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Le commencement :

 

 Par la bêtise humaine, pour une simple broutille, la troisième guerre mondiale éclata. Une guerre sans merci, une guerre faisant des ravages partout où elle passait. Des hommes, des femmes, des enfants, désarmés furent massacrés en grand nombre sans aucune pitié.

 Aucune ville ne resta indemne. Elles furent toutes touchées et encore plus par une nouvelle bombe des plus effroyables créée dans le plus grand secret par une société secrète. La secte du Soleil montra son visage au monde pendant cette guerre. Elle existait depuis plus de deux siècles sans que personne en entende parler jusqu’à ce jour.

 Pourtant parmi ces membres se trouvaient des personnalités de toutes nationalités et placées à des postes clés. Son projet était l’anéantissement de la race humaine afin de laisser la place à une nouvelle race plus proche de Dieu.

 La secte ordonna à ces généraux de kidnapper le maximum de jeunes filles en bonne santé afin d’en faire les nourrices de ses guerriers. Dans un premier temps, les scientifiques engagés créèrent des entités pour la guerre elle-même, des soldats sans âmes propres, des êtres au cœur froid. Ils furent appelés les Déchiants. Ces monstres ne faisaient aucune différence entre un homme armé ou non. Leur seul ordre était de tuer donc ils tuaient. S’ils mouraient, ils étaient aussitôt remplacés. Personne ne pouvait regretter la mort d’un monstre, n’est-ce pas ?

 Ensuite, quand ils s’aperçurent de leur succès, les scientifiques avec l’accord du Chef actuel de la secte du Soleil s’appliquèrent à créer des êtres parfaits selon leur avis, les Angios. Pendant les deux siècles de silence, la secte avait récolté une bonne quantité de données et surtout de gènes de plusieurs grandes personnalités du monde aimés et détesté du monde ancien.

 Avec tous les moyens dont ils disposaient, les scientifiques dans leur folie s’amusèrent à jouer à Dieu et créèrent le premier spécimen en question. Contrairement au soldat sans âme, l’Angio ne grandit pas dans une cuve jusqu’à sa majorité. Ils choisirent parmi leur esclave l’élue qui servirait de mère à ce premier enfant.

 Le chef de la secte du Soleil le nomma Paul Pfefferberg. L’Angio ressemblait à un être humain sauf par ses yeux rouges sang. Il portait une petite marque de naissance, en bas de son rein droit, représentant la carte du monde. Mais l’étrangeté de cette carte était surtout sa mobilité.

 Depuis le commencement de cette guerre stupide, la terre elle-même se rebellait de son sort. Sa colère se faisait également sentir d’une violence absolue. Elle devenait même plus méchante, plus cruelle que les parasites qui la souillaient depuis des siècles et des siècles.

 La terre en avait assez. Elle voulait punir ses enfants du mal qui lui faisait. Les tempêtes apocalypses, les ouragans, les tsunamis éclatèrent à tout va pendant plusieurs années faisant des ravages. Tous les continents se rapprochèrent au fil du temps pour finir par n’en former plus qu’un seul, immenses. Loin de calmer les hommes devenus fous, ils se regroupèrent en plusieurs nations afin de continuer une guerre loin d’être finis.

 Paul Pfefferberg fut donc élevé dans le plus grand secret, dans un lieu sécurisé au maximum. À cinq ans à peine, l’enfant pouvait soutenir une conversation sérieuse, politique ou autre. À huit ans, il connaissait tous les arts de combats à main nue, le maniement des armes blanches et autres.

 Entre-temps, les scientifiques créèrent d’autres modèles du genre. Ils eurent le même résultat, mais un peu moindre. Certaines de leur expérience échouèrent et les tuèrent sans état d’âme.

 Quand le premier spécimen atteint l’âge de dix ans seulement, il avait atteint la taille d’un homme de vingt ans. Son corps, son visage, dans sa façon d’agir ou de pensée, rien dans son aspect ne montrait que Paul Pfefferberg n’avait en fait que dix ans d’existence.

 La plus grosse erreur commise par la secte du Soleil fut surement de croire être assez fort pour pouvoir dominer ces hommes ou ces femmes artificielles. Paul attendit sagement que ces congénères atteignent leurs âges adultes. Sa mère d’adoption, sa nourrice, lui avait souvent parlé du monde, de la terre qu’elle aimait, qu’elle chérissait de tout son cœur. Cette terre blessait par la bêtise et gouvernait par des hommes avides de pouvoir, martyrisant les peuples sans défense.

 Quand la secte comprit les manigances de ses femmes, elle ordonna leur exécution. Mal leur en prit ! Les Angios ne supportèrent pas la cruauté, car contrairement au Déchiants, ils avaient une âme et des sentiments. Ils se rebellèrent contre leur créateur. Leur véritable pouvoir apparut à ce moment-là. Des pouvoirs effrayant les simples mortelles ! Chaque Angio avait leur particularité.

 Pour certain, leur pouvoir était le maniement du poison, ils furent appelés les Arsenyc. D’autres pouvaient créer des toiles, des pièges afin d’attirer leur proie dans leur filet invisible à l’œil nu. Ils se nommèrent Arachny. Mais le plus grand et le plus puissant fut le clan Pfefferberg. Paul en était le Chef incontesté.

 Avec ses amis Angios, il détruisit sans grand effort, d’ailleurs, la secte du Soleil, tuant par la même occasion celui qui lui avait donné son nom. Paul pouvait tuer sans émotion tout comme les Déchiants, mais il ne tuait pas sans raison.

 Cet Angio ne savait pas pourquoi il avait été créé, mais il décida, en hommage à cette femme qui l’avait élevé avec beaucoup d’amour de libérer cette terre qu’elle avait tant chérie.

 Il ne se gêna pas le moins du monde à utiliser les Déchiants pour son propre compte afin d’arriver à ses fins. Dans un sens, une nouvelle guerre éclata, mais plus mauvaise que celle auparavant, car les hommes durent combattre non seulement ces hommes artificiels, mais aussi la terre, car celle-ci semblait avoir pris la décision d’être du côté des Angios.

 Cette guerre dura très longtemps, car contrairement aux humains, les Angios vivaient bien plus longtemps en termes de longévité. Non seulement ils devenaient adultes en dix ans seulement, mais pouvaient vivre à plus de deux cents ans. Leurs physionomies ne changeaient pas non plus sauf à leur dernière année de vie. Seulement à ce moment-là, leurs cheveux devenaient blancs comme neige.

 Les Angios, contrairement à ce que pouvaient penser certains humains, n’étaient en rien des êtres cruels et sans pitié. Jamais, ils ne tuèrent des enfants. Ils les protégeaient du mieux qu’ils pouvaient parce qu’ils représentaient la nouvelle génération. Finalement grâce aux Angios et à ces jeunes humains, la paix finit par revenir.

 La terre reprit ses droits et redevint au fil des siècles un endroit bon à vivre, verdoyant de toute part. Le climat redevint également plus stable et l’air pur sans plus aucune trace de pollution.

 L’immense continent se transforma en cinq royaumes, Noslado, Carimba, Elhalyne, Soleda et le plus grand Inonumy, gouvernés au début par un Angio désigné à l’époque par un descendant direct de Paul Pfefferberg.

 Les Angios femmes pouvaient enchanter comme toute humaine alors les Angios mâles épousaient souvent un membre de leur race, mais il arriva également comme le fit Paul de prendre une humaine, même si la tristesse de voir l’être aimé partir bien avant pouvait être insoutenable. Contrairement aux humains, les Angios ne pouvaient aimer qu’une seule personne dans leur existence, ce qui rendait cette personne plus sacrée à leurs yeux rouge ou argenté.

 Les humains ne se plaignaient pas le moins du monde d’être gouvernés par ces hommes, car leur sagesse et leur bienveillance ne les privaient aucunement de leur liberté. Ils pouvaient s’exprimer librement sans risque d’être mis au cachot pour avoir contredit la royauté.

 Mais bien évidemment, la convoitise, la jalousie n’avait pas disparu pour autant. Il arrivait souvent des combats pour protéger les royaumes contre ces hommes qui voulaient reprendre le pouvoir.

 Il y avait aussi les Angios qui ne possédaient pas de pouvoir magique. Ils étaient reconnaissables surtout par leur marque de naissance. Alors que les vrais Angios possédaient cette marque sur leur rein droit, les autres, sur leur rein gauche. Ainsi dès l’enfance, les parents pouvaient savoir si leur enfant possédait ou non les pouvoirs d’Angios. Ainsi commença l’histoire de Requiem, le plus jeune fils du Roi Archibald Pfefferberg. Le Roi d’Inonumy, le Royaume du centre, le plus grand d’entre les cinq n’avait en rien hérité de la noblesse, de la bienveillance de ses ancêtres Angios. Cet homme jalousait tous les Angios possédant un pouvoir, car lui-même n’en possédait pas.

 Quand sa femme mit au monde leur troisième enfant, la rage et la folie le gagnèrent en force. Son fils Requiem portait la tache de naissance à son rein droit. Il serait un puissant Angio et son père finit par le jalouser et à en avoir peur également.

 Il finit par l’enfermer dans un cachot afin de lui faire subir toute sorte d’expérience afin dans faire son chien de garde. Son fils lui servirait d’arme pour conquérir le monde. Après des siècles de paix, les humains allaient de nouveau connaitre la guerre, la famine et la peur.