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Note de l'auteur : Cette histoire me tenait à coeur. J'ai créé cette famille juste pour m'amuser et je suis tombée sous le charme. C'est un genre de spin off avec celle des Tomes, car Jian le plus jeune fils a un rôle dans le Tome 8 : Rédemption. Ici, l'histoire commence avant sa naissance. Je précise aussi que l'histoire a beau se passer en Chine, j'écrirais comme à mon habitude sans faire cas du lieu à part les noms des villes. Imaginez que c'est dans un autre univers ou autre, peu importe. J'espère seulement que vous l'aimerez assez pour continuer à la suivre. Ah ! Et désolée d'avance, si je ne suis pas rapide pour les écrire les chapitres. ^^'

Ce récit est une oeuvre de pure fiction. Par conséquent toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

 

     

       Chapitre 1

 

       La journée avait commencé comme une autre, insignifiante et ennuyeuse. Le temps ressemblait comme les autres jours, pluvieux. Depuis combien de temps n’avait-il pas plu dans les parages pour que d’un seul coup, ça ne veuille plus s’arrêter ? L’inspecteur Cheng se le demandait sérieusement tout le long de son trajet jusqu’au pont à l’ouest de sa ville. 

 

       Il avait espéré que sa journée finirait comme d’habitude sans aucun souci, afin de profiter un peu plus de sa famille. Mais cela était trop demandé à sa malchance habituelle. Pourquoi l’appelait-on sans arrêt ? Ces collègues ne pouvaient pas l’oublier de temps à autre. Ces doigts s’agitèrent sur le volant. Son coéquipier, Mao, l’observait avec un regard amusé. Cheng avait un visage trop expressif pour un chinois. Ça lui jouait toujours des tours. 

 

       Ils ne tardèrent pas à arriver sur les lieux. L’ambulance se trouvait déjà présente, ainsi que le médecin légiste. Celui-ci les attendait de pied ferme. En reconnaissant le médecin, Cheng soupira. C’était, monsieur le chieux, monsieur, ponctualité, évidemment. Quand il disait avoir la poisse. Pourquoi ne voulait-on pas le croire ? 

 

       Il arrêta la voiture à quelques pas de l’ambulance. À peine fut-il sorti qu’il fut entièrement mouillé. Il soupira avec lassitude. Près de lui son coéquipier laissa échapper un petit rire moqueur. Il lui lança un regard noir. Résultat, Mao recommença.

 

       Cheng se dirigea vers le brancard légèrement à l’abri par le coffre de l’ambulance et par les parapluies de l’infirmier et du médecin. Leur attitude impatiente semblait étrange pour l’homme.

 

— Alors, que me vaut votre appel, Tan ? 

 

— Inspecteur Cheng vous en avez mis du temps pour arriver. Vous avez failli arriver avant les protagonistes du jour. 

 

— Pardon ? s’exclama interloquer Cheng. 

 

       Il jeta un coup d’œil à Mao. Celui-ci regardait vers l’arrière, près de la route d’où ils étaient arrivés. Intrigué, Cheng observa la scène. Une voiture noire aux vitres teintées venait de tourner dans leur direction. Qu’est-ce que c’était ce bordel ? Il jeta un regard vers le médecin légiste. Il avait un regard et un sourire mauvais. Il ne l’aimait pas et il ne lui faisait pas confiance. 

 

       Cheng reporta son regard vers la voiture noir. Un homme très grand pour un chinois en sortit. C’était un homme avec une très grande prestance avec une aura très meurtrière. Cheng le reconnaissait. C’était l’homme de main et de confiance d’un des hommes les plus influents dans la ville. Que faisait-il là ? 

 

       L’homme en question se dirigea vers l’arrière du véhicule. Cheng resta aux aguets et sur ces gardes. Il se sentait toujours très gauche face au propriétaire du véhicule. Mais, contrairement, à ce qu’il avait cru, ce n’était aucunement l’homme espéré, mais un jeune enfant d’une dizaine d’années. Abasourdi, Cheng se retrouvait complètement perdu. Une exclamation près de lui montrait clairement la frustration de Tan.

 

       Cheng s’en amusa intérieurement. Il semblait que la situation n’était pas vraiment comme l’aurait voulu ce cher Tan. Dans un sens, Cheng s’en réjouissait, sans trop savoir pourquoi. Cette fois-ci, il se tourna à nouveau vers le médecin légiste. Il ordonna. 

 

— Quelle est la raison de cette mascarade ? 

 

       L’infirmier jeta un coup d’œil rapide vers le médecin. Celui-ci ne quittait pas du regard l’enfant qui s’approchait d’eux en compagnie de l’homme de main. Il haussa les épaules. Il ouvrit le sac mortuaire afin de montrer le visage de la victime.

 

— Est-ce pour cette raison que vous nous avez demandé de venir, médecin légiste Tan ? Demanda, d’une voix sèche et froide, mais enfantine.

 

       Tous les hommes, à part l’homme de main, se tournèrent vers la voix. Comment un enfant si jeune pouvait leur parler avec autant d’assurance et d’autorité ? Cheng en fut estomaqué. Il pensait à son jeune fils qui devait avoir le même âge que celui en face de lui et pourtant entre les deux, il y avait un énorme fossé.

 

— Évidemment. Pour quelle autre raison vous aurais-je appelé ? Où est votre père ? 

 

       L’enfant, habillé simplement d’un jean noir, et d’un manteau de même couleur, leva son visage dont aucune émotion ne passait vers cet adulte qui tentait de le prendre de haut. Il plissa légèrement les yeux. Sa voix resta neutre, mais toujours très froide. 

 

— Mon père est un homme occupé. Il n’a pas le temps d’être à votre disposition. 

 

— Mais, c’est tout de même sa femme sur ce brancard. 

 

       L’enfant posa son regard sur le corps sans vie de Zhu-Yi Lau. Elle était sa génitrice. Son père n’avait pas eu son mot à dire à l’époque. Il avait dû épouser la femme que son père lui avait choisie. Au début, tout allait bien. Elle lui avait donné un fils Liang. Mais, son fils n’avait pas les tripes pour être l’héritier. Elle sentait également qu’elle perdrait ses avantages. Alors, elle avait fait en sorte de donner deux autres enfants à son époux. Li et Qiang étaient nés sans amour.

 

— Veuillez corriger, médecin légiste Tan. Cette femme est son ex-femme. Elle n’est donc plus rien pour lui. Mon père est marié depuis cinq ans à Jiao Bào.

 

— C’est votre mère. 

 

       Cheng, Mao et l’infirmier regardaient la scène en silence. Ils ne savaient pas comment mettre fin à cette scène. L’homme de main dû sentir la colère naitre dans le corps de son jeune maître, car il posa une main rassurante sur l’épaule de l’enfant. Celui-ci sembla s’apaiser. L’homme prit enfin la parole. Il avait tout comme le physique une voix puissante et grave.

 

— Veuillez éviter d’insulter mon jeune maître. Cette femme est juste sa génitrice. Il a été clairement stipulé dans un contrat signé par le juge fédéral lui-même que Zhu-Yi Lau n’avait plus aucun lien avec la famille de mon Maître. 

 

       Le médecin légiste serra les dents. Pour lui, il ne faisait aucun doute que cette famille était le meurtrier de cette pauvre femme. Comment cela pourrait-il être autrement ? Finalement, Cheng put enfin prendre son travail en demandant des détails sur le décès de cette femme. Apparemment, elle serait morte noyée. L’infirmier prit la parole à la place du médecin muet, surement vexé. Quel être puéril ! Pour le coup, l’enfant faisait bien plus adulte. 

 

— Elle a été retrouvée sur les berges. Elle ne respirait plus depuis plusieurs heures. L’heure exacte de sa mort présumée sera notée dans le rapport que je vous remettrais dans la soirée. 

 

— Elle s’est peut-être suicidée, suggéra Mao. 

 

— Cette femme en serait incapable, inspecteur Mao.

 

       L’inspecteur tiqua face à la voix enfantine, toujours sans émotion. Il parlait de sa mère comme d’une inconnue. C’était assez flippant et troublant.

 

— Pourquoi le pensez-vous, jeune Maître ? demanda alors Cheng avec respect.

 

       Mao observa son coéquipier. Comment faisait-il ? Il avait toujours remarqué que son collègue avait une facilité à s’habituer à toutes les situations étranges. Ainsi, il avait décidé de ne plus considérer l’enfant comme tel et il parla donc comme à un adulte. 

 

       L’enfant se tourna vers l’autre inspecteur. Il lui hocha la tête comme pour montrer qu’il le prenait en compte. Il répondit d’une voix moins froide. Cheng pensa avoir au moins gagné un petit peu.

 

— Ce n’est pas son genre. Non, je devrais plutôt dire que ce n’était pas son genre. Elle aimait trop le luxe, trop l’argent et la vie. 

 

       Un petit rire froid donnant un frisson désagréable à la plupart des protagonistes retentit. Le petit garçon reprit :

 

— Son plaisir personnel était de détruire les autres. Elle aimait user de ses charmes et de sa persuasion pour mettre le chaos. Elle a détruit mon frère aîné mentalement. Maintenant, celui-ci est mort après avoir tenté de me tuer. Vous devez vous en souvenir, inspecteur Cheng. Vous étiez chargé de l’enquête, cette nuit-là.

 

— Oui, je m’en souviens très bien. Mais, peut-être a-t-elle fini par regretter toute sa méchanceté ? 

 

       Cheng leva les yeux vers l’homme de main. Celui-ci le fixa en silence, sans détourner le regard une seule fois. Cheng soupira.

 

— C’est beau de rêver, inspecteur Cheng. Mais, vous savez très bien ce qu’il en est grâce à votre travail. Infirmier, vous devriez regarder plus attentivement la base du cou de Zhu-Yi.

 

       L’infirmier regarda l’enfant avec stupeur. Comment avait-il su ? Cheng se tourna vers le médecin légiste et l’infirmier. Mao se pencha vers la victime et il s’exclama :

 

— On dirait une morsure. 

 

— Non, une piqure d’aiguille, crétin ! s’exclama alors le médecin légiste.

 

       L’homme de main finit par prendre la parole. 

 

— Nous allons nous retirer. Il n’est pas nécessaire que nous restions plus longtemps sur les lieux. Nous allons vous laisser à votre enquête, inspecteur Mao, inspecteur Cheng.

 

       Après un salut vers l’infirmier et le médecin légiste, l’homme de main et l’enfant retournèrent vers le véhicule. Un autre homme en sortit. Il prit la place du conducteur laissant l’enfant et son chef prendre la place à l’arrière.

 

       Cheng se retourna d’un coup. Il s’exclama d’un ton dur. 

 

— Votre manque de professionnalisme sera remonté, médecin légiste Tan. Et puis-je savoir le pourquoi du comment vous ne m’avez pas parlé de cette piqure dans le cou ? Vous avez intérêt d’être honnête pour une fois dans votre vie.

 

— Vous savez bien que ce sont eux les coupables, inspecteur Cheng. Comment pouvez-vous vous leurrer à ce point ? 

 

— Tan fermez-là ! Arrêtez de vouloir mettre tous les maux de la terre sur la famille Bào. Mao, cela fait la troisième victime. Elles ont toutes un point commun. 

 

       Cheng ordonna à l’infirmier de partir. Il se dirigea vers la berge en compagnie de son collègue. Mao soupira. Est-ce l’œuvre d’un tueur en série ? 

 

— Toutes des femmes au cœur de pierre. L’une s’est jeté dans le vide, l’autre s’est pendu et maintenant, la noyade. Et le point commun entre les trois à part leur cœur vide, c’est la piqure dans le cou. 

 

       Cheng laissa son regard tomber sur l’eau avant de s’écrier faisant sursauter son collègue. 

 

— Aaaaahhhh !!!! Je veux des vacances.

 

       Fang Wei, tel était le nom de l’homme de main, s’installa à l’arrière avec son jeune protégé. La voiture quitta les lieux du drame. Pendant un long moment, personne ne dit mot. Le conducteur remonta également la vitre de séparation avec l’arrière. Fang observait les frêles épaules de l’enfant près de lui. Il soupira. Il s’installa plus confortablement contre le siège arrière. Il laissa entendre. 

 

— Vous n’avez pas à vous retenir. Je serais le seul à les voir et vous savez pertinemment que je ne dirais rien.

 

       Il n’eut aucune réponse. Mais, la tête de l’enfant se posa contre son bras. Il sentit les soubresauts. Il posa une main tendre sur la chevelure noir corbeau.

 

— Je suis désolé que vous ayez été obligé d’assister à ce triste spectacle.

 

       L’enfant secoua la tête. Il avait un peu honte de s’être laissé aller. Il se redressa tout en essuyant les dernières larmes.

 

— Je la haïssais. Pourquoi est-ce que je suis triste de sa mort ?

 

— Parce que malgré tout le mal qu’elle a pu vous faire, elle est votre mère, Maître Li. Vous ne pouvez pas effacer ce détail. Peut-être qu’inconsciemment vous auriez aimé qu’elle vienne vous demander pardon ?

 

— Tu n’en parleras pas à papa de mon moment de faiblesse. Je ne veux pas le décevoir.

 

       Fang secoua la tête amusée. 

 

— Vous ne risquez pas de le décevoir. Il vous aime beaucoup trop pour cela. Vous êtes sa fierté. De toute façon, je n’aurais pas besoin de le lui dire. Il le sera de lui-même. Il n’est pas inhumain comme la plupart le pensent.

 

— C’est vrai que c’est impossible de cacher quoi que ce soit à papa. C’est même rageant des fois. Ah ! Mais, ce n’est pas une raison de le laisser sous-entendre. Je n’ai pas envie de me chamailler avec Qiang parce qu’il se foutra de ma poire. 

 

       Fang émit un petit rire. Qiang serait bel et bien capable de se moquer ouvertement de son frère. Celui-ci affirmait haut et cour qu’il n’avait pas de mère. Il ne serait surement pas aussi triste que son frère aîné. 

 

— Comment va Shan-Yu, Fang ? 

 

       Le visage de l’homme de main s’illumina en entendant le nom de son petit garçon. Shan-Yu avait maintenant un an et demi à peine. Il était le plus beau cadeau que sa femme Xia lui avait fait.

 

— Il grandit trop vite. C’est vraiment un adorable bambin. Et vous maître Li, êtes-vous prêt à être de nouveau grand frère ? 

 

       Le visage de Li s’assombrit légèrement. Il frissonna également. 

 

— Je ne sais pas. J’ai peur, Fang. Je ne veux pas que l’histoire se répète encore une fois.

 

       Fang posa une main rassurante sur l’épaule du jeune maître. 

 

— Maîtresse Jiao est très différente de Zhu-Yi. Et puis, malgré son caractère assez explosif, vous vous entendez très bien avec votre frère Qiang. 

 

— Bah ! C’est simple. Quand il devient trop chiant, il suffit de le foutre à terre. Il déteste perdre. Mais, c’est un fonceur, il ne réfléchit jamais. Pff ! C’est tellement facile de le battre cette andouille. Mais, c’est vrai que j’ai de la chance de l’avoir. Il est content que ce soit moi l’héritier. Il n’aime pas avoir des responsabilités.

 

       Li garda un long moment le silence. Puis, il leva les yeux vers l’homme de main de son père.

 

— Fang ? Même si papa ne veut plus entendre parler de Zhu-Yi, et je peux très bien le comprendre. Mais, c’était tout de même ma mère, son meurtrier je le veux. 

 

       Fang baissa la tête par respect. Il murmura d’une voix claire :

 

— Ce sera fait selon vos ordres, jeune maître.