Chapitre 7

 

         Ils avaient enfin trouvé les coupables. Erwan fut soulagé de les avoir enfin trouvés. Son père et lui pouvaient remercier éternellement Shin Soba et Luka Martin pour leur grande aide. Il y avait également l’inspecteur Manu Grandier. Celui-ci les avait beaucoup aidés en mettant des hommes à leur disposition.

 

         Il fut également aux premières loges pour arrêter les mécréants. En tout, huit hommes et femmes furent arrêtés en deux jours. Trois vivaient en France, deux en Italie, deux autres en Angleterre et un petit dernier aux États-Unis. Ces huit personnes avaient toute une dent contre la Miori Corporation, car ils avaient licenciés pour diverses choses. 

 

         Manu Grandier n’arrivait pas à croire que ces personnes puissent décider de se venger jusque parce qu’ils avaient été virés. Leurs licenciements étaient tous pour faute grave. Et d’après les dossiers, certains auraient même dû avoir affaire avec la justice. Ils auraient dû plutôt remercier le grand patron de sa générosité.

 

         En les interrogeant de plus en plus, Manu apprit que c’était un coup monté par une autre personne. Apparemment, elle ne ferait pas partie du groupe, mais peut-être d’un concurrent. Il restait tout de même encore un problème. Le vol des prototypes informatiques ou cosmétiques n’était toujours pas résolu. 

 

         Même si Manu Grandier semblait être au courant, il n’était pas mêlé à ce problème. Erwan savait bien qu’il pouvait lui faire confiance. Manu était le compagnon d’Ashula Lagardère. Ashula avait été un jeune garçon dont Ludwig Lagardère, le filleul de Carlin, s’était pris d’affection. Ashula avait eu un accident et ne pouvait plus marcher.

 

         Grâce à un médecin, le petit garçon put à nouveau remarcher. En récompense, Ashula décida à son tour de devenir chirurgien. Il vivait chez Ludwig et Rei et il voyait de temps à autre sa mère. Celle-ci mourut quelques années d’un cancer. Ludwig adopta Ashula. Celui-ci réalisa son rêve. Il s’en servit pour Médecin sans frontière pendant une bonne période avant de revenir à une vie plus stable. Manu Grandier et Ashula se connaissaient depuis le collège devenant des amis inséparables. Manu avait des sentiments pour son ami, mais il l’avait longtemps caché.

 

         — Alors, Manu avez-vous enfin réussi à trouver des indices pour retrouver votre sœur ?

 

         L’inspecteur redressa la tête vers le PDG de la Miori Corporation. Il secoua la tête négativement. 

 

         — Non, toujours pas. C’est comme si elle n’existait pas. Déjà que pour mes parents, c’est tout comme. Peut-être qu’elle ne veut vraiment pas être retrouvée.

 

         — Ne perdez pas espoir. Shin et Luka ont déjà dit qu’ils vous aideront à leur façon.

 

         — C’est très gentil à eux, mais…

 

         Erwan fit un geste de la main. Il se leva de son siège. Il contourna son bureau pour se rapprocher de l’homme. Il tendit une main. Manu la serra avec plaisir. Il avait apprécié de travailler avec cet homme que beaucoup traitaient de tyran. 

 

         — Voilà ce que ça fait d’entrer dans notre famille, Grandier. Il va falloir vous y faire. Ashula fait partie des nôtres.

 

         À cet instant, la porte s’ouvrit avec fracas faisant sursauter les deux hommes. Ils se retournèrent. Erwan eut le temps de se retenir en recevant de plein fouet ses deux enfants dans les bras. Les deux petits démons riaient. Manu put ainsi voir la transformation d’Erwan en compagnie de ses enfants. Les traits adoucis, il affichait un sourire de plaisir. 

 

         Une main se posa sur l’épaule de Manu. L’inspecteur se tourna vers le nouvel arrivant. L’homme brun-roux aux yeux verts observait la scène, un sourire amusé. Il murmura :

 

         — Surprenant, n’est-ce pas ? 

 

         — Le mot est faible.

 

         L’homme émit un petit rire. Erwan avait tout entendu. Il jeta un coup vers l’arrivant. 

 

         — Même si je suis ravi de voir ces deux petites canailles, je peux savoir pourquoi ils sont ici.

         — Je suis venu voir Carlin avec Ludwig et Rei. Michio et Nael s’ennuyaient et comme je devais venir ici. J’ai pensé que cela les divertirait. Et puis, tu devrais me remercier. J’ai évité que ce petit démon recommence à piquer le cahier. 

 

         Erwan baissa les yeux vers le coupable. Celui-ci lui adressa un sourire amusé. 

 

         — Ne t’ai-je pas demandé d’être un ange ? 

 

         — Quand allez-vous comprendre que Michio ne comprend pas ce que le mot ange et sage veut dire ? répliqua Nael. 

 

         — Bah toi non plus, tu ne sais pas ce qu’il veut dire, patate, ronchonna Michio. Ce n’est pas comme si tu allais m’empêcher de le cacher. Après tout, c’est toujours toi qui me dis où le mettre. 

 

         — Vous pourriez être puni.

 

         Nael leva les yeux vers son père et sourit. 

 

         — Mais papa, toi aussi tu t’amuses à faire tourner papa Luce en bourrique. Pourquoi nous ne pouvons pas faire pareil ?

 

         Shin ne put retenir son rire. Il fut suivi par Manu. Erwan n’était pas loin de faire pareil. Que voulez-vous qu’il réplique ? Son fils n’avait pas tort.

 

         Quelques instants plus tard, Manu Grandier prit enfin congé. Shin put alors avouer.

 

         — Je suis surtout venu te chercher. Nous allons voir les deux prétendus traitres. Je crois qu’il vaut mieux qu’ils sachent la vérité. Es-tu sur à 100 % de leur innocence, Erwan ? 

 

         — Shin, tu les connais aussi bien que moi. L’un et l’autre sont amis avec Sawa. 

 

         — Oui, je sais. Et si mon cher compagnon savait, j’en entendrais parler pendant des siècles. Même si en ce moment, il est perturbé. 

 

         Erwan et Shin sortirent du bureau. Michio et Nael se tenaient la main et il marchait légèrement en avant. Les deux hommes saluèrent la secrétaire tout en continuant de discuter. Ils ne virent donc pas le regard étrange que celle-ci jetait aux enfants.

 

         — Que lui arrive-t-il ?

 

         — C’est Harumi. Elle se comporte bizarrement ces derniers temps. Elle semble perdre la mémoire de plus en plus. Elle cherche aussi querelle pour un oui ou pour un non à Mako ou même avec Sawa. Dan lui se retrouve au milieu.

 

         — Nael ? Comment va Dan à l’école ? 

 

         Les deux enfants s’arrêtèrent. Ils se regardèrent un instant avant que Michio réponde à la place de son frère.

 

         — Il est triste. Il ne nous dit rien. Mais, on peut le sentir. Et si on essaie de lui en parler, il se braque. 

 

         Shin et Erwan se regardèrent en silence. Eh bien, voilà de bien mauvaises nouvelles. Ils reprirent leur marche vers la sortie. Les deux loustics saluèrent chaleureusement le gardien. Celui-ci en fut étonné, mais ravi. Les employés le saluaient très rarement. Il passait presque inaperçu sauf le grand patron. Erwan le saluait toujours. L’homme fut donc ravi de voir que les enfants suivaient les traces de leur père.

 

         Pendant tout le trajet jusqu’à la maison d’un prétendu traitre, Michio et Nael discutèrent avec leur père et Shin. Comme Erwan l’avait signalé, les enfants avaient changé d’école. Il avait laissé Luce choisir cette fois. Ils allaient maintenant dans une école primaire publique. 

 

         Et miracle, Michio s’y plaisait. Il adorait son maître d’école et il avait même réussi à se faire des amis. Luce ne recevait pas un appel sans arrêt de la directrice. Celle-ci savait gérer les petites terreurs.

 

         La voiture stoppa dans la cour d’une grande maison blanche et fleurie. Erwan inspira un bon coup. Les enfants s’élancèrent vers la maison pour sonner. Les grands étaient beaucoup trop lents. Ce fut une jeune fille adolescente qui ouvrit la porte. Elle afficha un sourire ravi en apercevant les deux hommes. 

 

         — Bonjour, Erwan, bonjour Shin. 

 

         — Salut, Elya. Toujours aussi jolie. 

 

         La jeune fille rougit. Elle aperçut alors les deux garçons. Elle leur adressa également un sourire. 

 

         — Salut vous deux. 

 

         Michio et Nael acceptèrent les embrassades, puis ils parvinrent à pénétrer dans la maison sans gêne. Ashanti Lepers fit son apparition à son tour. Elle mit les mains sur les hanches en observant les deux enfants. Elle secoua la tête, amusée.

 

         — Salut les trésors. Si vous allez dans la salle à manger, vous pourrez gouter avec Dorian. 

 

         Michio fut le premier à réagir. Dès qu’il fallait manger, il était toujours d’accord. La femme se mit à rire. 

 

         — Quel goinfre, celui-là. 

 

         Erwan et Shin embrassèrent la propriétaire de la maison. Ensuite, ils demandèrent si Alexis se trouvait dans les parages. Elle leur indiqua le bureau sur la gauche. Après avoir indiqué le chemin, elle rejoignit les enfants. 

 

         Erwan frappa à la porte et pénétra dans la pièce après avoir reçu l’autorisation. Alexis se trouvait assis dans un fauteuil lisant un livre. C’était son jour de repos. Il fut donc très surpris de voir arriver son ami et patron. Il prit le temps de saluer Shin et les invita à s’asseoir. 

 

         — Que me vaut votre visite ? 

 

         Après un regard entre eux et après une certaine hésitation, Shin finit par prendre la parole. Il raconta toute l’histoire. Alexis blêmit petit à petit. Il ne revenait pas de ce que ses amis lui racontaient. Il se redressa d’un bond et il se mit à faire les cent pas. Il pouvait sentir le regard d’Erwan sur lui. Celui-ci n’avait pas bronché un seul instant. Le pensait-il coupable ? 

 

         — Merde, laissa échapper Alexis. Jamais, je ne pourrais faire une chose pareille. Tu es celui qui m’a aidé, Erwan. Je ne pourrais jamais trahi cette confiance. 

 

         Erwan se passa une main dans les cheveux. Il finit par prendre la parole. 

 

         — Je le sais, Alexis. Nous avons préféré te mettre au courant. Mais, les preuves nous amènent à toi et à une autre personne. 

 

         Alexis se retourna d’un coup. Pour une raison inconnue, il devinait qui était la seconde personne. Elle travaillait avec lui depuis trois ans environ. Mais là aussi, c’était impossible qu’elle soit coupable.

 

         — Pourquoi attaque-t-on notre section ?

 

         — Je vois que tu as deviné qui est la seconde. Mais encore, tu ne sais pas tout. Des preuves montrent aussi que Lina vendrait également des produits cosmétiques à un concurrent.

 

         — Tu charries ? Lina ?

 

         Erwan aussi était tombé des nues. Comme si sa tante serait capable de faire une chose pareille. Quand il l’avait mis au courant, il avait passé un très mauvais quart d’heure. Après avoir crié, poussé sa gueulante, elle s’était calmée et s’était mise à réfléchir. Elle avait fini par trouver la responsable. Et celle-ci avait passé un très mauvais moment. Ensuite, Lina se chargea à donner les preuves à la police afin que celle-ci se charge de cette crapule. 

 

         Erwan espérait sincèrement que du côté d’Alexis ce serait pareil. Mais tout pensait à croire que non. Le mieux serait de parler avec le deuxième accusé. Peut-être pourrait-il les aider ? Erwan annonça tout de même à Alexis. 

 

         — Jusqu’à nouvel ordre, je te relève de tes fonctions Alexis. C’est juste le temps de quelques jours, ne t’inquiète pas.

 

         — Je comprends.

 

         Alexis se laissa tomber sur son canapé. Erwan et Shin prirent congé. Leurs humeurs en avaient pris un coup. Ashanti s’en rendit compte. Elle se doutait d’un problème. Elle jeta un coup d’œil vers la porte. Erwan s’approcha d’elle et lui embrassa la joue. Il lui murmura :

 

         — Fais-lui bien comprendre que ce n’est que pour un temps. 

 

         — De quoi parles-tu Erwan ?

 

         — Alexis t’en parlera, Ashanti. Nael ? Michio ? On y va. 

 

         Les deux garçons se levèrent rapidement. Ils saluèrent leur ami Dorian et ils rejoignirent leur père. Les deux garçons gardèrent le silence. Erwan et Shin n’étaient pas d’humeur joyeuse. Ils décidèrent de se rendre directement chez la seconde personne.