Chapitre 6

 

 

                        La troupe voyageait depuis cinq jours sans trop de problèmes. Sethsuno, à un certain moment du deuxième jour, lui avait semblé être épié par un regard invisible. Zell déprimait un peu, car il avait terminé sa cargaison de bretzels. Les filles ne tardèrent pas à le taquiner à ce sujet. Fujin et Raijin se chamaillaient comme à l’accoutumée.

 

             Irvine, lui discutait gaiement avec Ward. Le Capitaine Sylen songea que sa troupe ne pouvait pas s’ennuyer avec ces jeunes gens joyeux. C’était des jeunes qui aimaient la vie et une solide amitié les liait. Son regard se posa sur deux autres orphelins : Sethsuno et Seifer.

 

            Il s’était aperçu lors d’une chasse pour le dîner, que les deux garçons maniaient les épées avec puissance, précision, habilité, qu’ils avaient tous deux un caractère différent et un peu opposé. Pourtant, ils étaient amis, près à ce sacrifié pour l’un, l’autre. C’était si rare de rencontrer deux êtres aussi proche. Dame Amelyn comme si elle avait lu dans ses pensées répliqua :

 

— Une bien belle amitié, n’est-ce pas, Capitaine ? Pourtant une femme pourrait très bien les séparer.

 

— Est-ce une prémonition, Dame ?

 

La Sorcière secoua la tête.

 

— Non. Mon frère avait aussi un ami de sang. Ils pouvaient compter l’un sur l’autre. Un jour, une très belle femme est arrivée et a mis le trouble dans leur cœur. Ils se sont battus pour ces beaux yeux. La belle a choisi mon frère et depuis une haine tenace s’est emparée des deux amis.

 

— C’est triste ! Mais je trouve stupide de se battre pour une fille s’exclama Seifer d’un ton insolent.

 

Sethsuno éclata de rire.

 

— Ne soit pas bête, Seifer. Un homme est prêt à tout pour le cœur d’une femme.

 

— Qu’est-ce que tu peux y connaître, toi ?

 

Le jeune homme haussa les épaules et répondit :

 

— Rien. Je suppose. Mais je sens que j’ai raison. Je peux dire également que cette femme devait savourer les disputes, les bagarres deux deux amis. Elle devait avoir une pierre à la place du cœur.


            Seifer se mit à réfléchir. Le Capitaine et Dame Amelyn trouvaient qu’il était un peu dur envers cette femme.

 

— Tu as raison, un cœur de pierre !

 

Il se tourna vers la Sorcière et lui demanda :

 

— A-t-elle seulement essayé de lever le petit doigt pour les réunir à nouveau ?

 

L’Amelyn secoua la tête.


— Si cette femme est réellement amoureuse de votre frère alors elle aurait tout fait pour les réunir à nouveau.

 

            Ces deux garçons étaient épatants. Ils étaient différents, mais leur réflexion se ressemblait et leur amitié devenait plus solide. Le Capitaine avoua à la Sorcière.

 

— Je crois que rien ne pourrait nuire à leur amitié, même pas la mort.

 

                        Le soleil radieux pénétrait du mieux qu’il pouvait à travers les fenêtres de la salle d’étude. Alia trouvait stupide de les laisser fermer. Depuis trois semaines, Elany et elle habitaient dans une aile du château. Une nouvelle tentative d’assassinat contre Elany avait fait réagir la Reine Elayne d’Esthar. Elle les avait conviées à venir s’installer au château. Mais à cause de cela, Alia fut obligée de suivre des cours de maintien, de danse, de couture et plein d’autres choses encore, que devait connaître une bonne fille de famille.

 

            La jeune fille trouvait ces cours d’un ennui mortel. Elle s’en plaignit à Elany, mais en pure perte. Celle-ci n’avait pas le temps d’écouter les plaintes de sa fille. Elle cherchait à savoir la raison de ces tentatives d’assassinats et la mort de ses anciens collègues.

 

            Dames Eugénia de Tar Valon lui avait appris récemment que le jeune Mudo avait été retrouvé. D’après le peu qu’elle avait su sur ce garçon, était qu’il avait un petit air de son père, mais pas le tempérament ni le caractère. Elany se disait souvent qu’elle aimerait rencontrer le fils de son défunt amour. Avec Eugénia, Mirabelle, une Sorcière également et la Reine, elle essayait de relater toutes les missions qu’elle et ses amis avaient résolues. Il y en avait tellement.

 

— Réfléchit bien Elany. Il y a bien une mission que tu as oublié de nous parler, s’écria Eugénia.

 

            Elles se trouvaient dans les appartements de Elany, assise chacune dans un fauteuil en velours vert kaki, autour d’une table remplie de papier.

 

— Nous avons fait tellement d’affaires. Il y avait des missions où je n’y étais pas.

 

            À cet instant la porte s’ouvrit. Alia fit son apparition. Les femmes lui jetèrent un mauvais regard.

 

— Alia ! Je te croyais à ton cours de danse !

 

La jeune fille eut le cœur serré par ses paroles. Elle se sentait rejetée par sa mère adoptive.

 

— Je suis désolée ! Mon cours a été reporté.

 

            Les quatre femmes eurent un geste d’impatience.

 

— Tu n’as qu’à rejoindre, mes filles dans le jardin s’exclamèrent, la Reine.

 

            Alia baissa la tête, triste. C’était un ordre ! Elle dérangeait ce été évident. Elle faisait demi-tour quand les femmes reprirent leurs conversations.

 

— Non, je crois que je vous ai raconté toutes mes aventures.

 

            La jeune fille se retourna et s’approcha d’elles. La Reine lui lança un regard noir.


— Alia ! Nous sommes en grande conversation.

 

            Elany aperçut dans les yeux de sa fille, une rage prête à exploser. Pour essayer de la calmer, elle lui prit la main et essaya de s’expliquer :

 

— Nous devons savoir qui essaye à tout prix de me tuer. Alia, comprends-tu ?

 

            La jeune fille retira violemment la main de sa mère de la sienne. Elle lança un regard furieux autour d’elle.

 

— Non, je ne comprends pas ! Tu sais très bien qui est le meurtrier, ELany. Les Spectres n’obéissent qu’aux Lynos, qui eux, n’obéissent qu’à un seul et même maître, le grand Darinos. Toutes les Magiciennes et toutes les Sorcières le savent.


            Eugenia et Mirabelle s’observèrent en silence. Jamais, elles n’auraient pensé que Darinos était dans le coup. Elany eut la même pensée.

 

 

— Pourquoi nous attaquerait-il Alia ? C’est stupide. Nous avons fait un pacte avec lui, il y a des années. Nous lui avons cédé pour cela l’île de l’Enfer.

 

            La Reine Elayne les regardait bouche bée.

 

— Vous avez fait un pacte avec un Démon ? Mais…. Mais….

 

            Eugénia posa une main rassurante sur celle de la Reine.

 

— Nous ne pouvions rien contre lui. La seule chose qu’il voulait, c’était l’île. Nous la lui avons cédée. Depuis, nous n’avons plus entendu parler de lui.

 

            Alia éclata d’un rire mauvais qui les fit frissonner.

 

— Vous devriez dire jusqu’à maintenant. Darinos est derrière tout cela. Pourquoi ? Je ne le sais pas encore !

 

            Sur ces mots, la jeune fille sortit.

 

— Cet enfant me fait peur. Murmura la Reine, sans vous offenser Elany.

 

            Elany fit un geste compatissant.

 

— Alia a beaucoup changé ces derniers temps. Je ne comprends pas pourquoi !

 

            Eugénia la fixa et répondit :

 

— Sûrement parce qu’il approche.

 

            Elany la regarda surprise.

 

— Qui donc ?

 

— Le garçon étrange dont je t’ai parlé, il y a trois ans.

 

 

                        L’attaque avait eu lieu dès qu’ils avaient pénétré dans la forêt Meldown. Elle regorgeait de gibiers, donc de braconniers et des voleurs. Les attaquants étaient bien une trentaine et plus tôt doués pour le combat.

 

            Le Capitaine n’avait jamais vu combattre tous les jeunes. Là, il en eut l’occasion. Il se rendit compte que son ancienne protégée se débrouillait plutôt bien au fouet. Ces attaquants n’avaient pas la possibilité de s’approcher sans recevoir un coup violent. Selphie maniait avec rapidité son nunchaku, ce qui avait le don de déstabiliser ses adversaires. Zell, lui, se battait avec souplesse et force de ses poings qui ne rataient jamais une cible.

 

            Raijin assommait tout assaillant s’approchant trop près de lui et de son cheval. Fujin se servait de son boomerang étoilé avec un certain plaisir. Irvine, quant à lui, avait grimpé sur un arbre et assaillait de ses flèches les attaquants sans jamais se tromper de cible.

 

            Sethsuno et Seifer se battaient côte à côte sans laisser une chance aux assaillants. Le Capitaine, tout en évitant un coup d’épée mortelle, songeait que ces hommes se battaient moins bien que ces jeunes gens. Il en avait un peu honte à se l’avouer. Il repoussa son adversaire en arrière avec force, puis se relâcha et planta son épée dans le ventre de son ennemi. Il se souvient à ce moment-là de Dame Amelyn. Il regarda autour de lui. Elle se trouvait contre un arbre et se défendait grâce à la magie. Mais elle pourrait remercier Sethsuno et Seifer de protéger ses côtés.

 

            Les assaillants vivants finirent par prendre la fuite. La troupe n’avait subi aucun dommage grave, sauf quelques blessures sans gravité. Sethsuno accompagné par Seifer parla à chacun de ses amis pour voir s’ils n’avaient pas été touchés. Trois soldats seulement avaient des blessures aux bras et un à la jambe. Selphie se servit de son don de soin pour arrêter le sang. Les soldats furent très impressionnés.


— Vous savez cette magie ne guérit que les petits bobos.

 

            Mais, elle souriait heureuse de ces compliments. Le Capitaine rejoignit Sethsuno qui distribuait de l’eau à chacun.

 
— Vous êtes tous très doués pour le combat. Cid Kramer est un très bon professeur, mais…

 

            Le jeune homme émit un petit rire.

 

— Cid nous a enseigné tout ce qu’il savait. Le reste nous l’avons appris de nous-mêmes grâce à la Forêt-Noire.

 

 

            Le lendemain, ils reprirent la route pour Galbadia. À chaque arrêt, ils furent attaqués, soit par des voleurs, soit par des Trollocs, ces êtres très grands et costauds avec des têtes d’animaux et les jambes d’un autre. Ils étaient de plus des horribles cannibales. Soit par les démons du feu, du vent, du poison, etc.. etc. Seifer finit par annoncer que ces attaques étaient louches. Sylen était d’accord avec lui. Seule Dame Amelyn ne voyait rien.

 

            Sethsuno prit finalement une décision en arrivant à une croisée de chemin. Le chemin de gauche menait à Galbadia, celui de droite à Trabia. Il tira sur les rennes de son cheval et le fit tourner pour être face au reste de la troupe, il annonça :

 

— J’ai décidé de créer deux groupes. L’un ira comme prévu à Galbadia, et l’autre a Esthar.

 

            Ces attaques respectives me font demander si les Lynos n’ont pas décidé de nous éliminer de leur équation.

 

— C’est juste, répondit simplement Seifer.

 

            Dame Amelyn, soupçonneuse, demanda :

 

— As-tu déjà fait le contenu des deux groupes ?

 

            Sethsuno sourit malicieusement.

 

— Mais oui, très chère ! Mais sachez que je fais confiance à chacun de mes amis.

 

            Il les observa tous un par un, puis lâcha :

 

— Seifer, Irvine, Quistis et Raijin vous partiraient pour Galbadia avec Dame Amelyn et deux gardes.


— Moi ? Mais pourquoi Seth, s’exclama Seifer.

 

            Dame Amelyn s’écria :

 

— Vous n’avez pas le droit de donner des ordres comme cela, jeune homme. Il…

 

Sethsuno lui coupa la parole pour répondre à son ami.


— Seifer, je te demande d’interroger cette Princesse, afin de savoir ce qu’elle cache. Tu es le seul que je connais qui soit capable de faire ce miracle. Ensuite, tu me rejoindras avec les autres à Esthar.

 

            Seifer observa son ami droit dans les yeux. Il était heureux de voir que celui-ci lui faisait assez confiance pour lui confier une mission.


— Merci, je ne te décevrais pas.

 

            Le Capitaine Sylen prit enfin la parole.

 

— Pourquoi ai-je l’impression que c’est un ordre de vous accompagner ?

 

            Le jeune homme sourit et répondit franchement.

 

— Car c’est le cas. J’ai besoin de vous pour avoir l’occasion, de parler avec la Reine d’Esthar.

 

            Les deux groupes se séparèrent. La troupe de Sethsuno avançait avec entrain. Elle voulait arriver à Trabia avant la nuit. Selphie mena son cheval baie près de celui de son camarade.

 

— Merci de m’avoir pris dans ton groupe, Seth.

 

            Le garçon sourit :

 

— Tu viens de Trabia, Selphie. Je ne l’avais pas oublié. Le voyage pour Esthar est long. Nous passerons dans différentes villes. Zell sera heureux de revoir Balamb, je suppose.

 

            Selphie émit un petit rire joyeux.

 

— Il dit sans arrêt que les meilleurs bretzels se trouvaient à Balamb.

 

            Sethsuno secoua la tête avec un fou rire.

 

— Celui-là n’est heureux que quand son estomac est plein.

 

            Selphie porta sa main à sa bouche pour étouffer son fou rire.

 

— Il risque un jour de ressembler à une grosse patate toute ridée.

 

            Zell, curieux, demanda innocemment.

 

— De quoi parlez-vous tous les deux ?

 

Les deux amis se regardèrent et repartirent de plus belle dans leur fou rire.

  

            Seifer était très fier de sa mission et de plus il était content que son ami ait fermé le clapet de la mégère. Il n’y pouvait rien, mais il détestait la Sorcière. Il espérait sincèrement qu’elles n’étaient pas toutes comme leur chef Suprême. Irvine discutait avec Raijin de pêche. Quistis en eut assez et se rapprocha de Seifer. Depuis qu’elle se trouvait à l’orphelinat, elle avait toujours eu une préférence pour le grand blond aux yeux marron foncé presque noire. Elle avait su au premier abord qu’il venait d’une famille noble. Sa manière de se tenir, sa façon de parler enfin quand il voulait bien être aimable bien sûr. Il lui jeta un simple regard avant de regarder à nouveau la route devant lui.

 

— Tu as fière allure dans ton nouveau rôle de Chef, s’exclama la jeune fille.

 

            Seifer étira ses lèvres en un léger sourire.

 

— J’ai toujours voulu devenir un chef. Je ne sais pas pourquoi. De plus, je sais que je suis né à Dollet, mais mon père est de Galbadia. Mon grand-père y vit toujours d’ailleurs.

 

            Quistis fut très surprise en apprenant cette nouvelle.

 

— Je croyais que tu n’avais plus de famille.

 

            Le sourire de Seifer disparut et baissa la tête. Dame Amelyn se fit un plaisir de la renseigner.

 

— Robert Almasy, Duc de Florany à renier son fils Ticky ainsi que sa progéniture.

 

            La jeune fille ouvrit la bouche.

 

— C’est monstrueux. Cet homme doit avoir une pierre à la place du cœur… Euh… sait-il que son fils est mort ?

 

— Oui, nous avons appris sa mort voilà trois ans seulement. Il a simplement dit que son fils avait dû chercher cette mort.

 

            Le visage de Seifer se durcit.

 

— Je vais lui montrer ce qu’est un vrai Almasy à ce prétendu Grand-père. Mon père était un homme bon et généreux. Il m’a appris ce qu’était l’honneur et la loyauté. Je suis sûre qu’il serait fier de mes amis.

 

            Il se tut un instant puis d’une voix redevenue calme, il demanda :

 

— Le père de Seth était également un noble de Galbadia. Lui reste-t-il de la famille ?

 

            Dame Amelyn secoua la tête.

 

— Les parents de Rhys sont morts ruinés, peu de temps après qu’il s’était engagé chez nous. Rhys a pu envoyer de l’argent à sa sœur Alyssa et lui à ordonner de quitter la grande ville pour la campagne, a Shumy.