Chapitre 7

 

 

            Toute la grotte tremblait sous les coups furieux de Darinos. Ces Lynos étaient des incapables. Le démon releva sa main et l’écrasa à nouveau contre la paroi rocheuse. Un éboulement se fit, ce qui le mit plus en rogne. Tous ces fidèles se terraient dans un coin de peur de subir une de ces colères. De ses yeux de flammes, il regarda autour de lui, il aperçut le chef des Trollocs. Un évanescent, voilà ce qu’il lui fallait ! Il lui fit signe de s’approcher. Le démon, habillé de noir, n’était autre qu’un humain blafard. Il était très difficile de combattre un Mydraall. Le seul moyen était la décapitation, ensuite de nettoyer son arme avec soin sinon elle devenait impure.

 

— Dis-moi ami ! Accepterais-tu de m’aider ?

 

            L’évanescent releva la tête et Darinos put apercevoir les deux orbites vides sur un crâne pur blanc. D’une voix caverneuse, le démon déclara :

 

— Ce serait avec un immense plaisir.

 

            Il souligna cette phrase par une courbette.

 

— Que dois-je faire ?

 

— Je recherche toujours après le Médaillon Aladore. Tu le connais ?

 

— Oui. Dame Moiraine de Tar Valon aurait enfermé l’esprit d’une puissante Sorcière noire du nom de Belinda. Le médaillon aurait par la suite disparu.

 

            Darinos affirma :

 

— D’après mes sources, le Médaillon serait entre les mains d’une personne de confiance. Nous supposons que c’est en rapport avec les liges de Dame Moiraine.

 

            L’évanescent émit selon les dires, un rire.

 

— Oh non ! Il serait très facile de le retrouver si c’était le cas. Dame Moiraine n’était pas une femme stupide.

 

            Les flammes dans le regard de Darinos s’agitèrent un peu plus.

 

— Où peut-il être alors ?

 

— Nous le trouverons, Seigneur. Mais avant, vous devriez donner l’ordre de tuer tous les enfants des liges. Leur force et leur amitié pourraient vous nuire.

 

 

            Traverser les montagnes n’était pas une mince affaire. Non, seulement, les chevaux peinaient dans la montée et le groupe avançait à la queue leu leu donc doucement, mais également, elles étaient très dangereuses avec des terrains très glissants, des éboulements, des voleurs ainsi que des créatures démoniaques qui habitaient dans cette région. Sethsuno prit la tête du groupe suivi du Capitaine Sylen, de Selphie, de Ward, d’un autre soldat du nom de Rojer, de Fujin et enfin de Zell.

           

            Sethsuno leva son regard vers les hauteurs. Cette montagne ne lui inspirait pas du tout confiance. Le ciel s’était également assombri. Il tomba peu de temps après une pluie diluvienne. Le jeune homme maudis leur lenteur, mais purent au bout d’un certain temps, s’abritaient dans une grotte très sombre. Sethsuno ordonna à Zell de créer un feu pour qu’ils puissent se réchauffer et se sécher. Le jeune homme, pendant que son ami s’exécutait du mieux qu’il pouvait, essayait de voir plus loin dans la grotte. Une odeur bizarre le tenaillait.

 

— Qu’y a-t-il Seth s’exclama finalement Fujin.

 

            C’était la plus jeune du groupe, car elle n’avait que seize ans, mais pourtant ses cheveux étaient gris, d’un très beau gris clair et aux yeux marron. Elle était aussi petite et menue. Fujin était très différente de son cousin Raijin, taillé comme un bœuf, les cheveux noirs et aux yeux verts. Mais son apparence était trompeuse. Il ne fallait pas le sou estimé.

 

— Je ne sais pas. Je voudrais visiter cette grotte plus profondément.

 

            Il lui jeta un coup d’œil.

 

— Veux-tu m’accompagner ?

 

            La jeune fille sourit. Elle nourrissait pour Sethsuno une admiration sans bornes. Son cousin affirmait qu’elle s’en était amourachée, mais elle savait que ce n’était pas cela. C’était plutôt un amour fraternel. Sethsuno tendit la main et lança :

 

— Que l’ombre se transforme en lumière.

 

            Une petite boule se forma et se colla au plafond. Dès que le jeune homme et Fujin se mirent en route, la lumière les suivit. Selphie s’aperçut de leur départ, mais ne s’en inquiéta pas. Son regard se fit pensif. Pendant leur voyage, Sethsuno avait accepté de rester deux jours à Trabia. Selphie avait été très heureuse de revoir sa ville et la tombe de ses parents, mais les villageois la craignaient. Certains disaient même qu’elle était responsable de l’incendie.

 

            Selphie en fut très triste de cette méchanceté gratuite. Zell, également, put revoir son village natal et reçut le même accueil. Ce qui fit le plus de mal au jeune homme fut le rejet brutal du meilleur ami de son défunt père. La jeune fille souffla sur ses doigts gelés et les tendit vers le feu. Elle soupira bientôt d’aise. Le Capitaine Sylen regarda autour de lui.

— Où se trouve Sethsuno ?

 

— Il visite la grotte avec Fujin, répondit Selphie.

 

— Ce n’est pas très prudent. Murmura Rojer.

 

            Zell se redressa et jeta un coup d’œil au fond de la grotte.

 

— Je ne vois aucune lumière ! J’ai un mauvais pressentiment, Selphie.

 

 

            La petite embarcation fut bientôt entourée par le brouillard du marais Apophis. Darinos n’avait pu prendre que ces maudits Trollocs comme garde du corps. Les autres créatures étaient bien trop terrifiées pour accepter de pénétrer dans le marais interdit. Leur chef faisait peur, mais l’horrible Pétrovia était bien plus épouvantable. Même Darinos le craignait.

 

            La barque avançait lentement, car aucune lumière n’arrivait à pénétrer à travers le brouillard. Des bruits de tout côté interrompaient de temps en temps le silence glacial qui régnait dans le marais. Un chao avec l’embarcation se produisit. Un Trolloc tomba à la renverse dans l’eau sale. Un hurlement horrible retentit aussitôt, suivi de près par un gargouillis.

 

            Les autres de sa race se dépêchèrent de descendre de la barque, légèrement effrayée. Sans montrer la sienne, Darinos descendit le plus dignement possible. Un vent froid le traversa de tout son long. Un frisson lui fit l’effet de 1000 piqûres d’aiguilles. Il reprit sa route sur un chemin de terre, suivie par les Trollocs qui regardaient autour d’eux avec une certaine méfiance pour tout, tout en grognant comme les animaux qu’ils ressemblaient. Cette méfiance était un plus, car chaque plante, arbre et animal pouvaient se révéler mortel. Un autre hurlement retentit sur la droite de Darinos. Celui-ci jeta un coup d’œil.

 

            Une sorte de chien enragé s’acharnait à tuer une petite créature poilue et aux dents acérées. Un Lyandrin et un Papaï ! Deux créatures chérirent par le puissant Pétrovia. Le premier pouvait vous déchiqueter un membre ou vous mordre sans vous tuer pour autan. La blessure ensuite avait un peu de mal à se cicatriser et laisser une douleur infernale. L’autre pouvait être petit, mais se trouvait être le plus dangereux surtout en groupe. Seul encore, il y avait moins de risque si la victime désignée le voyait avant qu’il ne la morde ou la griffe.

 

            Ce démon infligeait la cécité et l’aphasie qui pour une Sorcière ou une Magicienne était un véritable drame et signait son arrêt de mort. Darinos regarda à nouveau devant lui. Il était bientôt arrivé. Il apercevait les marches qui l’amenaient dans le temple à la gloire de Pétrovia.

 

            Des torches étaient allumées dans le couloir de pierre. Darinos se dirigea droit devant lui. Des cris de souffrance retentissaient à travers les murs. Le démon sourit et se lécha les lèvres. Entendre ses douleurs était un véritable délice. Il avait beaucoup de mal à s’en passer. Une énorme porte massive lui barra la route. Autour des poignets incrustés de pierres précieuses étaient dessinées une tête de squelette et une faux en or. Il leva son bâton de bois et cogna sur le battant de la porte.

           

             Dans un crissement strident, celle-ci s’ouvrit. Darinos prit une énorme inspiration et pénétra dans l’immense pièce tout en ordonnant aux Trollocs de rester là. La salle était peu éclairée et vide à part un sarcophage ouvert. Un homme se redressa et tourna son visage vers Darinos. Les yeux n’avaient pas d’iris. Il était chauve avec une énorme cicatrice en zigzag à travers la figure, partant au-dessus de la tête pour se terminer sur la gorge. Il avait également toute une face brûlée au cinquième degré. L’homme sortit ses mains monstrueuses, boursouflées et crochues. Il était habillé d’une longue robe noire.

 

             Darinos s’aperçut également une bosse au niveau de son épaule gauche. Oh ! Il n’avait pas de nez non plus. À la place, il n’y avait que les deux petites cavités pour respirer. D’une voix d’outre-tombe, il lança :

 

— Pourquoi viens-tu me déranger dans mon antre, esclave ?

 

            Darinos s’empressa de tomber à genoux.

 

— Cela fait bientôt sept ans que nous sommes à la recherche du Médaillon, Seigneur, mais aucune ne trace.

 

— Les liges ?

 

— Ils sont tous morts sauf Elany.

 

            Pétrovia émit ce qui ressemblait le plus à un rire.

 

— Elany ? … Mmh ! … Maudite Sorcière !.... Écoute-moi, créature pitoyable ! Cherche ce Médaillon et trouve-le ! Bélinda mérite d’être présente à mes côtés quand je ferais la conquête de ce monde.

 

            Pétrovia se leva. Il dépassait d’une bonne tête Darinos pourtant très grand.

 

— Les enfants des liges les avez-vous liquidés ?

 

— J’ai envoyé les évanescents pour les combattre. Il semblerait qu’ils détiennent des pouvoirs.

 

            Pétrovia fit un geste agacé et des éclairs jaillirent du néant pour s’abattre contre le mur.

 

— OUI, je les ai sentis. Ils sont neufs en tout, mais seulement deux sont très puissants.

 

            Le démon se tut et avoua :

 

— J’aimerai beaucoup m’approprier le garçon avec une panthère. L’avoir à mon service serait moins décevant que vous tous qui êtes des incapables.

 

            D’une main tendue vers Darinos, il le souleva sans le toucher, mais le démon mit ses mains autour de son cou comme pour desserrer quelque chose.

 

— Écoute-moi bien, Vermine ! Je veux la mort de ses jeunes, mais ramène-moi vivant le fils de Brenda Finch.

 

            Darinos s’écroula de tout son poids sur la pierre.

 

— Qu’a-t-il de particulier, Seigneur ?

 

            Pétrovia repartit dans un faux rire.

 

— Brenda Finch était une âme damnée. Elle m’avait vendu son âme pour se venger de sa famille qui la ridiculisait depuis son jeune âge. Pour l’avoir aidée, je lui ai ordonné de séduire le chef des liges de la Sorcière Moiraine.

 

            Un bruit de pas se fit entendre derrière Darinos. Il jeta un coup d’œil. Une jeune femme très belle, aux longs cheveux châtain et au regard vert. Pétrovia fit un signe et la femme habillée de blanc s’approcha. Il lui caressa le visage. Darinos s’aperçut que la femme regardait Pétrovia droit dans les yeux nullement effrayés.

 

— Darinos, petite vermine ! Je te présente Brenda Finch Mudo.

 

Le Lynos n’en revenait pas. Il se souvenait de Rhys Mudo, car c’était lui-même qui l’avait sondé. Il n’avait pas trop regardé la femme du lige, mais il avait bien vu un Spectre se chargeait d’elle.

 

— Il m’a été facile de faire croire à ma mort, murmura la femme d’une voix douce.

 

            Elle le regarda en souriant.

 

— Il était temps que vous arriviez pour me libérer. J’en avais assez de jouer à la femme au foyer.

 

            Elle s’étira comme une chatte et sa légère robe ne cachaient presque rien de ses formes. Pétrovia attrapa d’une main crochue la tignasse de cheveux châtain de Brenda et l’attira à lui. Il lui tira sur la tête vers l'arrière. La jeune femme était aguicheuse. De l’autre main, le démon lui caressa les seins.

 

— La seule chose de valable dans cette vie, a été la naissance de mon fils, chuchota-t-elle d’une voix étouffée.

 

            Elle jeta un coup d’œil vers Darinos.

 

— Mon fils peut-être démoniaque. Lui seul pourra trouver le Médaillon Aladore. Trouve-le et ramène-le-moi. Quand je l’aurais envoûté, je pourrais lui faire tout ce que je veux.

 

 

            Sethsuno ouvrit les yeux avec difficulté. La petite boule de lumière était toujours présente. Il put ainsi s’apercevoir qu’il se trouvait dans un trou profond. Il remua de tout son corps pour voir si rien n’était cassé. Non, tout allait bien. Il se redressa et se colla contre le mur pour reprendre son souffle. Il avait dût se casser une cote. Il porta sa, mais sur le côté gauche. Il regarda de nouveau autour de lui. Il y remarqua enfin le corps de sa camarade. Doucement, il s’en approcha.

 

— Fujin ? l’appela-t-il en la secouant.

 

            La jeune fille porta sa main à son front et se redressa.

 

— Oh ! Quelle chute !

 

            Elle jeta un coup d’œil autour d’elle et sur le plafond. Un frisson la parcourut ? Comment avaient-ils fait pour survivre à une telle chute ?

 

— Où sommes-nous ?

 

            Le jeune homme haussa les épaules et grimaça sous la douleur. Il se concentra sur celle-ci pour la localiser. Il se demandait s’il aurait assez d’énergie pour réparer.

 

« Qui ne tente à rien n’a rien ! songea-t-il. Alors, il formula une incantation.

 

— Côte cassée, côte réparer selon les dires du régénérateur.

 

            Fujin aperçut la lumière bleue étoilée qui signifiait l’exécution de la demande. Dans son regard, on lisait l’admiration. Soit, elle avait quelques pouvoirs, genre plasma. Il faisait une onde de choc et faisait ainsi tomber les ennemis tout en les blessant légèrement. Elle avait également nécrosé qui envoyait une petite décharge électrique. Ces deux pouvoirs n’étaient rien comparé à ceux de son ami.

 

            Il pouvait envoyer des boules de feu, des éclaires, des tornades, des boules d’eau dont le nom véritable était H2o. Il avait également la capacité de soigner des blessures et des brûlures, de retirer les malédictions du genre, cécité et aphasie, ce qui empêchait la victime de voir et de parler. Sans la vue, il fallait se fier qu’à l’ouïe et l’odorat. Pas toujours facile ! Sans paroles ! Difficile alors d’utiliser la magie ! Donc c’était un véritable bénéfice de pouvoir se servir du pouvoir, Esuna, tel était son nom.

 

            Sethsuno s’étira un bon coup, il se sentait mieux. Il fit le tour du trou et il aperçut une ouverture. Il y passa la tête avec la lumière. Un couloir de pierre ! Que devait-il faire ? Attendre l’aide de ses amis. Il leva de nouveau les yeux. C’était bien trop haut.

 

— Fujin ? Tentons l’expérience par ce chemin. Nous trouverons peut-être un moyen pour trouver une sortie.

 

            Sheba renifla vers l’endroit où son maître était parti. Zell s’approcha de l’animal. Il se tourna de nouveau vers Selphie.

 

— Même Sheba a un mauvais pressentiment.

 

            La jeune fille se passa une main dans ses cheveux.

 

— Oui, allons-y ! … Capitaine Sylen, Ward, Rojer venaient !

 

            Le soldat songea tout de même à éteindre le feu avant de les suivre. Il n’y avait pas beaucoup de lumière, mais en se concentrant à deux, Selphie et Zell purent créer une boule d’énergie. Sheba leur indiquait le chemin. Puis d’un seul coup stoppa. Zell accourut près d’elle avant de se tourner vers ses amis.

 

— Nous ne pouvons plus aller plus loin.

 

            Le Capitaine s’approcha et essaya de regarder.

 

— Croyez-vous qu’ils seraient tombés ?

 

            Zell observa la panthère. Elle pleurait et grattait le sol.

 

— Il n’y a aucun doute là-dessus.

 

— Sont-ils vivants ? Sont-ils blessés ?

 

            Selphie avait les yeux humides. Elle prit la main de Zell.

 

— Il faut aller les chercher.

 

            Sheba redressa la tête, les oreilles dressées.

 

— Qui a-t-il Sheba ?

 

            L’animal gronda et repartit en arrière. Zell et les autres se dépêchèrent de la rattraper. Ils la virent disparaître dans un petit passage dans le mur de droite. Après une hésitation, Selphie passa la première, suivie de près par les autres. Elle se retrouva dans un long couloir descendant en pavé. Sans savoir si les autres suivaient, elle commença à descendre.

 

                        Le couloir débouchait dans une grande grotte éclairée par des torches. Des hommes et des femmes étaient agenouillés devant un autre homme, habillé de la tête aux pieds de blanc. Ils psalmodiaient des phrases qui ne voulaient rien dire. Sethsuno attrapa Fujin par le bras et se cacha derrière un pilier. Du regard, il déconseilla à son amie de prendre la parole. D’où il était, il voyait toute la scène.

 

            Les adeptes bougeaient le dos comme s’ils avaient des convulsions à un rythme de plus en plus rapide. L’homme en blanc souleva un bâton et frappa un énorme gong doré. Le bruit résonna à travers les murs de la grotte. Sethsuno se demandait comment les murs pouvaient encore tenir avec ce bruit. Fujin aperçut des ombres vers la gauche. Elle toucha l’épaule de son camarade pour qu’il regarde dans cette direction. Sethsuno les remarqua. Il y en avait au moins une vingtaine d’hommes-chats. Ces monstres avaient la taille humaine, poilue, aux griffes acérées et avaient une tête de félin.

 

" Sheba est bien plus belle que ces affreux chats, affirma Sethsuno à lui-même."

 

Les hommes-chats se déplaçaient sans bruit et entouraient les adeptes. Le jeune homme les compta. Quinze hommes et femmes ! Ils allaient devenir le plat de résistance de ses monstres. À voix basse, Fujin chuchota :

 

— Ils ne vont tout de même pas attaquer ces personnes, hein ?

 

            Le jeune homme soupira de tristesse.

 

— Si je le crains !

 

            Il l’observa un moment et s’écria en chuchotant.

 

— Non, Fujin ! Nous ne pouvons rien pour eux. Même avec mes pouvoirs, je ne pourrais pas tous les avoirs. La seule chose que nous pouvons faire et d’essayer de nous sauver tant qu’ils sont occupés.

 

            À cet instant, dans un cri sauvage, les monstres se jetèrent sur leurs victimes qui hurlèrent de frayeur. Fujin eut beaucoup de mal à rester calme. Elle pleurait à chaudes larmes. L’homme habillé de blanc retira ses vêtements. C’était également un homme-chat à la fourrure noire de jais. Il se pourléchait les babines en sentant l’odeur du sang.

 

             Sethsuno prit la main de la jeune fille et se sauva en direction de la sortie. Il essayait de rester insensible aux hurlements et aux appels. Il devait sauver Fujin. Il en avait la responsabilité. Il aperçut enfin la porte.

 

            À l’instant où il allait enfin la franchir, un des monstres lui barra la route. Le jeune homme s’arrêta net et serra contre lui son amie terrifiée. C’était le chef, celui au pelage noir. Sethsuno sentait sa force et son désir de tuer. Le monstre se mit en position et sauta sur les deux jeunes gens. Sethsuno éjecta Fujin et roula sur lui-même pour l’éviter.

 

            L’homme-chat grogna de colère et se tourna vers le jeune homme. Il songeait que cet humain était moins bête que les autres. Sethsuno lui pensait qu’il avait commis une bêtise stupide d’oublier son épée au camp. Le monstre lança son bras et le jeune homme ne put l’éviter. Il grimaça sous la douleur et posa une main sur sa blessure. Un deuxième coup de griffe l’envoya cogner contre un mur. Sethsuno reprit ses esprits et un puissant au maximum dans son énergie, il lança :

 

— Que la pluie de feu s’abatte maintenant et à jamais.

 

            Son cops s’illumina d’une lumière orangée et des boules de feu jaillirent du néant. L’homme-chat essaya de les éviter, mais ne put en réchapper. Fujin secoua la tête pour reprendre ses esprits. Elle remarqua que son ami était en mauvaise posture. Les boules de feu semblaient efficaces, mais le monstre avançait toujours vers lui.

 

            Elle attrapa son boomerang étoilé et se concentra. Sethsuno disait qu’une arme et son détenteur pouvaient ne faire qu’un. Il suffisait seulement de faire confiance en soi-même et d’y mettre toute son âme. Le boomerang s’illumina d’une couleur bleu ciel. Avec élan, Fujin l’envoya sur le monstre. Celui-ci levait son bras pour achever sa victime quand l’arme se planta dans son dos. Il sentit une énorme chaleur l’envahir. Il n’eut pas le temps de crier avant d’exploser. La jeune fille s’élança vers son ami.

 

— Seth ! Est-ce que tu vas bien ?

 

            Le jeune homme sourit et se redressa sans problème. Fujin s’aperçut qu’il n’avait plus de cicatrice. Ce pouvoir était un peu effrayant.

 

— Viens ! Filons avant que d’autres ne viennent nous barrer la route.

 

            Il lui reprit la main et ils coururent aussi vite qu’ils le pouvaient pour s’éloigner du carnage. Au bout, d’un certain temps, Sethsuno s’arrêta et regarda la jeune fille.

 

— Merci de tout cœur, Fujin. Tu m’as sauvé la vie.

 

            Elle secoua la tête.

 

— Non ! Tu n’as aucune blessure ! On dirait que…

 

            Elle se tut gênée.

 

— Que quoi ? Que je suis immortel !

 

            Elle rougit.

 

— Je ne le suis pas, Fujin. Je serais mort si tu n’étais pas intervenu. J’ai pu me soigner grâce à toi. J’ai eu le temps de reprendre un peu de force pour me servir du pouvoir de soin.

 

 

                        Galbadia était pour certains, une belle ville. Elle était très bien gérée et gouvernée. De sa chambre, Quistis pouvait l’admirer, sauf qu’elle ne l’aimait pas du tout. Elle trouvait les habitants trop imbus deux même. Ils se moquaient honteusement des pauvres. Une servante pénétra dans la chambre. Elle s’appelait Mildred et était au service de la Princesse Miliana. Quistis se sentait mal à l’aise en sa présence. Elle soupira lasse. Elle s’assit sur son lit et observa la servante qui déposait sur la table de toilette un plateau où se trouvait un bol de chocolat chaud.

 

— Merci Mildred ! Pouvez-vous me dire où je peux trouver Seifer Almasy ?

 

            Mildred se redressa et jeta un coup d’œil à la jeune fille. Un Spectre lui avait ordonné de surveiller cette fille, car elle pouvait être dangereuse, ainsi que ces amis.

 

— Sir Seifer est dans ses appartements, Milady. Je crois qu’il est en pleine discussion avec un parent.

 

            Quistis fut très surprise.

 

— Merci pour le renseignement.

 

 

            La servante la salua et sortit. Raijin et Irvine visitaient la ville. Dame Amelyn discutait avec la Reine. Elle se demandait ce qu’elle pourrait bien faire. Elle aurait voulu voir Seifer, mais…. Elle haussa les épaules. Elle décida d’aller se promener dans le jardin.

 

            Dans le couloir, elle eut l’impression d’être épiée. Elle songea au Duc Almasy. Elle l’avait rencontré dès leur arrivée. Il était auprès de la Reine. Seifer lui ressemblait assez. Ils avaient le même front, le même menton volontaire, la même taille. Robert Almasy avait dû être blond dans sa jeunesse. Mais la ressemblance s’arrêtait là. Le duc ne souriait jamais et son regard n’aspirait pas une grande sympathie.

 

            Un frisson parcourut le dos de la jeune fille. Elle regarda autour d’elle, mais ne vit rien. Mais la peur s’en était emparée. Elle changea de chemin et tourna sur sa gauche, au lieu de descendre au rez-de-chaussée. Le seul endroit où elle se sentirait en sécurité se trouver à deux pas de là.

 

            Le jeune homme était droit comme un « I » et regardait par la fenêtre. Il avait eu la visite-surprise de son grand-père. Mais cet homme derrière lui l’horripilait. Tout en lui sonnait faux et la méchanceté. Pourtant, Robert Almasy était aimable et semblait essayer de se racheter au regard de son petit-fils. Malgré cela, Seifer sentait l’hypocrisie dans ses paroles.

 

— Tu comprends, mon garçon, j’ai été stupide et maladroit avec ton père. Je le regrette !

 

« Que cherche-t-il ? pourquoi essaye-t-il de m’amadouer ? se demanda le jeune homme ».

 

— Tu sais, tout le monde croit, que je ne ressens rien au sujet de la mort de Ticky. C’est faux ! Je voudrais tant savoir qui a pu faire une chose pareille ! je t’assure ! affirma Robert Almasy.

 

            Il ne semblait pas très convainquant par ses paroles, il essaya un sourire qui fut crispé. Heureusement que Seifer ne l’avait pas vu. Mais Robert se trompait. Le jeune homme voyait le reflet de son grand-père sur les carreaux. Il se retourna et observa son parent.

 

— Je crois me souvenir que vous aviez dit en apprenant la mort de mon père, qu’il l’avait bien cherché.

 

            Le Duc se sentit mal à l’aise tout à coup. Il fut soulagé en entendant un coup à la porte. Seifer invita la personne à entrée. Quistis fit ainsi son apparition. Le jeune homme s’aperçut tout de suite que quelque chose n’allait pas. La jeune fille eut un sourire d’excuse pour le dérangement. Le Duc profita de cette arrivée pour annoncer :

 

— Bon je vais vous laisser, mon garçon. Nous aurons sûrement l’occasion de nous revoir avant votre départ, j’espère.

 

            Le jeune homme secoua la tête.

 

— Oui certainement.

 

            Dès que son grand-père fut sorti, Seifer s’approcha de Quistis et lui prit ses mains glacées.

 

— Qui a-t-il ?

 

            Il lui caressait les mains pour les réchauffer. La jeune fille sentit son cœur battre plus vite tout à coup.

 

— Je voulais me rendre au jardin, mais j’ai eu l’impression d’être suivi. J’ai eu peur. C’est bête ! Je ne sais pas pourquoi.

 

            Elle baissa la tête en rougissant légèrement.

 

— Venant de toi, cela devait être sérieux.

 

            La jeune fille leva la tête. Seifer avait un petit sourire.

 

— Pourquoi dis-tu cela ?

 

            Il porta sa main vers le visage de Quistis et repoussa avec douceur une mèche qui se baladait sur sa joue.

 

— Tu as toujours été la plus solide et la moins trouillarde de nous tous. Il est très rare les fois où tu nous montrais ton chagrin pour la perte de tes parents.

 

            Sans s’en rendre compte, elle penchait un peu la tête pour accentuer la pression des doigts du jeune homme sur sa joue. Celui-ci s’en rendit compte et s’en amusait.

 

— Quand je songeais à leur mort. Cela me rendait furieuse. J’aurais tant voulu pouvoirs les aider.

 

            Une larme coula le long de sa joue. D’un doigt, Seifer arrêta la larme.

 

— Je suis désolé. Je ne voulais pas rappeler de mauvais souvenirs.

 

            La jeune fille secoua la tête.

 

— Non, ne sois pas désolé. C’est la vie ! Il m’est beaucoup plus facile maintenant de me rappeler d’eux sans souffrir.

 

            Elle se tut un instant, puis reprit :

 

— Je me souviens la fois où je suis tombée de cheval. Mon père s’en était voulu et m’avait cajolé pendant des heures. Ma mère lui disait d’arrêter, car j’aurais fini par devenir infernale et poule mouillée.

 

            Elle émit un petit rire. Elle avait le regard dans le vide. Elle posa son front sur la poitrine du jeune homme.

 

— Et toi, Seifer, as-tu quelques souvenirs ?

 

            Il eut un soupir triste.

 

— Les parties de pêche ou de chasse avec mon père et la caresse de ma mère sur mon front quand j’étais malade ou les histoires qu’elle me racontait avant de m’endormir.

 

            Seifer passa sa main sur la nuque de Quistis et y fit une légère pression. La jeune fille dut relever la tête. Elle avait les yeux humides. Seifer sourit et secoua la tête, amusée.

 

— Je ne pensais pas que tu pouvais être aussi sensible, Quistis.

 

            Elle eut un petit sourire.

 

— Je ne le savais pas non plus.

 

            Seifer reprit son sérieux et détailla chaque recoin du visage de Quistis. Il baissa la tête et effleura ses lèvres des siennes. La réponse se fit immédiate. La jeune fille entoura le cou du jeune homme et colla son corps au sien. Sans crainte alors, il l’embrassa en pleine bouche, fougueusement. Quand il redressa la tête, il retient par la taille Quistis qui chancelait.

 

— Est-ce-que-ça va ? demanda-t-il

 

            Elle hocha la tête et porta sa main à sa bouche.

 

— Tu sembles surprise par mon geste, Quistis ! Le regrettes-tu ?

 

            Elle le regarda droit dans les yeux.

 

— Non, je ne regrette rien. Je ne m’attendais pas à ce baiser, en fait !

 

            Le jeune homme la serra contre lui et avoua :

 

— En vérité, je mourrais d’envie de t’embrasser depuis un certain temps, mais j’avais peur que ton attachement allât plus pour Seth.

 

            La jeune fille éclata de rire, tout en secouant la tête.

 

— J’aime beaucoup Seth, mais comme un frère.

 

            Elle se tut un instant pour reprendre ensuite.

 

— Il y a un an de cela, j’en ai discuté avec Selphie et Fujin. Nous sommes toutes tombées d’accord sur un fait. Pour Sethsuno nous sommes des amies. Aucune de nous n’est faite pour lui. Il a des aptitudes différentes des nôtres et nous ne le comprenons pas toujours.

 

            Seifer s’exclama :

 

- Aucune de vous n’a un faible pour lui, alors ?

 

            La jeune fille haussa les épaules avec un soupir.

 

— Si. Je crois que Selphie c’est amouraché. Mais je la plains. Seth la considérera toujours comme une sœur et pas autrement.

 

            Le jeune homme réfléchit un moment et répondit :

 

— Oui, tu as raison. La fille qui lui mettra la main dessus devra être exceptionnelle à ses yeux.

 

 

                        La Reine Astrid finit par accepter que Seifer et Irvine puissent interroger la Princesse Miliana. Elle pensait que les jeunes gens arriveraient peut-être à la dérider. Depuis un certain temps, la Princesse adorait se promener dans le jardin. Surtout le fait qu’elle pouvait ainsi se servir de la magie. Miliana s’installa sur le rebord de la fontaine et toucha du bout des doigts la surface de l’eau. Une image apparut aussitôt. Elle représentait une troupe de cavaliers bien armée.

 

            La jeune fille allait poser à nouveau son doigt sur l’eau pour agrandir l’image, mais stoppa son geste en entendant des pas venir dans sa direction. Elle observa les deux arrivants. L’un était grand et blond et ressemblait en plus jeune au Duc de Florany. L’autre était de la même taille, les cheveux longs attachés par une lanière de couleur châtain foncé. Il était pas mal dans son genre. En tout cas, il avait la particularité d’avoir toujours le sourire aux lèvres. Arrivés près d’elle, ils firent la révérence due à son rang.

 

— Princesse Miliana ! Salua Seifer.

 

            Elle lui rendit son salut et demanda :

 

— Que me vaut votre visite, Sir Almasy et vous Sir Kinnéas ?

 

            Celui-ci rendit son salut et demanda :

 

— Vous nous connaissez, Milady ?

 

            La jeune fille émit un léger rire cristallin.

 

— Bien sûr ! J’ai posé la question aux gardes. Ma grand-mère se permet souvent d’oublier de me prévenir quand nous recevons des visites. Alors, j’ai pris l’habitude de le demander aux gardes Royaux.

 

            Elle se passa une main dans ses cheveux et l’air innocent demanda :

 

— Dites-moi, Sir Almasy ! Êtes-vous venu faire la paix avec votre grand-père ?

 

            Le jeune homme détailla chaque trait du visage de la Princesse. Elle avait un visage sans aucun défaut et le savait.

 

            « Quistis est plus belle à sa façon, songea-t-il ».

 

— Non, pas du tout. Bien que j’ai eu l’occasion de lui parler depuis notre arrivée. En réalité notre venu, c’est vous !

 

            Miliana fut stupéfaite.

 

— Moi ? Pourquoi ?

 

            Soupçonneuse, elle interrogea.

 

— Vous êtes des prétendants, vous aussi ?

 

— Non désolé, répondit Seifer.

 

            Irvine se permit de s’asseoir sur le rebord de la fontaine près de Miliana.

 

— En vérité, nous savons que vous utilisez la magie.

 

            Offusquée, elle s’écria :

 

— Stupide ! Je suis une Princesse. Je ne peux m’abaisser à ce genre de futilité.

 

            Le regard de Seifer se durcit et Miliana eut peur.

 

— La magie n’est pas une futilité !

 

— Nous savons l’utiliser aussi Milady répliqua Irvine, d’un ton moins sec.

 

            Il formula quelques mots et une petite pluie arrosa les fleurs près de la jeune fille.

Miliana ouvrit la bouche, sidérée. Elle se tourna vers lui.

 

— Comment avez-vous fait ?

 

            Le jeune homme haussa les épaules ignorant.

 

— Et vous ? En s’adressant à Seifer.

 

— L’électricité, c’est tout ! Mais dites-nous le vôtre, Princesse.

 

            La jeune fille rougit, puis se décida. Elle frôla l’eau de la fontaine. Une nouvelle image apparut. Les deux garçons se penchèrent en même temps et s’écrièrent.

 

— Mais c’est Seth et Fujin !

 

— Alors ce jeune homme a un nom ! s’exclama la Princesse.

 

            Seifer l’observa.

 

— Vous l’avez déjà vu avant ?

 

            Elle sourit gaiement, mais s’assombrit aussitôt.

 

— Oui, chaque fois que je viens dans ce jardin, je m’amuse à observer les images que la fontaine veut bien me montrer. Au début, je croyais que c’était mon imagination jusqu’à que vous arriviez.

 

            Elle se tut un instant puis jeta un regard à nouveau sur l’image. Sethsuno se retrouvait auprès de ses amis en riant et caressant la tête de la panthère. Le regard de la Princesse était attendri. Irvine et Seifer se regardèrent en silence. Se pourrait-il que la Princesse se soit amourachée d’une image ? Puis, son regard changea à nouveau.

 

— Je vous ai souvent vu avec votre ami, mais depuis un certain temps je vois aussi quelqu’un d’autre.

 

— Qui donc ?

 

            Elle eut un geste fataliste.

 

— Une fille très belle. Elle semble vivre dans une grande ville. Une fois, son image s’est superposée à celle de votre ami Seth… Euh… J’ai eu l’impression qu’un lien les liait.

 

            Irvine remarqua dans son ton un léger accent de jalousie. Seifer lui réfléchissait, puis finit par demander.

 

— Vous ne voyez que Sethsuno et cette fille ?

 

            Miliana secoua la tête.

 

— Depuis deux jours, il m’arrive de voir une troupe de cavaliers armés jusqu’aux dents. Ils sont assez effrayants, habillés de cuir noir et on ne voit pas leur visage.

 

            Le jeune homme finit par s’installer à son tour sur le rebord.

 

— Je n’y comprends rien.

 

            Il se tourna vers Irvine, puis avoua à la Princesse.

 

— Dame Amelyn nous a dit que vous semblez leur cacher quelque chose, mais à réfléchir, je ne vois pas quoi ?

 

            Miliana les observa un long moment en silence. Une voix féminine retentit alors, et les fit sursauter.

 

— Je crois le savoir.

 

            Seifer se redressa et s’approcha de Quistis pour lui prendre la main.

 

— Tu n’as pas eu peur de sortir toute seule ?

 

            La jeune fille lui jeta un coup d’œil, furibonde.

 

— Non.

 

— Alors que nous aurez caché la Princesse ?

 

            Quistis sourit et répondit aussitôt :

 

— Qu’il y a quelques traîtres parmi les sujets et les domestiques de Sa Majesté !

 

Miliana regarda aussitôt autour d’elle et se leva.

 

— Taisez-vous ! La mort va s’abattre sur nous, sinon.

 

            La jeune fille haussa les épaules.

 

— En tout cas cela ne viendra pas de votre servante Mildred.

 

            Miliana ouvrit les yeux en grand, effrayée.

 

— Pour… Pourquoi ?

 

— Sa Majesté vient de la retrouver morte dans ses appartements. D’après le peu que je sais, elle aurait été étranglée.

 

 

 

                        La ville était devant leurs yeux, magnifique sous un soleil lumineux. Sethsuno s’étira un bon coup en souriant. Il allait bientôt rencontrer une personne qui avait connu son père pendant ces années de Liges.

 

            Certaines fois, le soir, un coup de cafard le prenait. Il aurait voulu alors discuter avec son père. Il avait adoré sa mère, mais quelque temps avant sa mort, elle l’étouffait et l’exaspérait. Il ne savait pas pourquoi, car elle ne faisait rien de spécial. C’était juste le sentiment qu’elle lui inspirait.

 

            Depuis leur fuite éperdue dans les couloirs pour échapper aux hommes-chats, Fujin semblait l’éviter et cela l’attristait un peu. Quant à Selphie, elle ne le lâchait plus. Il songea alors que la jeune fille ressentait pour lui quelque chose de plus fort que de l’amitié. Il s’en voulait pour ses sentiments, car il ne les ressentait pas pour elle. Selphie était une sœur pour lui, rien d’autre.

 

            Jusqu’à une auberge de Esthar, il essaya de ne jamais rester seul avec la jeune fille. Il préféra la compagnie du Capitaine et de Ward. Dès fois, Sethsuno pensait à son ami Seifer et se demandait s’il avait réussi sa mission. Sa compagnie lui manquait. Le Capitaine les amena jusqu’à l’auberge « La bénédiction de la Reine ». Un homme jovial les accueillit et leur servit aussitôt un en-cas, avant de leur montrer leur chambre.

 

            Sethsuno partageait la sienne avec Zell. Celui-ci grogna un peu en apprenant que le cuisinier ne savait pas faire des bretzels. Le Capitaine s’absenta toute l’après-midi. Alors, Sethsuno donna quartier libre à ses amis. Le jeune homme apprit par l’aubergiste que c’était le jour du marché. Sethsuno s’y rendit aussitôt accompagné de sa fidèle Sheba. Les marchands le regardaient avec méfiance, surtout à cause de la panthère. Un animal féroce, ami avec un humain, ce n’était pas normal pour eux. Le jeune homme s’en amusait et déambulait dans les rues avec le sourire. Par contre, les femmes le suivaient du regard avec envie.