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       Le soleil pénétra dans la chambre, éclairant par la même occasion l’un des occupants de la pièce. L’homme d’une trentaine d’années assis dans un fauteuil, la chemise noire grande ouverte porta son cigare à sa bouche d’un air songeur. 

 

       Depuis quelque temps, il s’ennuyait ferme. Il avait écumé les bars pour finir par dénicher un petit encas, mais il devait bien reconnaitre n’en être pas satisfait. Soit vieillir ne lui réussissait pas, soit les encas n’étaient plus ce qu’ils étaient. 

 

       Il jeta un coup d’œil vers la forme allongée sur le lit. Il soupira. Il l’avait choisi, car il lui rappelait un petit merdeux. Mais, ce mec était vraiment trop docile. Pourquoi n’avait-il pas une langue de vipère ? 

 

       L’homme ferma les yeux un instant. Pourquoi pensait-il à ce gosse après plus de dix années passées ? Il mentirait s’il n’y pensait jamais après tout il lui arrivait de l’avoir au téléphone ou son ami Li lui donnait des nouvelles sans qu’il les demande d’ailleurs.

 

       Il soupira un bon coup. Il plongeait dans ses souvenirs, dix ans auparavant. Il avait un jour décidé de tout quitter pour partir à l’aventure. Il voulait être loin, le plus loin de ses démons. Alors, il avait pris son sac à dos et il était parti sans un regard en arrière. Il s’en voulait un peu à l’époque. Il avait abandonné sa tante et sa jeune cousine. Les seuls membres de sa famille qui lui restait et qu’il avait juré de protéger.

 

       Il avait menti. Il était parti. Il avait fini par arriver en Chine, à Shanghaï. Il ne connaissait aucun mot dans cette langue. Il l’apprit sur le tas. Il participa à des combats, assez violents. C’était sa période noire, sa période rebelle. Rien ne lui faisait peur. S’il devait mourir alors il mourait. 

 

       Un jour, il avait dû combattre le meilleur combattant du tournoi. C’était un chinois de son âge. Il respirait le respect et la confiance. Khasan eut un sourire nostalgique. Il s’en fichait du respect à l’époque. Il voulait à tout prix lui faire mordre la poussière. Mais, malgré tout, ce fut lui qui se retrouva les fesses dans la poussière. Pourtant, l’homme lui avait tendu la main et l’avait félicité. Il était le premier à réussir à le mettre à mal. 

 

       L’homme en question se nommait Li Bào, il était l’héritier de la famille la plus influente du moment. Pourtant, Khasan lui parlait comme s’il était son égal et apparemment cela plaisait à l’homme. Celui-ci l’invita à boire pour fêter la fin du tournoi. Il accepta et c’est ainsi qu’il fit la connaissance du merdeux pour la première fois. 

 

       C’était le demi-frère de Li, le plus jeune garçon de la famille. Il était arrivé sans un bruit, même Li ne l’avait pas entendu arrivé. Il avait sursauté comme un diable quand le jeune lui avait sauté dessus. Ensuite, Khasan avait dû entendre une dispute entre eux. Enfin non, Li faisait la morale au plus jeune. 

 

       Il apprit ainsi que le plus jeune se faisait régulièrement enlever par une secte qui avait décrété que le jeune Bào était la réincarnation de leur Dieu. Le garçon devait tellement avoir l’habitude de se faire remonter les bretelles qu’il n’écoutait même pas son frère. Leur regard s’était croisé et quelque chose l’avait perturbé au plus profond de lui. Premièrement, pourquoi son cœur s’emballait-il pour un gamin de quatorze ans ? Et secondement, pourquoi le regard sombre du gamin le mettait-il mal à l’aise ? Il avait l’impression d’être perçu à jour. 

 

       Enfin à partir de ce jour, il fut intégré à la famille Bào. Il ne savait pas vraiment comment cela s’était produit. Mais, il devint le garde du corps de Jian. Plus d’une fois, il avait eu envie d’étriper ce garçon et à d’autres moments il regrettait qu’il ne soit pas plus vieux. En tout cas, Jian avait beau n’en faire qu’à sa tête, le rendant chèvre la plupart du temps, il lui avait appris aussi à avoir confiance en lui, à ses capacités. Et aussi, il avait pu avoir la dévotion d’une personne. Il n’avait pas remarqué les sentiments de Jian pour lui si l’autre invité de la famille Bào ne les lui avait pas mis en face. Ryosuke Hirotaka, un Japonais, avait été envoyé par son père chez cette famille, pour apprendre à se canaliser. 

 

       Qu’est-ce que Khasan avait aimé le titiller celui-ci ? Il avait frôlé la décapitation plus d’une fois, mais c’était tellement jouissif de le faire sortir de ses gonds. Au fil des jours, ils étaient devenus amis avec Li en prime. Et puis, il y avait eu l’enlèvement de trop. 

 

       Jian avait été enlevé alors qu’il rentrait avec un camarade du lycée. La famille est entrée en ébullition, mais Khasan avait également ressenti une immense peur. C’était la seconde fois dans sa vie qu’il ressentait ce sentiment. Il se rendait compte qu’il ne voulait pas perdre à nouveau un être pour qui il avait des sentiments forts. 

 

       Khasan se redressa de son fauteuil. Il jeta le reste de son cigare dans le cendrier posé sur la commode. Il se dirigea vers la salle de bain. Il se passa de l’eau sur le visage. Pourquoi repensait-il au passé ? Il observa son visage par la glace. Il frôla sa cicatrice sur sa face gauche sous l’œil. 

 

       Le passé revint en force. Pour récupérer le gamin, ce fut un véritable bain de sang. Jamais, il n’avait imaginé à ce genre de spectacle un jour et surtout d’en faire partie. Mais, il était bien là. Il avait empêché le gourou de poignarder le garçon drogué. Il l’avait tué de sang-froid sans l’ombre d’une émotion. Il avait bien eu trop peur d’être arrivé en retard. 

 

       Il avait serré contre lui le corps inconscient du gamin dans ses bras avec force. Jian avait réussi à forcer la barrière qu’il avait créée afin de ne plus rien ressentir. Que serait capable de faire de plus ce garçon ? Bien plus, il s’en était rendu compte quelques mois plus tard. Khasan venait d’apprendre qu’il avait un jeune frère et qu’il devait donc partir pour le retrouver, car son père l’avait vendu pour payer ses dettes.

 

       Pour lui dire au revoir, les Bào les avaient emmenés Ryosuke et lui au restaurant. Lors du repas, une voiture piégée avait foncé dans le bâtiment. Elle causa plusieurs morts. Les Bào eurent de la chance. Khasan se souvient de la douleur dans son dos. Il avait dû être opéré d’urgence. Meng lui annonça avoir une énorme dette envers lui, car s’il ne s’était pas servi de son corps pour protéger Jian, celui-ci serait mort à l’heure qu’il est. 

 

       Tout le temps de son rétablissement, il avait observé la dégradation de Jian. Celui-ci s’en voulait. Il avait fini par s’échapper à la vigilance de sa famille. Tout le monde était parti à sa recherche. Khasan l’avait retrouvé près d’un précipice. Le gamin lui avait alors dit :

 

       « Je ne cause que des ennuis. Je suis la poisse. Pourquoi suis-je né ? Maman est morte à cause de moi, mes amis se font blesser à cause de moi, et tu as failli mourir à cause de moi. Pourquoi suis-je encore en vie ? »

 

       « Je ne sais pas, Jian. Je ne suis pas la bonne personne pour te consoler à ce sujet. Je dois vivre avec la culpabilité de n’avoir pas pu sauver ma mère. Je culpabilise, car j’ai préféré prendre la fuite plutôt de rester pour aider mon petit frère. J’ai autant de pêcher que tu penses en avoir. On est deux cas désespérant, je crois, bien. »

 

       Le gamin s’était approché et Khasan avait encore maudit le destin que Jian ne soit pas plus vieux. Bordel ! Jian lui avait entouré la taille de ses bras en totale confiance. Le visage caché contre le torse. Même maintenant, il se souvenait de la chaleur de ce jeune corps contre lui. 

 

       « Si je disparais, penses-tu que tout le monde sera soulagé ? »

 

       « Je n’ai jamais entendu autant d’ineptie de ma vie. Ta famille sera anéantie si tu disparais, Jian. »

 

       Il pouvait sentir les larmes du gamin, mais il n’en fit pas cas. Il entendit les mots de Jian comme un murmure.

 

       « Et toi, en seras-tu attristé ? »

 

       Il lui avait attrapé le visage entre ses mains pour pouvoir le voir en face. Il lui avait dit sincèrement :

 

       « Je n’en sais rien, car je t’aurais accompagné. »

 

       Et avant que Jian ne dise quoi que ce soit, il l’avait embrassé en pleine bouche. Le baiser avait duré longtemps tout en douceur jusqu’à que des voix se fassent entendre. Khasan s’était détaché alors du gamin. Celui-ci, le regard baissé, les avait finalement levés. Son regard avait repris celui habituel. 

 

       « Khasan, un jour, on se reverra et que tu le veuilles ou non, tu devras me supporter toute ta vie durant. »

 

       L’homme se secoua en soupirant. L’épisode s’était produit dix ans auparavant. Depuis, il s’en était passé des choses, des bons comme des mauvais. Avec lassitude, il sortit de la salle de bain. Il déposa un somme d’argent sur la commode près de l’endormie. Il enfila sa veste et sans un regard en arrière, il sortit. 

 

       Il devait se rendre à l’hôpital. Borghèse lui avait demandé de venir pour lui présenter le personnel qui allait s’occuper de son frère. Quand dix ans auparavant, il avait quitté la Chine, il avait pensé retrouver son frère grâce à Armando Borghèse. L’italien s’acharnait à détruite toutes les marchés d’esclavages d’enfant. Ce n’était pourtant pas un samaritain. Il avait beaucoup de zones d’ombre chez cet Italien, mais les enfants étaient sacrés chez lui. 

 

       Borghèse avait retrouvé son petit frère, mais quand son équipe avait attaqué, un des chefs avait réussi à s’enfuir en emmenant deux, trois gosses. Parmi eux, il y avait Kirill Lazarev. Armando s’en était voulu de cette bavure. Il promit de le retrouver, il y parvint au bout de temps d’année. Mais, le jeune Kirill faillit ne pas survivre. 

 

       Pour fuir, son maître lui avait injecté la drogue rouge du dragon, la fausse, celle qui détruit rapidement le cerveau. Mais, la chance de ce jour fut qu’un médecin compétent fut présent et sauva la vie du jeune homme. Maintenant, Kirill se trouvait dans un cauchemar sans fin. 

 

       Parfois, le jeune homme dormait calmement et parfois, il se débattait comme un forcené. C’était assez effrayant à regarder. Il se trouvait dans le meilleur hôpital du pays. Il était suivi par les meilleurs médecins, mais Borghèse avait peur pour la vie du jeune homme russe. Kirill devait savoir des choses sur les réseaux du Dragon. Il devait donc disparaitre. Pour le protéger comme il l’avait promis, Borghèse avait réussi des hommes pour veiller sur le jeune homme. 

 

       Khasan se rendait souvent à l’hôpital pour voir son frère. Ils ne se connaissaient même pas pourtant il se sentait proche de lui. Physiquement, ils se ressemblaient assez. Khasan avait eu l’occasion de rencontrer deux jeunes qui avaient été en étroite cohabitation avec son frère. Il n’avait pas été surpris de savoir que ces deux jeunes faisaient partie des meilleurs éléments de Borghèse. 

 

       Sven et Zoran Bertil lui parlèrent de tout ce dont ils se souvenaient de Kirill. Il apprit ainsi que son jeune frère avait une sainte horreur des combats, mais qu’il avait dû accepter de combattre pour survivre. C’était une personne sensible, adorant les animaux. Malgré tout son malheur, il aimait vivre et c’était la raison pour laquelle il tenait. Khasan apprit également que Kirill connaissait son existence. Même si son père et sa belle-mère parlaient de lui avec mépris et haine, Kirill ne les avait jamais crus. Il mourrait d’envie de rencontrer son grand frère. 

 

       Khasan avait beau vouloir jouer les durs. Il ne voulait pas montrer ses émotions, ses sentiments, car pour lui, c’était être faible. Il avait bien du mal à garder cette attitude face au corps allongé de son frère dans ce lit blanc.

       Il savait que Red’Line attendait de ses nouvelles au sujet de Blackwood et 

Owen. Mais, pour l’instant, son frère avait sa priorité et puis la taupe se trouvait en place. Il devait juste patienter. 

 

       La chambre était vide de tout occupant à part le jeune Kirill allongé sur le lit quand Khasan entra dans la pièce. Il s’approcha de son frère toujours dans le coma. Il semblait juste endormi.

 

— Ah ! Te voilà enfin, Khasan. 

 

       Le russe sursauta comme un malade. Bordel ! L’italien avait recommencé à le prendre en traite. Quand il se retourna vers l’arrivant, il lui lança un regard noir en apercevant le sourire satisfait de cet italien de malheur. Borghèse était accompagné de trois personnes. L’un des trois, Khasan reconnut le chirurgien de renom Ashula Lagardère. Que faisait-il là celui-là ? 

 

       Khasan le détailla de la tête aux pieds sans le moindre gène. Le médecin ne broncha pas. Il devait avoir l’habitude. Son regard noir était insondable. Les deux autres, l’un était un autre italien et l’autre un Gallois ? Khasan apprécia le regard franc de cet homme aux yeux verts. Il avait un corps bien bâti également. Ce devait être un ancien militaire. Il respirait cette droiture de cette profession. Un régal pour la vue, songea Khasan. 

 

— As-tu fini de me prendre en traite, Armando ?

 

— Et rater tes sursauts ? Jamais de la vie, mon cher. C’est mon pêcher mignon. Je t’ai fait appeler pour te présenter ces deux personnes. Voici Luis Martinez, c’est une de mes subordonnées depuis des années et ce beau gaillard, c’est Driss Gwenhwyfar, ancien marine avec des notions médicales ce qui est un plus. Ils vont se charger de veiller sur Kirill à tout de rôle. 

 

       Khasan pouvait faire confiance à ses deux hommes. Borghèse ne s’entourait que de meilleurs et de gars loyaux. Mais seulement deux hommes ? C’était bien peu. Il en fit la remarque. Borghèse eut un sourire ravi. 

 

— J’ai chargé Léon et Sven de venir de temps à autre pour les remplacer et puis il manque une personne, mais parce que j’aime bien faire durer les secrets, je vais laisser le docteur Ashula t’emmener dans la pièce à côté pour faire la rencontre avec le troisième protagoniste. 

 

       Khasan fronça les sourcils. Pourquoi faire tant de mystère sur le troisième larron ? Il jet au coup d’œil vers le médecin. Celui-ci soupira fataliste. Khasan sourit. Lagardère ne devait pas vraiment aimer recevoir des ordres. Après un dernier coup d’œil vers son jeune frère, il suivit le médecin. En passant devant le Gallois, il s’aperçut que celui-ci fixait son frère intensément. Contrarié, Khasan lui posa la main sur les fesses pour le faire réagir. L’homme sursauta et il se retourna le regard colérique. Khasan eut un sourire amusé en quittant la pièce, très satisfait de lui. Le gallois avait de belles fesses bien fermes.

 

       Évidemment, il prit plaisir à suivre le médecin en restant en arrière afin d’admirer les belles fesses de ce dernier. Celui-ci devait s’en rendre compte, mais il semblait indifférent. Il avait la tête ailleurs. Il devait s’occuper d’une petite fille, gravement touchée. D’ailleurs, il montra la porte où devait se rendre Khasan avant de le saluer et de disparaitre sans un regard. 

 

       Khasan regarda cette porte avec appréhension avant de l’ouvrir. C’était un bureau simple. Après en avoir fait le tour, son regard fut attiré par la silhouette mince et gracile près de la fenêtre. Il resta un instant saisi. Il devait rêver. Il avait pensé à cet énergumène depuis ce matin et maintenant, il se trouverait devant lui ? Ce n’était aucunement logique. 

 

       L’homme, pensif, se retourna pour faire face à l’arrivant montrant ainsi ses origines chinoises. Il affichait un sourire en coin. Khasan reconnut ce sourire. Le petit merdeux l’avait souvent à son détriment. L’âge l’avait embelli également. Déjà à quatorze ans, Jian était un bel adolescent, mais maintenant, il était devenu plus félin même si le comparé à ce genre d’animal ne lui convenait pas. Jian avait toujours été un charmeur de serpents. D’ailleurs, il avait la particularité de pouvoir les maniés comme il le voulait sans jamais de danger même les mortels. 

 

— *Privet, Khasan. 

 

— *Nin hao, Jian.

 

       Avec sa grâce, le jeune chinois se rapprocha. Khasan ne savait pas vraiment comment agir. Il ne s’était pas attendu à le revoir un jour même si ce satané gamin l’avait assuré que ce serait le cas. Pourquoi ne l’avait-il pas cru ? Toute la famille Bào écoutait toujours les paroles de Jian. D’après Qiang, le deuxième frère, Jian disaient parfois des vérités ou des faits qui se produirait à court sur et c’était une des raisons des problèmes récurant avec Jian. Mais, Khasan n’y avait jamais réellement cru.

 

— Je suis étonné que ton père ait accédé à ton départ de Chine. 

 

       Jian s’arrêta à quelques pas du Russe. Il gardait les yeux fixés à ceux de Khasan. Celui-ci n’arrivait pas à détourner le regard. Le charmeur l’avait déjà pris dans ses filets. Était-il heureux ou pas de revoir ce garçon ? Il n’arrivait pas à se décider si c’était une bonne chose ou pas. En tout cas, Jian ne le laissait pas indifférent comme auparavant. Un sourire apparut sur les lèvres bien faites, troublant Khasan un peu trop à son goût. 

— Borghèse sait se faire très persuasif quand il le veut. 

 

       Jian avait parlé français sans accent. Comment faisait-il ? Même quand il parlait russe, ce petit merdeux parlait comme si c’était sa langue naturelle. C’était agaçant. Mais, une chose perturbait trop Khasan, c’était Borghèse. Que faisait-il dans l’histoire ? Quel lien avait-il avec Jian ? Le jeune chinois agrandit son sourire et son regard se mit à briller. Il venait lire comme dans un livre ouvert la perturbation du russe. 

 

       En moins de temps pour le dire, il se retrouva face à Khasan, presque à le frôler. Il leva une main et frôla la joue de celui-ci. Une joue un peu râpeuse qui tressaillit au toucher léger. Comment pouvait-il rester de marbre face à chinois trop sexy ? Il se sentait céder. Il sentait les murs érigés autour de lui s’effriter de plus en plus. 

 

— Tu n’as rien à craindre. Tout est à toi et rien qu’à toi.

 

       Les bras de Khasan agirent sans réfléchir. Il entoura le corps mince et moula contre le sien avec un soupir de satisfaction. Jian effleura les lèvres du russe. Il murmura, le regard toujours fiché dans le regard métallique :

 

— Si je saute dans le précipice…

 

— Je te suivrais, répondit Khasan, sans laissé à Jian de finir sa phrase. Tu en as mis du temps pour me rejoindre, Jian. 

 

       Il déposa ensuite ses lèvres sur celle tendue de son petit merdeux de chinois. Jian entre ouvrit ses lèvres pour répondre à l’étreinte avec une sensation de plénitude. Il avait attendu cet instant depuis dix ans. Pour Khasan, son ennui venait de disparaitre. Il se sentait à nouveau complet.