Chapitre 40

 

            Après une très longue journée, Kaigan s’apprêta à rentrer chez lui. Ismaël, le remarquant, s’avança vers lui. Il devait parler au jeune français. Il en avait largement discuté avec Gaku. Le jeune homme arrivé à sa voiture quand il aperçut l’homme sans âge. Il se tourna vers lui.

 

— Voulez-vous que je vous dépose, Ismaël ?

 

 

— Non, je dois me rendre ailleurs. Je voulais juste t’informer que tu es libre de faire ce que tu veux, maintenant.

 

            Ismaël faisait demi-tour quand Kaigan s’exclama :

 

— De quoi parlez-vous ?

 

— T’es con ou tu le fais exprès, Kaigan ? Le chantier est fini, tu peux rentrer chez toi maintenant. Ne veux-tu pas rejoindre ta famille ?

 

            Le dos posé contre la voiture, le jeune français observa son chef partir. Il secoua la tête. Celui-ci n’aurait pas pu le dire de meilleure façon. Kaigan jeta un coup d’œil vers l’immense immeuble du centre commercial. Ce n’était pas tout à fait vrai. Le chantier n’était pas encore terminé, mais apparemment, Gaku lui rendait sa liberté. Il émit un petit rire. Comme si, il était emprisonné. N’importe quoi !

 

            Sans plus tarder, Kaigan monta dans son véhicule et prit la direction de son appartement où vivait également son employeur. Moins d’un quart d’heure plus tard, il jetait sa veste sur le dossier d’une chaise. Il fouilla dans le frigo pour prendre une bière. Il se laissa ensuite tomber avec lassitude sur le canapé.

 

            Il ferma les yeux un instant. Il allait enfin pouvoir rentrer au pays. La France lui manquait, mais également les siens. Il s’inquiétait pour Hans. Il ne pouvait pas s’en empêcher. Chaque fois qu’il appelait, il espérait que son frère lui annonce avoir repris une vie normale. Mais, pour une raison inconnue, Hans ne lui disait presque rien sur lui à part qu’il avait repris le travail. Il lui cachait quelque chose. Il en était certain. Pourquoi ne voulait-il pas lui raconter ?

 

            En entendant la porte d’entrée claquée, Kaigan ouvrit les yeux. Il aperçut alors une créature de rêve s’approcher de lui. Elle s’arrêta juste devant lui. Il tendit une main pour l’inviter. Elle sourit et s’installa à califourchon sur ses longues jambes. Se penchant, elle l’embrassa avec tendresse. Ses longs cheveux noirs chatouillèrent légèrement ses mains posées sur la taille.

 

— Tu es encore en train de penser à ton frère. Je vais finir par être extrêmement jalouse.

 

— À ce point ? Voilà ce qui arrive quand tu tombes sur de vrais jumeaux.

 

            Akemi pencha la tête avec amusement.

 

— Moi, je trouve un certain avantage. J’en ai deux pour le prix d’un.

 

            Kaigan tiqua un peu. Le sourire d’Akemi s’agrandit.

 

— Mazette ! Heureusement que Hans préfère les hommes aux femmes. J’aurais eu bien du mal à choisir.

 

            Une main de Kaigan glissa le long de la fesse de la jeune femme. Il la pinça légèrement. Akemi grimaça. Pour se venger, elle lui donna de petits coups. En se chamaillant, ils chavirèrent sur le canapé. Allongée de tout son long sur le jeune français, Akemi avait presque envie de ronronner tellement elle s’y trouvait bien. Elle frotta son nez contre le menton piquant de son amant.

 

— Maintenant que ton travail est terminé, tu vas rentrer. Pas vrai ?

 

            La voix de la jeune femme un peu tremblante inquiéta un peu Kaigan. Il la força à redresser la tête afin de la regarder droit dans les yeux.

 

— Oui, je rentre en France. Mais, tu m’accompagnes, n’est-ce pas ?

 

            Cette phrase rassura la jeune femme aussitôt. Elle émit un petit rire.

 

— Je crois que je me suis fait peur toute seule.

 

— Banane.

 

            Elle lui donna un léger coup avant de l’embrasser à nouveau. Kaigan entoura la taille de sa bien-aimée et, avec une certaine acrobatie, changea les positions. Akemi se retrouva sous le corps puissant du français subissant avec délectation les baisers gourmands et des caresses de mains avides sur son corps. Sa robe fut rapidement une gêne. D’une main experte, le jeune homme fit glisser la fermeture et s’amusa à retirer petit à petit les pans de la robe tout en embrassant chaque parcelle de peau qu’il découvrait.

 

Akemi se cambra sous le plaisir donné par cette bouche avide. Elle se laissait volontiers dévorer. Gémissant de plaisir quand la langue arriva dans sa moiteur moite. La jeune Japonaise en oublia tout. Quand, il ne tient plus. Kaigan s’enfonça dans cette partie intime qui l’accueillit avec délectation.

 

Rompu de fatigue, Kaigan se positionna sur le côté tenant serré contre lui le corps parfait d’Akemi. Celle-ci leva sa main gauche. Une bague en or blanc avec un petit saphir venait d’y faire son apparition.

 

            Akemi se mordait la lèvre pour ne pas craquer. Quand est-ce qui lui avait glissé la bague ? Elle n’arrivait pas à s’en souvenir. Kaigan avait tendance à lui faire tout oublier. Elle se moula encore plus contre lui. Le jeune homme attrapa sa main et déposa un baiser sur l’annulaire de la main gauche.

 

— Tu as perdu ta langue, Akemi ?

 

            La jeune femme gémit légèrement.

 

— Ah ! Tu n’en veux peut-être pas, continua Kaigan.

 

            La jeune femme redressa aussitôt la tête. Apercevant son sourire amusé, elle se rendit compte qu’il se moquait d’elle. Une petite moue s’afficha sur ses lèvres. Kaigan émit un petit rire. Il l’embrassa tendrement.

 

— Baka ! lâcha-t-elle finalement. Gare à toi si tu oses me la reprendre. Kaigan ? Tu ne peux pas faire comme tout le monde. Me faire la demande comme tout preux chevalier doit faire ?

 

            D’un coup de reins, Kaigan repoussa à nouveau la jeune femme sous lui. Il lui adressa un sourire carnassier et lui répondit :

 

— Mais mademoiselle Akemi, je ne suis assurément pas un preux chevalier. Je n’aime pas faire comme le reste du monde non plus. Les demandes classiques sont d’un tel ennui, je préfère le sous-entendu. Alors ?

 

            Un sourire s’afficha sur les lèvres bien dessinées de la jeune Japonaise. Elle aimait cet homme comme jamais elle n’aurait cru pouvoir aimer. Elle se sentait très chanceuse. Non seulement, elle avait eu une enfance merveilleuse grâce à deux hommes adorables et maintenant, elle allait passer le reste de sa vie avec un homme qui l’émerveillait à chaque instant. Elle amena son visage vers le sien et lui chuchota à l’oreille.

 

— Pour le meilleur ou pour le pire, j’accepte.

 

            À peine venait-elle de finir sa phrase qu’elle se fit aussitôt assaillir par un fauve à nouveau affamé. Elle le laissa faire sans rechigner. Elle y prenait toute autant de plaisir et elle ne se gênait pas à y mettre du sien également. Certes, elle serait un triste de quitter Gaku et Shuei, mais elle ne regretterait jamais son choix.

 

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            Ne sachant plus quand Hans se décidait à venir lui rendre visite, Léon avait fini par lui faire un double de ses clefs. Ainsi quand il rentrait de son boulot, il avait parfois la chance de trouver son amant chez lui installé dans le canapé lisant un livre ou préparant le repas du soir. Léon ne savait pas trop comment réagir. Il avait peur de se faire des idées. Mais avoir Hans à porté de main, il lui était de plus en plus difficile de rester sur ses gardes.

 

            Ce soir-là ne fit pas exception. Hans se trouvait dans la cuisine lisant le journal. Quand il ressentit la présence du propriétaire des lieux, le jeune homme leva la tête vers lui avec un sourire de bienvenue. Léon ne put résister à la tentation comme toujours. Il se pencha et l’embrassa ave passion. Il eut bien du mal à quitter cette bouche aguichante. Le regard un peu trouble, le rouquin prit de la distance.

 

            Hans l’observait en silence. Se rendait-il compte du pouvoir qu’il détenait sur lui ? Léon ne saurait le dire tellement le visage aimé n’exprimait aucune perturbation. Hans pencha la tête. Il n’avait pas vraiment besoin de mot pour se rendre compte à quel point son ami était troublé. Il savait bien qu’il n’avait qu’un seul mot à dire pour calmer la tempête dans le cœur de Léon, mais il ne s’en sentait pas encore capable. Il finit par dire.

 

— J’ai eu une demande pour du baby-sitting pour ce soir donc je ne pourrais pas rester.

 

            Le regard de Léon s’assombrit. Hans esquissa un sourire, amusé.

 

— Veux-tu m’accompagner ?

 

— Puis-je ?

 

— Si je te le demande, c’est que tu le peux, banane.

 

            Fronçant les sourcils sur le surnom, Léon se rendit à la salle de bain afin de se changer. Se déshabillant pour prendre une douche, il se retourna d’un seul coup vers la porte. Il aperçut Hans gentiment appuyé contre la porte. Celui-ci s’approcha presque à le frôler et déposa une main sur l’épaule de Léon et la fit glisser en caresse jusqu’au poitrail. Le cœur de Léon battait la chamade. Les yeux verts pailletés d’or se levèrent vers ceux bouteilles, un sourire de gourmandise affiché sur les lèvres.

 

— Nous avons encore un peu de temps. Pourquoi ne pas nous occuper convenablement en attendant l’heure ?

 

            Envouté, Léon ne se le fit pas dire deux fois, il posa ses mains sur les hanches de Hans et l’amena plus près. Se dévorant avec frénésie, les deux hommes se chargèrent de finir de se déshabiller. Hans finit par pousser Léon contre le lavabo et se baissa en faisant glisser ses lèvres et sa langue sur la peau nue afin de gagner le nerf tendu. Léon ferma les yeux sous les sensations dévastateurs dont l’affubler son amant.

 

Sentant qu’il ne tiendrait pas longtemps sous cette délectation, Léon repoussa au bout d’un certain temps son compagnon afin de le relever et de changer les positions. Hans se trouva à son tour devant le lavabo d’où il s’appuya. Léon déposa ses lèvres sur la nuque tandis que ses mains vagabondaient fébrilement sur ce corps vibrant de désir. Finalement, une main se rendit sur le devant et l’autre sur les fesses faisant gémir Hans de façon continue. Puis n’y tenant plus, il le pénétra d’un coup de rein énergique. Hans laissa échapper un petit cri, mais oublia rapidement la douleur légère pour la pleine jouissance.

 

Quand les sensations se clamèrent petit à petit, Léon entraîna son amant sous la douche. Hans se laissait faire sans rien dire. Il avait juste posé son visage dans le cou de Léon. Celui-ci le serrait contre lui en silence laissant l’eau chaude faire leur effet sur leur corps rompu. Puis d’un seul coup, Léon éloigna Hans en grondant.

 

— Eh ! Qu’est-ce que tu es en train de faire ?

 

            Hans émit un petit rire tout en fixant son ami d’un regard innocent. Léon fronça les sourcils, il secoua la tête en soupirant.

 

— T’avais besoin de me faire un suçon ?

 

— De cette façon, cette secrétaire arrêtera de te faire les yeux doux.

 

— Et je n’ai pas fini d’entendre les moqueries de mon patron.

 

            Hans, toujours en riant, se mit en devoir de laver le corps parfait de son amant. Léon l’arrêta au bout d’un moment.

 

— Évite de me titiller encore plus. Sinon, tu n’iras jamais faire ce baby-sitting.

 

— T’es vraiment pas drôle.

 

            Quelques minutes plus tard, les deux hommes furent enfin prêts. Léon avait bien eu du mal, car Hans avait continué à l’exciter à volonté tout en s’esquivant quand celui-ci craquait. Léon devait bien admettre que finalement il ne connaissait pas aussi bien Hans qu’il le croyait. Cet homme lui montrait des facettes de sa personnalité qu’il n’avait encore jamais remarquée.

 

            Léon se laissa guider. Hans ne lui avait absolument pas indiqué où ils se rendaient. Sa seule réponse fut un sourire amusé. Ils se rendirent dans le quartier voisin. Léon reconnut aussitôt l’endroit. La boutique de fleur de Harumi Sanada Marcello s’y trouvait. Il sut alors chez qui ils se rendaient.

 

            L’appartement de Marko Marcello se trouvait juste au-dessus de la boutique. Dès leur arrivée, les deux hommes reconnurent une voix dans la cuisine. Hans abandonna son compagnon et les propriétaires des lieux pour se rendre à l’endroit. En apercevant le japonais lu tournant le dois, un sourire pervers étira les lèvres de Hans. Il s’en approcha et donna une clique sur les fesses du japonais. Celui-ci se retourna en furie, mais il resta bloqué en reconnaissant le protagoniste.

 

            Harumi qui avait suivi avait remarqué le choc de son fils. Elle en fut très étonnée. Habituellement, Sawako frappait d’office le protagoniste qui l’ennuyait. Hans se mit à rire. Il s’approcha de la Japonaise. Il l’embrassa sur la joue.

 

— Je ressemble trop à Shin, avoua Hans à la femme.

 

— C’est vrai qu’on pourrait vous confondre si vous aviez le même âge.

 

— Je finirais par t’étriper un jour, Hans, grogna Sawako, boudeur.

 

— Sorry, mais c’était trop tentant, Sawa.

 

            Le japonais grogna de plus belle. Léon et Mako firent leur apparition. Sawako jeta un coup d’œil vers le rouquin et vers le petit emmerdeur du soir. Ce simple coup d’œil lui suffit pour connaitre leur lien. Il aurait au moins une bonne nouvelle à annoncer à Shin. Celui-ci arrêterait de se faire du mouron pour son fils. Hans semblait d’ailleurs avoir repris du poil de la bête étant donné son humeur taquine.

 

— Alors Sawa ? Qu’est-ce que cela fait d’avoir un petit frère ?

 

            Le japonais haussa les épaules sans répondre. Il tourna le dos. Amusé, Hans se tourna vers Harumi. La femme secouait la tête en soupirant. Elle avoua :

 

— Il est pénible. Il n’arrête pas de nous dire ce que nous devons faire pour élever. Et en plus, il nous interdit de lui donner n’importe quoi comme nourriture.

 

— Hors de question que vous donnez à Dan, de la nourriture en conserve ! Rouspéta aussitôt Sawako.

 

            Laissant Harumi et son fils déblatéraient, les deux arrivants suivirent Mako vers le salon où reposait un petit garçon de presque neuf mois. Hans s’approcha et l’observa. Dan avait un mélange de ses parents, un petit côté latino-asiatique. Un petit bouchon qui ferait des ravages dans quelques années et en faisait déjà d’ailleurs.

 

— Cela ne vous dérange absolument pas de le garder ? demanda Mako aux deux hommes.

 

            Hans leva les yeux vers le jeune homme. Mako Marcello était le meilleur ami de Xavier Deschamps, le nouveau propriétaire du « Cool Baby ».

 

— Je te l’ai déjà dit, Mako. Ça ne me dérange pas. Amusez-vous bien et salut, les autres pour moi d’accord ?

 

            Le couple avait été invité d’aller au restaurant avec leurs amis. Shin et Sawako s’y rendaient également. À vrai dire, Harumi se sentait un peu intimidée, car elle serait pratiquement la seule femme du groupe. Mais comment ne pas se sentir toute petite face à tous ses beaux mâles ? Au moment du départ, Sawako se tourna vers les deux jeunes hommes.

 

— Soyez sages, tous deux.

 

— Tu peux parler, Sawa. Fais gaffe au grand méchant Viking, répliqua Hans.

 

            Le japonais fronça les sourcils. Le bougre, il aurait pu éviter de lui parler de Nathaniel, mais il n’avait pas tort. Bah ! Cet homme adorait être frappé de toute façon. Quand tout le monde s’en alla, Hans retourna vers le salon. Léon s’approcha en se positionnant derrière et lui enserra la taille. Hans sourit et porta une main vers la joue un peu piquante du rouquin.

 

— Et si nous mangions avant que ce petit démon ne se réveille et nous mette hors service tous les deux.

 

— Ah ? Serait-il aussi sauvage que son grand frère ?

 

            Hans se libéra et se rendit dans la cuisine.

 

— Oh oui ! Il s’est de qui tenir ce petit diable.