Chapitre 11

 

 

                        La Reine Elayne se laissa tomber sur le trône. L’évanescent venait de quitter les lieux avec un rire méprisant. Tout était perdu ! Sethsuno avait disparu et aucune trace n’avait permis de le localiser. Eugenia et Mirabelle étaient effrayer et en colère. Le garçon avait été aidé par un traître. Une des Sorcières s’exclama :

 

— Alia !... Majesté ! La jeune Alia Sumo, où est-elle ?

 

            La Reine se redressa d’abord surprise, puis s’exclama :

 

— Oui bien sûr ! Garde ! Garde ! Amenez-moi Alia Sumo, tout de suite !

 

            Si elle ne pouvait pas donner le jeune homme à Darinos peut-être serait-il plus indulgent si on lui remettait la coupable. La Reine sursauta. Quelque chose clochait. Elle jeta un coup d’œil à travers la pièce. Tous les nobles sujets se trouvaient là. Mais où était-elle ? la Reine Elayne s’écria :

 

— Où est Elany Sumo ? La peur la fit trembler de tous ses membres. Et le Capitaine Sylen d’Ascort ?

 

            Les nobles s’entre-regardèrent terrifiés. Personne ne les avait vus quitter la pièce. Des hurlements de cris d’agonies retentirent. La mort rôdait. Elle avait décidé du destin des habitants d’Esthar. Darinos venait de lancer ses troupes sur la ville. Un sourire étira ses lèvres. Il n’avait pas le jeune Sethsuno, mais il aurait au moins le plaisir de détruire la plus grande ville.

 

                         Le couloir était sombre même les boules d’énergies ne parvenaient à percer la noirceur. Les jeunes gens marchaient lentement de peur de se blesser. Zell était en tête avec Sheba, suivit de près par Fujin, Selphie et terminé par Sethsuno et Alia. Seth ne lâchait pas la main de la jeune fille de peur de la perdre. Alia trébucha et perdit l’équilibre. Le jeune homme la retient avant qu’elle ne puisse se faire mal.

 

— Ça va ?

 

— Oui, ne t’inquiète pas, Seth ! C’est juste qu’il fait noir !

 

            Le jeune homme se passa une main dans les cheveux. Cela faisait deux heures environ qu’ils déambulaient dans ce couloir. Aucune lumière n’avait percé la noirceur depuis. Il s’interrogeait pourtant. Comment l’air pouvait-il être pur ? Il pouvait respirer comme s’il se trouvait dehors en pleine nature. Il tourna son regard vers la jeune fille près de lui. Il sentait sa fatigue, mais il fallait continuer à avancer encore un peu. Il leva une main et murmura quelque chose d’inaudible. Une lumière bleue l’entoura. Il caressa d’un geste tendre les cheveux noirs d’Alia. Celle-ci le regarda surprise, puis s’exclama :

 

— Non, ne fait pas cela, Seth ! Je ne veux pas que tu uses ton énergie pour moi.

 

            Le jeune homme s’arrêta net et laissa ses amis s’éloigner un peu plus en avant et fixa Alia, droit dans les yeux.

 

— Alia ! Je ne veux pas te voir t’écrouler à mes pieds parce que tu as trop de fierté pour accepter mon aide. J’utilise très peu d’énergie pour te redonner des forces. Je te le jure ?

 

            Sethsuno garda le silence un long moment avant d’ajouter.

 

— Ne te fais pas de souci pour ta mère, Alia. Le Capitaine Sylen prendra soin d’elle. J’en suis sûre.

 

            Les yeux de la jeune fille s’embuèrent de larmes contenues.

 

— Vrai ? Il ne lui arrivera rien ? Tu me le promets.

 

            Le jeune homme se sentait un peu mal à l’aise, mais pour rassurer son amie, il affirma :

 

— Oui, certain.

 

            Il la prit dans ses bras et la berça un petit moment, puis reprit sa main dans la sienne, il reprit la route. Alia garda le silence un instant, puis demanda :

 

— Que ferons-nous après être sortis d’ici ?

 

— Nous irons chercher Seifer. Ensuite, nous devrons savoir par tous les moyens ce que veut Darinos et pour quoi il me veut.

 

— Peut être là…

 

            Alia secoua la tête, c’était stupide et dangereux.

 

— Peut-être quoi ? interrogea Sethsuno. Dis-moi à quoi tu penses, Alia ?

 

— Non, c’est bête. Laisse tomber.

 

            Le jeune homme secoua la tête et répliqua :

 

— Alia ! Si tu as quelque chose à dire, fais-le, même si c’est stupide.

 

            Elle hésita un instant puis avoua :

 

— Peut-être que les réponses que nous cherchons se trouvent sur l’île de l’enfer.

Il y a quelques années, les Sorcières ont cédé cette île à Darinos, pour qu’il disparaisse.

 

            Sethsuno réfléchit puis demanda soupçonneux.

 

— Sais-tu quand a eu lieu cette transaction ?

 

            La jeune fille chercha dans ses souvenirs.

 

— Je crois que c’était trois ou quatre ans avant notre naissance.

 

            Sethsuno se tut perdu dans ses pensées. Son cerveau était en ébullition. Fujin s’aperçut au bout d’un moment que Sethsuno et Alia ne les suivaient plus. Elle en fit part à Zell qui grogna d’un air pas content. Qu’est-ce qui avait pu arriver à Seth pour s’arrêter de cette façon ? Selphie renifla dégouté.

 

— Ça doit être cette fille qui le retient. Elle ne doit pas être capable de supporter toute cette marche.

 

            Fujin la regarda stupéfaite et s’exclama :

 

— Ne soit pas aussi méchant, Selphie. Pourquoi es-tu si agressive envers Alia ? Tu devrais plutôt la remercier.

 

— Ah oui ! Moi, je trouve cela louche.

 

            Zell eut un geste d’impatience.

 

— Cela suffit, Selphie ! Tu es énervante.

 

            La jeune fille se rebiffa et lança d’une voix mordante.

 

— Ah ! Voilà le petit chien de Seth qui parle.

 

            Le regard de Zell se durcit de fureur.

 

— Ferme-la, Selphie. Ta jalousie, tu la mets où je pense. Je t’interdis de nous parler de cette façon.

 

            Selphie baissa la tête honteuse. Elle était jalouse d’Alia. Il lui avait suffi d’apparaître pour prendre le cœur de Sethsuno. La jeune fille avait imaginé qu’il aurait fini par se rendre compte qu’elle existait, mais l’apparition d’Alia dans leur vie avait tout cassé d’un coup.

Fujin s’exclama soudain.

 

— Les voila !

 

            Selphie regarda dans la direction et aperçut deux corps côte à côte se tenant la main. Quelque chose dans son cœur se brisa et lui fit mal.

 

            Ils marchaient encore pendant une heure, mais Seth s’aperçut qui n’y avait pas qu’Alia qui était fatiguée. Il prit pitié. Il ordonna à Zell de stopper. Celui-ci hésita un instant avant de céder. Il se laissa glisser sur le sol et posa son dos contre le mur. Seulement à cet instant, il se rendit compte qu’il était épuisé lui aussi. Les autres firent comme Zell et soupirèrent d’aise.

 

            Selphie préféra s’asseoir un peu à l’écart du groupe. Sethsuno ferma les yeux avec plaisir. Il passa son bras autour de la taille d’Alia quand à celle-ci posa sa tête sur son épaule.

Fujin sentit son estomac gargouiller. C’est à cet instant qu’elle se rappela que Tania lui avait remis un sac. Elle l’ouvrit et s’exclama :

 

— De la nourriture ! J’aurais dû m’en douter.

 

            Elle coupa des tranches de pain et de fromage et les distribua à ses amis. Alia se sentait tellement fatiguée qu’elle n’avait pas le courage de manger. Sethsuno le remarqua et lui fit la réprimande. Pour lui faire plaisir, elle porta son pain à ses lèvres et se força à tout finir. Elle eut droit à un chaud sourire de sa part. Sethsuno sentit le regard de Zell sur lui. Il leva les yeux. Il était inquiet et interrogeant.

 

— Nous allons passer la nuit ici. Je vais commencer le premier tour de garde, ensuite, je te réveillerais Zell. D’accord !

 

            Le jeune homme donna son assentiment. Fujin et Selphie lui souhaitèrent une bonne nuit. Le jeune homme baissa son regard sur Alia. Elle l’observait à son insu, un léger sourire aux lèvres. Moqueuse, elle chuchota :

 

— Un vrai chef !

 

            Seth pencha un peu la tête pour mieux la regarder. Il voulait s’imprégner de son visage. Il finit par murmurer.

 

— Dors, Alia ! La journée de demain risque d’être longue.

 

            Avec un sourire, elle se blottit un peu plus dans les bras de son compagnon et ferma les yeux. Elle sentit les lèvres de Sethsuno lui effleurer le front. Elle se sentait tellement en sécurité dans ses bras. Elle entendit la voix de Seth dans ses oreilles. Il lui disait des mots tendres. Elle sentit bientôt une douce torpeur l’envahir.

 

                        Le Capitaine tira de force Elany et traversa les couloirs vers la chambre d’Alia. Personne étant en vue, il pénétra doucement dans la pièce. La chambre avait été fouillée et Elany poussa une exclamation.

 

— Vous voyez bien que votre fille n’est pas là. Nous devons partir.

 

Il voulut la forcer à faire demi-tour. Mais Elany se détacha et s’élança derrière le lit. Le Capitaine la suivit et aperçut le corps ensanglanté d’une servante. Des larmes coulèrent le long des joues d’Elany. Elle s’agenouilla et retourna le corps. La domestique vivait encore. L’apercevant, elle murmura lentement.

 

— Milady !

 

— Oh ! Mon dieu, Tania. Qui t’a fait cela ?

 

            La jeune femme se redressa avec douleur.

 

— Ne vous inquiétez pas pour moi. Il faudrait plus que cela pour m’avoir.

 

            Elle grimaça sous la souffrance. Elle avait le bras cassé et saignait au ventre, mais très peu.

 

— Où est Alia ? demanda anxieusement Elany.

 

— Avec ses amis, en sécurité, mi… Milady !

 

            Elany Sumo s’énerva un peu.

 

— Mais où ! Je n’ai pas confiance à Sethsuno !

 

            Tania essaya de garder la tête froide.

 

— Vous avez tort. Jamais ce garçon ne lui ferait du mal.

 

            Elle toussa et grimaça de nouveau. Des cris et des appels se faisaient entendre dans le couloir.

 

— Elany, nous devons partir ! Darinos vient de lâcher ces fauves.

 

            Il jeta un coup d’œil à la servante. « Devait-il l’aide. »

 

            La jeune femme secoua la tête comme si elle avait lu dans ses pensées et leur annonça :

 

— Dans la salle des gardes, dirigez-vous vers la cheminée et tirez vers vous la tête de lion qui se trouve sur votre gauche. Vous pourrez emprunter le chemin. Il vous conduira vers Alia. Partez maintenant !

 

            Elany hésita un moment, puis s’éloigna avec le Capitaine. Dans le couloir, personne n’était en vue, alors prenant leur courage à deux mains, ils forcèrent droit sur la salle des gardes.

 

                        Petit à petit, la fatigue le prit. Sethsuno se secoua, mais en pure perte. Il parvint tout de même à réveiller Zell avant de sombrer dans une douce somnolence. Il rêva de chez lui. Il se revoyait assis à table avec ses parents. Son père riait d’une plaisanterie qu’il venait de lancer. Seth le rejoignit aussitôt tellement il était communicatif. Il se rendit compte que sa mère ne se joignit pas à eux. C’était étrange ! Jamais il n’avait remarqué cela auparavant.

 

            Mais c’était vrai ! Sa mère n’avait jamais ri à ses plaisanteries ni à ceux de son mari. Pourquoi ? Peut-être n’avait-elle pas le sens de l’humour. Seth l’observa plus attentivement. Elle regardait son époux avec haine. Haine ? Sethsuno secoua la tête. Impossible, il se redressa d’un bond, il se passa une main dans ses cheveux ébouriffés. Ce n’était qu’un rêve. Fujin l’enjoignit de venir manger. Avant d’obéir, il chercha Alia du regard. La jeune fille se tenait debout et essayait de percer les ténèbres. Ils déjeunèrent en silence, puis reprirent la route.

 

            Le chemin continuait en ligne droite devenant au bout d’un certain temps lassante et insupportable. Zell commençait à s’énerver. Selphie répondait avec agressivité. Même la douce Fujin avait beaucoup de mal à garder son calme. Sethsuno devenait anxieux. Seule Alia semblait impassible et gardait le sourire. À l’instant où Zell allait hurler de rage, ils atteignirent une interception. Sethsuno observa d’un air sombre les deux passages.

 

— Lequel devons-nous prendre ?

 

            Sethsuno fourragea ses cheveux avant de se décider.

 

— Tentons le chemin de droite.

 

            Selphie répliqua :

 

— Moi, je dirais le gauche.

 

            Le jeune homme haussa les épaules lasses. Zell se mit à réfléchir, puis décida :

 

— Ecoute, Seth. Je crois que l’on devrait se séparer en deux groupes. Puisque même Sheba n’arrive pas à savoir lequel des chemins est le bon.

 

            Pendant que Sethsuno pesa le pour et le contre. Selphie fixa le chemin un moment puis annonça :

 

— Jje prends la direction de gauche, avec Fujin.

 

            Zell s’écria :

 

— Et moi, alors ?

 

— Tu restes avec Seth et Alia. Nous n’avons pas besoin de toi ! lança la jeune fille d’un ton hargneux.

 

            Sethsuno fut surpris. « Qu’était-il arrivé à Selphie ! L’amusante petite Selphie était devenue un être bien dur et arrogant. » Avant qu’un des garçons puisse répliquer. Selphie fit signe à Fujin de suivre et prit la route. Fujin leva la tête vers Sethsuno inquiet.

 

— Je veillerais sur elle, Seth.

 

— J’aurais préféré que Zell aille avec vous.

 

            Elle secoua la tête.

 

— Non, cela n’arrangerait pas son caractère.

 

 

                                   Seifer s’étira un bon coup. Il était fourbu et fatigué. Il se laissa tomber sur le lit. Deux jours parcoururent au trot, c’était crevant. Il avait été obligé de s’arrêter à ce village pour simple raison que les chevaux ne pouvaient plus tenir le rythme.

 

Le jeune homme se passa une main lasse sur la figure. Il devait retrouver Sethsuno et lui annonçait que sa mère était vivante, mais cruelle. Seifer se redressa d’un bond. Malheur ! Comment pourrait-il lui dire cela ? De rage, il se secoua un bon coup et sortir. Il se retrouva nez à nez devant Quistis. Sa colère disparut comme par magie au soleil. La jeune fille sentit son cœur battre la chamade

 

— J’étais venue vois si tu avais un petit creux.

 

            Un sourire apparut sur les lèvres sensuelles du jeune homme.

 

— Oh ! oui ! … Est-ce que Raijin est descendu ?

 

— Oui, mais, il ne s’est toujours pas remis de la mort de Irvine.

 

            Seifer hocha la tête triste. C’était vrai leur ami était mort, il ne fallait pas l’oublier.

La colère reprise surface. Quistis remarqua la rage bouillonnée dans le regard de son ami. Elle n’y pouvait rien, car elle la ressentait également. Avant de quitter Galbadia, Quistis avait recherché après Alyssa Mudo. La jeune femme avait purement et simplement disparu. Aucun des survivants ne l’avait aperçu.

 

             Ils rejoignirent Raijin dans la salle à mangerie l’auberge. Leur ami faisait grise mine, mais n’avait pas perdu son appétit. Ils déjeunèrent en silence. Ils devaient reprendre la route aussitôt. Une servante s’approcha d’eux, elle semblait un peu nerveuse. Tout en leur servant le reste du repas, elle leur avoua :

 

— Si vous devez aller à Esthar, vous devriez y renoncer.

 

— Pourquoi ?

 

            Les lèvres de la jeune femme tremblaient.

 

— Je ne devrais pas le savoir, mais ma sœur travaille au château. Un de ses pigeons est arrivé cette nuit.

 

            Elle se tut et jeta un coup d’œil derrière elle. Puis se penchant un peu plus, elle lâcha :

 

— D’après ma sœur, Darinos le chef des démons aurait pris le contrôle de la ville. Elle dit aussi que la Reine Elayne aurait ouvert la porte elle-même au démon.

 

            Seifer l’observa un moment en silence, puis d’une voix dure, il demanda :

 

— Comment savez-vous que nous devons aller à Esthar ?

 

            La servante eut un petit recul, puis sourit :

 

— Ma sœur sait des choses qu’elle ne devrait pas connaître. Elle dit aussi que si vous persistez à vouloir vous y rendre, mieux vaudrait que vous passiez par la grotte du soleil.

 

 

                        Trois silhouettes se détachaient du clair de lune. Ils attendaient le lever du soleil. Face à eux se trouvaient cinq ouvertures de grotte. Une permettait de se rendre à Esthar avec prudence, mais laquelle ?

 

            Seifer se retourna et observa le ciel. Le jour allait bientôt apparaître. Avec un soupir fatigué, il regarda à nouveau devant lui. « Pouvait-il donner foi à cette servante ? » Elle leur avait donné des renseignements sur ses amis qu’eux seuls savaient.

 

            Les rayons du soleil apparurent et montèrent en frôlant les grottes. Certains disparaissaient, d’autres ressemblaient à des bouches de l’enfer. Mais la dernière brillait, scintillait. Seifer avança tranquillement son cheval vers l’ouverture de la grotte du soleil. Quistis ouvrit de grands yeux stupéfaits. Incroyable, la roche des murs était tellement luisante qu’il n’y avise pas besoin de lumière. Raijin jeta un coup d’œil partout et s’exclama :

 

— C’est des miroirs !

 

            Seifer descendit de son cheval et regarda le fond de la grotte.

 

— Crois-tu que nous pourrons passer avec les chevaux ?

 

            Le jeune homme garda le silence un moment, avant d’annoncer.

 

— Raijin, tu restes avec les chevaux. Quistis vient avec moi.

 

            Les deux jeunes gens se mirent en route. Ils faisaient attention où ils mettaient les pieds en cas de pièges. Pendant près d’une heure, ils marchèrent en silence et en ligne droite. Étrange tout de même ! Jamais, Seifer n’avait visité une grotte comme celle-ci. Une certaine appréhension le tenaillait depuis un certain temps, mais essayait de le cacher à sa compagne.

 

            Le couloir s’étira encore quelques mètres avant de tourner brusquement vers la droite. Après une petite hésitation, Seifer reprit la route.

 

— Crois-tu que Darinos est pu arrêter Seth et les autres ? s’exclama tout à coup Quistis.

 

            Le jeune homme haussa les épaules, fatalistes.

 

— Je n’en sais rien. Mais si c’est le cas, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider. Je te le promets.

 

            La jeune fille lui adressa un doux sourire. Ils continuèrent pendant une heure avant de se retrouver devant un cul-de-sac.

 

— Non de D… ! s’exclama Seifer. Cette servante nous a raconté n’importe quoi !

 

— Peut-être nous nous sommes trompés de grotte.

 

            Seifer lui jeta un regard noir. Il semblait furieux.

 

— Je ne me suis pas trompé, Quistis.

 

            Tout à coup, ils entendirent un grognement. Quistis se rapprocha de son compagnon. D’où provenaient ses gémissements ? Ils se firent entendre à nouveau. Seifer se dirigea vers le mur face à lui. Il posa ses deux mains contre la paroi et tendit l’oreille.

 

— "Oui, cela provient bien de derrière."

 

            Il entendit des grattements aussi et….. Et des sortes de jappement.

 

— Ils viennent de derrière.

 

— Qu’est-ce que cela peut-être ?

 

            Seifer entendit un déclic et la paroi pivota lentement sur elle-même. Aussitôt, Seifer attrapa son épée et Quistis son fouet. La jeune fille jeta un coup d’œil derrière elle. Pas la peine de fuir. Cela ne servirait à rien. Une tache noire se détacha du passage et sauta directement sur Seifer. Celui-ci surprit, lâcha son arme et fut renversé de tout son long. Une grosse langue rose se fit un plaisir de lui nettoyer le visage. Quistis laissa échapper l’air qu’elle retenait et enroula à nouveau son fouet pour le rattacher à sa longue jupe amazone. La paroi s’était ouverte un peu plus grande et laissa sortir trois personnes. Quistis reconnut aussitôt le premier d’entre eux et tout en criant son nom, se jeta à son cou.

 

— Sethsuno !

 

            Le jeune homme serra son amie en riant de plaisir. Seifer poussa de toutes ses forces la panthère qui ne bougea pas d’un pouce. Sethsuno prenant pitié vint à la rescousse de son camarade.

 

— Allez pousse-toi Sheba !

 

L’animal obéit. Le jeune homme blond accepta la main tendue qui l’aida à se relever.

 

— Seth, ça fait plaisir de te revoir.

 

— Moi de même Seifer.

 

            Celui-ci salua Zell qui serrait Quistis avec tendresse. Apercevant la jeune fille derrière Zell, il s’écria.

 

— Si tu nous présentais ton amie ?

 

            Seth tourna son regard vers Alia qui les observait silencieusement avec un petit sourire mutin.

 

— Je te présente Alia Sumo. C’est la fille d'Elany Sumo.

 

— Enchantée de te connaître Alia, lança Quistis en lui serrant la main.

 

                        Seifer invita ses amis reprendre la route pour rejoindre Raijin. À l’occasion, Seifer relata le récit d’Alyssa Mudo, l’attaque de Balbadia et annonça le décès d’Irvine. Sethsuno eut beaucoup de mal à digérer cette nouvelle, beaucoup plus que les nouvelles déplaisantes sur sa mère. Alia ressentit sa tristesse et prit sa main dans la sienne. Ella la serra légèrement. Zell secouait la tête ne voulant pas croire que son ami avec qui il avait fait pas mal de bêtises, n’était plus là. Quistis se rapprocha de Seifer et chuchota :

 

— Tu ne reconnais pas cette fille ?

 

            Le jeune homme jeta un coup d’œil discret vers la cible, avant d’affirmer.

 

— Si ! C’est la jeune fille que nous a montrée Miliana. Enfin, je crois.

 

            Il garda le silence un instant avant de demander à Zell.

 

— Où est Selphie et Fujin ?

 

            Zell haussa les épaules.

 

— Sur notre route, nous avons croisé une interception. Selphie n’a pas voulu prendre le même chemin que nous. Fujin a préféré la suivre. D’ailleurs, elle a bien fait.

 

            Il regarda du côté d’Alia et de Sethsuno. Remarquant qu’ils ne pouvaient pas l’entendre il reprit :

 

— Selphie est devenue une vraie peste. Elle s’en prend à tout le monde. Elle est presque insultante envers Alia.

 

— Selphie ne peut pas être comme cela.

 

— Crois ce que tu veux, Quistis. Ce n’est pas toi qui l’as eu sur le dos.

 

            Seifer répliqua :

 

— Je suppose que l’amitié amoureuse unissant Seth et Alia n’a pas arrangé les choses.

 

            C’était plus une contestation qu’une question, mais Zell affirma.

 

— Oui, elle est devenue pire quand Alia a fait son entrée. Je suis sûre que Seth s’en est rendu compte. Il a toujours fait en sorte de ne jamais rester seul avec Selphie depuis que nous avons quitté l’orphelinat.

 

                                                                      

                        Ils arrivaient au tournant quand revenant un peu en arrière, Sheba se mit à grogner. Seth se posta devant Alia et vit que Seifer réagissait pareil avec Quistis. Alors son ami, s’était enfin rendu compte de son faible pour la jeune fille. Tant mieux pour lui. Un bruit de course se faisait entendre.

 

— C’est peut-être Selphie et Fujin ? murmura Zell.

 

            Deux ombres apparurent, l’une était trop grande pour être une fille. Alia s’exclama :

 

— C’est ma mère. Je reconnaitrais son pas entre mille.

 

            En effet, Elany Sumo apparut, suivi par le Capitaine Sylen d’Ascort. L’arrivante aspira un grand bol d’air avant de se tourner vers sa fille.

 

— Mon dieu, Alia ! Je croyais que je n’arriverais pas à te rattraper.

 

            Le Capitaine annonça :

 

— Esthar est aux mains de Darinos.

 

            Elany répliqua :

 

— Cela ne se serait pas passé si ce garçon ne s’était pas enfui.

 

            Avant que quiconque ne puisse répondre, même l’intéressé, Alia se planta devant sa mère.

 

— Tu n’es qu’une sale égoïste, maman. Même en donnant Seth, qui te dit que Darinos n’aurait pas attaqué la ville ? Hein ! Dis-le-moi ? Rien ! Que dalle ! Persifla-t-elle de plus belle

 

            Le Capitaine Sylen posa une main sur le bras d’Elany.

 

— Votre fille a raison. Darinos est un démon. Il n’a qu’une loi et c’est la sienne. Sa parole ne vaut rien.

 

            Sethsuno se passa une main dans les cheveux, perturbés. Seifer observait son ami. Il le voyait découragé. Il venait d’apprendre tant de choses tristes. Seifer tourna son visage vers Elany Sumo et répliqua durement.

 

— Écoutez-moi bien, Sumo. Sethsuno Mudo est mon meilleur ami. Il n’a jamais été parfait, mais il a toujours été là quand nous avions besoin de lui. Nous savons depuis peu que sa mère pourrait être mêlée à cette histoire. C’est un fait ! Apparemment, elle voudrait peut-être le récupérer. C’est une hypothèse. Mais ce qui est certain, c’est que Sethsuno est quelqu’un de bien. S’il avait pu empêcher le massacre à Esthar, il l’aurait fait. Alors, je vous interdis de le rabaisser ou de l’insulter. Est-ce assez clair ?