Chapitre 2

 

 Lan s’était aperçu que j’avais emporté avec moi une épée. Il voulut l’examiner. La lame de l’arme était d’un blanc pur presque translucide et la garde forgée dans de l’argent était agrémentée d’un dessin. D’ailleurs la première fois où j’avais pris cette épée en main, elle m’avait brûlé. Depuis la forme du dessin se trouvait marqué à vie sur ma paume de ma main droite. Lan l’examina et son visage pâlit, non pas de peur, mais plutôt de stupéfaction et d’admiration.

- Lan ? Cette épée n’est-elle pas la jumelle de la tienne ? s’exclama Dame Mailène.

- Si, je croyais qu’elle avait définitivement disparu avec le Malkier.

- De quoi parlez-vous ? Mon père m’a donné cette épée, il y a deux ans quand celle-ci m’a brûlé la main.

- Brûlé comme cela ?

Lan tendit sa pause vers moi et je vis marquée comme au fer rouge la même marque que celle sur la garde de son épée. Je ne l’avais pas remarqué quand nous avions fait l’amour, mais il faisait nuit après tout. Il me prit la main et du pouce caressa la marque. Étrangement mon corps surchauffa. J’eus un peu de mal à avaler ma salive.

- Alors, tu as été marqué par le faucon. L’as-tu déjà rencontré ?

Voyant mon regard perplexe, il sourit. Mailène m’informa :

- Il existe en tout et pour tout trois épées du Malkier. Elles ont été forgées, il y a des siècles par de très puissants Sorciers des deux sexes. Elles possèdent une très grande puissance magique. Celle de Lan se nomme simplement l’Épée du Malkier et elle est représentée par la tête d’un Loup. Vu que le Loup représente le chef de meute, elle revient toujours au Roi du pays, sa magie est le feu et la terre. La deuxième se nomme l’Épée du Faucon. Elle représente la foudre et le vent, mais aussi la liberté, la force d’un chasseur. Quant à la troisième, elle représente la glace et l’eau. Elle se nomme l’Épée Divine.

- Eh ! Anissa ? L’épée s’appelle comme ton stupide chat.

Pour cette phrase malencontreuse, j’eus le droit à un coup sur la tête par mon amie qui grinça des dents.

- Laisse cette pauvre créature dormir en paix !

- Ok ok, mais la pauvre, tu l’as appelé Divine alors que c’était un mâle, il a dû se sentir vexé dans sa fierté masculine.

 

J’eus droit à un deuxième coup sur la tête. Je me mis à rire suivi de près par les autres, car la moutarde avait monté au nez d’Anissa. Elle avait vraiment un sale caractère cette fille.

- Kadaj arrête de te moquer.

Mailène frappa des mains pour nous calmer et nous expliqua qu’Anissa n’avait pas eu tort d’appeler son chat Divine, car la représentation sur la garde de l’arme était la tête d’un félidé. Pendant ce temps, Manny nous avait préparé le souper. Chaque soir, c’était chacun son tour. Demain ce sera mon tour et je bénissais mon père de m’avoir appris beaucoup de choses en ses dix-huit années de vie. J’essayai de ne pas trop penser à mes pouvoirs naissants. Je savais depuis peu que Lan avait raison.

 

 Depuis un mois que j’avais quitté mon village. Le mal de tête était revenu une fois lors d’une pleine lune, mais bientôt je sus que le mal pouvait venir d’une autre manière. Le choc avait été tellement violent que j’étais tombé de cheval.

Logiquement, les Portes de Kréos ne pouvaient s’ouvrir que les nuits de pleine lune, mais si celui qui voulait ouvrir la porte sacrifier la personne la plus importante pour lui, alors celle-ci faisait une exception. Ce jour-là était arrivé. Mais le pire dans l’histoire, c’était qu’au même moment, nous nous sommes fait attaquer par des chiens enragés. Plus tard, Lan m’informa qu’ils s’appelaient des Lyandrins ou les chiens de l’enfer. Leurs morsures étaient redoutables, mais rares les fois où ils vous tuaient. Leur plaisir personnel semblait de voir la souffrance éternelle dans le regard de leur victime. Personne n’en ressortait indemne de ces morsures.

Entendant un hurlement, je vis que Manny venait justement d’être mordu au bras gauche. L’animal allait de nouveau se jeter sur elle, mais elle fut foudroyée par la foudre grâce au pouvoir de Mailène. Ma tête semblait sur le point d’éclater. Cela me coupait presque la respiration. Lan se chargeait de me protéger ainsi que Anissa qui essayait de me soutenir avec difficulté.

La Sorcière

réussit à attraper le bras valide de Manny et de l’intégrer dans le cercle que formaient le garde et

la Sorcière.

Mais

plus ils en tuaient et plus il y en avait. C’était illogique !

 Mes jambes finirent par me lâcher tellement je souffrais.  À cet instant comme un flashe devant mes yeux, je vis quatre Lyandrins se jeter sur Lan en même temps. Sans me rendre vraiment compte de ce que je faisais, mon corps réagit à une vitesse hallucinante. Je me voyais pousser le Garde et de regarder les quatre monstres dans leurs yeux marron avec un sourire cruel sur les lèvres. Je restais droit les défiant de mon regard argenté. D’un grondement féroce, ils me sautèrent à la gorge, mais aucun d’eux ne parvint à me frôler. Un vent coupant m’entoura et les éjecta plus loin dans un claquement de corps brisé. Les autres monstres reculèrent effrayer pour le coup. Petit à petit dans un gémissement craintif, ils reculèrent vers les confins de la forêt. Je portai ma main vers mon crâne et je perdis connaissance.

 

 Quand je me réveillais, je me retrouvais seul près d’un ruisseau. Où étaient les autres ? Je n’eus pas à attendre longtemps. Lan fit son apparition. Me voyant me redresser, il s’approcha pour m’aider. Il passa une main dans ma chevelure rousse, enfin pas trop roux plutôt auburn. Celle-ci arrivait au ras de mes épaules.

- Ils ont bien poussé depuis ton départ. Ils sont un peu comme ta taille. Tu continueras à grandir jusqu’à que tu sois complet.

- Que veux-tu dire ?

Il sourit à nouveau sans répondre. Il m’informa également que Mailène soignait le bras de Manny en compagnie d’Anissa. Étant donné qu’il s’agissait de magie, cela ne le concernait pas, alors il était venu voir si j’allais mieux.

- Sa blessure est grave non ?

- Si, elle aura toujours mal. Même si la blessure est guérie, la douleur restera jusqu’à sa mort. Elle a eu de la chance, la douleur sera minime. Elle pourra vivre avec. J’ai vu des personnes très solides se suicidaient, car ne pouvant plus supportait cette douleur vivace.

Pourquoi de tels monstres existaient-ils ? J’en fis part à Lan qui me répondit franchement que tant que les Portes de Kréos s’ouvriront, des monstres comme cela et bien d’autres survivront dans notre monde. Puis je me souvins de ce que j’avais fait.

- Est-ce mon pouvoir que j’ai utilisé tout à l’heure ?

La main de Lan avait glissé sur ma nuque et je me sentais bien. Je devrai me sentir honteux de ressentir du plaisir dans les bras d’un homme. Mais en même temps, je songeais qu’il y a quelque temps de cela, je pensais faire la même chose à mon petit Akira. J’espérais seulement qu’il allait bien.

- Une petite partie oui. Tu as bien canalisé tes pouvoirs avec modération. Mailène a été stupéfaite de voir à quel point tu avais magnifiquement bien maîtrisé ton pouvoir malgré ton mal de tête. Surtout que tu as utilisé les deux.

- Pardon ?

J’avais un peu de mal à suivre la conversation, vu que sa main s’était aventurée, beaucoup plus bas.

- Le vent appartient à la part féminine et le coupant qui est en réalité des grains de sables ou de terre provient de la part masculine. D’après les Sorcières, c’est une chose très difficile à maîtriser.

La langue de Lan lançait des flammes dans mon corps à chaque endroit où elle passait. Tout le temps qu’il parlait, sa bouche ne quittait pas mon visage. Mais quand il finit par se taire, elle s’aventura sur ma gorge, sur ma poitrine nue. Nue ? Quand s’était-il amusé à me déshabiller ? Je ne m’en souvenais plus. Il s’amusa à nouveau avec mes tétons. Il semblait les aimer, car il y passait toujours un long moment dessus. Une de ses mains détacha mon pantalon pour s’égarer à l’intérieure. Dès qu’elle trouva ce qu’elle cherchait, je sentis mon sang bouilli petit à petit et j’eus beaucoup de mal à reprendre mon souffle. Il émit un petit rire et m’embrassa avidement.

- On dirait bien que tu y prends goût, mon petit Kadaj !

Je m’agrippai à ses épaules tellement j’avais peur de tomber, je ne sais où. Cette fois-ci, il me pénétra de face. Il m’avoua qu’il voulait voir mon expression dans la jouissance. D’ailleurs, il ne tarda pas à la voir. Dès que le dernier spasme se calma, je me laissais retomber sur le sol à bout de souffle.

- Tu es mignon tout plein quand tu jouis, Kadaj, s’exclama-t-il tout à coup.

Je me sentis rougir et je me redressai pour le frapper sur l’épaule.

- Ne te moque pas de moi, Lan. Où devrais-je décrire la tienne ?

- Dis donc toi ? Tu deviens un vrai dévergondé !

Nous gardâmes le silence un moment, puis Lan se redressa et m’informa :

- Sers-toi du fait qu’elles ne sont pas encore là pour te changer. La route risque d’être encore très longue avant d’arriver à Jars.

Le regard de Lan s’était attristé et il regardait ailleurs. C’était toujours comme cela quand il parlait de Jars, la cité des Sorcières.

- Il va m’arriver malheur quand nous arriverons là-bas, n’est ce pas, Lan ?

Le jeune homme finit enfin par me regarder à nouveau.

- Je suis désolé, Kadaj. Je n’ai aucun pouvoir. Mailène fera tout son possible pour que Marianne,

la Chef

du Jars, ne décide pas de ton élimination, mais ces femmes sont si bornées.

 

Sa mâchoire s’était serrée. Mon cœur battait à tout rompre. Depuis que je les avais suivis, je savais que mon destin serait peut-être la mort.

- Si je dois mourir alors, je suis heureux d’avoir eu la chance d’avoir connu deux personnes chères à mon cœur, dis-je en souriant. Mais ces vipères devraient se méfier de l’eau qui dort. Je ne suis pas du genre à me laisser mourir si facilement et je ne me laisse pas facilement impressionner non plus.

Lan se rapprocha et s’agenouilla face à moi. Curieusement, il posa son front sur le sol et affirma :

- Quoiqu’il arrive Kadaj, tu auras toujours mon soutien le plus total, même si c’est dans l’ombre.

Il se redressa et reprit :

- Je sais qu’un jour nous nous quitterons de vue pendants un long moment, Kadaj, mais soit sure qu’un jour nous nous reverrons et ce jour, tu seras entier. Tu seras différent et surement pour mon malheur encore plus désirable que maintenant.

Je penchai la tête sur le côté et émis un petit rire.

- C’est sûr ! J’aurais atteint ta taille et je ne serais plus obligé de me tordre le cou pour te regarder dans les yeux. C’est un comble pour un jeune qui était le plus grand de Miridia.