Chapitre 21

      Les jours suivants, un vent glacial pointa son bout de nez pendant plusieurs jours, forçant la majorité des élèves à rester dans leur salle pendant les pauses. Au début, il pensa ne pas se rendre sur le toit comme les autres jours. Mais, un seul jour lui suffit pour en avoir assez d’être enfermé dans sa classe.

      Bien que ces camarades n’étaient pas bien méchants, ils ne faisaient aucun cas de Carline comme si elle n’existait pas à leurs yeux. Pour Rafael, c’était incompréhensible et cruel. D’après ce qu’il avait saisi, Carline se serait mis à dos la fille la plus populaire du lycée. Personnellement, il ne voyait pas du tout qui cela pouvait être.

      Quand finalement, il finit par la rencontrer, il la trouva quelconque. Oh ! Elle était bien jolie, c’était même une évidence. Après tout, elle faisait partie d’une petite catégorie qui faisait des photos pour les magazines. Mais pour le jeune homme, cette Jessica Méran n’avait rien de comparable avec la beauté sauvage que dégageait Carline. Et puis, la vraie beauté était celle du cœur de la personne et pour le peu qu’il avait pu constater, cette Jessica en était dépourvue.

      Une seule personne avait réussi l’exploit d’isoler celle qu’elle détestait. C’était aberrant et illogique. Bien évidemment le fait que lui-même refusait de s’éloigner de Carline avec qui un lien d’amitié s’était noué au fil des jours, ne plut pas à cette demoiselle. À partir de ce jour, elle vint souvent l’ennuyer. Il fit l’indifférent et dès qu’il pouvait s’échapper, il le faisait.

      D’ailleurs, il remerciait Dorian Lepers pour son aide. Rafael avait fini par le rencontrer. Il le trouva assez rapidement sympathique tout comme il appréciait Nael et Dan. D’après les dires, Dorian serait un don Juan, mais celui-ci n’avait besoin de rien faire pour que les filles viennent vers lui. Il les attirait souvent à cause de son physique de beau gosse.

      Mais après l’avoir côtoyé un petit peu, les jeunes filles se rendaient compte que son caractère et son physique étaient totalement opposés. Dan disait souvent que son propre père était exactement pareil. Malgré sa timidité et sa fragilité, Dorian arrivait à donner le change et avait pu ainsi aider son nouvel ami à échapper aux griffes de Jessica.

      Rafael disparaissait alors de la classe pour se rendre sur le toit. Carline s’y trouvait déjà. Emmitouflée dans son manteau, elle dessinait comme à son habitude. Quand elle le voyait, il avait toujours le droit à un sourire lumineux. Il s’asseyait auprès d’elle et l’observait dessiner. Il trouvait magique de voir transparaitre d’un coup de crayon la forme d’un arbre ou les traits d’une personne.

      Parfois, Moira les rejoignait. Carline se mit à lui faire son portrait sous le regard de Rafael impressionné. Le lendemain, elle lui avait remis le dessin encadré. La jeune collégienne en fut tout émue.

— Merci, merci. C’est trop beau, s’exclama-t-elle d’une voix serrée. Ah ! C’est la première fois où je me sens toute jolie.

— Tu rigoles, t’es toute moche, rétorqua Rafael.

      Moira perdit légèrement son sourire avant de comprendre que son frère se moquait d’elle en apercevant son petit sourire. Elle le frappa sur le bras en le traitant d’idiot. Moira savait ce qu’elle ferait le soir même. Elle irait voir son oncle et le remercierait d’être venu les chercher, car grâce à lui, elle avait trouvé son frère.

      Par vengeance, Carline se mit à caricaturer Rafael dans une petite bande dessinée pour s’être moquée de sa sœur. Les deux jeunes filles se mirent à rire sous ses railleries. Il avait un peu oublié la solidarité féminine. En tout cas, Carline et Moira commencèrent à très bien s’entendre.

      D’autres jours, Dan venait le chercher pour rejoindre les autres garçons. Après tout même s’il aimait bien être avec Carline, il s’était pris d’amitié pour Dan, Dorian et Nael. Alors parfois, il acceptait de jouer avec eux aux baskets ou aux hands. Les petits matchs étaient en fait des paris. Il y avait toujours un peu de monde autour du terrain.

      Chacun tentait sa chance dans des tirs à trois mètres. C’était assez agréable de se dépenser de temps en temps tout en gagnant un peu de sous. Ses amis étaient plutôt doués surtout Nael. Pourtant, il parvint à lui donner du fil à retordre. Il apprit ainsi que les Oda étaient naturellement doués aux sports.

— Alors pourquoi Carline ne vint pas jouer également ? demanda-t-il un jour.

— Parce que contrairement à Nael, Carline ne rate jamais un tir. Au début, elle venait, mais plus personne ne voulait jouer parce que Carline gagnait à chaque fois, répondit Dorian.

— Ma sœur est trop calme depuis quelque temps. En réalité, elle est plus remuante et peu même être fatigante tellement on a du mal à la suivre. Mais depuis la rentrée, il y a quelque chose qui ne va pas. Elle n’est pas elle-même.

      Dorian se gratta le crâne et exposa son avis :

— Elle s’est peut-être juste assagie, Nael. Il n’y a peut-être aucun problème.

      Nael fronça les sourcils et son regard orageux s’assombrit :

— Je connais ma sœur, Dorian. Toi aussi, tu sais très bien qu’elle n’est pas aussi calme et fragile. Tu t’en souviens, n’est-ce pas ? Tu ne peux pas avoir oublié.

      Dorian ferma les yeux un instant. Un frisson lui traversa le corps.

— Comment je pourrais oublier, Nael ? Même encore maintenant, il m’arrive de me réveiller la nuit en hurlant.

      Rafael les observait en silence. Même Dan baissait la tête et son visage habituellement toujours joyeux s’était assombri.

— Que vous est-il arrivé de grave ?

      Nael sursauta. Il avait oublié que leur nouvel ami n’était pas au courant. Il hésita un instant, puis il avoua :

— Quand nous avions huit ans, nous avons été enlevés pour une rançon. Dorian a été enlevé avec nous.

— Ça a dû être terrible. J’ai du mal à imaginer ce que vous avez dû ressentir.

— C’était horrible. J’avais tellement la trouille, mais Nael et Carline restaient calmes. Je n’arrivais pas à m’arrêter de pleurer et j’ai été frappé. Carline s’est jeté sur mon agresseur et l’a mordu jusqu’à l’os.

      Rafael écoutait impressionné par la maitrise du frère et la sœur dans une situation tellement risquée. Ils avaient réussi à s’échapper et a fui à toutes jambes à travers un bois. Les hommes étaient partis à leur recherche avec des chiens.

— Et puis, il y a eu la chute, murmura Nael blanc comme un linge au souvenir.

— C’est de ma faute.

      Un coup retentit alors. Dorian porta une main à sa tête en couinant. Carline se trouvait près de lui. Elle était arrivée sans se faire remarquer. Elle s’était bien attendu à s’être réflexion de la part de son ami.

— Bordel ! Combien de fois il va falloir que je te frappe pour que tu arrives enfin à comprendre que tu n’es pas responsable de ma chute dans le lac ?

— Mais si je n’avais pas reculé, je ne t’aurais pas bousculé et...

      Dorian cria de douleur à nouveau. Carline avait à nouveau frappé. Son regard noir flamboyait.

— Tu m’agaces ! J’ai glissé, je suis tombée et j’ai été sauvé. C’est tout ce qu’il y a à savoir. Maintenant, tu enfonces bien dans ta petite tête de moineau, tu n’es pas responsable Dorian. Merde à la fin ! Je suis quand même la mieux placer pour savoir comment je suis tombée !

      Dorian se recroquevilla un peu plus sur le banc.

— Euh ! Carline si ton grand-père était là, il te menaçerait de te faire manger du savon, s’exclama alors Dan pour détendre un peu l’atmosphère.

      La jeune fille se tourna vers son autre ami. Elle lui tira la langue.

— Pff ! Grand-père ne me fait pas peur.

— Grand père Carlin n’aime pas le langage châtié, expliqua Nael à Rafael.

— Carline ? T’es une fille tu pourrais être plus douce, se plaignit Dorian se frottant toujours le crâne.

      Elle renifla peu galamment et rétorqua :

— Que veux-tu mon pauvre Dorian, tu fais un bon martyr.

— Tu te trompes Dorian, ma sœur n’a rien d’une fille, c’est un mec qui aime se déguiser, c’est tout.

— Aaaah ! Mais je vais te frapper toi aussi !

      Aussitôt dit aussitôt elle sauta sur son frère. Ils se chamaillèrent un bon moment avant que Nael arrive à prendre le dessus et à coincer sa sœur entre ses bras. Ils riaient tous deux, un peu essouffler.

— Je pourrais savoir pourquoi vous parliez sur mon dos tout à l’heure.

      Les quatre garçons se regardèrent comme pris en faute.

— Heu ! On disait juste à Rafael que tu es bien trop calme ces derniers temps, avoua Nael.

      Carline soupira un long moment.

— Ça te tracasse tant que ça ? demanda-t-elle à son frère.

      Nael hocha la tête. Elle s’aperçut que Dan et Dorian affirmaient également. Elle se mordit la lèvre inférieure.

— C’est juste que je m’ennuyais. J’aime cette école, mais je ne peux rien faire. Chaque fois où j’ai tenté de changer les choses, ça s’est retourné contre moi. Alors, j’ai fini par laisser tomber.

— On est désolé, Carline. On aurait dû faire plus attention, murmura Dan attristé.

      La jeune fille sourit et secoua la tête.

— Non, vous n’y êtes pour rien. Ce n’est pas vous les coupables, c’est les imbéciles là, rétorqua-t-elle en montrant les autres élèves. Ils ont tellement peur d’être mis de côté ou d’être seuls qu’ils suivent les directives d’une idiote.

— Haha ! Tu ne l’aimes toujours pas cette Jessica, s’exclama Dan. En même temps, je te comprends. Elle se croit tellement mieux que les autres. Pff !

      Dorian lui avait retenu une chose. Il le fit savoir.

— Tu as dit que tu t’ennuyais et non pas que tu t’ennuies. Quelque chose aurait changé ?

      Carline, toujours contre son frère qui ne semblait pas vouloir la lâcher, répondit amusé :

— Non, grâce à deux personnes. Ils n’ont pas voulu suivre le mouvement habituel et ça, ça n’a pas de prix à mes yeux.

      Rafael se troubla. Carline parlait de sa sœur et de lui. Il n’avait pas pensé une minute que sa présence avait permis à la jeune fille de se sentir à nouveau bien.

— Je sais bien que je suis stupide la plupart du temps, mais c’est qui la deuxième personne, Carline ? interrogea Dorian.

— C’est bien de le reconnaitre, lança Dan, d’un coup.

— Quoi donc ?

— Que tu es stupide, banane ! avoua Dan en riant.

      Dorian grimaça avant d’attraper le ballon à ses pieds pour le jeter à la figure de son ami. Celui-ci s’esclaffa de plus belle. Il le rattrapa aisément et sans prévenir, le jeta sur les Oda toujours enlacés. Carline reçut la balle sur son bras. Elle grogna avant de foncer sur Dan. Elle batailla un long moment avec son ami.

      Rafael s’installa sur le banc auprès de Dorian qui observait le petit combat. Dan avait beau être bien plus fort que leur amie, il ne tentait pas de prendre trop le dessus. Le jeune rouquin aperçut légèrement la pointe d’envie dans le regard de Dorian. Pourrait-il que son nouvel ami ait un faible pour Carline ? Et pourquoi cela le dérangeait-il d’ailleurs ? Rafael envoya ses mauvaises pensées aux oubliettes.

— La deuxième personne, je pense à ma sœur Moira.

— Tu as une sœur ?

— J’en ai même deux. Moira est au collège. Elle vient de temps en temps nous rejoindre sur le toit. Si Carline affirme que ma sœur l’a aidé, c’est réciproque. Je n’ai jamais vu ma sœur rire autant depuis bien longtemps.

— Et ton autre sœur, Rafael ? demanda Dorian intéressé dans savoir plus sur son nouvel ami.

— Elle s’appelle Sara. Elle est en dernière année de primaire.

— Raffy, viens m’aider !

      Le jeune homme sursauta avant de râler à nouveau.

— Rafael, Carline. Combien de fois faudra que je te le dise ?

      La jeune fille se mit à rire tout en évitant d’être attrapée par Dan.

— Tu peux le redire, je n’ai pas entendu ? Raffy, tu t’amènes oui ou non ?

— Pourquoi viendrais-je t’aider ?

      Repoussant une attaque de Dan qui avait bel et bien décidé à l’embêter aujourd’hui, elle rétorqua :

— Parce que je te le demande pardi !

      Rafael soupira fataliste. Il se leva pour venir à son aide. Nael esquissa un sourire. Sa sœur s’était trouvé bien mieux qu’un ami même si aucun des deux ne l’avait pas encore compris.

— Et ce n’est pas du jeu ! s’écria Dan devant se défendre contre Carline et Rafael.

      Nael et Dorian s’exclamèrent en même temps.

— Tu te débrouilles tout seul Dan ! Tu as cherché, t’assumes !

      Dan lança un regard noir à ses deux amis assis sur le banc se moquant de lui. Il les retenait, tient ! Il se vengerait un jour ! Mais pour l’instant, il se retrouva les fesses sur le sol terreux avec une Carline sautant comme une folle en criant victoire. Tous les amis s’esclaffèrent de bonne humeur avant de se mettre à courir pour rejoindre leur classe en entendant la sonnerie de la fin de la pause.

      Le mois de janvier se termina. Les vacances de février arrivèrent assez rapidement. Rafael voyait souvent sa sœur Moira au téléphone depuis quelque temps. Manu avait remis à chacun un portable afin d’être joignable à chaque instant. Il se demandait qui pouvait bien l’appeler. Il finit par le savoir lors d’une discussion à table.

      Ludwig s’amusa à faire des commentaires douteux faisant rougir la jeune fille. Celle-ci finit par avouer qu’elle discutait simplement avec Carline. Moira avoua qu’elle était heureuse de la connaitre, car elle ne la traitait pas comme une petite fille. C’était agréable d’avoir quelqu’un pour parler quand quelque chose vous tracassait ou autre.

      Un trouble certain traversa Rafael en apprenant la nouvelle. Pour la première fois dans sa vie, il ressentait une pointe de jalousie. Un sentiment qu’il n’avait jamais expérimenté. Il en fut un peu perturbé. Dès le début des vacances, Ludwig l’amena avec lui au garage. Il lui apprit quelques trucs avant de le remettre entre les mains de Ricky Olgado, l’un des plus anciens employés du garage encore en activité.

      Rafael apprit ainsi beaucoup de choses en peu de temps sur la mécanique et l’entretien d’un véhicule. Mais il apprit aussi beaucoup de chose diverse également. Comme le fait que le garage n’appartenait pas vraiment à Ludwig, mais à un des grands-pères de Carline. Il eut la chance de le rencontrer. Renko Miori venait encore de temps en temps. Il avait plusieurs garages, mais celui de propre grand-père gardait sa préférence.

      Pour un homme proche des quatre-vingts ans, il tenait encore bien la route. Rafael se sentit vraiment intimidé face à cet homme qui dégageait une certaine prestance. Il se trouvait dans le bureau attendant Ludwig qui finissait de remplir des papiers. Le vieil homme était entré sans frapper les faisant sursauter.

— Et bien ? Je ne pensais pas te voir un jour derrière un bureau, Lud.

      L’homme en question grimaça.

— C’est la faute à ton gendre. Il squatte Shin.

      Le vieil homme ricana. Il se tourna vers le jeune homme assis calmement dans un coin. Il lui tendit une main.

— Tu dois être Rafael Blackwood, je suis Renko Miori.

      Le garçon, intimidé, serra la main tendue. Renko lui adressa un sourire rassurant. Puis, il se redressa et se tourna vers le neveu de son homme.

— Ludwig ? Comment oses-tu faire travailler ce jeune homme ? À son âge, on s’amuse.

— Peut-être pour ne plus l’entendre soupirer à longueur de la journée ? Il s’ennuie alors je l’occupe. Il évitera de faire des bêtises.

      Renko secoua la tête amusée. Il fit un clin d’œil à Rafael.

— Oh ! Je suis sûr que Rafael est un garçon bien plus sage que tu ne l’étais à son âge. Il n’a surement pas besoin que son oncle vienne lui remettre les pendules à l’heure par exemple comme Carlin a dû le faire pour toi.

      Ludwig grimaça et posa son front contre le bureau. Il se mit à rire.

— C’est vrai que j’en ai fait des vertes et des pas mures.

      Ludwig allait reprendre la parole quand la porte s’ouvrit à nouveau avec fracas. Une jolie fille aux cheveux noir relevé en queue de cheval, habillé de blanc, fit son apparition. Elle porta ses mains à ses hanches.

— Lud ! Où est-ce que tu l’as caché ? s’exclama-t-elle aussitôt.

      Ludwig soupira. Cette famille ne savait vraiment pas frapper aux portes.

— Bonjour Carline. Euh ! Ne t’avais-je pas déjà demandé d’arrêter de venir habiller en blanc dans un garage ?

      La jeune fille esquissa un sourire, le regard pétillant. Elle fit un geste comme si c’était sans importance.

— Tu devrais savoir depuis le temps que je n’obéis que rarement.

— En plus tu avoues !

— Évidemment !

— Je ne sais pas comment font Luce et Erwan pour vous supporter ton frère et toi.

— Et bien peut-être parce qu’ils sont aussi pénibles que nous pouvons l’être ?

      Ludwig leva les yeux au ciel quant à Renko, il se mit à rire.

— Bon, tu l’as caché où ?

      Ludwig se gratta la tête.

— Qui donc ?

      La jeune fille grinça des dents.

— Le pape, pardi ! Question stupide ! Bon, sérieusement tu l’as mis où Raffy ?

— Rafael ! s’écria alors le jeune homme caché par Renko.

      Ludwig ne put s’empêcher de s’esclaffer avec Renko du ton exaspéré du garçon. Carline se tourna vers son camarade fronçant les sourcils. Elle s’en approcha.

— Et tu ne pouvais pas dire que tu étais là banane ! À quoi te sers un portable si tu ne réponds pas au message ?

      Rafael lui jeta un coup d’œil surpris. Il n’avait pas entendu son téléphone sonner. Il l’attrapa et aperçut deux messages non lus. Il haussa les épaules.

— Bah ! Désolé !

— Ce n’est pas grave puisque je t’ai trouvé. Maintenant, tu t’amènes. C’est les vacances, on ne travaille pas.

      Sur ce fait, elle lui attrapa la main et le tira. Le garçon la suivit sans broncher. À peine la porte fut refermée sur eux, Ludwig s’exclama :

— Toujours aussi bruyante, celle-là !

      Renko sourit amusé.

— Cela faisait un moment qu’elle n’a pas été ainsi. Ça me rassure.

      Ludwig en fut surpris. Cela faisait un moment qu’il n’était pas passé au manoir. Il s’en voulait un peu. D’ailleurs, Renko lui en fit la remarque.

— Message de Carlin : Amène tes fesses le plus rapidement possible si tu n’as pas envie d’être à nouveau réveillé abruptement.

      Ludwig secoua la tête amusée. Son oncle ne changeait pas.

— Promis, je passerais dans la semaine avec Rei et si possible, Ashula également.

      Renko salua l’homme avant de quitter le garage. Il discuta avec quelques mécaniciens avant de rejoindre sa voiture. Sa petite fille discutait avec animation avec le jeune Rafael. Carline se tourna vers son grand-père quand elle l’entendit arriver.

— T’en as mis du temps, grand-père ! On va être en retard pour la séance.

      Sa petite fille voulait aller au cinéma, mais personne ne se trouvait disponible. Nael avait accompagné son père à la société Miori. Carlin était dans sa frénésie de peinture. Et tous les autres habitants étaient occupés à diverses choses. Renko lui avait promis d’être à sa disposition toute la journée. Elle avait sauté de joie toute contente. Elle lui avait demandé d’aller chercher son nouvel ami.

      En la voyant rire avec ce jeune homme, Renko se rendit alors compte à quelle pointe ses petits enfants avaient bien grandi. Ils étaient en âge de fréquenter maintenant. Voilà qui commençait à être intéressant !