Dan était sorti de la salle d’exposition en prévenant juste Cheryl. Il voulait rentrer chez lui le plus rapidement possible. Fuir le plus loin possible de Nael. Il se sentait lâche. Mais, il ne voyait pas d’autre moyen pour se calmer. Pourquoi ? Pourquoi agissait-il comme un abruti avec Nael ? Pourquoi après tant de temps à l’avoir voulu, n’arrivait-il pas à être lui-même avec le garçon de ses rêves ? 

 

       Depuis loin qu’il se souvient, il a toujours eu une préférence profonde pour Nael. Il ne voyait que par lui. Il aimait beaucoup Michio aussi. Enfant les voir ensemble ne l’avait jamais autant perturbé que maintenant. Il n’arrivait pas à les dissocier. 

 

       Dan se passa une main sur son visage fatigué. Il n’arrivait pas à dormir depuis plusieurs jours. Sa relation avec Nael ne fonctionnait pas comme elle devrait l’être. Il avait pourtant été si heureux quand Nael s’était enfin déclaré. Il avait envie de pleurer toutes les larmes de son corps, tellement il avait mal. 

 

       Il savait faire souffrir son ami. Il ne pouvait rien y faire. Il avait pourtant tenté de faire taire cette jalousie. Peut-être que sa mère avait raison finalement. Harumi avait toujours dit que Nael ne lui convenait pas. Il avait toujours pensé qu’elle n’appréciait pas les enfants Oda. Mais, dernièrement, il lui avait posé la question par téléphone. 

 

       Elle avait semble-t-il hésité à lui avouer, mais elle finit par déclarer. « Au contraire, mon garçon. J’aime énormément ces deux garçons. Ils sont devenus des hommes bons et généreux. Que tu sois leur ami me comble de joie, mais j’ai peur Dan. Car tu ne corresponds pas à Nael et c’est pareil inversement. Mais tant que vous ne le comprendrez pas, vous souffrirez. Ton père a longtemps été celui qui me convenait, mais j’ai fini par le faire souffrir, car j’ai su trop tard qu’il ne l’était plus. »

 

       Que devait-il faire ? Mettre un terme définitif à leur relation ? En serait-il capable ? Le supporterait-il d’être considéré seulement comme un ami ? Dan porta ses mains à la tête. Il avait envie de s’arracher les cheveux. Finalement, c’était moins douloureux quand il sortait avec Lydia. Au moins, il savait à quoi s’attendre avec elle. 

 

       Il soupira. Au lieu de prendre le bus, il préféra rentrer à pied. Le chemin serait plus long et beaucoup plus froid. Peut-être ainsi ces idées se remettraient en marche normale. Il en avait marre d’être ce qu’il était. Mais, comment changeait ? Comment arrêtait d’être jaloux à tout va ?

 

       Il ne comprenait pas sa réaction quand Nael avait embrassé Luna. Il n’avait rien fait. C’était le geste d’un ami disant bonjour à une amie. Et il lui avait fait une scène. Il avait vu le regard de Nael s’assombrir et devenir lointain. Il détestait quand il faisait ça. Pourquoi ne se mettait-il pas en colère aussi ? Pourquoi il ne lui faisait-il pas de reproche ? 

 

       Nael avait toujours été ainsi. Il se mettait toujours en retrait par rapport à Michio. Il n’avait pas peur de dire ce qu’il pensait, mais seulement à certaines personnes. Nael n’aimait pas se mettre en avant. Il se comportait souvent avec froideur. Est-ce le fait qu’il était l’héritier de la Miori Corporation ? Est-ce qu’être le futur PDG le mettait dans une position trop stressante ? 

 

       Dan secoua la tête. Il racontait n’importe quoi. Nael avait toujours adoré les livres, il avait toujours préféré jouer aux échecs plutôt qu’aux jeux vidéo. Il avait adoré la paperasse. Dan se moquait souvent de lui d’ailleurs à ce sujet. Lui, il détestait cela. Chaque fois qu’il devait faire un devoir, il demandait de l’aide à Nael. Celui-ci l’aidait toujours, mais en contrepartie, c’était un vrai tyran. Dan avait envie de cogner sa tête contre un arbre. Tout son esprit s’embrouillait. Il n’arriverait à rien. Il se savait égoïste. 

 

       Alors qu’il entrait dans l’immeuble où il habitait, il entendit alors un bruit et une exclamation. Il se dirigea vers l’ascenseur. Il aperçut une jeune fille aux cheveux bleus ramassant des boitiers. Dan s’approcha d’elle. Il s’agenouilla et l’aida à les ramasser en silence. Quand ce fut terminé, la jeune fille releva la tête vers lui. Il parvint à ne pas tiquer face à l’œil aveugle et à la cicatrice sur la joue gauche de la jeune fille, légèrement caché par une longue mèche de ses cheveux courts.

 

— Merci beaucoup de ton aide. Je croyais sérieusement que je n’allais pas m’en sortir. Mon père m’avait pourtant promis de m’aider, mais il semble qu’il ait à nouveau oublié.

 

       Dan en fut étonné du ton employé. Elle ne semblait pas fâchée que son père ne soit pas présent. Elle gardait un ton joyeux. Il souleva le carton pesant son petit poids. Il lui demanda :

 

— Je vais le porter. Dis-moi où je dois te l’emmener.

 

       La jeune fille enlaça ses mains derrière le dos, affichant toujours un sourire franc. 

 

— Au même étage que toi. Nous sommes voisins de palier. 

 

       Dan cligna plusieurs fois les yeux. Comment le savait-elle ? Comme si elle avait lu dans son esprit, elle reprit :

 

— Je t’ai vu, tout à l’heure, sortir de l’appartement en face avec ton père. Ah ! je ne me suis pas présentée. Que je suis bête !

 

       Elle émit un petit rire en pénétrant dans l’ascenseur suivi de Dan. 

 

— Je m’appelle Flora Curtis. Et toi ?

 

— Dan. Dan Marcello. 

 

— Enchanté Dan. Ca te dérange pas que je te tutoie hein ? On a le même âge après tout.

 

       Jusqu’au studio de la demoiselle, Dan n’eut pas une seule la parole. Flora était un vrai moulin à parole. En tout cas, Dan songea que c’était assez agréable. Elle était parvenue à lui retirer ces pensées négatives.

 

       Arrivé, le jeune homme déposa le carton sur le canapé-lit. Il regarda autour de lui. Le studio n’était pas très grand. Il aperçut sur tout un mur plein d’écrans, de consoles de jeux et un puissant ordinateur. Il en fut halluciné. Il ne savait pas où poser son regard tellement il y en avait. Flora se positionna devant lui. Elle lui passa une main devant les yeux en riant. 

 

— C’est mon travail. Ça peut être étrange n’est-ce pas ? Mais, je suis conceptrice de jeux pour PC et console.

 

       Dan la regarda tout surpris. 

 

— Tu n’es pas un peu jeune pour travailler. 

 

— Pff ! Il n’y a pas d’âge. Et puis, mon père a tendance à oublier de m’envoyer l’argent pour me nourrir ou payer la facture d’électricité. Il a fallu que je trouve un moyen de subsistance. J’ai créé mon premier jeu à treize ans. J’ai été moi-même à la société de production pour le vendre. Et j’ai bataillé comme un demeuré pour faire respecter mon contrat.

 

— Tu es du genre dégourdi. 

 

— Wouaip. Il a bien fallu. Mon père n’a pas le sens des responsabilités depuis la disparition de ma mère. Un vrai gamin celui-là.

 

       Flora se retourna vers la sortie. D’un seul coup, elle s’exclama :

 

— Bon puisque tu es là à ne rien faire de tes dis doigts, tu vas pouvoir m’aider à porter les autres cartons, n’est-ce pas ? Tu serais un amour si tu dis oui. 

 

       Elle disparut avant d’avoir une réponse. Dan se passa une main dans les cheveux. Il n’arrivait pas à décrire la jeune fille. En tout cas, elle semblait plutôt sympathique. Et puis être occupé lui permettra de ne plus s’interroger en vain sur sa relation avec Nael. Partant de cette idée, il rejoignit la jeune fille au rez-de-chaussée.

 

       Il passa ainsi tout le reste de l’après-midi avec Flora à l’aider à mettre de l’ordre dans son studio. Il n’avait pas besoin de parler beaucoup, elle le faisait à sa place. En tout cas, elle parvint à le faire rire très souvent en racontant des anecdotes au détriment de son père absent. Quand Mako et Cheryl rentrèrent, ils furent rassurés de voir le garçon en forme. Mako pouvait lire dans le regard de son fils l’incertitude et une certaine tristesse.

 

       Cheryl se prit facilement d’affection pour la jeune voisine. Elle invita donc la jeune Flora à diner à l’appartement. La jeune fille en fut ravie, car elle n’avait rien à se mettre sous la dent. De par sa propre initiative, elle aida à la cuisine en riant avec Cheryl. Le diner se passa dans la bonne humeur et à la rigolade. Le soir avant d’aller se coucher, Dan observa son portable pendant très longtemps.

 

       Nael n’avait envoyé aucun message. C’était tout lui. Dan soupira. Il hésita un long moment devant son portable. Devait-il lui envoyer un petit mot ? Dan soupira. Il devrait s’excuser de son comportement, mais il ne se sentait pas capable. Il essuya une larme coulée le long de sa joue. Il se sentait vraiment stupide. Il ferma son portable et le déposa sur la table de chevet. Il parait que la nuit portait conseil. Peut-être que demain il saurait quoi faire.

 

        La moto ralentit en arrivant sur le parking devant l’immeuble aux briques rouges. L’homme se gara à une place prévue. Il retira son casque. Il descendit de l’engin pour l’attacher comme il se doit. Il se redressa en s’étirant de tout son long. La route avait été longue et fatigante.

 

        Il avait espéré arriver plus tôt afin de pouvoir se changer dans son studio, mais manque de pot, un accident avait eu lieu sur l’autoroute. Il avait dû faire un détour. En soupirant, il se dirigea vers l’entrée de l’immeuble. Un gardien lui coupa le passage. Il demanda à voir son autorisation. 

 

       L’homme fronça les sourcils avant de se rappeler que le samedi, les bureaux devaient être fermés la plupart du temps. Il sortit le pass envoyé par courrier. Le gardien l’observa un long moment avant de lui rendre et de lui adresser un sourire de bienvenue. Quel changement d’un coup !

 

       Le motard pénétra dans l’antre et se dirigea vers les ascenseurs. Il montera au dernier étage. Évidemment, il n’y avait pas de secrétaire, mais un homme brun s’y trouvait. Il était habillé simplement d’un jean troué et d’un teeshirt qui avait vu de meilleurs jours. Le motard en fut surpris. Le brun le vit et lui adressa un sourire. 

 

— Salut ! Vous devez être le rendez-vous. Vous pouvez entrer. Elle vous attend. 

 

       Le motard hocha la tête, en silence. Il se dirigea vers la seule porte. Il donna un coup avant d’entrer dans le cabinet du meilleur avocat de la région. Il se retrouva dans une pièce spacieuse avec une baie vitrée montrant une partie de la ville. Comment travaillait en ayant une vue pareille derrière soi ? 

 

       Le regard du motard s’évada sur le reste de la pièce très claire. Assis derrière un bureau blanc crème se tenait une femme, habillée simplement. Ces cheveux roux rendaient justice à ses traits doux et délicats. Cette femme était assez déconcertante. Elle semblait fragile, mais elle avait un esprit d’acier et un ton tranchant quand il le fallait. 

 

       La jeune femme le vit. Elle lui adressa un sourire à damné un saint. Elle devait souvent perturber ses adversaires ou ses clients. Le motard s’approcha du bureau. Elle finit par prendre la parole. 

 

— Alors Aden ? As-tu fait bon voyage ? 

 

— Mmmh ! Bof ! Je dirais plutôt ennuyeux et très froid.

 

— Oui, je me demande s’il va neiger cette année. Ce serait cool de passer Noel sous la neige. Oh ! Je manque à mes devoirs. Assois-toi. Veux-tu boire un café pour te réchauffer ? 

 

— Oui, merci. 

 

       La jeune femme rousse se leva d’un bond. Aden l’observa se diriger vers le comptoir pour faire un expresso. Il sourit en secouant la tête. Elle ressemblait encore à une étudiante.

 

— Accueilles-tu toujours tes clients en jean ?

 

       Tout en se dirigeant vers le jeune homme, la jeune rousse répondit en riant. 

 

— Bien évidemment. Non, je rigole. Nous sommes samedi, Aden. Habituellement, sauf en cas d’urgence, je ne travaille pas le week-end. J’ai fait une exception aujourd’hui pour mon mécano préféré. 

 

       Aden se mit à rire. Il connaissait Origin Oda depuis plus de dix ans. Des garçons l’ennuyaient. Elle l’avait charmé en leur tenant la tête alors qu’elle leur arrivait à peine aux mentons. Il était devenu à sa rescousse. À partir de ce jour, ils étaient devenus amis. Elle avait deux ans de plus que lui. Elle l’avait aidé à remonter ses notes. Elle l’avait empêché plus d’une fois à faire des bêtises. Combien de fois l’avait-elle frappé ? 

 

       Il n’avait plus assez de doigts pour compter. En tout cas, elle l’avait empêché de tomber dans les mauvais travers, dans le mauvais côté de la loi. Elle avait été celle qu’il lui avait montré sa voie, celle de la mécanique. Il fallait dire que la voiture d’Origin tombait tout le temps en panne. 

 

       À l’époque de l’université, Origin sortait avec un dénommé Éric. Ce n’était pas un mauvais bougre. C’était même un gars sympathique. Mais, Aden s’était toujours dit que tant que son amie sortirait avec ce garçon, elle ne pourrait pas avancer. Avait-il eu tort ? 

 

       Il en avait eu assez de l’université. Il avait eu envie de bouger. Alors, un matin, il avait tout abandonné pour partir à l’aventure en coupant les ponts avec tout le monde. Il était revenu dans le pays seulement il y a à peine une semaine. Il avait eu alors un coup de téléphone d’un avocat. Quelle ne fut pas sa surprise en entendant la voix de sa meilleure amie de l’époque ?

 

— Que deviens-tu Origin ? À part le fait d’être parmi la meilleure avocate de la région va s’en dire.

 

       La jeune femme se réinstalla dans son fauteuil. Elle affichait toujours un sourire. 

 

— Mmh ! Voyons, après ton départ qui m’a rendu extrêmement triste même si je comprenais ton envie de t’évader. J’ai continué mes études de façon acharnée. Être une femme et en plus d’apparence fragile ne m’a pas vraiment aidé au début. Qu’est-ce qu’ils peuvent être macho les mecs parfois ?

 

— Et Éric ? Tu sortais avec lui non ? 

 

— Ah Éric. On a rompu à l’amiable. Il m’empêchait d’avancer et c’était pareil pour lui. On est resté en bon terme. On se parle parfois au téléphone. Ah ! Si tout le monde pouvait se séparer de la même manière. Ce serait tellement plus facile. 

 

— Tu serais au chômage, ma belle. Mais, tu t’es bel et bien marié non ? 

 

       Aden lui montra la main où une belle bague d’argent brillé. Origin caressa son alliance avec un sourire attendri. 

 

— Oui, avec l’énergumène que tu as dû croiser dans la salle d’attente. 

 

       Aden eut un léger froncement de sourcil. L’homme était certes très séduisant, mais il semblait tellement diffèrent de son amie. Origin lui adressa un sourire amusé. 

 

— Il l’est. 

 

— Pardon ?

 

— Tu devais te dire qu’il était mon opposé. Je te réponds qu’il l’est. Il a beau travailler dans le bâtiment où il est très adroit, dès qu’il rentre c’est une vraie catastrophe. Ce côté décalé m’a plu et me fait toujours rire. Et puis, il m’accepte comme je suis. Il n’a jamais tenté de me changer. 

 

— Une perle rare alors. 

 

— Oui, une vraie bouffée d’air. J’ai aussi coupé tout lien avec mes parents. J’ai fait en sorte de porter définitivement le nom de mon mentor avec sa permission évidemment. Je revis. Mais, maintenant, nous allons parler de toi, ma crapule. 

 

— Il n’y a rien à dire. J’ai bourlingué à droite et à gauche sans trouver un endroit où je voulais vraiment être. Et d’un seul coup, je reçois un courrier comme quoi mon père me refilait toute sa fortune. C’est quoi d’ailleurs ce délire ? Comme il allait crever, monsieur se rappelle d’un coup sa faute d’un soir et il pense sérieusement qu’il pourra s’acheter une place au paradis.

 

— Va savoir ce qui leur passe à la tête parfois. Mais que vas-tu faire ? Gardes-tu l’argent ou pas ? 

 

— Tu m’as dit que ces enfants n’avaient pas même un centime. C’est illogique. Pourquoi m’avoir tout légué ? Et c’est possible ? Enfin, bref. De l’argent, je n’en veux pas. Ce serait cool de ta part si tu pouvais te charger à distribuer équitablement cet argent entre les fils et filles de mon géniteur.

 

— Pas de problème. Je ferais comme tu me le demandes. Et pour les deux immeubles du quartier africain ? 

 

— Je n’en sais trop rien. Je devrais les vendre. Ils ne me servent à rien. Bon certes, je loge dans l’un, mais bon…

 

— Il y a deux acheteurs potentiels pour ces immeubles. J’avoue avoir une préférence pour l’un, mais je reste neutre. Tu choisiras selon ton cœur.

 

       Elle lui tendit deux dossiers. Aden les regarda vite fait. Il soupira. 

 

— Tu ne vas pas m’aider cette fois-ci. 

 

— Ma crapule, il y a des choses où il faut faire aller ton bon sens. Lis les dossiers attentivement. Prends contact avec eux et tu verras par toi-même si ton cœur est pur, lequel est mon préféré. 

 

— Et tu m’appelles la crapule. Aurais-tu oublié de te regarder dans le miroir, Ori ? C’est toi la crapule. 

 

       La jeune femme se mit à rire. Elle se leva et elle le rejoignit rapidement. Elle lui déposa un petit carton. Aden le prit entre ses doigts. Il lui jeta un coup d’œil surpris. 

 

— C’est l’adresse d’un garage d’excellence. Il recherche un mécanicien. Je connais bien le patron. Il t’attend lundi à 9 heures sans faute. Tu ne devrais pas être en retard, c’est en face de chez toi.

 

       Aden ouvrit les yeux en grand. Il avait entendu parler de ce garage. Il ne donnait pas bonne mine, mais le travail y était d’excellence. C’était le rêve de tout mécanicien qui se respecte de travailler dans cette maison mère. Comment avait-elle réussi un coup pareil ? Elle lui attrapa le bras pour le relever.

 

— Je commence à avoir faim. Pas toi ? Rejoignons Damon. Je vais t’emmener dans le meilleur restaurant du monde.