Michio se réveilla en sursaut. Il n’avait pas l’habitude de faire une grasse matinée. Il se leva rapidement. Il fila vers la salle de bain nu comme un ver. Il aimait bien dormir sans rien. En sortant de la douche, il se fit flasher. Michio secoua la tête. Papy Carlin n’avait pas perdu son habitude de les prendre en photo dans le plus simple appareil. Le vieil homme émit un petit rire. 

 

       — Ça va être une bonne photo.

 

       Michio enfila ses affaires sans aucune gêne d’être observé. Il songea :

 

       — N’oublie pas de le faire à Nael, papy. Il pousse toujours de petits cris de pudeur. C’est trop drôle. 

 

       — Je n’oublie pas. Mais, monsieur s’est échappé trop vite ce matin. 

 

       — Où est-il parti ? 

 

       Carlin observa son petit-fils, amusé. Michio n’avait aucune pudeur. Attitude qui exaspérait ses pères et son frère. Mais, le garçon ne changeait pas ses habitudes pour autant. Michio se rendit à nouveau dans sa chambre suivi par son grand-père. Il enfilait ses baskets quand Carlin sortit :

 

       — Dommage, je n’ai pas pensé à prendre Rafael la dernière fois.

 

       — Ce sera pour une prochaine fois. Mais, tu seras surpris papy. Il est comme moi. Il n’est pas pudique. Par contre, j’ai hâte que tu fasses le coup à Dan et Dorian. Là, je sens que je vais bien rigoler. 

 

       — Pense à les inviter. Je te ferais des copies comme cela tu pourras les narguer.

 

       Michio esquissa un sourire. Il déposa un baiser sur la joue de Carlin. Il s’exclama avant de quitter la pièce.

 

       — Cool, papy. T’es un Ange. Je les montrerais à Raffy. Il va adorer les mettre en boite.

 

       Carlin regarda le garçon s’échapper vers la cuisine. Il le suivit plus calmement. Il se trouvait dans les escaliers quand il entendit Michio s’écrier qu’il avait horriblement faim. Michio dévora l’énorme assiette de pancakes offerts par son papy Renko. Une autre attendait l’autre glouton de la famille. Carlin déposa un tendre baiser sur les lèvres de son homme pour lui remercier d’avoir pensé à lui. 

 

       Renko n’était pas stupide. Il en faisait toujours des réserves. Il n’avait pas envie d’une bagarre entre les deux plus gros gloutons de l’univers. Michio déposa son assiette dans l’évier. Il n’avait laissé aucune miette. Il s’étira un bon coup.

 

       — C’est bien calme, finit-il par dire. 

 

       — Akira et Matt ont été invités par Kaigan. Hans et Léon y seront également. Maeva et compagnie est chez Kalhan.

 

       Michio se laissa à nouveau tomber sur une chaise. Il soupira. 

 

       — Qu’est-ce que vous avez prévu ? 

 

       — Je dois aller à la salle d’exposition. Veux-tu m’accompagner ? Ren en profitera pour rendre une petite visite au garage.

 

       — Oui, je viens. Papy, tu diras à Ludwig de lâcher Rafael. Il est en vacances et je ne le vois pas, ce n’est pas juste !

 

       Renko ébouriffa les cheveux de son petit-fils boudeur.

 

       — Promis, je le lui ferais savoir.

 

       Retrouvant son entrain, Michio s’échappa pour prendre sa veste. Les deux adultes se dirigèrent vers l’extérieur, amusé. Ils étaient bien contents que Michio soit enfin trouvé un compagnon. Ils se feraient moins de souci.

 

       Carlin voulait faire un changement d’ordre des tableaux. Les tableaux de Michio devaient rejoindre la pièce de devant, et les siennes à l’arrière. Le petit fils ne voyait pas vraiment pourquoi un tel changement. Mais, il obéit sans broncher.

 

       Carlin n’avait plus l’autorisation de monter sur un escabeau. Alors, il restait derrière son petit-fils pour lui donner les ordres. Pendant presque deux heures, les deux hommes travaillèrent en se chamaillant joyeusement.

 

       Évidemment, à chaque ordre donné, Michio avait à redire. Enfin, il le faisait exprès. C’était devenu un jeu entre eux. À un moment donné, Carlin laissa Michio le temps de répondre au téléphone du bureau. 

 

       La porte de la salle d’exposition s’ouvrit. Michio l’entendit, mais il n’en fit pas cas. Il fixait un tableau de son grand-père. C’était un vieux tableau représentant son père Luce alors bambin. Ce tableau n’était pas à vendre. Il trônait comme un Roi dans la pièce principale. Le seul tableau qui ne bougeait jamais de place. 

 

       Une main baladeuse se posa sur ses fesses. Le garçon réagit rapidement à la surprise de l’inconnu. Celui-ci sentit une douleur intense lui traverser tout le long de la jambe après le coup de pied dans le tibia. Le regard noir de l’adolescent s’était assombri de colère. L’homme esquissa un sourire innocent. 

 

       — Désolé, mon petit Michio, mais c’était vraiment trop tentant. 

 

       — Vous n’êtes plus autorisé à recommencer, Armando. Que venez-vous faire ici ? 

 

       Borghèse haussa les épaules, fatalistes.

 

       — Si je disais pour te voir, me croirais-tu ? 

 

       Michio fronça les sourcils tout en grinçant des dents. L’italien émit un petit rire. 

 

       — Je suis juste venu te saluer. J’avais rendez-vous avec un client au bar. En sortant, je t’ai vu. Voilà, tu sais tout. Alors, Michio, as-tu enfin trouvé quelqu’un à ton goût ? 

 

       Michio observait en silence l’italien, toujours habillé sobrement, mais avec classe. Il esquissa un sourire. 

 

       — Pourquoi vous le dirais-je ? 

 

       — Tu n’es vraiment pas mignon. Ne sommes-nous pas amis ?

 

       — Ami ? Même si j’ai eu une aventure avec vous, je ne vous connais pas assez pour vous considérer comme un ami, Armando.

 

       L’homme sourit. Il aimait bien ce garçon. Il avait les pieds sur terre.

 

       — Rien ne t’empêche d’en apprendre plus à mon sujet, tu sais ? 

 

       La porte d’entrée s’ouvrit au même moment. Une voix retentit alors :

 

       — Dites ? Cela vous prend souvent de draguer le mec d’un autre ? 

 

       Michio jeta un regard derrière l’italien. Il fonça droit dans les bras de son petit ami. Armando eut un petit pincement au cœur, mais il le cacha très bien. Il était aussi très amusé de la scène.

 

       — Tu vois Michio. Tu as fini par le dire. 

 

       Michio se redressa. Il se tourna vers Borghèse. Il lui tira la langue. Armando ne se gêna pas le moins du monde à observer de la tête aux pieds le nouvel arrivant. Le garçon devait avoir le même âge que Michio. Le visage rond et les taches de son lui rappelèrent une autre personne. Il s’exclama :

 

       — Voilà une bien étrange ressemblance avec Manu Grandier. 

 

       — Évidemment, c’est mon oncle, répondit le rouquin, aucunement intimider. 

 

       — Oh ! Alors, il a enfin trouvé ce qu’il cherchait depuis si longtemps. Ravi de l’apprendre. Je ne me suis pas présenté, Armando Borghèse. Et tu es ? 

 

       Le garçon, tenant la taille de Michio d’une main, serra la main de l’italien avec l’autre.

 

       — Rafael Blackwood. 

 

       Borghèse tiqua au nom de Blackwood. Il laissa échapper. 

 

       — Ah ! Serais-tu le fils de cette ordure de Boris Blackwood ? 

 

       Rafael se tendit au nom de son beau-père. Il préférait penser à lui avec ce terme. Même s’il se sentait un peu honteux pour Moira et Sara, il était content de n’avoir aucun lien de sang avec cet homme. 

 

       — C’est mon beau-père. Comment le connaissez-vous ? 

 

       Armando le regarda un peu surpris. 

 

       — On ne t’a pas raconté l’arrestation de Blackwood ?

 

       Le garçon haussa les épaules. 

 

       — Je sais qu’il a été arrêté près de l’Italie. La police pensait que je connaissais ces magouilles. 

 

       — Il transférait de la drogue par camion dans mon pays. J’ai mis tous les moyens nécessaires pour pouvoir arrêter ce réseau. 

 

       — Mais, vous êtes quoi au juste, Armando ? demanda Michio, intrigué. 

 

       — C’est un secret, mon chou. 

 

       Carlin arriva à ce moment-là. Il salua l’Italien et Rafael.

 

       — Ce n’est pas un sujet pour les jeunes, Borghèse. 

 

       L’homme adressa un sourire, amusé au peintre. 

 

       — Carlinou, tu ne peux pas les surprotéger. L’un d’eux était proche de la pourriture qui a foutu la merde dans mon pays. 

 

       — Je t’interdis de m’appeler comme ton arrière-grand-père. J’en ai des frissons d’horreurs. 

 

       — Carlin, c’est gentil de penser à me protéger. Mais, il n’y a rien à dire. Je sais très bien que mon beau père vendait de la drogue. Je le voyais faire dans le bar miteux où il m’emmenait souvent pour… 

 

       Rafael se tut, troubler. Michio lui serra la main. Armando aperçut la blancheur de l’adolescent. Ce devait être un mauvais souvenir. Rafael ferma un instant les yeux avant de reprendre d’une voix plus calme. 

 

       — Pour me vendre. 

 

       Il l’avait enfin dit à des adultes. Armando ferma son poing à s’en faire mal. S’il tenait le cou de ce Blackwood, il le tordrait volontiers avec un immense plaisir. Armando réussit à garder une voix calme. 

 

       — En as-tu parlé à ton oncle ? 

 

       — Non. Je ne peux pas. Il s’en veut déjà d’avoir mis tant de temps pour nous retrouver. Je ne veux pas qu’il se torture encore plus. 

 

       — C’est un beau geste, Rafael. Mais, il finira par le savoir et cela lui fera beaucoup plus de mal, car il l’apprendra par un tiers.

 

       — Voilà des paroles pleines de sagesse de ta part, Borghèse. Tu ne serais pas malade, par hasard ? 

 

       L’italien jeta un coup d’œil au peintre. 

 

       — Carlin arrête de me confondre avec mon arrière-grand-père. Je n’ai rien à voir avec lui. 

 

       — Encore heureux ! Tu n’aurais jamais pu parler avec Michio dans ce cas. Je commence à avoir faim. Puisque tu es là, Borghèse. Tu m’invites au restaurant. Et je ne veux pas de refus. 

 

       L’italien secoua la tête, fataliste. Il jeta un coup d’œil aux deux amoureux. 

 

       — Voulez-vous vous joindre à nous ? 

 

       — C’est très gentil à vous, mais une autre fois peut-être, répliqua Rafael, sans concerter Michio.

 

       — N’oublie pas papy Renko, papy Carlin. 

 

       — Comme si je pouvais l’oublier.

 

       Les deux adolescents regardèrent un long moment les deux adultes sortir de la salle d’exposition. Ils aperçurent Renko et Ludwig rejoignant Carlin et Armando. L’italien détonait dans le groupe. Rafael se gratta la tête. Il s’excusa. 

 

       — Je suis désolé. Tu aurais peut-être préféré d’aller avec eux.

 

       Michio tira le bras de son petit ami pour le faire avancer. Ils se dirigèrent vers le bureau. 

 

       — Je veux être avec toi.

 

       En l’entendant, Rafael l’attrapa par-derrière et il se moula contre lui. Michio se tortilla pour se tourner vers lui. Leurs lèvres se réunirent. Leurs langues se cherchèrent. Michio entoura le cou de ses bras. Rafael laissa glisser ses mains dans le dos, vers le bas des riens. Michio laissa échapper un son. 

 

       Rafael bougea jusqu’à atteindre le bureau vide. Il souleva les fesses de Michio pour l’installer sur le meuble. Ses mains s’égaraient sous la chemise bleue de son compagnon. Elles en détachaient les boutons petit à petit. Pourtant, Rafael stoppa net le baiser. Il posa aussitôt son front contre l’épaule de son petit ami.

 

       Michio se rendit compte de la respiration forte de Rafael. Quelque chose n’allait pas. Il posa ses mains sur les joues pour le forcer à le regarder. Rafael refusa d’obtempérer. Finalement, Rafael, n’arrivant pas à se calmer, recula avant de se laisser tomber sur le sol. Il se pliait sur lui-même. Michio, inquiet, s’agenouilla auprès de lui. 

 

       — Raffy ? Tu me fais peur. Qu’est-ce qu’il y a ?

 

       Frissonnant de peur, d’appréhension, le garçon leva les yeux vers son petit ami. Michio lut dans les yeux bleus nuit, la frustration et de la souffrance. Rafael devait vraiment souffrir pour le montrer aussi clairement.

 

       — J’en ai marre, Michio. Je te désire comme un fou, mais je n’y arrive pas. 

 

       Michio se pencha pour déposer ses lèvres sur les paupières dont des larmes de douleur coulaient. Il les glissa ensuite le long de la joue, de la mâchoire, du menton pour finir sur les lèvres. En même temps, il posa une main sur l’entre jambes de Rafael. Il déboutonna le jean et l’écarta.

 

       — Je suis là, Rafael. Tu n’es plus tout seul.

 

       Rafael renifla de façon peu galante avant de poser à nouveau son front contre l’épaule de son compagnon. 

 

       — Je sais. J’ai vraiment de la chance de te connaitre.

 

       Michio posa la main sur la verge. Il ressentit une sensation étrange et magique. Il avait peur aussi. Il ressentait dans tout son être la souffrance de Rafael dans son corps. Il se mit à caresser en douceur. Il sentit le corps de son compagnon se crisper. Il entendait les grincements de dents de Rafael. Celui-ci ne voulait pas laisser échapper un cri. Il était mortifié déjà. Il ne voulait pas en rajouter.

 

       — J’ai tenté plusieurs fois de le faire moi-même, mais la douleur était d’une telle puissance. Je suis lâche.

 

       Michio posa sa tête contre celle de Rafael. 

 

       — Ne dit pas d’ânerie. Petit Raffy voulait juste que ce soit moi qui m’en occupe.

 

       Michio sourit en entendant un léger rire.

 

       — Michio, je t’aime.

 

       Le garçon vira au rouge vif. Il ne s’était pas entendu à ces mots. En voyant, Rafael relevait sa tête, Michio le fixa de ces yeux noirs brillant de mille feux. 

 

       — Moi aussi, Rafael. Je t’aime.

 

       Rafael cligna des yeux plusieurs fois, avant de se jeter sur la bouche percée pour en prendre possession. Michio continuait à titiller le sexe de son compagnon quand il sursauta. Quittant les lèvres de Rafael, Michio baissa son regard vers le bas. Il sourit. 

 

       — On dirait que petit Raffy est ravi. Si j’avais su que te dire des mots d’amour te ferait réagir, je te l’aurais dit plutôt.

 

       Rafael fut tout étonné lui aussi. Il entoura de ses bras la taille de Michio. Il se laissa ensuite tomber vers l’arrière. Michio tomba de tout son long sur son petit ami, en riant. Ses lèvres se firent à nouveau kidnapper pour un autre baiser plus enflammer que les précédents. Il perdait pied. 

 

       Tout son corps chauffait à bloc. Rafael ne perdit pas de temps. Il laissait ses mains et ses lèvres prendre possession du corps de Michio. Celui-ci s’offrait sans aucune retenue. Après tout, si Rafael avait eu une forte frustration due à son petit handicap, Michio avait été dans le même cas. Un peu moindre, car il pouvait quand même se calmer par lui-même. 

 

       Michio avouait avoir eu une petite appréhension ayant déjà couché avec des hommes expérimentés. Mais, maintenant, il se demandait pourquoi il s’était inquiété. Il se demandait plutôt où son Raffy avait pu apprendre pour être aussi doué à son âge.

 

       Si au début, Michio laissa l’avantage à Rafael, il parvint après une petite bataille à retourner les faveurs. Il se mit à son tour à embrasser chaque parcelle de peau du rouquin. Celui-ci se pinçait les lèvres pour s’empêcher de gémir à tout va. Mais, il laissa un échapper un son quand les lèvres percées touchèrent le bout de la verge.

 

       Michio joua de la langue pour le titiller tout en se servant de son piercing également. Ensuite, il le prit en bouche pour faire un va-et-vient lascive. Quand Rafael sentit qu’il allait lâcher prise. Il ramena Michio à son niveau. 

 

       Il l’embrassa à nouveau tout en reprenant ses caresses. Une main s’évada vers les fesses pour atteindre un endroit sensible. Michio n’en pouvait plus. Il se laissait à nouveau mener. Il ne broncha pas quand il sentit un doigt pénétrer dans son lieu sacré. Il se laissa dompter sans la moindre honte. Rafael approcha ses lèvres d’une oreille. 

 

       — Il y a des préservatifs dans le coin ?

 

       Michio entoura le cou de Rafael avec ses bras pour l’empêcher de bouger et il s’exclama :

 

       — Pour en avoir, il y en a, mais je m’en fous. Tu as interdiction de bouger de là.

 

       Rafael émit un petit rire avant d’embrasser à nouveau les lèvres percées qu’il adorait. Il y passerait des heures et des heures à les baiser ses lèvres, cette bouche. Michio releva ses jambes tout en écartant un peu plus les jambes. C’était une véritable invite. Rafael ne se fit pas attendre. 

 

       Il enfouit son visage dans le cou de Michio quand il s’invita profondément dans la chaleur incandescente. Même si le plaisir était bel et bien présent, Rafael se mordit la langue pour éviter de laisser échapper un petit cri de douleur. Même s’il était guéri, il ressentirait pendant un petit moment cette douleur. Mais, il s’en fichait un peu. C’était comme si c’était une première fois. Et en réfléchissant, c’était bien une première fois avec une personne aimée. 

 

       Michio avait ressenti la crispation et il ressentit une petite douleur, mais elle n’était rien comparé à toutes les sensations, tout le plaisir qu’il ressentit ensuite. Quand Rafael se mit à bouger enfin, Michio se crut au paradis. Jamais, il n’avait ressenti toute cette vague de sensation et d’émotion diverses.

 

       Quand la jouissance arriva, Rafael eut le réflexe de se retirer pour éjaculer sur le ventre rejoignant celui de Michio. Il se laissa glisser à ses côtés tout en lui baisant les joues et le menton. Michio avait bien du mal à redescendre sur terre. 

 

       Un peu de temps après, Rafael se redressa. Il empêcha son compagnon de bouger en lui baisant les lèvres. Il se rendit dans les toilettes juste à côté. Il revint avec du papier pour essuyer le ventre. Il jeta les papiers dans une corbeille, trop la flemme de retourner aux toilettes. Il aida ensuite, Michio à se redresser, mais il le tira vers le canapé. Il l’installa sur ses jambes. 

 

       Michio ne s’en plaignit pas. Il posa sa tête contre l’épaule solide. Il jouait avec un bouton. Il finit par demander.

 

       — As-tu eu déjà des relations avec des hommes, Rafael ?

 

       — Peut-être que oui, peut-être que non. 

 

       Michio grogna, boudeur :

 

       — Ce n’est pas une réponse.

 

       Rafael déposa ses lèvres sur les cheveux noirs. Il émit un petit rire. 

 

       — Tu es bien curieux. Oui, j’en ai eu. Tout comme toi, tu en as eu avec Borghèse. 

 

       Michio se tendit. Il redressa la tête, inquiet. 

 

       — Juste une fois. 

 

       Rafael déposa un baiser sur les lèvres. Michio gémit. C’était trop bon. 

       — Tu n’as pas à te justifier, Michio. Le passé est le passé, pas vrai ? 

 

       Le garçon hocha la tête, rassurée. Puis, il s’exclama :

 

       — Il va falloir se remuer. Papy Carlin va être impossible, si on n’a rien fait pendant leur absence. 

 

       — Ce n’est pas toi qui as demandé à ton papy Renko de faire la morale à Ludwig, car je travaillais ? 

 

       Michio sourit. Il se pencha pour mordre l’oreille du rouquin. Celui-ci grogna. Michio émit un petit rire avant de lever tout en forçant son petit ami d’en faire autant. 

 

       — Oui, mais ce n’est absolument pas la même chose. Je te le garantis. 

 

       — C’est bien parce que c’est toi que je veux bien jouer à l’esclave. 

 

       Les deux garçons se remirent au travail tout en chahutant également. Quand Carlin et Renko revinrent à la salle d’exposition, la première chose qu’ils entendirent fut les rires et la musique rythmée. Nael et Dan poussèrent les deux hommes pour passer. 

 

Ils rejoignirent leurs amis. Aussitôt, ils purent entendre Dan s’époumoner contre la bêtise du rouquin. Les deux hommes se dirigèrent vers l’endroit. Ils éclatèrent de rire. Michio avait sauté sur le dos de son frère. Ils regardaient Rafael tournoyer avec un Dan rouge comme un coquelicot.