Passé à la vitesse supérieure ? Il le voulait bien, mais comment devait-il s’y prendre ? Voilà la question que se posait Nael les semaines suivantes. Au lycée, il ne se retrouvait jamais seul avec Dan. Ils étaient toujours en bande, avec Michio, Rafael, Dorian et la jeune Luna. 

 

       Celle-ci s’incrusta naturellement dans le groupe. Elle prit petit à petit plus d’assurance. Elle déconnait souvent avec Rafael pour mettre en boite le pauvre Dorian. Celui-ci en sortait souvent les joues rouges. Michio restait le plus souvent avec eux, mais parfois il s’échappait dans la salle d’art. 

 

       Comme tous les ans, le concours d’art se ferait avant les vacances de Noel. Les catégories se trouvaient toujours être les mêmes, comme la peinture, la sculpture, la mode. Michio était ravi de rencontrer d’autres jeunes passionnés. Comme ses tableaux étaient déjà terminés, il aidait ses camarades pour leurs créations.

 

       Entre Dan et Rafael, le courant avait eu du mal à passer au début. Dan n’était pas habitué au franc parlé du rouquin, mais à force de le côtoyé, il apprit à mieux le connaitre. Lydia continuait à lancer des rumeurs sur Dan ou sur Rafael également. Dan en était grandement blessé. 

 

       En sport ou pour un travail en commun, personne ne voulait plus se mettre avec lui. D’un commun accord, Dorian et Rafael se partagèrent pour être avec lui. Ensuite, Luna les rejoignit. Ses amies avaient fini par la mettre de côté parce qu’elle faisait partie du groupe de Dan. Alors, sans était d’âme, Luna leur tourna le dos. Elle préférait la compagnie des garçons. Ils étaient plus naturels. Ils n’obéissaient pas à une péronnelle.

 

       Dan aimait bien le sport sans préférence pour une discipline. Lors d’un relai à deux, Rafael se mit avec lui. Ce sport les rapprocha. Ils réussirent même par gagné. Ils eurent le meilleur temps. Rafael lui expliqua que dans son ancienne ville, il avait dû souvent fuir pour éviter de se faire racketter. 

 

       Petit à petit, Dan ne fit plus cas des autres. Il avait son groupe d’ami. Celui-ci regroupait des personnes vraies et sincères. Il se détendit beaucoup plus. Maintenant, il arrivait à charrier à nouveau Michio. Il taquinait Nael pour le plus grand plaisir de celui-ci. Il se chamaillait avec Dorian ou Rafael. Et il pouvait discuter pendant des heures de jeux vidéo avec Luna. Elle en était une grande fan.

 

       Bien sûr, l’affaire de la brique rouge n’était pas close. Aucun indice n’était apparu pour connaitre le coupable. Mais, il eut d’autres petits incidents sans gravité sauf que les victimes se trouvaient toujours être les mêmes. 

 

Les garçons ne faisaient pas cas du problème, mais les adultes, eux, réagissaient très mal. Qui en voulait à son fils ? Cette question revenait souvent à l’esprit d’Erwan. Pour Manu, la question se posait pour Rafael. Est-ce que les petites attaques étaient pour le couple ? Ou pour l’un ou l’autre ? Telle était la vraie question et surtout pourquoi ? 

       

       Erwan parvint à prendre quelques jours pour les vacances de la Toussaint. Au début, il voulut partir quelque temps avec Luce et les deux garçons. Mais, c’était sans compter, Michio et Nael. Aucun d’eux ne voulait bouger. Ils voulaient rester pour être en compagnie de leurs petits amis respectifs. Erwan ne parvint pas à les faire changer d’avis. 

 

       Pourtant, ce n’était pas certains que les garçons puissent les voir souvent. Rafael aidait Ludwig au garage. Il aimait s’y rendre. Il aimait bien apprendre auprès de Ludwig ou de Ricky Hidalgo. Il avait ainsi appris que l’homme était le meilleur ami d’Erwan, père de Michio. 

       

       Quant à Dan, il aidait son père à son travail. Cela lui permettait d’être avec lui et d’apprendre à ses côtés. Parfois, il aidait également Cheryl. Cheryl Descamp avait racheté une vieille librairie. Elle n’avait pas encore les moyens de prendre un employé. Alors, Dan s’était proposé bénévolement. Ainsi, il apprenait la gestion à ses côtés également. 

 

       Et puis, c’était une manière d’apprendre à la connaitre. Après tout, elle faisait partie de la vie de son père, depuis peu. Son père lui avait raconté avoir toujours des sentiments pour la sœur de son meilleur ami. Mais, à l’époque, Cheryl ne semblait pas intéressée, alors il avait fait une croix. Harumi Sanada apparut à cette période et il en tomba amoureux.

 

       Cheryl décida de partir étudier au Canada. Elle y resta de très longues années. Elle s’était très bien amusée. Elle était tombée amoureuse de son professeur de sport. C’était réciproque alors dès la fin de ses études, elle resta là-bas. Elle vécut une belle vie avec son professeur jusqu’à qui il décède à cause d’une maudite maladie. 

 

       Elle resta encore un long moment au Canada ne pouvant se résoudre à quitter le pays de l’homme qu’elle avait aimé. Et puis, un matin, elle avait pris l’avion pour rejoindre sa famille en France. Sa mère et son frère lui manquaient. Elle avait besoin d’eux. Et de fil en aiguille, elle avait revu Mako.

 

       Avoir son père Erwan à la maison tous les jours, c’était plutôt agréable parfois et par moment agaçant. Michio et Nael avaient eu plus d’une fois envie d’étrangler leur père. Cela ne les dérangeait pas qu’il ennuie leur père Luce, à le faire crier dans toute la maison. Mais, ils refusaient qu’il vienne les ennuyer alors qu’ils discutent avec leur petit ami. Non, mais ! 

 

       Les deux frères manigancèrent. Ils arrangèrent un séjour à leur parent. Avec la complicité de Carlin, évidemment, ils parvinrent à faire céder leurs parents de partir en amoureux pour une semaine. Dès que la voiture se fut éloignée, les deux démons dansèrent de joie. Renko, en les observant, n’avait pu s’empêcher de rire.

 

       En tout cas, Michio put ainsi rendre visite plus facilement à Rafael. Nael, lui, put se rendre chez les Marcello le matin sans avoir son père Erwan sur le dos. Il l’adorait, mais les sermons sur les dangers, ça allait un temps. 

 

       Leur père pourrait leur faire confiance. Ces fils savaient être attentifs. Ils faisaient toujours attention aux alentours. Hors de question d’être à nouveau enlevé comme il y a six ans ! Parfois, les deux garçons se savaient observer par une femme. Mais, elle ne faisait rien de grave. Elle les jugeait. Elle devinait très bien qu’elle était repérée. Elle ne semblait pas chercher à se cacher, non plus. 

 

       Les deux garçons se demandaient souvent qui elle pouvait être. Ils avaient une petite idée sur son identité, mais ils n’avaient pas de preuve. Ils n’osaient rien dire à leur famille, non plus. Il n’y avait pas de danger, alors pourquoi les inquiétait ? Nael descendit du bus s’arrêtant devant l’immeuble des Marcello.

 

       Cette femme n’était pas responsable des accidents sur son frère et Rafael. Elle ne se trouvait jamais dans les parages quand cela se produisait. C’était quand même étrange. Nael aimerait bien en parler avec quelqu’un, mais il ne savait pas avec qui. Il soupira. L’ascenseur était en panne. 

 

       Après être monté à l’étage voulu, Nael frappa à la porte. La porte s’ouvrit sur une jeune femme, un peu enrobée. Cheryl n’était à proprement ronde. Elle avait plutôt une bonne poitrine et des hanches assez larges. Nael la dépassait d’une tête, également. 

 

       Elle lui adressa un sourire chaleureux avant de le laisser entrer dans l’appartement. Elle se passa une main dans ses cheveux châtain clair, coupé court. 

 

       — Bonjour, Nael. Mazette, comme tu as grandi.

 

       — Bonjour, Cheryl. Oui, cela fait longtemps que l’on ne s’est vu. 

 

       — Tu es devenu un magnifique jeune homme. Et ton frère ? Toujours lui-même ? 

 

       — Oui, il est toujours aussi remuant.

 

       Nael aperçut Mako, assis à table lisant le journal. Il le salua. L’homme releva la tête avec un sourire. 

 

       — Tu tombes bien, Nael. Cheryl et moi, nous devons partie au travail. Tu vas pouvoir réveiller la marmotte, tranquille.

 

       Nael cligna des yeux, un peu estomaqué. Il n’était nullement gêné par le sous-entendu. Il était habitué avec sa famille, mais comme cela venait de Mako Marcello. Il n’en revenait pas. Ce n’était pas le genre à sortir cette phrase sans être mal à l’aise. L’effet de l’amour sur Mako Marcello l’avait complètement transformé. 

 

       — Je vais prendre un sacré plaisir de le réveiller. 

 

       Les deux adultes se mirent à rire. Alors qu’il se dirigeait vers la chambre de son petit ami, il entendit la porte de l’appartement claqué. Affichant un sourire ravi, il ouvrit la porte. La pénombre l’envahit. Il dut attendre un peu pour voir les ombres dans la pièce. Il se rendit sans faire de bruit vers la fenêtre.

 

       Il ouvrit les volets. Il savait bien que Dan avait le sommeil lourd. La luminosité ne le réveillerait pas facilement. Dès qu’il put voir autour de lui, Nael se tourna directement vers le lit. Il s’approcha. Dan dormait, la tête enfouie à moitié sous la couette. 

 

       Nael retira ses baskets avant de s’allonger sur le lit. Il posa la tête sur sa main. Il se mit à observer Dan. Avec un doigt, il poussa une mèche de cheveux gênante. Il le glissa ensuite sur la joue. L’endormi frissonna et remua légèrement. Dan se retrouva sur le dos. Nael sourit. Il se pencha vers le visage. 

 

       Il déposa de petits baisers sur la joue. Puis, il glissa ses lèvres vers l’oreille découverte. Il la chatouilla avec la langue. Dan gémit. Il finit par ouvrir les yeux. Il les cligna un moment avant de s’écarter légèrement en rougissant. Il porta la main à son oreille. Les rougeurs s’intensifièrent. 

 

       Nael émit un petit rire. La réaction était tellement prévisible. Il s’approcha un peu de son petit ami. Dan voulait s’échapper. Son cœur battait la chamade. La panique commençait à le reprendre. Mais, cette fois-ci, Nael agit plus rapidement. Il attrapa le garçon avant qu’il ne s’échappe et il le plaqua sur le lit. Il se pencha pour s’emparer des lèvres de Dan. 

 

       Les yeux agrandis, Dan se savait plus comment agir. Il n’était pourtant pas novice. Alors, pourquoi avait-il si peur ? La langue de Nael parvint à se frayer un passage entre ses lèvres. Dès qu’elle toucha la sienne. Dan ferma les yeux et il en oublia sa frayeur. 

 

       Après tout, il aimait Nael depuis son plus jeune âge. Sa mère lui en avait fait souvent la réflexion sans méchanceté derrière. Mais, il ne l’avait jamais cru. Et puis, il y avait eu l’enlèvement. Le lien unissant Michio et Nael s’était intensifié. Dan avait ressenti un sentiment qu’il détesta. Il aurait voulu être unique aux yeux de son camarade, mais il ne pourrait jamais l’être. 

 

       Maintenant, il l’acceptait. Peut-être avait-il muri ? Non, il savait ne plus être seul dans cette situation. Après tout, Rafael devait également partager Michio avec Nael. Le rouquin devait ressenti le même sentiment. 

 

       Nael quitta les lèvres, pour les glisser le long de la mâchoire. Il enfouit son visage dans le cou. Il aimait l’odeur de Dan. Ses mains ne restèrent pas en place. Elles s’évadaient sur le corps offert. Dan ne cherchait pas à l’arrêter. Il gémissait, il se cambrait. 

 

       Nael se demandait s’il pouvait en profiter. Michio lui dirait surement d’arrêter de réfléchir et de prendre ce que lui offrait Dan. Le latino glissa ses doigts dans les cheveux bruns de son petit ami. Nael se redressa un peu pour l’embrasser à nouveau. La raison le quitta petit à petit.

 

       Les affaires furent vite enlevées, les siens comme ceux de Dan. Elles encombraient. Nael reprit son parcours. Il voulait embrasser chaque partie du corps de son futur amant. Chaque centimètre fut embrassé et embrasé d’un feu ardent. Nael fouilla chaque partie de ce corps très masculin. Il caressa, embrassa, lécha. Dan avait fini par se poser ses mains sur le matelas. Il serait le drap de ses mains. Le visage, légèrement relevé, il avait fermé les yeux et gardé la bouche entre-ouverte. 

 

       Sa respiration se faisait de plus en plus rapide. Il perdait la notion du temps. Il faillit avoir un arrêt cardiaque quand il sentit la langue de Nael titiller son gland, puis de l’avoir pris en bouche. Il devinait très bien la suite. Il sentit une petite douleur quand un doigt s’enfonça dans son anus. Il se crispa un instant, mais Nael lui fit vite oublier la douleur. 

 

       Nael prenait son temps. Il ne voulait pas faire du mal à son amoureux. Quand il comprit qu’il était temps. Il se redressa pour regarder droit dans les yeux son amant. Dan s’offrait sans aucune honte. Nael le posséda sans le quitter des yeux. Quand il vit Dan se crisper, il se pencha. Il posa ses lèvres sur les siennes. Dan l’entoura de ses bras pour approfondir le baiser.

 

       Quand quelques heures plus tard, Dan se réveilla. Il ne put empêcher ses joues de prendre une couleur rougeâtre en croisant le regard plein d’amour de Nael. Celui-ci, allongé et la tête sur la main, le regardait avec tendresse. Il émit un petit rire. 

 

       — Tu es mignon les joues couleur tomate. 

 

       — Ah ! Ne te moque pas, Nael. 

 

       Le garçon remua. Il grimaça en sentant une certaine gêne. Les rougeurs s’intensifièrent. Nael se pencha. Il déposa un baiser sur la joue. 

 

       — Tu es très passionné le matin, mon petit Dan.

 

       — Mais, tu as fini. Tu es pire que ton frère, finalement. 

 

       — Nous ne sommes pas frères pour rien. Maintenant, tu m’appartiens. Tu ne fuiras plus, n’est-ce pas ? 

 

       Dan prit conscience. Nael avait bel et bien souffert de son abandon. Il n’avait rien montré, mais il avait beaucoup souffert. Dan se mordit la lèvre.

 

       — Je suis tellement désolé, Nael.

 

       — Non, il n’y a rien à s’excuser, mon ange. Je suis le seul responsable. Je crois bien avoir hérité d’un mauvaise gêne de mon arrière-grand-père. M’aideras-tu à corriger ce défaut, Dan ? August Miori avait beau être très intelligent, il a toujours été très nul en amour. Je ne veux pas être comme lui. Si je n’agis pas assez avec toi, dis-le-moi franchement. 

 

       Dan posa ses mains sur chaque joue de son amant. Il posa ses lèvres sur les siennes. Il l’embrassa avec tendresse. 

 

       — On s’aidera mutuellement. Après tout, j’ai hérité de la timidité de papa.

 

       Nael esquissa un sourire, ravi. 

 

       — En parlant de ton père, il a beaucoup changé. 

 

       Dan se moula dans les bras de son amant avec délectation. Nael embrassait de temps à autre son front. 

 

       — Oui, Cheryl lui a fait du bien. Je suis content. Maman a trouvé sa place, papa est épanoui. Moi, je suis comblé. Maintenant, il me reste juste à faire la paix avec Sawako.

 

       — Je suis sûr que ça ira. Et puis, Shin affirme que Sawako ne tient plus en place. Il attend ta visite. 

 

       Dan sourit. Il se redressa. 

 

       — Alors, qu’est-ce qu’on attend ? On y va.