Chapitre 31

 

            Le soir après toute cette journée dans les magasins, Kaigan n’en pouvait plus. Il ne voulait plus revoir un magasin avant très longtemps. Mon dieu comme ses filles pouvaient acheter ! En plus, il avait dû être de corvée de porter les paquets tout comme Hans et Shion. Son frère n’avait pas arrêté de faire des allusions ou des sous-entendus dès qu’Akemi se trouvait dans les parages.

 

            La jeune Japonaise ne savait plus où se mettre à force. Kaigan avait plusieurs fois eu envie de l’étriper, sans compter sur Shion qui en rajoutait. Akemi était ravie de sa journée. Elle s’était amusée comme une folle. Shion les avait fait bien rire quand il eut l’irrésistible envie d’ennuyer Kaigan.

 

            Quand les deux filles rentrèrent chez elles, Kira fonça à l’étage pour prendre un bain, Akemi préféra aller remercier les deux hommes qui l’avaient élevé pour lui avoir donné une certaine somme pour se rhabiller. Shuei se trouvait dans la cuisine avec un Gaku qui tentait de piquer de la nourriture dans le plat. Shuei le menaçait avec une cuillère en bois. Ils se retournèrent vers elle à son entrée.

 

— Euh ! Désolée de vous déranger tous les deux. Je voulais juste vous remercier pour cette journée.

 

            Shuei secoua la tête, surprise.

 

— Baka ! Pourquoi nous remercier ? Si tu es heureuse, alors nous le sommes aussi. Et puis, si tu veux vraiment nous remercier, viens nous faire un câlin plutôt.

 

            La jeune femme s’élança et se jeta dans les bras de Shuei. Elle l’embrassa sur les deux joues.

 

— Eh ? Moi aussi, j’en veux un, s’exclama Gaku, jaloux.

 

            Akemi émit un petit rire avant de changer de bras. Gaku la serra tendrement en lui caressant la tête comme il le faisait quand elle était plus jeune.

 

— Mazette ! Qu’est-ce que vous avez grandi toutes les deux ! Ma petite pleurnicheuse est devenue une bien jolie jeune femme.

 

            Akemi frotta son nez contre le torse.

 

— Je vous aime tous les deux.

 

— Mmmh ! Ce n’est pas souvent que tu nous le dis. Ça fait plutôt plaisir. Parfois, j’ai même cru que tu me détestais, murmura Shuei, s’occupant à nouveau du dîner.

 

— Je ne t’ai jamais détesté, Shu chan. Je t’adore.

 

            L’homme aux yeux vairons lui adressa un magnifique sourire. De sa main libre, il lui pinça le nez. Il finit par lancer.

 

— Va chercher Kaigan. Dis-lui que je l’invite à dîner. Il n’a pas intérêt de refuser.

 

            La jeune Japonaise quitta la chaleur des bras de son grand cousin. Elle approchait de la porte, quand elle entendit clairement Gaku lui lançait.

 

— Et profite aussi pour lui dire que tu l’aimes une bonne fois pour toutes.

 

            Akemi s’échappa les joues rouges. Devant la porte du jeune Français, elle hésita à enter. Elle inspira un bon coup, puis elle se décida à pénétrer, dans la tanière de ce jeune homme qui lui faisait battre le cœur comme personne. Évidemment, elle ne le prévient pas et resta donc clouer sur le seuil à l’apercevant dans le salon portant seulement son jean.

 

            Kaigan raccrocha et se retourna. Il lui avait semblé avoir entendu la porte d’entrée. Il remarqua la jeune femme figée. Étonné, il se rapprocha et aperçut les joues cramoisies. Dieu ! Qu’est-ce qu’elle était jolie ainsi ! Il s’arrêta à quelque pas d’elle. Elle leva ses yeux marron vers lui, troublée. Leurs regards se croisèrent et ne se quittèrent plus. Finalement, Kaigan se pencha et déposa ses lèvres sur celle de la jeune Japonaise, tout en douceur.

 

            Akemi laissa le jeune homme l’embrasser comme il le désirait. Elle ressentait une chaleur se fondre dans tout son corps. Elle lui entoura le cou de ses bras pour accentuer la sensation. Quand il redressa la tête, Kaigan déposa un baiser sur son nez avant de s’éloigner légèrement, mais il la garda dans ses bras.

 

— Je croyais que tu ne m’embrasserais jamais, Kai chan. Hana chan et Ismaël n’arrêtaient pas de me dire que tu m’aimais, que c’était flagrant comme le nez au milieu de la figure, je n’osais pas les croire, car tu ne faisais rien pour te rapprocher de moi.

 

— Je suis désolé. Je ne suis pas très doué. Hans me dit tout le temps que je me pose trop de questions. Il a bien raison. Akemi, je t’aime. C’est une chose qui est vraie, mais cela me fait peur en même temps, car je ne resterais pas au Japon.

 

            La jeune femme se serra contre lui. Elle se sentait un peu intimidée, mais heureuse.

 

— Baka ! Gaku et Shuei m’ont toujours avoué qu’ils ne chercheraient jamais à me retenir si un jour, je décidais de voyager. La France est peut-être assez loin, mais cela ne m’empêchera pas de revenir ici de temps à autre. Mais avant, je dois terminer mes études. Pour cela, Shuei est intransigeant.

 

            Kaigan sourit. Il lui caressa la joue. Un bien-être le tenaillait. Hans avait raison. Il se comportait depuis quelque temps comme un idiot. Il aurait dû avouer ses sentiments depuis longtemps. Il pouvait vraiment être un boulet.

 

— Ne t’inquiète pas, Akemi. Je ne partirais pas de suite. Je dois finir ce que j’ai commencé. Si je lâche maintenant, je perdrais à jamais le respect de Gez san.

 

— Ismaël ? Il est terrible, pas vrai ? Mais, je l’aime bien. Il est mordant, mais ses conseils sont toujours très avisés. Même si j’avoue que petite il me terrorisait, gloussa-t-elle. Allez viens ! Shu chan t’invite à notre table. Interdiction de refuser.

 

            Elle se pencha sur les pointes et elle déposa un baiser sur les lèvres. Puis, elle lui attrapa la main et le tira de ses songes.

 

            Dans une chambre d’hôtel, Hans raccrocha. Il se laissa tomber sur le lit, amusé. Il venait de quitter son frère même pas une heure auparavant, mais celui-ci l’avait appelé juste comme ça. Quel idiot ! Le jeune homme s’étira de tout son long, puis il se redressa sur les coudes. Shion en mettait du temps dans la salle de bain. En ayant assez d’attendre son tour, le jeune français poussa la porte de la salle de bain.

 

            Il apercevait à travers la fenêtre de douche le corps parfait de Shion. Il eut un sourire de gourmandise. Il se déshabilla rapidement. Il poussa la porte. Le Japonais se tourna vers l’arrivant. Ses yeux sombres s’illuminèrent aussitôt.

 

— Je me demandais combien de temps tu mettrais avant de me rejoindre.

 

            Il attrapa le bras du Français et il l’attira contre lui. Leurs lèvres se scellèrent rapidement. Le corps de Hans s’embrasa comme un brasier. Shion ne lui laissa plus le temps de dire quoi que ce soit. Il se mit à dévorer chaque centimètre de peau donnant tout l’amour qu’il possédait en lui à sa lumière comme il aimait le surnommer de temps à autre.

 

            Après s’être rassasié, Shion se mit en devoir de laver correctement son homme. Celui-ci tenta bien de protester, car le Japonais recommençait à le tenter par des caresses subtiles, mais il n’eut jamais le dernier mot. Ensuite, Shion le souleva et le porta jusque dans la chambre pour le déposer délicatement sur le lit. Il reprit son exploration de ce corps qu’il connaissait par cœur. Hans finit par le laisser faire tout ce qu’il voulait.

 

            Le reste de la semaine, Hans profita de ses quelques jours de congé pour profiter de son frère toujours en compagnie de Shion. Il fut ravi de voir que Kaigan s’était enfin lancé dans une relation sincère. Avant de quitter Obihiro, il murmura à l’oreille d’Akemi qu’il était très heureux d’avoir une sœur de sa trempe. Les joues rouges comme des coquelicots, la jeune Japonaise lui avait offert un baiser plein de tendresse en lui chuchotant qu’elle était elle-même très heureuse d’avoir un futur frère comme lui.