Chapitre 22

      Le soir commençait à tomber. Dan assis sur une balançoire se laissa mouvoir tout en observant les parents appeler leurs enfants pour rentrer chez eux au chaud. La journée avait été ensoleillée, mais à la nuit tombante, la fraicheur revenait au galop.

      Le jeune homme, le regard vide, se laissait bercer par le mouvement. Il n’avait pas envie de rentrer. Il ne se sentait plus chez lui depuis quelque temps. Devant ses amis de toujours, il avait réussi à donner le change. Mais, il savait par expérience qu’il ne leur cachait pas son mal-être. Carline et Nael étaient loin d’être des idiots. Ils avaient la mauvaise habitude de savoir lire à travers les personnes qu’ils aimaient.

      Dan soupira en posant ses yeux sur le sol herbeux. Il aimerait être auprès d’eux. Non, il se mentait. Il aimerait être auprès de Nael. Il n’avait pas besoin de parler, juste être à ses côtés lui suffisait. Depuis combien de temps aimait-il son meilleur ami ? Il ne saurait le dire avec précision, mais ses sentiments avaient évolué depuis les grandes vacances.

      Pour faire plaisir à sa femme, Mako avait organisé un séjour au Japon de deux mois. Dan en avait voulu à son père. Certes, il avait du sang japonais, mais il n’aimait pas s’y rendre. Il ne s’y sentait pas à l’aise. Sa mère ne le comprenait pas, mais Dan sentait le danger chaque fois qu’il s’y rendait. Sa mère prenait plaisir à parler sa langue maternelle qu’elle en oubliait le français. Elle ne leur parlait alors que dans sa langue sans se rendre compte que son mari et son fils avaient bien des difficultés à tout comprendre.

      Depuis un an déjà, Harumi avait tendance à leur reprocher beaucoup de choses dont ils n’étaient pas coupables. Pour elle, son mari et son fils ne faisaient aucun effort pour lui faire plaisir. Pourtant, c’était tout le contraire, mais avec tous les efforts possibles, Mako n’arrivait pas à assimiler le japonais. Il arrivait à se débrouiller, mais il finissait par s’y perdre. Quant à Dan, il pouvait suivre une conversation après tout il aimait se chamailler avec son grand frère dans cette langue.

      Mais, Dan avait peur, car il connaissait l’envie de sa mère. Celle-ci désirerait repartir vivre au Japon en emmenant son mari et son fils. Mais ni Mako ni Dan n’étaient prêts à tout quitter pour un pays qu’ils appréciaient certes, mais pas assez pour y vivre pleinement. Pourquoi ne voulait-elle pas comprendre que Dan voulait être dans la même ville que le garçon dont il était amoureux ?

      Dan secoua la tête vivement. Non, ce n’était pas qu’elle ne voulait pas comprendre ! Elle refusait que son second fils aime un homme également. Elle laissait entendre que c’était la faute à toutes ses couples d’hommes autour d’eux, comme les Oda-Miori ou tout simplement Sawako et Shin. Dan aurait voulu passer ses vacances chez son frère. Harumi avait refusé fermement tout comme elle refusait qu’il invite Nael à la maison.

      Il aimait sa mère. Elle avait toujours été très douce. Il adorait quand elle lui caressait les cheveux pour l’aider à s’endormir petits. Mais, elle le faisait souffrir en refusant sa nature. Il n’était pas le genre à se laisser manipuler par ce qu’il voyait ou entendait. Quand ses sentiments avaient évolué envers Nael, il s’était longuement interrogé sur la question.

      Certes, il avait grandi auprès de Nael et Carline, mais ils allaient tous les trois dans des écoles mixtes. Alors des couples hétéros, il en croisait, même parmi les amis de sa famille. Dan secoua la tête exaspérée. Il en avait assez de réfléchir. Il se leva avec brusquerie de la balançoire et décida à rentrer. Il se mit à courir pour évacuer ses pensées négatives.

      La route jusqu’à chez lui n’était pas longue puisqu’il habitait dans un vieil immeuble restauré dans le centre-ville. Il grimpa les escaliers jusqu’au deuxième étage. En entrant, il cria qu’il était rentré, puis il s’arrêta net devant la porte de la cuisine, trop surpris.

      Sa mère discutait joyeusement avec son père tout en préparant le repas. Est-ce qu’il rêvait ? Depuis un an, sa mère et son père ne s’adressaient presque plus la parole, car cela finissait toujours en dispute. En jetant un coup d’œil vers son père, Dan remarqua sa surprise également. Est-ce que sa mère c’était remise en question ? Avait-elle décidé de revenir la femme aimée et douce ?

— Dan ? Où est que tu étais ? s’exclama sa mère avec un sourire. Je commençais à m’inquiéter.

      Le jeune homme observa sa mère un long moment.

— J’étais au parc.

— Ah lala ! Envoie un texto la prochaine fois que tu voudras rentrer plus tard, gronda gentiment Harumi.

      Encore sous le choc du changement, Dan secoua la tête affirmativement avant de filer vers la salle de bain afin de prendre une douche avant le repas. Quand il revint dans la cuisine où la table avait été mise, il s’installa auprès de son père.

— Demain, je dois aller voir un client sur Bordeaux. J’en aurais pour deux heures environ, veux-tu m’accompagner Dan ? Quand j’aurai fini, j’aurai le reste de la journée de libre.

      Dan avala goulument ses spaghettis à la bolognaise. Il adressa un sourire à son père. Il s’ennuyait sans ses amis.

— Je veux bien.

      Harumi sortit alors :

— Pourquoi n’emmènerais-tu pas Dorian et Nael, Mako ? Dan verrait ainsi ses amis.

      Le père et le fils se regardèrent surpris. Harumi acceptait que son fils voie Nael en dehors de l’école. Étrange ! Dan s’exclama ravi.

— Oh oui ! Je pourrais aussi demander à Rafael s’il veut venir aussi.

      Mako se tourna vers son fils amusé.

— Je pensais que tu dirais Carline.

      Dan secoua la tête.

— Non, j’adore Carline, mais pour une fois, ce serait cool d’être avec des garçons seulement. Et puis, cela nous permettra de mieux connaitre notre nouvel ami.

— Ne le vois-tu pas à l’école ? demanda Harumi.

— Oui, mais il est souvent avec Carline.

— Ah ! Serait-il tombé sous son charme ?

— Tout juste, papa. Mais, c’est réciproque aussi. Alors, je veux devenir ami avec celui qui a réussi l’exploit de captiver Carline.

      Dan se replongea dans son assiette avant de jeter un coup d’œil vers sa mère. Elle avait baissé la tête. Elle semblait troublée ou énerver, mais elle tentait de le cacher. Est-ce qu’elle leur jouait la comédie ? Demain, redeviendrait-elle désagréable ? Harumi se sentant observer releva la tête et croisa le regard inquiet de son fils. Elle fit un effort sur elle-même et lui adressa un doux sourire.

      Perturbé, Dan lâcha prise. Il s’exclama n’avoir plus faim et demanda l’autorisation de sortir de table. Mako en fut surpris. Son fils, habituellement, était un vrai goinfre. Dan fila dans sa chambre et se laissa tomber lourdement sur son lit. Sa chambre était fort simple même s’il avait eu droit en cadeau tout un pan de mur dessiné par Carlin.

      L’artiste lui avait demandé ce qu’il aimerait. Dan ne savait pas trop, mais il aimait la nature. Alors qu’il se trouvait en voyage scolaire au collège, Carlin en avait profité pour lui faire son cadeau d’anniversaire. Tout le pan de mur s’était transformé en forêt tellement réaliste qu’il avait l’impression de pouvoir s’y aventurer.

      Pour Dan, les véritables œuvres d’art de Carlin se trouvaient indéniablement dans les maisons plutôt que sur des tableaux. Après avoir apaisé son esprit en observant ce dessin, il attrapa son portable et envoya un texto à ses trois amis pour les prévenir de leur sortie de demain. Il se demanda d’un coup si Erwan n’allait pas mettre son veto. Est-ce que Nael allait réussir à convaincre son père de le laisser seul avec ses amis ? Certes, Mako serait avec eux, mais les quatre garçons seront libres sans adulte pendant deux heures. Dan soupira à fendre l’âme. Les parents pouvaient vraiment être des plaies quand ils le voulaient bien.

      Le vibreur de son portable le réveilla en sursaut. Dan cligna des yeux plusieurs fois avant de jeter un coup d’œil vers son réveil. Il était onze heures du soir. Il attrapa son téléphone. Son cœur battit légèrement plus vite en lisant le nom du l’expéditeur. Il ouvrit le message avec inquiétude. Dorian et Rafael avaient déjà répondu par affirmation.

" Tu peux dire merci à ma tendre sœur, elle a réussi à convaincre papa Wan de me laisser venir. Et je ne te dis pas comment elle a pu être envahissante pour le faire céder. C’était très drôle. À demain. Ton Nael. "

      Dan sentit ses joues surchauffées. "Ton Nael" ? Un sourire s’esquissa sur ses lèvres tout content. Le téléphone vibra à nouveau. Il lut le second message et se mit à rire. Elle avait un grain de folie cette fille, mais elle était aussi adorable.

" Veille bien sur Raffy, il n’est pas habitué. Veuillez aussi à ne pas trop le contaminer par votre bêtise, signé Carline. "

" Merci Carline, tu es un ange. Bisous Dan. "

" Je suis un ange, ce n’est pas nouveau. Amuse-toi bien avec Nael et déclare-toi avant la fin des vacances. Big bisous de la meilleure des meilleures ! "

      Dan se déshabilla pour mieux se recoucher dans son lit. Se déclarer ? Il voudrait bien, mais il avait encore peur. Il devait vraiment être stupide. Pourquoi hésitait-il autant ? À cause de sa mère ? Peut-être bien.

      Le lendemain, il se leva légèrement stressé. Il avait hâte de revoir ses amis, surtout un d’entre eux. Mais, en même temps, il se sentait un peu gauche. Il n’arrêtait pas de se traiter d’imbécile heureux. Il dévora son petit déjeuner sans se rendre compte de l’état un peu morose de sa mère. Celle-ci l’observait en silence.

      Quand Mako fit son apparition, elle retrouva un semblant de joie afin de cacher son mal-être. Le père et le fils se mirent à discuter à bâton repu sans temps mort. Harumi les engloba de son regard comme si elle tentait de les graver dans sa mémoire. Est-ce qu’ils lui en voudraient beaucoup après ce qu’elle allait faire ? Elle avait longuement réfléchi. Elle les avait accusés de ne pas la comprendre. Mais, elle savait à quel point elle avait été injuste. Elle voulait les libérer.

      Sans rien deviner des intentions d’Harumi, Mako et Dan l’embrassèrent chacun leur tour avant de filer dans la bonne humeur. Ils se rendirent d’abord chez Ludwig le plus proche. Rafael était prêt depuis deux heures déjà. Ashula et Ludwig s’étaient amusé à se moquer de lui tout le long. Son oncle Manu l’avait un peu défendu, mais il s’était mis ensuite à en faire pareil.

      Le jeune homme roux avait eu des envies de meurtres. Ces adultes pouvaient être de vrais casse-pieds quand ils s’y mettaient. Il fut donc ravi de voir son ami arrivé. Ils allèrent ensuite chez Dorian. Ils durent l’attendre évidemment. Monsieur Dorian était un gros dormeur. Dan ne chercha pas. Il prit les choses en main. Il se chargea de réveiller ce gros nounours.

      Finalement, Dorian arriva en traînant les pieds encore ensommeillés. Dan et Rafael se moquèrent de lui tout le long du trajet jusqu’au domicile des Oda-Miori. Bien sûr, Mako fut obligé d’entrer dans le manoir pour saluer les propriétaires. Carlin et Renko furent contents de sa visite. Les trois garçons n’eurent pas loin à se rendre pour trouver Nael et sa sœur. Le frère et la sœur avaient tout simplement décidé d’ennuyer leur père Luce.

      Celui-ci bataillait avec ses enfants riant comme des gosses. Luce fut quand même heureux de voir arriver Dan et compagnie. Aussitôt, les deux garnements s’arrêtèrent pour rejoindre leurs amis. Carline, de très bonnes humeurs se jeta sur ses camarades pour leur dire bonjour. Ils eurent tous les trois un baiser sur les lèvres.

      Rafael en fut troublé plus que de raison. Nael le remarquant se moqua légèrement de lui. Il se fit foudroyer par un regard noir. Il n’en fut pas traumatisé pour autant et continua de plus belle. Carline leur souhaita une bonne journée sans elle. Elle fila ensuite vers l’étage pour ennuyer son deuxième père. Les garçons entendirent Erwan crier après sa fille. Ils se mirent à rire.

      Mako vint les chercher. Les garçons s’empressèrent de monter dans la voiture. Le père de Dan prit l’autoroute pour aller plus vite. Les garçons discutèrent de tout et de rien pendant tout le trajet, n’oubliant pas de faire de temps à autre la conversation avec le chauffeur.

      Dorian était monté à l’avant laissant l’arrière pour les autres. Rafael fit en sorte d’être près de la fenêtre. Dan se retrouva au centre. Il en était ravi. Ainsi il se trouvait auprès de Nael. Et il l’était deux fois plus, car depuis un moment Nael avait posé sa main sur la sienne posée sur le siège entre leurs jambes.

      Ils traversaient Bordeaux quand Rafael eut un texto de la part de Carline. Les trois autres garçons voulurent savoir évidemment. Rafael le leur avoua : elle lui disait simplement qu’elle avait embarqué Moira et Sara pour faire du shopping au centre commercial avec son grand père Carlin.

— Elle doit savoir à quel point tu te soucies de tes sœurs, renchérit Dorian.

— Il a craqué, s’exclama Dan, tout à coup en jetant un coup d’œil vers son nouvel ami qui affichait un petit sourire.

— Ouais, il a craqué, reprit Nael en cœur.

      Rafael grogna :

— Foutez-moi la paix, les amoureux transis !

      Dan et Nael eurent les joues rouges d’un seul coup. Mako et Dorian se mirent à rire de la gêne des deux garçons. Arrivé près de la place de la victoire, Mako parvint à se garer afin de faire descendre les quatre garçons. Mako prévint son fils de garder son portable à porter afin qu’il puisse ensuite les retrouver dans le méandre de la rue Sainte-Catherine, une immense rue marchande.

      L’air un peu frais fit du bien aux garçons. Ils inspirèrent un bon coup avant de commencer à avancer. Nael avait l’impression d’une certaine liberté. Chaque fois que sa sœur ou lui devait sortir ou juste se rendre au parc, ils devaient automatiquement être accompagnés d’un adulte. Aucun d’eux ne s’en était plaint, mais ils avaient souvent eu l’impression de ne pas être libres de leur mouvement.

      Ici pendant au moins deux heures, aucun adulte ne les suivrait. Pour Nael, c’était nouveau. Et puis, au moins, il se trouvait avec des personnes qu’ils appréciaient et avec qui ils pouvaient rire de bon cœur. Certes, les adultes qui l’accompagnaient discutaient avec eux sans problème et ils s’amusaient tout autant, mais là, les trois autres garçons avaient le même âge que lui. C’était une nouveauté.

      La rue Sainte-Catherine était envahie de monde. C’était toujours aussi impressionnant. Il y avait toute sorte de personnes : des individus habillés de façon excentrique ou même gothique, des familles, des étudiants, des vieilles personnes, de vrais handicapés ou des tricheurs, des personnes sans domicile fixe. Il y avait aussi des représentants de toutes sortes d’origines ethniques.

      Au début, les garçons visitèrent toutes les boutiques pour ensuite les sélectionner. Au bout d’un certain temps, Dorian fit ralentir Rafael afin que Dan reste seul avec Nael. Le jeune rouquin apprécia le geste. Dorian avait tendance à être un peu idiot par moment et très fleur bleue aussi. Mais, c’était aussi un très bon ami et très observateur. Rafael prit plaisir de discuter avec lui.

      Il apprit ainsi beaucoup de chose sur ces trois amis grâce à Dorian. Dan avait un vrai potentiel sportif, mais il n’arrivait pas à se concentrer sur une seule discipline. Il s’y ennuyait assez vite. Mais, il avait déjà décidé de devenir professeur de sport. Nael lui aimait se plonger dans les livres. Il avait pratiquement lu tous les livres de la bibliothèque familiale. Il avait même demandé à son père Luce de faire un livre en commun.

      Celui-ci en avait été ravi. Pendant les grandes vacances, le père et le fils s’étaient donc plongés dans l’écriture d’une histoire policière à deux mains. Le livre était sorti à Noël et avait eu un certain succès. Rafael promit de lire l’histoire. Nael en fut content. Il avoua également son rêve de travailler dans le domaine du livre. Il songeait à l’édition.

      Dorian aimerait travailler dans des galeries d’art ou dans un musée. Il adorait les visiter et souvent, il avait discuté avec des employés pour en savoir plus. Sa matière préférée était l’histoire et la géographie. Il aimait se plonger dans les vieux livres qui parlaient des pays, de leur religion, de leur culture, de leur politique aussi.

      Dorian avoua également sa légère jalousie en rapport à Nael et Carline. Il aurait aimé avoir un semblant de leur intelligence et surtout de leur aplomb. Mais en même temps, il était très fier d’être un de leurs amis.

      Mako les rejoignit juste à temps pour les inviter dans un restaurant pour le déjeuner. L’homme put constater que la matinée avait servi à resserrer les liens entre eux. L’après-midi fut le temps des achats. Rafael voulait trouver de petits cadeaux pour ses sœurs. Moira adorait Sultan, le chat persan. Il trouva un porte-clefs avec une petite figurine de chat blanc. Pour Sara, il lui trouva de petites pinces à cheveux avec des rubans.

      Dorian demanda de l’aide à ses amis pour trouver un cadeau d’anniversaire pour sa mère. Nael et Dan le charrièrent en affirmant qu’il ne trouverait jamais de copines adéquates, car il les comparait toujours avec sa mère. Rafael songea alors qu’il aurait aimé lui aussi pouvoir offrir un cadeau à sa mère décédée. Le garçon se décida finalement pour un sac à main coloré.

      Nael s’exclama alors :

— Avant de repartir, il faut à tout prix trouver un cadeau pour Carline. J’ai pu venir grâce à son aide, alors...

— Alors, tu dois lui chercher un cadeau, le coupa Dan avec un sourire en coin.

      Nael lui tira la langue. Puis, il reprit :

— Non, chacun d’en nous allons lui en offrir un.

— Hein ? Et pourquoi on devrait ? Râla Dorian, juste pour la forme.

— Parce que c’est comme ça et puis c’est tout ! Vous allez arrêter de me contredire, nom d’un p’tit bonhomme !

      Nael avait posé ses poings sur les hanches et les foudroyait du regard. Mako les observait amuser. Parfois, Nael lui rappelait Sasha quand il voulait convaincre Xavier et lui de suivre ses ordres.

      Après un long conciliabule afin de savoir quel cadeau conviendrait, Nael, Dorian et Dan se décidèrent pour du matériel de dessin. Rafael lui préféra se rendre dans le magasin où il avait trouvé les porte-clefs. Il l'avait aperçu, mais il n’avait pas osé le prendre. Le porte-clef en question avait pour figurine un pinceau et une palette avec des taches de peinture.

      Rafael espérait que ce petit cadeau plairait à la jeune fille. Bien évidemment, ses amis le charrièrent un bon moment. Mais, il haussa juste les épaules en réponse à leur moquerie. Il se chargea ensuite à ennuyer les amoureux transis comme il aimait bien les surnommer.

      Au retour, Rafael s’installa à l’avant pour discuter avec Mako. Sinon, Dan se retrouva à nouveau au centre. Nael avait lié ses doigts au sien tout en lisant un livre qu’il venait d’acheter. Dorian discutait avec un Dan ravi.

      Nael fut le premier à être déposé. Il salua ses amis et fit promettre à Dan de l’appeler le soir même. Ensuite, le garçon s’élança vers le manoir où la folie semblait l’avoir gagné. Il se fit vite kidnapper par une harpie joyeuse.

      Dorian fut le second à être déposé. Sa mère l’attendait dans le salon en compagnie de ses sœurs. Il n’eut pas le temps de retirer son manteau qu’elles lui sautaient déjà dessus. Ensuite, Mako déposa Rafael. Son entrée se fit bien plus calme que chez les autres.

      Les adultes se trouvaient dans la cuisine en pleine discussion quand il entra. Ils l’invitèrent auprès d’eux. Manu lui expliqua que Moira et Sara se trouvaient chez Carline pour la nuit. À peine fut-il installé que Yazoo, la chatte noire vient squatté ses jambes. Haru arriva peu après et aussitôt, il se mit râlait pour que le garçon s’occupe de lui également.

      Mako et son fils continuèrent leur route. La nuit commençait à tomber petit à petit. Dan affichait un sourire ravi de sa journée. Il s’était très bien amusé. Mais, son sourire disparut quand il pénétra dans l’appartement silencieux. Mako eut une exclamation. Il fouilla toutes les pièces avant de finir dans sa chambre. Il jeta un coup d’œil autour de lui. Il fronça les sourcils avant d’ouvrir les armoires.

      Il eut le choc de sa vie. Harumi était partie sans rien laisser derrière elle. Tout l’appartement se trouvait vide de sa présence, plus aucun objet lui appartenant de s’y trouvait. Mako recula et se laissa tomber lourdement sur le grand lit. Il porta la main à son visage. Qu’est-ce qu’il lui était encore passé dans la tête à sa femme ?

      Dan ne savait plus très bien comment réagir. Il rejoignit son père dans la chambre parentale. Il vit son père effondré. Il s’en approcha.

— Elle est partie, n’est-ce pas papa ?

      Mako hocha la tête. Il n’arrivait pas à parler. C’était insupportable. Quelle faute avait-il commise pour la faire fuir ? Pourquoi avait-elle décidé de les abandonner ? Il serra les dents à s’en faire mal. Il aurait dû se méfier la veille quand elle avait changé d’attitude d’un seul coup.

— Qu’est-ce qu’on va faire sans maman ? Est-elle partie au Japon ?

      Mako redressa la tête vers son fils.

— Est-ce de ma faute papa ?

      Mako secoua la tête. Il attrapa son fils dans ses bras. Le garçon se laissa aller. Les larmes glissèrent le long de ses joues. Mako lui caressa la tête pour le calmer. Il avait également envie de succomber à sa tristesse.

— Tu n’es en rien fautif, Dan. Il y a surement une raison à son départ. Nous allons trouver. D’accord ? Nous allons la retrouver.