Le groupe se retourna d’un coup. Luce eut juste le temps de se détacher de son compagnon avant de recevoir dans les bras son fils Nael. Il le souleva. Nael entoura le corps de son père de ses jambes. Il pleurait à chaude larme. 

 

Luce embrassa son fils. Il redressa ensuite la tête et il chercha autour de lui. Il en fut contrarié. Il foudroya l’infirmière. Elle se sentit assez vite mal à l’aise.

 

— Où est Michio ? demanda Renko. 

 

La femme se tourna vers le vieil homme. Elle eut un sourire d’excuse. 

 

— Il est toujours avec le docteur Carmichael. Il va bien. Le docteur m’a signalé de vous dire que votre fils râle pour un oui ou pour un non et qu’il affirme mourir de faim.

 

— Alors, pourquoi Nael pleure-t-il ainsi ? Ce n’est pas dans ses habitudes.

 

— Eh bien, il vient de subir une lourde épreuve. Et même s’il est très courageux, ce n’est qu’un enfant de dix ans, monsieur Oda. Il est juste heureux de vous revoir, vous ne croyez pas. 

 

Luce se troubla. Il s’était beaucoup trop inquiété. Il soupira. 

 

— Veuillez m’excuser.

 

— Ce n’est pas grave. Ne vous inquiétez pas. Je viendrais vous prévenir quand vous pourrez voir le jeune Michio.

 

Sur ces mots, l’infirmière tourna les talons. Luce se laissa tomber sur un siège avec Nael toujours dans ses bras. Celui-ci se calmait. Carlin s’assit auprès de son fils. Il caressa les cheveux de son petit-fils. Nael redressa la tête. Des larmes perlaient encore sur le coin de ses yeux. 

 

— Papy, j’ai eu vraiment peur quand Michio est tombé. J’ai cru que je ne verrais plus. Je m’en veux aussi. 

 

— Tu n’es pas responsable, mon ange. Et le pire a été évité. Pourquoi t’en veux-tu ?

 

— J’ai laissé Michio recevoir tous les coups. 

 

— T’es nul, Nael ! Je suis plus costaud que toi, banane, s’exclama alors une petite voix, un peu éraillé. 

 

Tout le monde se tourna d’un même ensemble vers la petite voix. Michio se dressait devant eux avec un œil au beurre noir et un autre bleu près de la bouche. Son regard était toujours aussi vif et brillant. Luce en fut soulagé. Nael descendit des genoux de son père pour sauter sur son frère. Celui-ci riait. 

 

— Allons, je n’allais pas te laisser seul. Arrête de te faire du souci, banane. 

 

Nael hocha la tête, mais il avait bien du mal à se retenir de pleurer. Michio parvint à se détacher de son frère pour se jeter dans les bras de son père Luce. Il y resta juste le temps d’un câlin avant d’aller dans les bras de son grand-père Carlin.

 

— Tu vois papy. Je vais bien.

 

Carlin ne disait rien. Il saura juste le petit garçon plus fortement. Michio sentit ses côtes lui faire mal, mais il ne broncha pas. Il ne voulait pas que son papy se sente coupable.

 

— Petit chenapan ! s’enquit alors une voix grave. 

 

Le docteur Carmichael s’approchait. Il secoua la tête. 

 

— Nous n’avons pas fini, Michio. 

 

Le garçon renifla peu galamment.

 

— Hors de question que je me fais piquer ! Allez voir ailleurs si j’y suis !

 

Luce leva les yeux au ciel. Un certain soulagement lui tomba sur le corps. Son fils était de retour. Nael s’approcha de son frère. Erwan l’observait en silence. Nael avait vraiment été traumatisé. Il n’arrivait pas à se remettre. Il avait failli perdre son frère. 

 

— Michio, s’il te plaît, fait ce que le docteur demande.

 

Le garçon se tourna vers son frère. Il allait répliquer comme à son habitude, mais il se retient en croisant le regard hanté de son frère. Il frissonna. Il leva les yeux vers son père Luce.

 

— Tu m’accompagnes papa ? Je n’aime pas les piqures, moi !

 

Luce lui caressa les cheveux. 

 

— Je te suis. 

 

Michio suivit le médecin tenant la main de son père. Il se tourna juste un instant vers son frère. Il s’inquiétait. Erwan se baissa au niveau de son fils Nael. Celui-ci gardait les yeux baissés. 

 

— Que se passe-t-il, Nael ?

 

Le garçon fondit à nouveau en larmes.

 

— Je n’arrive pas en m’enlever de la tête la scène de la chute. Elle passe en boucle dans ma tête. Je ne veux pas perdre mon frère. 

 

Erwan attrapa son fils dans les bras. Nael sanglotait de plus en plus. Il lui frotta le dos pour le calmer. Il leva les yeux vers ses beaux-parents. Aucun d’eux ne savait comment rassurer le garçon. La journée avait été infernale et la nuit ne semblait pas se terminer non plus.

 

Ils étaient tous fatigués physiquement et moralement. À ce moment, Shin arriva en compagnie de Luka et Nathaniel. Il signala leur avoir pris des chambres dans l’hôtel le plus proche. Ils avaient juste à traverser la route pour s’y rendre. Erwan remercia chaleureusement l’initiative de son ami. 

 

Erwan ordonna à Renko et Carlin d’aller se reposer. Il les rejoindrait dès qu’il aurait prévenu Luce. Il n’eut pas besoin. Ashula Lagardère se trouvait également à l’hôpital. C’était un homme aux origines indiennes. Il avait une patience à toute épreuve et il était très apprécié des patients. Il avait été mis au courant au cours de la journée. Il avait eu du mal à rester concentré dans son travail de chirurgien. Maintenant, il était libre. Il avait croisé son confrère Carmichael. Il avait également pris des nouvelles des garçons. 

 

Il répéta donc ce que son collègue lui avait demandé de signaler. Par précaution, Michio passerait une nuit à l’hôpital. Si tout va bien, il pourra rentrer dès demain. Luce restait avec son fils. Michio ne voulait pas rester tout seul. Nael pouvait rentrer. 

 

Erwan souleva son fils Nael. Celui-ci posa sa tête sur l’épaule de son père. Il ferma les yeux. Il ne voulait plus penser à rien, mais les images revenaient en force. Les sanglots refirent surface. Erwan hésita un instant avant de demander où se trouvait la chambre de Michio. Ashula le lui signala.

 

L’homme et l’enfant se dirigèrent vers la chambre. Étant donné l’heure tardive, il n’y avait plus personne en vue. Il trouva facilement l’endroit. La pièce était toujours éclairée. Luce assis sur une chaise discutée avec son fils, allongé dans le lit médicalisé.

 

— Michio ? Je t’emmène ton frère. Je crois que tu es le seul à pouvoir lui remettre les idées en place. 

 

Erwan déposa son fils qui fonça directement sur le lit près de son frère. Michio secoua la tête. Il se coucha auprès de lui. Aussitôt qu’il sentit la chaleur de Michio, Nael soupira de soulagement. Leur front se touchait presque.

 

— T’es pénible, Nael. T’as intérêt à ne pas prendre toute la place sinon je te jette par terre. 

 

Nael émit un petit rire un peu tremblant tout de même.

 

— C’est toujours toi qui bouges le plus, Michio.

 

Erwan et Luce se regardèrent soulager. Michio redressa un peu la tête et il lança :

 

— Papa Luce, tu peux aller faire dodo. Je te promets que je vais essayer d’être sage comme une image.

 

— Tu vas essayer ? 

 

— Bah oui ! Il ne faut pas trop m’en demander non plus !

 

Erwan ne put s’empêcher de rire. Il aimait ses fils. Luce secoua la tête amusée. Il embrassa ses deux fils. Il pouvait aller à l’hôtel avec Erwan. Ses deux enfants ne risquaient rien dans cet hôpital. 

 

Comme prévu, le lendemain les deux enfants eurent le droit de rentrer chez eux. Et comme, il l’avait promis, Michio fut sage comme une image. Il resta poli et il ne jura pas une seule fois. C’était presque un miracle. La psychologue de l’hôpital vint leur rendre visite avant la venue des parents. Elle voulait discuter un peu avec eux. 

 

Aline Descamps y travaillait depuis quelques années maintenant. Elle appréciait son travail même si parfois, ce n’était pas évident. Michio et Nael l’appréciaient beaucoup. Les garçons la connaissaient grâce à son fils. Xavier Descamps s’occupait d’un bar le « Cool Baby » qui avait appartenu à un membre de la famille Oda.

 

Elle les aimait beaucoup. Ils étaient bien vivants et heureux de vivre. Elle s’était beaucoup inquiétée pour eux en apprenant le kidnapping. Elle fut tout de même surprise de voir que ce n’était en rien cet évènement qui traumatisait l’un d’eux. Elle eut un peu de mal à faire parler Nael, mais avec patience, il se dérida. Il explosa même.

 

Michio fut celui qui parvint à le calmer. Il lui parla les yeux dans les yeux. Il lui balança qu’il devrait arrêter d’y penser. Il était vivant et c’était tout ce qui comptait. Personne n’était fautif à part les kidnappeurs. C’était juste de la malchance. La seule chose que Nael devait retenir, c’était qu’ils étaient tous les deux en vie et c’est tout. 

 

Aline avait observé le dialogue en silence. Elle n’avait jamais vu Michio en colère. Il pouvait piquer des crises, faire des caprices. Mais ce n’était jamais une vraie colère. Là, face à son frère buté, Michio montrait vraiment un visage colérique. Pourtant cette colère disparut comme par enchantement dès que Nael demanda pardon. 

 

Quand Luce et Erwan arrivèrent. Aline voulut parler avec Erwan. Celui-ci voulut s’échapper, mais une pique de son fils Michio l’en empêcha. Erwan accepta de discuter avec la psychologue. Après tout, il avait vu son fils tomber dans l’eau. Un fils dont le cœur avait cessé de battre un moment. Il devait en parler pour son bien.

 

Ils rentrèrent pour l’heure du déjeuner. À peine, la voiture fut-elle arrêtée que Michio tenant Nael par la main fonça vers la porte d’entrée ouverte. Il pénétra dans le couloir jusqu’à la porte de la cuisine se trouvant sur gauche. Il s’écria :

 

— Papy Renko, on a très faim.

 

Renko les attendait en compagnie de toutes les personnes habitant dans la demeure. Il était même certain que dans l’après-midi, tous les autres membres de la famille et les amis envahiraient le manoir pour les enfants Oda. 

 

Dès que les vacances scolaires arrivèrent, Erwan décida de prendre des vacances. Les deux petits monstres avaient repris de poil de la bête. Nael avait longtemps fait des cauchemars. La nuit, les deux enfants finissaient soit dans le lit de leurs parents, soit celui des grands-parents. Michio eut le droit d’entrer dans l’antre de son papy Carlin. Celui-ci lui avait tendu un pinceau et une toile. 

 

Le garçon avait observé un long moment la toile, puis il avait fermé les yeux et il avait laissé cours à sa détresse, à sa colère également. Le tableau fut présenté aux restes de la maison ensuite. En lui-même, le tableau ne représentait rien, juste des couleurs vifs ou non, mais il en dégageait un sentiment profond de désarroi dans son côté sombre et plus on levait les yeux vers les couleurs plus vives, on ressentait un amour profond pour la vie.

 

Carlin fut très fier de son petit-fils. Pour lui, ce tableau serait le premier chef d’œuvre de son petit-fils et ce ne serait surement pas le dernier. Nael lui le fit différemment. Il écrivit avec son père Luce. En effet, Luce s’était souvenu que quand il ne s’était pas senti bien dans sa peau. Il avait pris son cahier et il avait créé sa première histoire. Nael fut ravi de faire une histoire avec son père même s’il eut bien du mal à exprimer ses sentiments sur papiers. Il aurait préféré sur ordinateur.

 

Luce publiait ses livres en autoéditions. Erwan prenait toujours le temps de lire les cahiers bleus pour corriger les erreurs s’il y en avait. Il ne se gênait pas pour faire des remarques également quand une chose ne lui plaisait pas. Luce l’écoutait toujours. Pour ce livre en commun, Erwan eut donc l’obligation de le lire en premier. Il en ressortit en larme, pas de tristesse, mais juste fier du travail commun de son compagnon et de son fils. Nael en rougit de plaisir. 

 

Pour les vacances, la petite famille décida de partir à la mer pour un temps. Pour Luce, cela lui fit bizarre de quitter le manoir aussi longtemps et surtout d’être loin de ses pères. Michio et Nael s’éclatèrent comme des fous. Ensuite, ils s’évadèrent à la montagne. Les deux garçons adorèrent achever leurs pères lors des randonnées.

 

Et pour finir, ils visitèrent quelques villes du pays. Ils s’arrêtèrent pour visiter des bâtiments, des châteaux immenses et leurs cours fleuries, des monastères empreints de spiritualité. Les deux mois passèrent à une vitesse vertigineuse. Les deux garçons furent heureux de rentrer au Manoir. Ils sautèrent dans les bras de leurs deux papys. Ils les soulèrent de bavardages tout le long de la journée pour enfin finir par s’endormir comme deux marmottes dans la salle de musique après avoir joué à cache-cache avec Dan Marcello.

 

Pendant cette période où ils étaient absents, Luka, Nathaniel et Shin se chargèrent du dossier Grandier. Ils avaient promis l’inspecteur Manu Grandier de rechercher sa sœur disparue après toute l’aide que l’homme avait faite pour eux. La tâche se révéla très difficile. 

 

Ludivine Grandier avait grandi dans une famille modeste. Son père travaillait comme vendeur dans un centre commercial. Sa mère ne travaillait pas. Son père en avait décidé ainsi. Les femmes restaient au foyer. Le seul bonheur de Ludivine était son frère un peu plus âgé qu’elle. Elle l’adorait, mais quand elle eut seize ans, elle tomba follement amoureuse d’un garçon que son père n’approuvait pas.

 

Quand elle lui annonça être enceinte, son père la jeta dehors sans autre forme de procès. Il ordonna à sa femme et à son fils de l’oublier. Ludivine quitta leur vie sans protester. Elle avait écrit une lettre à son frère où elle lui demandait de ne jamais devenir comme leur père. Puis, elle disparut de la circulation avec son petit ami. 

 

Après des années de recherches de Manu et de ses nouveaux amis, il apprit juste que le petit ami se nommait Adam Bouvier. Et il ne pourrait pas l’interroger, car Adam s’était tué en tombant d’un immeuble en construction. Les personnes l’ayant côtoyée n’avaient jamais entendu parler de la jeune femme. Où était Ludivine Grandier ? Était-elle seulement encore en vie ? Shin et ses amis promirent à Manu qu’il continuerait de chercher. Aucun d’eux n’abandonnerait tant qu’ils ne l’auraient pas retrouvé. 

 

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08 juin 2018

Tome 8 : Chapitre 10

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Chapitre 10

 

 

Il faisait sombre dans la camionnette. Nael se frotta le bras qui s’était cogné contre un siège en métal. Le véhicule roulait à vive allure. Le garçon se faisait balancer dans tous les sens. Il parvient tout de même à mieux s’installer. Michio se trouvait à ses côtés un peu sonnés. 

 

Nael tenta d’observer autour de lui. Les kidnappeurs ne faisaient plus cas d’eux pour le moment. Pour eux, ce n’était que des enfants de dix ans. Il n’y avait aucun risque à avoir d’eux. Pourtant, Nael songea que ses hommes devraient faire plus attention à eux. Michio avait le regard noir de ses mauvais moments. Et quand il était silencieux, c’était souvent mauvais signe. 

 

Nael se demandait pourquoi il n’agissait pas comme n’importe quel gosse. Il devrait avoir peur. Il devrait pleurer aussi. Mais la seule chose qu’il ressentait était de la rage, de la colère. Il avouait que ce comportement le perturbait un peu. Il se demandait si son frère ressentait la même chose. Connaissant le spécimen, ça ne devrait pas trop le déranger d’être différent des autres. 

 

Ses yeux s’habituaient. Il aperçut les formes des kidnappeurs. Ils étaient en réalité quatre. Celui que Michio avait mordu fortement portait maintenant un bandage. Apercevant du sang dessus, Nael sourit. Michio n’y avait pas été à la délicatesse. Il y avait aussi deux autres hommes d’après le gabarit dont un était le chauffeur. 

 

Nael bascula à nouveau et il se cogna. Il grimaça. Ce conducteur ne savait vraiment pas conduire. Le quatrième personnage devait être une femme. Elle lui disait vaguement quelqu’un, mais il n’arrivait pas à trouver. Il se pencha vers son frère et lui demanda si lui aussi, la femme lui disait quelqu’un. 

 

Michio se redressa un peu mieux en grimaçant. L’homme mordu lui avait assené un coup de poing dans l’estomac peu après son réveil. Il avait un peu mal, mais il tentait de ne rien paraitre. Il jeta juste un coup d’œil. Il chuchota :

 

— C’est cette garce de secrétaire qui a nui à papa Erwan.

 

Nael hocha la tête. Il voyait maintenant. Il fronça les sourcils et s’exclama toujours à voix basse. 

 

— Si papy Carlin t’entendait parler, tu serais à nouveau puni. 

 

Michio haussa les épaules. 

 

— Bah ! Quoi ? Une garce est une garce. Et cette femme en est une, je ne vois pas pourquoi on me punirait alors que je dis la vérité. 

 

Nael leva les yeux au ciel. Incorrigible, celui-là ! Un arrêt sec les secoua à nouveau. Apparemment, ils étaient arrivés. Les kidnappeurs, en silence, descendirent et ils forcèrent les garçons à descendre. Ils se trouvaient en pleine forêt. 

Ils durent s’y mettre à deux pour les tenir. Le plus difficile à maintenir était évidemment Michio. Celui-ci lança sa jambe et la femme reçut son pied en pleine figure.

 

— Bordel ! Mais il va se calmer celui-là, explosa-t-elle en hurlant. Elle saignait du nez.

 

L’homme qui tenait le garçon lui donna un nouveau coup de poing, mais Michio se débattait toujours. Un des hommes qui tenaient Nael vint l’aider. Le pauvre garçon reçut une bonne correction des deux hommes. Ensuite, ils entrèrent dans la cabane. Elle comportait trois pièces. La première salle se trouvait la cuisine et un salon. Les deux autres pièces étaient simplement des chambres avec leur propre salle de bain. 

 

La femme ouvrit l’une d’elles et elle ordonna à ses hommes de balancer les gamins dans la pièce. Ensuite, elle verrouilla la porte avec deux cadenas. Elle se tourna vers ses coéquipiers. 

 

— Nous avons réussi la première partie du plan. Maintenant, il ne nous reste plus qu’à téléphoner à leur père pour la rançon.

 

— Tu es certaine qu’il va payer ? 

 

La femme enleva sa cagoule libérant ainsi une longue chevelure brune. Elle râla :

 

— Tu me prends pour qui ? J’ai côtoyé assez longtemps le Miori pour savoir à quel point il y tient à ses gosses. Il va payer. 

 

L’un des hommes, le plus large d’épaules, s’approcha d’elle et la prit dans ses bras. Il l’embrassa en pleine bouche. La femme noua ses bras autour de son cou.

 

— Si Alma vous le dit, c’est qu’elle a raison. 

 

Le couple disparut ensuite dans la seconde chambre laissant le reste du boulot aux deux autres. Le premier s’installa dans le canapé et prit le téléphone. Le second sortit nourrir les chiens enfermés autour de la maison. Il y en avait cinq en tout. Ces chiens de garde avaient été éduqués à la dure. Ils attaquaient à un simple mot d’ordre de leur maître. 

 

Nael décolla son oreille de la porte. Il écoutait la conversation. Il soupira. Ce n’était pas évident à cause des bruits de l’autre chambre. Qu’est-ce qu’elle pouvait gueuler cette bonne femme ! D’ailleurs, Nael ne tarda pas à entendre son frère frapper comme un forcené contre le mur de séparation.

 

— Bordel ! Mais vous ne pouvez pas baiser en silence, bande de dégénérés du sexe !

 

Nael grimaça. Son frère aimait recevoir des coups ou quoi ? Leur porte s’ouvrit avec fracas et l’amant d’Alma pénétra dans la pièce. Il fonça vers le garçon. Enfant ou pas, il s’en fichait comme d’une guigne. Michio reçut un coup de poing qui l’éjecta contre un mur. L’homme n’eut pas la chance de le voir pleurer ou hurler. Le garçon lui jeta juste un regard de rage. Il cracha le sang dans la bouche. Il avait dû se mordre. 

 

L’homme serra le poing à nouveau avec une folle envie de frapper ce gosse encore une fois. Il le défiait du regard. Alma arriva.

 

— Laisse-le. Nous en avons encore besoin. Mais, tu pourras en faire ce que tu veux quand nous aurons l’argent.

 

Le couple disparut à nouveau. Michio frotta sa joue. Ça faisait mal. Nael s’agenouilla devant son frère. 

 

— Tu ne peux pas rester tranquille deux minutes.

 

— Pour quoi faire ? Au moins, tu as réussi à faire ce que tu devais faire.

 

Nael secoua la tête, exaspéré, mais son frère avait raison. Il sortit de son pantalon une clé. Il la balança devant son frère. Michio la récupéra. Il sourit en grimaçant. 

 

— La chance que les portes des chambres sont en chêne. Ça va être difficile pour eux de fracasser la porte, expliqua Michio. 

 

— Oui, et je me demande comment ils vont aller chercher l’argent avec une voiture aux pneus crevés.

 

— Je suis un génie. Bon, ça fait quand même assez mal.

 

Heureusement que son frère était assez maso pour accepter de servir de punchingball le temps qu’il parvienne à crever les pneus. Et cela n’avait pas été facile pour ne pas se faire surprendre. Nael se leva pour se rendre dans la salle de bain attenante pour trouver un chiffon propre pour le mouiller et le remettre à Michio. 

 

Quand il avait trouvé ce qu’il cherchait, il rejoignit son frère. Il le vit jouer avec un bracelet. Leur père leur avait donné à tous d’eux un bracelet avec un émetteur. Mais les kidnappeurs avaient dû être mis au courant, car la première chose que fit un des kidnappeurs fut de lui retirer et d’écraser son bracelet.

 

Michio n’avait pas le sien. Il ne le portait pas. Il avait prétendu l’avoir perdu dans les toilettes. Papa Luce l’avait grondé et Michio avait eu le droit de dire encore bonjour au mur pendant plus d’une heure. Et comme d’habitude, le mur fut à nouveau gribouillé d’un dessin humoristique. 

 

— Je croyais que tu l’avais perdu.

 

Michio lui adressa un sourire malicieux. 

 

— Non, je le garde toujours. Il est juste mis ailleurs. J’ai bien fait, pas vrai ?

 

Nael hocha la tête. Des éclats de voix se firent entendre dans la pièce à côté. Les deux garçons tournèrent la tête dans cette direction. Ils se regardèrent. La peur les tenaillait malgré tout. Même s’ils ne montraient rien, cela ne les empêchait pas de ressentir la menace sur leur vie. Il ne fallait pas se leurrer. Leurs kidnappeurs ne les laisseraient pas regagner leur foyer en vie. C’était trop risqué pour eux.

 

Les deux garçons se levèrent et ils firent le tour de la chambre et de la salle de bain. Les fenêtres étaient fermées et ne pouvaient pas s’ouvrir. Elles avaient été scellées et elles étaient en double vitrage. Pas facile à briser donc surtout pour des enfants ! 

 

Un bruit provenant de la salle de bain les fit sursauter. Ce n’était pas fort, mais c’était comme si quelqu’un se trouvait dans la pièce. Avec précaution, Nael s’y rendit pendant que Michio surveillait la porte en écoutant. Dès qu’il pénétra dans la salle de bain, il sentit comme un courant d’air. Étrange ! Il n’avait rien senti auparavant. 

 

Son regard fit le tour de la petite pièce comportant juste un lavabo et une douche. Son regard se posa sur le sol. Une cavité venait de s’ouvrir. Il en fut stupéfait. Elle avait juste la taille parfaite pour laisser deux enfants de leur âge pour s’échapper. Il appela son frère. 

 

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          Luce tournait en rond dans le salon. Erwan se trouvait devant la fenêtre. Il se passait sans arrêt une main dans ses cheveux. Renko et Carlin étaient assis l’un près de l’autre sur un des canapés. Les autres membres de la famille attendaient également un peu partout dans le manoir. Akira buvait café sur café dans la cuisine.

 

         Maeva s’occupait de Dan Marcello. Celui-ci pleurait. Il avait peur de ne plus revoir ses amis. Mako se trouvait également dans le salon. Un homme brun et un autre roux discutaient debout près d’un téléphone. 

 

         Ils attendaient le coup de téléphone de la banque. Erwan les avait appelés pour réunir au plus vite la somme demandée. Le directeur avait promis de faire le plus rapidement possible. Erwan serrait les dents à s’en faire mal. Si jamais, il arrivait quelque chose à ses enfants, il ne le supportera pas. 

 

         Luce poussa un cri et se laissa tomber sur le canapé libre. Il s’inquiétait. C’était ses bébés. Il ne voulait pas les perdre. Mais, il avait confiance en eux. Mais, il connaissait le caractère de l’un de ses fils et cela lui faisait peur. 

 

         — Nous allons les retrouver Luce. 

 

         Luce leva les yeux vers Luka Martin. Il lui adressa un sourire triste.

 

         — Je te fais confiance, Luka. Mais, je me fais du souci pour Michio. Il ne sait pas rester sage. Il ne sait pas retenir sa langue.

 

         — Je suis désolé, Luce. Je crois bien qu’il a hérité de mes mauvais côtés, s’exclama Carlin, d’une toute petite voix.

 

         Luce se tourna vers son père. Le kidnapping des garçons avait beaucoup touché son père. Il devait se rappeler la fois où il s’était retrouvé face à Aduscar, son père. Luce rejoignit ses pères. Il posa son front sur l’épaule de Carlin. 

 

         — Papa, ce ne sont pas des défauts. Et Nael est avec lui. Il est son garde-chiourme. Il l’empêchera de faire des bêtises. 

 

         Carlin posa une main sur la tête à son fils. 

 

         — C’est moi qui devrais te réconforter. 

 

         Le portable de l’homme roux se mit à sonner. Erwan se tourna vers eux. L’homme répondit. Il posa deux, trois questions avant de se tourner vers le groupe. 

 

         — L’émetteur de Michio vient de s’allumer, annonça l’inspecteur Manu Grandier. 

 

         Erwan et Luce se regardèrent sidérer. 

 

         — Je croyais qu’il ne l’avait plus, s’exclama Renko.

 

         Luka sourit. C’était bien joué. 

 

         — Il a dû mentir. Ce serait bien de lui. En tout cas, pour nous, c’est tout bénéfice. Je vais prévenir Nathaniel. Il va pouvoir le localiser rapidement avec les nouvelles machines. 

 

         Luka s’échappa aussitôt pour rejoindre son compagnon dans le bureau en face du salon. Shin se trouvait avec lui. Erwan se passa une nouvelle fois une main dans les cheveux. Il avait l’impression d’avoir vieilli d’un coup. Luce le rejoignit. Il noya son regard mordoré dans ceux bleu saphir. 

 

         — Tu me ramènes mes petits diables, hein, Wan ?

 

         Erwan déposa un baiser sur le front de son homme. Cela faisait longtemps que Luce ne l’avait pas appelé ainsi. Ensuite, il se tourna vers l’inspecteur. 

 

         — Quand ils seront localisés. Je viens avec vous. 

 

         Manu voulut le dissuader, mais en croisant le regard bleu, il changea d’avis. Il hocha simplement la tête. Le téléphone sur la table basse se mit à sonner. Renko répondit. Le directeur de la banque lui indiqua que l’argent était prêt. Au même moment, la porte s’ouvrit sur Nathaniel. 

 

         — Nous savons où ils sont. 

 

         — J’appelle les renforts, lança Manu.

 

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         Le passage était très étroit, mais les deux garçons purent passer sans problème. Quand ils furent enfin dehors, la nuit venait de tomber. C’était une nuit sans lune. Ce ne serait pas facile de s’échapper. 

 

         Le plus silencieux possible et en faisant attention à ne pas se faire repérer de la maison, les deux garçons foncèrent vers la forêt. Nael et Michio se tenaient la main. Ils aimeraient courir, mais ils ne voyaient pas grand-chose devant eux. Parfois, ils sursautaient en entendant des brindilles grincer. 

 

         Ce n’était pas facile non plus de savoir s’ils étaient bien éloignés de la cabane à cause de leurs petites jambes. Ils ne savaient pas depuis combien de temps, ils vagabondaient, mais petit à petit, ils entendirent des cris, ainsi que des coups de feu. 

 

         La peur les tenaillait. Ils avançaient de plus en plus vite au risque de se faire mal. Michio manqua la chute plus d’une fois à cause d’une racine. Il avait mal partout. Le contrecoup des coups reçus commençait à se faire sentir. Il avait envie d’être dans les bras de son père Luce. Nael ressentait la fatigue lui aussi et surtout celle de son frère. C’était mauvais. Michio avait reçu tous les coups et même s’il ne disait rien, Nael savait qu’il souffrait. Il avait envie de pleurer. Il n’avait jamais aimé le noir. Il avait presque l’impression de suffoquer. 

 

         Les deux garçons se mirent à gémir en entendant les hurlements des chiens. Leurs cœurs se mirent à battre plus vite. Leurs kidnappeurs avaient relâché les chiens. Nael serra plus fort la main de son frère. 

 

         Michio comprit le message. Ils se mirent à courir comme si la mort était à leur trousse. Et en vérité, elle se trouvait bel et bien là, mais contrairement à ce que pouvaient penser les garçons. Elle n’était pas là pour eux. 

 

         L’ombre s’attaqua au premier homme qu’elle aperçut. Il n’eut pas le temps de prévenir qu’il s’écroula dans son sang. Elle s’éclipsa rapidement pour rejoindre un autre protagoniste. Il ne la vit pas arriver non plus. Il tomba à son tour en silence. L’ombre sourit. Elle se dirigea vers un autre arbre. Elle récupéra un fusil sniper. 

 

         Elle devait se dépêcher. Il fallait qu’elle trouve un bon endroit pour les protéger. Elle aperçut la silhouette de deux autres kidnappeurs. Elle n’avait pas le temps de s’en occuper. La police n’allait pas tarder à arriver de toute façon. 

 

         L’ombre se mit à courir le plus vite possible. Elle n’était plus de toute jeunesse, mais elle avait beaucoup d’entraînement. Ça la maintenait en forme. Un grognement se fit entendre. L’ombre stoppa net. Le chien se jeta sur elle, sans crier gare. L’ombre jeta son arme pour attraper un couteau. Le chien n’eut jamais l’occasion de la mordre. Elle ramassa son arme et elle repartit de plus belle au pas de course. 

 

         Les garçons couraient et couraient. Ils n’en pouvaient plus. Leurs poumons brûlaient. La forêt laissa place à un lac. Nael et Michio se regardèrent effrayer. Comment se sortir de là maintenant ? 

 

         Deux chiens firent leur apparition. Ils foncèrent aussitôt sur les deux enfants. Pour les éviter, ils durent se lâcher en s’éjectant chacun d’un côté. Nael appela son frère. Celui-ci lui répondit. Il se trouvait près du lac. Il reculait face au chien massif. 

 

         Nael sentit la panique le gagner. Un coup de feu retentit. Le chien face au garçon s’écroua une balle en pleine tête. Le garçon eut un hoquet de surprise. Il regarda autour de lui. Il commençait à voir les contours. C’est alors qu’il vit son frère sur le ponton toujours suivi par le chien enragé. Il ouvrit la bouche pour hurler le nom de son frère. 

 

         Il se mit à courir vers lui tout en criant le nom de son frère. Les larmes commençaient à couler sur ses joues. Il força sur ses jambes à aller plus vite. Il devait aller plus vite. Son frère était en danger. 

 

         Michio jeta un coup d’œil vers son frère. Il avait peur pour lui. Le chien commençait à prendre son élan quand le coup de feu l’avait tué. Michio en fut soulagé. Mais lui se trouvait toujours aux prises avec le chien, un mastiff. Habituellement, ces chiens étaient doux et affectueux. Pourquoi les adultes en avaient-ils fait des monstres ? 

 

         Il reculait de plus en plus. Il ne se rendait pas compte qu’il s’approchait d’un autre danger. Et quand enfin, il comprit, c’était trop tard. La planche céda sous son poids et celle de l’animal. Le garçon chuta dans l’eau en se cognant la tête contre un morceau de bois. 

 

         Nael vit son frère disparaître dans les ténèbres. Il poussa alors un hurlement effrayant. Courant toujours droit vers le lieu, il tendit ses bras vers l’avant en criant comme une litanie le nom de son frère. 

 

         Alors qu’il s’approchait vers le bord du lac à son tour, deux bras le happèrent. Le garçon se débattit en hurlant Michio. Du coin de l’œil, Nael aperçut une silhouette familière passée près de lui en vitesse. Elle disparut dans un plongeon dans le lac sombre. 

 

         L’inspecteur Grandier serra le garçon dans les bras pour le calmer. Il lui chuchota des paroles réconfortantes. Petit à petit, le corps de l’enfant se calma. Il sanglotait dans ses bras. 

 

         Erwan n’avait pas cherché une seconde en comprenant ce qu’il venait de se passer. Il avait foncé vers le lac. Il avait laissé Manu s’occuper de Nael. L’eau glaciale le paralysait. Il ne voyait pas grand-chose dans cette eau sombre. Il avait presque l’impression d’être dans un abysse. Il chercha de tous les côtés. Où était son fils ? 

 

         La panique commençait à le prendre. S’il ne le trouvait pas, jamais il ne pourrait face à Luce. Il lui avait promis de lui ramener ses enfants. Erwan reprit de l’air et il plongea à nouveau. Il fouilla chaque recoin. C’est alors qu’il vit quelque chose de briller. Il fonça vers le clignotement. C’était le bracelet émetteur. 

 

         Erwan vit son fils sans vie. Il l’attrapa. Il devait faire au plus vite. Chaque minute comptait maintenant. Il fonça aussi vite qu’il put. La seule fois où une peur insensée l’avait tenaillé, c’était à l’époque où Luce avait été enlevé avec d’autres enfants par Saphira Folker. Erwan ne voyait plus rien. Il sortit rapidement de l’eau avant de s’écrouler sur l’herbe. Il se mit aussitôt à faire le massage cardiaque. 

 

         Il suppliait Michio à ouvrir les yeux, en silence. Manu avait fait venir une ambulance. Les infirmiers arrivèrent rapidement et prirent la place d’Erwan. Celui-ci se laissa tomber sur le sol la tête dans les mains. Les larmes de désespoirs coulaient. C’était effrayant et intenable. Il avait l’impression que les secondes passaient en minutes, voire en heure. C’était insoutenable. 

 

Nael quitta les bras de l’inspecteur pour se jeter dans les bras de son père. Celui-ci le serra fortement. Le garçon murmura tout tremblant. 

 

— Papa, Michio va bien. Il va revenir. Je le sais.

 

Erwan hocha la tête. Si Nael le disait, alors c’était la vérité. À cet instant, un râle et un cri se firent entendre. 

 

— Mettez-le sur le côté afin qu’il puisse recracher l’eau, expliqua le médecin. 

 

Erwan redressa la tête. Michio vivait. Son cœur s’était remis à battre. Des larmes coulaient sur ses joues, il avait mal partout. Il poussa un couinement. Erwan se redressa avec Nael et il s’approcha. Il caressa les cheveux noirs de son fils.

 

Michio ouvrit les yeux douloureusement. Il vit son père Erwan. Il poussa un petit cri d’animal blessé avant de se jeter dans ces bras. Le père embrassa le front de son fils en pleur. Nael se moula à eux également. Il voulait donner de sa chaleur. 

 

Un pompier arriva avec des couvertures isothermes. Il la posa sur les épaules des enfants et une autre sur le père. Manu se passa une main dans ses cheveux roux. Cette journée avait été bien stressante pour tout le monde. Il s’éloigna de la petite famille pour appeler ceux restés à la demeure des Oda.

 

Ensuite un de ces hommes s’approcha pour l’informer de ce qu’il avait pu trouver à la cabane et l’arrestation d’une femme et d’un homme qui prétendait être des randonneurs.

 

— Que se passe-t-il d’autre Manu ? 

 

L’inspecteur sursauta. Il se tourna vers le PDG de la Miori Corporation. L’homme portait ses deux fils dans les bras. Il hésita, puis haussa les épaules. De toute façon, Erwan finirait par le savoir.

 

— Nous avons trouvé le cadavre de deux hommes, ainsi que cinq chiens. Et un couple vient d’être arrêté. Ils prétendent être des randonneurs. Penses-tu que c’est son actif ? 

 

Erwan comprit de suite l’illusion. Saphira avait dû agir. Il ne savait pas qu’elle se trouvait dans les parages. Devait-il s’en inquiéter ou pas ? 

 

— Ton ex-secrétaire est parmi les kidnappeurs, papa.

 

Les deux hommes se regardèrent stupéfaits.

 

— Tu parles d’Alma, Nael ?

 

— Bah ! De qui veux-tu qu’on parle ? Tes neurones se sont noyés, papa, s’exclama alors Michio. 

 

— C’est d’un très mauvais goût Michio.

 

Le garçon gloussa. Il déposa un baiser sur la joue de son père. 

 

— Il vaut mieux en rire que pleurer, c’est tout. Oui, c’est Alma. Nael et moi, nous avons reconnu sa voix et sa façon d’être. Pour l’homme, je ne l’ai pas vu de visage, mais j’ai eu ses poings alors je ne risque pas de l’oublier de sitôt.

 

En entendant la phrase de son fils, Erwan sentit son sang chauffer. S’il mettait la main sur ce type, il lui montrerait ce qu’il en coutait de frapper un de ses enfants. Manu hocha la tête. Il ordonna à un pompier d’amener la petite troupe jusqu’à une ambulance. Il les rejoindrait plus tard à l’hôpital. 

 

Maintenant que le stress avait évacué, Erwan ressentit une faiblesse. Heureusement que le pompier fut présent pour l’aider. Même les deux enfants ne tenaient plus debout. Ils montèrent dans l’ambulance sans rechigner. Michio et Nael se serrèrent dans les bras de leur père. Avant même qu’elle démarre, les petits dormaient

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07 juin 2018

Tomes 8 : Chapitre 9

Chapitre 9

 

         Le printemps venait d’arriver. L’odeur des fleurs s’infiltrait petit à petit à l’intérieur de la vieille maison délabrée. En ce jour du vingt mars, Rafael fêtait ses dix ans. Mais avoir un an de plus, cela ne l’empêchera pas de subir les coups de son père comme à l’accoutumée. 

 

         Les seules fois où il avait enfin la tranquillité étaient quand son père parvenait à trouver du travail. Celui-ci ne durait jamais très longtemps. C’était toujours des contrats à court terme. Et chaque fois, Rafael se faisait passer à tabac. 

 

         Le garçon n’en pouvait plus. Il en avait de plus en plus assez de subir cette vie misérable. Ses sœurs le maintenaient en vie. Car il savait que s’il disparaissait, ses sœurs subiraient à sa place. C’était le deal avec son père. Il ne toucherait pas un seul cheveu des filles à la condition que Rafael faisait tout ce que son père lui demandait. 

 

         Quand Rafael apparut dans la cuisine, il eut la surprise d’avoir un petit gâteau comme petit déjeuner. Moira et Sara lui sourirent et lui souhaitèrent un joyeux anniversaire. Le garçon fut très touché. Avec le peu d’ingrédients qu’ils avaient encore en stock, les filles avaient réussi à lui faire un petit gâteau. Il en oublia un temps son mal de dos et ses douleurs dans les jambes ou les bras. 

 

         Bien évidemment, le petit gâteau n’était que pour lui. Mais Rafael parvint à le partager en trois. Il se garda une part et offrit les deux autres à ses sœurs. Pour une fois, la matinée passa dans le rire. C’était tellement rare les fois où ils arrivaient à rire.

 

         Ensuite, il fut temps de se rendre à l’école. Sara se trouvait en primaire avec eux maintenant. Elle se trouvait dans une classe plutôt calme par rapport à son frère et à sa sœur. Elle n’avait pas de problème particulier. Rafael n’avait plus les plus âgés sur le dos puisqu’il faisait partie de cette catégorie maintenant. Il en était un peu soulagé, mais il se disait qu’il finirait par les revoir quand il irait au collège. 

 

         Le cours fut d’un ennui mortel. Plus d’une fois, il faillit s’endormir. D’ailleurs certains de ses camarades ne se gênèrent pas le moins du monde à le faire. Il n’osa pas même si le maître s’en fichait royalement. À l’heure de midi, il mangea avec sa sœur. Il n’avait personne d’autre. Il n’avait pas d’ami et sa sœur était dans le même cas. Sara avait plus de chance. 

 

         Pour le retour à seize heures, Sara leur parla de ses amis et de sa maîtresse. En tout cas, cette femme enseignait bien et elle semblait apprécier ses élèves. Pourquoi les autres n’étaient-ils pas comme elle ? Un vrai mystère pour Rafael et Moira. 

 

         Leur bonne humeur disparut en apercevant leur père. Celui-ci attendait devant la porte de la maison près de sa vieille camionnette. En les apercevant, il eut un sourire mauvais. Les enfants avaient juste envie de fuir loin de cet homme, mais pour aller où ? 

 

         — Rafael monte dans le véhicule. Je vais te faire ton cadeau d’anniversaire. Tu vas voir, tu vas adorer. 

 

         La peur noua l’estomac du jeune garçon. Il se mit à trembler. Les paroles ne lui disaient rien de bon pour lui à nouveau. Le regard de son père toujours posait sur lui, Rafael se décida à bouger. Il remit son sac à Moira et il obéit à l’ordre. Il s’installa dans le véhicule. 

 

         Boris ne fit pas cas de ses filles. Il les laissa pénétrer dans la maison. Il stoppa juste un temps la plus âgée pour lui refiler un peu d’argent. Avec cette somme, elle devait acheter la nourriture pour eux pour le mois. Moira rangea les sous dans le porte-monnaie qu’elle gardait bien caché sur elle. Elle observa la camionnette disparaitre dans un détour avant d’entrer pour signaler à Sara qu’elle ressortait pour faire des courses. Elle tremblait pour son frère.

 

         Rafael se recroquevilla comme il pouvait dans le véhicule. Son père prenait de la place. Il avait pris de l’embonpoint en deux ans surtout dû à tout l’alcool ingurgité. Où est-ce que son père l’emmenait ? 

 

         Un coup d’œil lui fit apercevoir un des quartiers mal famés de la ville. Il grimaça. Son père l’avait déjà amené dans ce coin pour vendre de la drogue à un bar pourri. Il avait dû attendre pendant presque une heure que son paternel revienne, assis sur une chaise. Il avait eu l’ordre de ne pas bouger sinon il risquait de le regretter. 

 

         Qu’est-ce que ce serait cette fois-ci ? Il le saurait bientôt quand le véhicule s’arrêta devant une devanture qui avait connu des jours meilleurs. Boris descendit suivi par son fils. Il eut un sourire mauvais en apercevant la lueur de désespoir dans le regard de son rejeton.

 

         Attrapant Rafael par les cheveux, il le força à le suivre dans le bâtiment. C’était un bar miteux. Le barman ne devait pas savoir ce que c’était de prendre un bain. Il ne parla pas à Boris, mais il lui fit juste un geste vers l’étage. L’homme se dirigea vers l’endroit toujours en tirant les cheveux de son fils. Rafael serrait les dents pour ne pas crier de douleur. 

 

         Arrivé à l’étage, le père frappa à la porte en face des escaliers. Une voix de femme se fit entendre. Boris entra. Rafael en profita que son père venait de le lâcher pour regarder autour de lui. Il se trouvait dans une chambre dans les tons rouges. Une horreur. La femme lui faisant face devait avoir une trentaine d’années au physique plutôt avantageux. Mais pour une raison inconnue, Rafael la détesta d’emblée. 

 

         Elle avait beau être magnifique, tout en elle respirait la luxure et la méchanceté. Elle portait un doigt manucuré à sa bouche et elle ne se gênait pas pour les détaillés de la tête aux pieds. 

 

Rafael voulait être ailleurs. Il ne voulait pas rester une minute de plus dans cette pièce. Il fit un pas en arrière, la peur au ventre. Il se cogna contre un corps. Il sursauta, mais avant même qu’il puisse se retourner, une main avec un torchon imbibé se posa sur sa bouche et son nez. Son esprit se brouilla aussitôt et il sentit une étrange sensation dans son corps. Il n’était plus maître de lui-même.

 

Il pouvait encore entendre la voix de son père et celle de la femme. La troisième personne le poussa pour le faire marcher. Rafael manqua de tomber. Il fut rattrapé et la personne le tira pour l’éjecter sur le lit. La femme s’approcha du lit et elle laissa ses vêtements tombés. Elle venait de se payer un nouveau jouet pour quelques heures.

 

Quand Boris revint récupérer son fils quatre bonnes heures plus tard, il dut soulever Rafael qui ne tenait pas sur ses jambes meurtries. Le garçon venait de perdre son enfance. Après tout ce qu’il venait de subir, Rafael se demandait sérieusement pourquoi il continuait de vivre. Cette femme l’avait fouetté pendant presque une heure avant de jouer avec son petit corps meurtri. 

 

Tout le long du trajet du retour, Boris se moqua de son fils. Il le rabaissait comme à son habitude. Rafael ne l’écoutait plus. Il se fichait maintenant ce qu’il pourrait lui arriver. Son cœur était mort. 

 

         Arrivé, Boris ouvrit la portière et il éjecta son fils dehors. Rafael s’écroula sur le sol. Dans un crissement de pneu, Boris repartit en sens inverse. Rafael se redressa avec difficulté. Comment arriva-t-il jusque dans la maison, il ne saurait le dire ? Moira se leva d’un coup en le voyant. Elle fonça sur lui pour l’aider. Rafael la repoussa avec violence. 

 

         La jeune fille tomba sur les fesses. Elle leva un regard en larme vers son frère. Celui-ci traversa la pièce en faisant chavirer quelques chaises en son passage un peu chancelantes. Il se dirigea tout d’abord vers les toilettes. Il arriva juste à temps pour vomir jusqu’aux tripes. Quand plus rien ne put sortir, il se releva chancelant et il fonça vers la salle de bain. 

 

         Il s’y engouffra et il ferma la porte à clé. Il se laissa aller contre la porte. Les yeux fermés, les larmes commençaient à couler le long de ses joues. Il serra les dents. Il se déshabilla avec difficulté. Puis, il passa sous la douche. Il ouvrit le robinet. L’eau froide gicla avec violence sur son corps couvert de plaies vivaces. 

 

         La morsure du froid le faisait serrer les dents. Les larmes ne se tarirent pas, elles continuaient toujours leur chemin sur ses joues. Il gardait les yeux fermés. Il éjecta d’un coup sa tête vers l’arrière et il poussa un hurlement de bête blessé. Puis, il se laissa tomber sur le sol serrant ses genoux de ses bras. Il pleura de tout son saoul, de tout son être, de toute son âme. 

 

         Moira posa, son front, sur la porte fermée. Les larmes coulaient le long de ses joues également. Elle avait mal pour son frère. Il souffrait et elle ne pouvait rien faire pour lui. Sara s’approcha de sa sœur et elle se moula contre elle. Pourquoi son père faisait-il souffrir son frère ? Quelle en était la raison ? Parce qu’il était celui qui ressemblait le plus à leur mère défunte ? Était-ce une sorte de punition ? 

 

         Sara essuya ses larmes de rage. Elle fonça dans la chambre de son frère. Elle s’approcha du lit et elle retira le cadre sous l’oreiller. Elle regarda la jeune femme rousse sur la photo tenant son frère alors tout jeune. 

 

         — Maman, écoute ma prière. Je t’en prie, je t’en supplie : aide Rafael ! Fais que tout s’arrête, que quelqu’un nous vienne en aide ! Je t’en supplie ! Je t’en supplie, lâcha-t-elle d’une voix brisée. 

 




 

         Comme à leur habitude, Michio et Nael se levèrent en même temps. Ils prirent également leur douche ensemble. Cela ne les dérangeait absolument pas. Ensuite, soit ils avaient trop faim et ils descendaient rapidement prendre leur petit déjeuner, soit ils allaient réveiller leur père Luce. 

 

         Leur père Erwan était souvent déjà levé en semaine. Il faisait toujours un jogging avant de prendre son petit déjeuner avec ses enfants et son beau-père Renko. Ensuite, il partait travailler tout en déposant les deux loustics à l’école au passage. 

 

         Cette fois-ci, les deux démons Oda eurent la même idée sans se concerter. Une certaine démangeaison les tenaillait. Avec un rire, ils foncèrent vers la chambre de leur père. Ils ouvrirent la porte avec fracas faisant sursauter Luce comme toujours. Il eut vite le souffle coupé en recevant les deux petits diables dans les bras.

 

         — Vous ne pouvez pas venir me réveiller plus doucement. 

 

         — Mais enfin, papa. Ce ne serait vraiment pas drôle, répliqua Nael. 

 

         Michio, les fesses sur le ventre de Luce, souriait, amusé. Il ne disait rien. Luce tenta de le virer. Mais c’était peine perdue. Il plissa les yeux. Il connaissait trop bien son fils maintenant.

 

         — Qu’as-tu fait comme bêtise, Michio ?

 

         Le garçon secoua la tête. 

 

         — J’hallucine. Pourquoi suis-je toujours accusé ?

 

         — Bah ! Parce que tu es celui qui en fait le plus de bêtise, Michio. Répliqua son frère.

 

         — Mais c’est honteux. Je suis un diable d’ange. Jamais, je ne fais de bêtise. 

 

         — Mais oui, et la marmotte elle met le chocolat dans du papier alu.

 

         Luce attrapa son fils. Ils bataillèrent, un moment, manquant de faire chavirer Nael du lit. D’un seul coup, Michio se redressa. Il attrapa la main de son frère et il s’exclama :

 

         — Avec tout ça, j’ai grand faim. 

 

         Il se dirigeait vers la porte quand il se retourna vers son père. Il avait un petit sourire malicieux. 

 

         — Au fait, papa, ton cahier est encore parti voir des amis. 

 

         Michio s’échappa en vitesse suivie de son frère. Il put entendre son père lancer des imprécations sur son dos. Il dévala les escaliers. Il manqua de tombée arrivée à la dernière marche. Il pesta. Aussitôt, il entendit son grand-père Renko râler sur la bêtise des gosses, de nos jours. Michio et Nael gloussèrent. 

 

         Ils pénétrèrent dans la cuisine avec grand bruit. Ils virent leur grand-père Carlin assis toujours sur les genoux de Renko. Ils allèrent l’embrasser avec plaisir. 

 

         — Tu as fini tes tableaux, papy ?

 

         Carlin ébouriffa les cheveux noirs de son petit-fils. Il avait fini par se faire à l’idée que ce garçon était bel et bien son fils. Pendant leur anniversaire, quinze jours auparavant, le six juin, pour leur dix ans, Erwan, Luce et Carlin leur avaient avoué la vérité sur leur origine. Ils avaient longtemps hésité à leur dire.

 

         Luce ne voulait pas les traumatiser. Mais loin n’en faut. Les garçons les avaient écoutés silencieusement. Michio, pour une fois, avait été sage. Il ne les avait pas interrompus. Il avait très bien saisi que son vrai père était en fait son grand-père Carlin. Tout du moins, il avait ses gênes. Nael aussi comprit très bien la situation assez complexe.

 

         Ce jour-là, Erwan avait reçu un courrier anonyme avec des photos. Elles représentaient deux jeunes femmes, l’une asiatique, l’autre européenne. Dans les traits de ses jeunes femmes, on pouvait aisément reconnaitre Michio et Nael. Il leur donna les photos. Michio et Nael les avaient longuement regardés en silence.

 

         Ensuite, Michio s’était levé en premier. Il s’était rendu auprès de son père Luce. Il le regardait d’un air grave pour son jeune âge. Il lui dit :

 

         — J’ai bien tout compris, tu sais. Mais, cela ne change rien. Pour moi, tu es mon unique papa avec papa Erwan. 

 

         Luce céda devant tout l’amour que son fils lui avait lancé par cette phrase. Il l’attrapa pour le serrer contre lui avec tendresse. Nael s’élança à son tour. Luce le serra à son tour. Ces deux petits démons étaient devenus son précieux trésor. Erwan, plus calme, leur avait juste ébouriffé la tête. Ensuite, Michio avait juste lancé en regardant Carlin. 

 

         — Je suis très fier d’avoir tes gênes, papy. 

 

         Tout en piquant, comme à son habitude dans l’assiette de son frère qui grognait, Michio jeta un coup d’œil vers Carlin. 

 

         — T’es pas réveillé, papy Carlin ? 

 

         L’homme secoua la tête, amusée. 

 

         — Non, j’étais juste perdu dans mes pensées. Oui, j’ai fini de peindre. Veux-tu les voir ? 

 

         Tout content, Michio sauta sur place, mais la voix de son père Erwan le fit grimacer.

 

         — Tu pourras les voir après l’école.

 

         — Crotte ! La poisse !

 

         Il fonça vers son père pour lui dire bonjour. Nael rejoignit son frère plus calmement. Erwan lui adressa un sourire. Il les enjoignit à se dépêcher de rejoindre le véhicule. 

 

         Tout le long du trajet, Nael et Michio discutèrent comme de vraie pie. Erwan avait bien du mal à rester sérieux avec ces deux-là. Il pouvait se détendre. Même si les choses allaient beaucoup mieux dans l’entreprise, il s’attendait toujours à une nouvelle catastrophe se produise. 

 

         Alexis et Mako avaient pu retrouver leur place dans la société après l’arrestation des coupables. Non seulement il y avait deux employés travaillant en étroite collaboration avec Alexis, mais il y avait également la secrétaire d’Erwan dans le lot. 

 

         En apprenant la vérité, il en était resté coi. Elle travaillait pour lui depuis des années et elle était la petite fille de la secrétaire de son grand-père. Elle l’avait elle-même formé. Personne ne connaissait la raison de ses attaques, même sa famille n’en savait rien. Le jour de son arrestation, elle avait réussi à s’échapper et depuis la police la recherchait.

 

         Vingt minutes plus tard, Erwan stoppa la voiture et observa ses fils courir rejoindre Dan Marcello. Celui-ci avait longtemps pleuré le départ de sa mère, mais grâce au soutien de ses deux amis et l’amour de son père, le garçon s’était remis. Il en voulait à sa mère d’être partie comme une voleuse. Elle avait contacté Mako par l’intermédiaire de Hanae Sanada pour la signature du divorce. Elle laissait la garde exclusive à Mako. 

 

         En gros, elle les avait rayés de sa vie. Sawako l’avait très mal pris. Hanae avait pris pour son grade. Mais, elle ne faisait que suivre les directives de Harumi. Elle n’était pas d’accord avec sa façon de faire. Elle avait tenté de la raisonner, mais Harumi ne voulait pas l’écouter. 

 

          La sonnerie retentit. Les trois garçons s’élancèrent sans un regard en arrière vers l’établissement. Pour leur grade, il valait mieux ne pas arriver en retard. Leur maître pouvait être très sympathique comme il pouvait être tyrannique. Pour la première fois, les trois garçons se trouvaient dans la même classe.

 

         Évidemment, le maître arriva avec un sourire angélique. Aussitôt, les enfants surent de suite qu’ils auraient le droit à une interro surprise. La plupart grimacèrent sauf Nael et Michio. Eux, ils les adoraient. Le moment où Michio acceptait de lâcher son carnet à dessin. 

 

         Pendant la pause déjeuner, les garçons se rendirent à la cantine. La nourriture se laissait manger, mais Michio regrettait la bonne cuisine de papy Renko. Mais, comme il avait toujours faim, cela ne l’empêcha pas de manger toute son assiette. Il batailla même avec Dan pour lui piquer son dessert. Mais, Nael l’en empêcha. Pour se venger, il piqua celui de son frère.

 

         L’après-midi fut concentré sur le sport. Le maître les fit courir pour leur faire dépenser leur énergie. Nael, bien que doué, n’aimait pas courir. Il préférait rester dans une bibliothèque pour lire. Michio, lui, c’était tout le contraire. Il pouvait courir longtemps avec plaisir. Il faisait souvent la course avec Dan. Parfois, il gagnait parfois, il perdait.

 

         Quand quatre heures sonna, tous les enfants partirent en courant vers la sortie rejoindre pour la plupart leurs parents. Dan, Michio et Nael prirent leur temps pour rejoindre la sortie. Aujourd’hui, Mako Marcello les ramènerait. 

 

         Alors qu’ils dépassaient le grand portail en fer de l’établissement scolaire, une camionnette blanche arriva à vive allure. Les choses se passèrent rapidement. Des parents, se tenant sur le trottoir, durent s’écarter rapidement pour éviter de se faire renverser. Le véhicule stoppa net devant les trois enfants.

 

         La porte coulissa et deux individus, cagoulés, sortirent rapidement. Ils se jetèrent sur les fils Oda. Dan hurla et tenta d’aider ses amis. Un des hommes l’attrapa et il l’éjecta plus loin. Michio se débattit comme un forcené tout comme Nael. Mais les deux hommes étaient bien trop forts pour eux. 

 

         Cela n’empêcha pas Michio de mordre violemment l’un d’eux au bras. Il reçut un coup sur la tête le faisant perdre connaissance. Nael se tortillait également. Il pouvait entendre le cri du père de Dan. Il arrivait en courant. Mais, c’était déjà trop tard. Les deux enfants furent éjectés dans le véhicule qui démarra sur les chapeaux de roues.

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