07 août 2011

Les spirales version 2 : 28

 

Chapitre 28

 

      Tout le reste de la semaine, Sasha tourna en rond. Il ne savait pas quoi faire. Il avait hâte finalement que l'école recommence. C'était une première. Il s'ennuyait. Asia et Raven n'étaient pas présentes. Cody Amory avait offert un voyage à sa petite sœur. Il voulait passer les quelques jours restants de vacances avec son frère Ben et sa sœur, juste tous les trois. Ils en avaient besoin.

 

      Raven, en compagnie de son père et de sa sœur, était reparti en Grèce pour passer le Nouvel An avec sa famille de là bas. Elle n'en avait pas vraiment envie, mais elle ne pouvait pas refuser.

 

      Catarina dut elle aussi repartir à Paris. Elle n'en avait pas vraiment envie, non plus, mais elle avait une représentation dans les jours qui allait suivre. Elle serra son fils, comme jamais elle ne l'avait fait. Sasha en était même surpris. Elle s'excusa également de son absence pour le Nouvel An. Elle remercia chaleureusement Elone de l'avoir supporté pendant ces quelques jours.

 

      Celui-ci n'en revenait pas. Cette femme était vraiment étrange. Il en fit la remarque à Edwyn. Son compagnon lui conseilla d'éviter de réfléchir. Il ne la comprendrait jamais, autant éviter un mal de crâne pour rien.

 

      Certes, Xavier l'assaillit de texto comme convenu. C'était même ces moments de plaisir pour le garçon. Sasha ne pouvait plus nier qu'il appréciait de plus en plus la présence de l'étudiant. Il lui manquait beaucoup.

 

      Au fil des jours, Sasha comprit aisément que Xavier ne se sentait pas très à l'aise chez ses grands-parents. Il ne savait pas la raison, mais il le sentait. Il aurait bien aimé poser des questions, mais en texto, ce n'était pas évident.

 

      La veille du jour de l'an, Sasha déprimait encore plus. Il allait passer la soirée avec son père seulement. Il l'adorait, mais il aurait aimé qu'Elone y soit également. Mais, celui-ci était astreint à l'hôpital. La poisse !

 

      Edwyn fit son possible pour combler l'ennui de son fils. Il accepta tous les caprices de Sasha sans broncher. Il dut subir la torture de la wii pendant des heures. En soirée, il l'emmena au restaurant. Là, Sasha retrouva un peu le sourire et sa bonne humeur. Après tout, ce n'était pas tous les jours d'aller manger dans un restaurant chic.

 

      Après le repas, Edwyn emmena son fils en promenade dans le parc voisin. Un feu d'artifice était prévu étant donné que le temps le permettait. En attendant, ils se mêlèrent à la foule avec qui ils discutèrent de temps en temps. Cette ambiance était très conviviale. Sasha n'en avait jamais connu, tout du moins dans ses souvenirs restants.

 

      Mais quelque chose le chagrinait. Il n'avait eu aucun message de Xavier depuis le matin. Pourquoi ? L'étudiant lui en envoyait continuellement depuis son départ. Pourquoi ce jour précis, silence radio ? La veille, avait-il dit quelque chose, qui ne fallait pas ?

 

      Petit à petit, sa bonne humeur s'envola à nouveau. Il en avait marre de se poser toujours des questions. Il en avait marre de toujours s'angoisser ! Pourquoi pensait-il toujours au mal ? Il devait avoir une bonne raison au silence de Xavier. Il devait arrêter d'y penser.

 

      Edwyn observait son fils depuis un moment. Il vit rapidement son changement d'humeur. C'était inscrit sur son visage. Il se mordait la lèvre inférieure. Il jouait avec ses doigts à s'en faire mal. Sasha commençait à s'angoisser et cela l'énervait.

 

      Edwyn soupira. Il jeta un coup d'œil autour de lui. Les gens s'approchaient de plus en plus du lieu où le feu allait avoir lieu. Il réfléchit un instant avant de demander à son fils s'il voulait rentrer. Sasha adressa un sourire d'excuse à son père.

 

      Les deux hommes retournèrent donc à la voiture pour reprendre le chemin du retour. Sasha resta silencieux tout le long du trajet, mais il eut un hoquet en apercevant le véhicule garé devant leur immeuble. Dès que son père fut garé, Sasha n'attendit pas.

 

      Il fonça vers les escaliers. Il arriva sur son palier essoufflé. Il aperçut alors Xavier, assis sur le sol, le dos appuyé contre le mur. Celui-ci se redressa. Sasha remarqua très vite que son ami ne semblait pas de bonne humeur. Il semblait triste et en colère également. Mais, pour l'instant, il était bien trop content de le voir. Il s'approcha, un peu intimidé.

 

— Qu'est-ce que tu fais ici, Xavier ? Je croyais que tu étais chez tes grands-parents ?

 

      L'étudiant baissa son regard vers le garçon. Il haussa les épaules.

 

— Je préfère ta compagnie plutôt que celle d'imbécile heureux.

 

      Sasha jeta un coup d'œil surpris à son ami. Que s'était-il passé ? Ce devait être assez grave pour qu'il parle ainsi. Mais, il n'eut pas le temps de poser la moindre question. Edwyn arriva à ce moment-là.

 

— Tient ! Viens-tu nous tenir compagnie, Xavier ? Tu as eu une bonne idée. Mon fils s'ennuyait.

 

      Sasha sentit ses joues s'enflammer. Edwyn ouvrit la porte de l'appartement et les invita à entrer. Le garçon répliqua :

 

— Papa est de bonne compagnie, mais il ne tient pas la route. Il se fait vieux, le pauvre.

 

— J'hallucine ! Me faire traiter de vieux !

 

      Xavier eut un sourire devant la chamaillerie entre le père et le fils. Ils s'entendaient de mieux en mieux. C'était plaisant à voir. Il soupira. Il espérait sincèrement que sa mère ne lui tiendrait pas rigueur de sa fuite et surtout de son coup de colère envers ses grands-parents.

 

      Habituellement, quand il quittait un endroit après une dispute, il se rendait toujours chez Mako. Son meilleur ami avait toujours été celui qui devait écouter sa rancœur. Cette fois-ci, il avait préféré la présence de Sasha. Le garçon prenait de plus en plus de place dans sa vie. Il ne pouvait pas le nier. Il en était complètement obnubilé.

 

      Edwyn se rendit dans la cuisine pour préparer trois grandes tasses de chocolat chaud. Sasha disparut vers sa chambre. Xavier se demandait ce qu'il devait faire. Il s'était invité sans prévenir. Il rejoignit la cuisine. Edwyn l'invita à s'assoir.

 

— Je suis désolé de m'incruster sans invitation.

 

— Ce n'est pas grave. Sasha s'angoissait que tu ne lui écrives pas de texto depuis ce matin. Il n'arrêtait pas de regarder son portable avec une sérieuse envie de le balancer.

 

      Xavier baissa la tête. Il posa ses coudes sur la table.

 

- Je ne savais pas quoi lui dire. Je n'étais pas dans mon assiette. J'avais peur de marquer des choses pas très agréables alors je m'en suis abstenu.

 

      Edwyn déposa une tasse devant l'étudiant. Il était assez stupéfait. À croiser le jeune homme, il l'avait toujours vu égal à lui-même. Il avait un moral d'acier. Il savait aussi où il allait. Il avait les pieds sur terre et semblait plutôt confiant. Il ne l'avait jamais vu démoraliser.

 

— Que s'est-il passé ? Demanda-t-il, franco.

 

      Xavier touilla sa cuillère dans la tasse, indécis.

 

— Oh ! Ce n'est pas grand-chose. Je me suis juste pris la tête avec mon grand-père sur un sujet. Ma grand-mère s'y est mise également et cela a fini en dispute. Ma mère ne savait pas comment agir. Quant à ma chère sœur, elle a décidé de tenir avec mes grands-parents. Finalement, j'ai préféré claquer la porte et me voilà.

 

      Edwyn secoua la tête. Pas grand-chose ? Il ne le croyait pas vraiment. Pour mettre en colère l'étudiant, ce devait être bien plus sérieux. Il hésita un instant, puis le père de Sasha demanda :

 

— Ce ne serait pas en rapport avec mon fils, même indirectement.

 

      Xavier soupira. Il eut un rire un peu amer.

 

— Mon grand-père est homophobe, Edwyn. Il l'a clairement fait savoir ce matin lors d'une simple information à la télé. Je n'ai rien dit au début. Mais, je n'ai pas pu m'empêcher de donner mon point de vue. Cela a dégénéré jusqu'à finalement me mettre en colère. À la fin, j'ai fini par leur dire que je n'avais pas à mettre les pieds chez eux puisque je faisais partie de ces déviants détestables.

 

      Edwyn écouta sans rien dire. Il savait bien que tout le monde n'était pas d'accord pour les couples de mêmes sexes. Même si les mœurs avaient bien évolué, ils y auraient toujours des réfractaires. C'était ainsi et personne n'y pouvait rien.

 

      Le téléphone du salon se mit à sonner. Étant donné, l'insistance de l'appareil, Edwyn s'y rendit pour répondre. Xavier baissa à nouveau sa tête vers sa tasse en soupirant. Sasha regarda son père s'éloigner. Il était arrivé en silence. Il n'avait pas prévenu de sa présence.

 

      Il s'approcha de son petit ami et entoura son cou de ses bras. Xavier sursauta. Il ne l'avait pas entendu arriver. Le visage enfoui dans son cou et le corps moulé contre le sien, Xavier se sentit rasséréné. Il ne regrettait pas ses paroles blessantes envers ses personnes de sa famille. Comment ne pas apprécier cette chaleur ?

 

— Est-ce que cela va aller, Xavier ? C'est tout de même ta famille. Le docteur Descamps doit s'inquiéter.

 

— Ne t'inquiète pas pour ma mère, Sasha. Elle est solide. Je me suis déjà excusé auprès d'elle par texto. Elle m'a répondu que j'avais eu raison même si elle a été surprise de mon coming-out.

 

      Sasha se serra un peu plus. Il se mordait la lèvre.

 

— Elle m'a demandé si j'avais quelqu'un lors d'une séance. Mais, je lui ai dit que je ne voulais pas en parler, car trop récent. Je veux bien tout lui dire, mais je veux quand même garder un jardin secret. M'en veux-tu de ne lui avoir rien dit ?

 

— Bien sûr que non ! Moi non plus, je ne lui avais rien dit. Je ne lui ai jamais parlé de mes petites amies auparavant. Pourquoi commencerais-je maintenant ?

 

      Xavier attrapa les deux bras l'entourant et il se tourna vers le garçon. Il l'attrapa par la taille. Sasha posa ses mains sur les épaules larges de l'étudiant avant de les lever et de les poser sur les joues. Il baissa ensuite sa tête et déposa un simple baiser.

 

— Bonne année, s'exclama-t-il, ensuite.

 

      Xavier cligna des yeux, étonnés sur le moment. Ensuite, il jeta un coup d'œil sur l'horloge. Minuit venait de passer. Alors, il embrassa à nouveau le garçon avec un peu plus de passion avant de lui souhaiter lui aussi une nouvelle année.

 

      Sasha, les joues rouges, s'élança ensuite vers le salon en criant ses vœux à son père. Ensuite, l'étudiant l'entendit discuter avec quelqu'un d'autre. Il avait dû arracher le combiné des mains de son père.

 

      La bonne humeur de Xavier revint. Il attrapa son téléphone et composa un numéro. Une voix masculine se fit entendre à moitié endormi. Pfft ! C'était tout lui, ça !

 

— Bonne année, monsieur l'empoté.

 

— Empoté toi-même et bonne année à toi aussi, glandu !

 

— Avoue que je t'ai réveillé.

 

— Je n’avoue rien du tout. Je lisais.

 

      Tout à coup, un bruit sourd s'entendit au bout du fil et une autre voix se fit entendre.

 

— Bonne année, Mako !

 

      Le jeune homme fut surpris. Il pensait que son ami se trouvait chez ses grands-parents. Bah ! Comme toujours, il y aurait une raison à ce changement. Il finirait par le savoir.

 

— Mako ! T'n’es pas sérieux quand même ! Un jour de fête, on ne lit pas, on s'amuse.

 

— Merci, Sasha. Mais, pour pouvoir s'amuser, il faut être plusieurs.

 

— Alors qu'est-ce que tu attends pour venir illico chez moi. On va faire les fous tous les quatre, enfin tous les trois parce que papa risque de ne pas tenir, le pauvre !

 

— Mais, enfin tu as vu l'heure, Sasha.

 

— M'en fout de l'heure. Tu amènes tes fesses illico sinon je vais faire de ta vie un véritable enfer.

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12 août 2011

Les spirales version 2 : 29

 

Chapitre 29

 

      Mako arriva aussi vite qu'il le put. La menace de Sasha ne l'avait nullement effrayé, mais il s'ennuyait. Il avait toujours passé la nouvelle année seul. Habituellement, Xavier se rendait toujours chez les parents de sa mère bien qu'il n'en avait pas vraiment envie.

 

      C'était la première fois où son ami y dérogeait. Il supposait qu'il y avait dû se produire quelque chose pour qu'il n'y soit plus. Il finirait par le savoir. Xavier lui disait toujours tout même s'il n'en avait pas envie ou que cela ne lui plaisait pas.

 

      Mais depuis que Sasha Flagan était entré dans leur vie, Mako avait bien remarqué beaucoup de changement chez son ami. Xavier faisait toujours attention à ce qu'il disait ou faisait avec Sasha. Il prenait soin de lui. C'était très nouveau et intéressant. Finalement, quelqu'un avait réussi à dompter cette bête sauvage.

 

      Quand il arriva, il assista à une chamaillerie entre un père et son fils, sous les moqueries de Xavier. Edwyn finit par céder comme toujours. Sasha avait décidé de faire un karaoké sur les chansons des années 1980. Aucun des trois hommes n'eut l'occasion de refuser sinon ils subissaient la tyrannie du plus jeune.

 

      Edwyn finit par craquer trois heures plus tard. Il se faisait finalement vieux. Il laissa donc les jeunes s'amuser entre eux. En tout cas, il était ravi de voir son fils aussi joyeux et boutre en train. Il semblait infatigable et il plaignait sincèrement Xavier et Mako.

 

      En cour de route, Sasha avait répondu plusieurs fois au téléphone. Asia et ensuite Raven l'avaient appelé pour lui souhaiter une bonne année, ainsi que les petits Soba. Kaigan et Hans le supplièrent de venir les voir bientôt. Sasha ne put leur refuser et leur fit la promesse qu'il viendrait bientôt chez eux.

 

      À ces moments-là, Mako les bénit, car il pouvait souffler un peu, même si ce fut de courte durée. Le garçon empêcha ses deux amis de s'endormir. Il avait décidé de faire nuit blanche. Enfin, il tenta, mais il finit par s'endormir sur l'épaule de Xavier à sept heures du matin.

 

      L'étudiant se leva en emportant son fardeau avec lui. Il conseilla à son ami de se reposer. Mako obéit aux ordres. Il n'en pouvait plus de toute façon. Il n'avait jamais fait de nuit blanche, mais il devait bien s'avouer s'être bien amusé. Il jeta un coup d'œil à son meilleur ami dégouté. Xavier semblait être en excellente forme.

 

      Xavier se rendit dans la première chambre dont la porte était ouverte. C'était la deuxième fois qu'il mettrait les pieds dans l'univers de Sasha. Il fut agréablement surpris. Quand il y était entré la première fois, la chambre semblait simple et triste. Le garçon ne laissait aucune empreinte de lui dans la pièce, mais maintenant, c'était différent. Des posters étaient accrochés sur les murs, du linge trainé un peu partout jeté pêle-mêle. Xavier eut un sourire. Edwyn aurait une syncope devant le petit côté bordélique de la pièce.

 

      Après avoir fermé la porte avec le pied, Xavier s'approcha du lit et avec douceur, il déposa sa charge. Sasha ne se réveilla pas le moins du monde. Il se recroquevilla tout en marmonnant. Le jeune homme s'assit juste à ses côtés. Il l'observa un long moment. Il mourrait d'envie de le toucher, mais il n'osa pas. Il soupira. Il jeta un autre coup d'œil dans la chambre. Dans un coin, il aperçut une forme sous un drap.

 

      Intrigué, il se leva pour se rendre à l'endroit. Il tourna les yeux vers la forme endormie. Puis après une autre hésitation, il souleva le drap. Il fut surpris d'y voir apparaitre un piano blanc.

 

— C'est un cadeau de papa, d'Elone et de maman, murmura une voix légèrement endormie.

 

      Xavier sursauta comme pris en faute. Il se tourna vers le garçon. Celui-ci s'était redressé et se frottait les yeux en bâillant. Xavier ne put s'empêcher de se rapprocher. Il voulait le toucher et c'était plus fort que lui. Sasha poussa un petit cri de surprise quand il fut allongé avec contre lui le corps chaud de l'étudiant. Xavier le dominait, les bras posés autour de sa tête. Il le regardait fixement.

 

— On dirait que tes parents ont mis leurs greffes de côté pour t'offrir un cadeau en commun.

 

      Sasha n'osait pas bouger. Il sentait le corps de Xavier contre lui. Il se posait toujours des questions sur l'étudiant, surtout si celui-ci pourrait le désirer. Maintenant, il le savait. Xavier pouvait le désirer. Il ne pouvait plus le nier. Sasha parvint à répondre.

 

— Il y a bien une chose que j'ai comprise entre papa et maman, c'est qu'ils aiment se disputer. Finalement, je crois qu'ils sont devenus amis dans un sens. C'est bien, non ?

 

      Xavier baissa un peu la tête. Sasha retient son souffle. Leurs lèvres se frôlèrent. Sasha se sentit électrifié. Il jeta aux oubliettes toutes ses pensées négatives pour ne s'occuper que du présent. Il jeta ses bras autour du cou de l'étudiant. Leurs lèvres se joignirent dans un soupir d'affamé. Il perdit vite fait la notion du temps et de l'heure, seules les sensations que lui donnait Xavier lui importaient.

 

      Il se sentait même un peu honteux d'être ainsi caresser ou embrasser sur tout le corps. Les mains et la bouche de Xavier se trouvaient partout à la fois. Il ne se souvenait pas avoir déjà eu un plaisir aussi intense et aussi puissant. Pourtant, il ne se laissa pas dévorer sans en faire autant. Il n'était pas quelqu'un de docile. Il aimait recevoir, mais il appréciait par-dessus tout donner également. Ils s'embrasèrent mutuellement.

 

      Quelques heures plus tard, Sasha se trouvait bien au chaud dans les bras de Xavier. La tête posée contre l'épaule, il reprenait son souffle. En même temps, il commençait à reprendre ses bonnes vieilles habitudes, c'est à dire, à s'angoisser. Est-ce que Xavier avait apprécié être avec lui ? Ils avaient été jusqu'au bout. Peut-être l'avait-il dégouté maintenant ?

 

      Xavier, les yeux fixés au plafond, revenait peu à peu à la réalité. Il trouvait très agréable la présence de ce corps contre lui. Il ne pourrait plus s'en passer maintenant. Il finit par prendre la parole. En l'entendant, les joues de Sasha virèrent au rouge écarlate.

 

— Sasha ? T'es encore en train de t'angoisser pour rien !

 

— Mais... j’ai le droit.

 

      Dans un geste rapide, Sasha se retrouva à nouveau allongé sur le dos avec l'étudiant au dessus de lui. Il rougit de plus belle faisant sourire son ami.

 

— T'es mignon quand tu es gêné.

 

      En grognant, Sasha fit le geste de le frapper, mais Xavier, plus rapide, coinça ses mains avec les siennes de chaque côté du visage. Il chuchota à l'oreille du garçon, plus coquelicot que jamais.

 

— Sois sage sinon je risque de recommencer et tes charmantes petites fesses risquent de ne pas trop apprécier.

 

— Idiot !

 

      Pour ne pas tenter le diable, Xavier se redressa et s'éloigna du garçon. Il jeta un coup vers la porte. Il soupira.

 

— Je ne sais pas si je vais avoir le courage d'être en face de ton père.

 

— Pourquoi ? demanda Sasha.

 

— Comment être en face de lui après t'avoir fait crier autant ?

 

      Sasha ouvrit la bouche pour répliquer, mais il ne put rien dire sur le coup, très gêner. Il avait tellement aimé qu'il n'avait pas pu s'empêcher de le faire savoir. Ses joues reprirent de nouvelles couleurs. Mince, alors ! Depuis qu'il fréquentait Xavier, il ne faisait que rougir. Il n'était pas comme cela avant. Il parvint tout de même à avouer.

 

— Tous les murs de l'appartement sont insonorisés. Papa n'a rien entendu tout comme Mako.

 

      Xavier se leva sous le regard bleu ciel de Sasha, afin de se rhabiller. Le garçon ne pouvait pas détacher son regard sur le corps musclé de son petit ami. L'étudiant, amusé, ne put s'empêcher de formuler.

 

— Continue à me reluquer ainsi et je vais à nouveau te faire chanter.

 

      Aussitôt, le rouge revint au galop sur les joues de Sasha qui s'empressa de cacher son visage sous l'oreiller. Mince, il n'arrivait pas encore à croire qu'il avait passé le cap avec l'étudiant. Qu'allait-il se passer maintenant ?

     

      Après avoir repris une apparence plus décente, Xavier s'assit à nouveau sur le lit. Il tira sur l'oreiller. Il se pencha et mordit l'oreille tentante. Sasha poussa un petit cri et posa une main dessus. Il jeta un regard noir à son ami.

 

— Banane ! Ça fait mal !

 

— Bien fait ! Comme cela, tu arrêteras de te poser des questions stupides.

 

— Je ne m'en pose pas, marmonna Sasha, le regard fuyant.

 

      Xavier secoua la tête. Il caressa la joue et frôla d'un doigt les lèvres très tentantes.

 

— Menteur ! Répliqua l'étudiant, puis il garda le silence un moment avant de demander, d'une voix basse. Est-ce que tu m'aimes, Sasha ?

 

      Le garçon leva ses yeux bleus ciel vers ceux verts de Xavier. Il était sincère. Il voulait une réponse. Que devait-il dire ?

 

— Je... je ne sais pas. Je le crois, mais... c'est trop récent.

 

— Je sais. Mais, je vais te faire un aveu, Sasha.

 

      Le garçon baissa la tête. Il voulait l'entendre, mais en même temps, il ne voulait pas. Il avait peur. Xavier approcha son visage vers l'oreille de Sasha. Il lui chuchota :

 

— Je t'aime, Sasha. Ça fait peut-être ringard et cliché, mais c'est ce que je ressens. Je ne joue pas, je ne me mens pas. Que tu m'aimes ou pas, ça ne changera pas. C'est ainsi tout simplement.

 

      Xavier se redressa. C'est à ce moment qu'il s'aperçut les larmes sur les joues du garçon. Il eut un hoquet de surprise. Il le prit dans ses bras. Sasha se serra contre ce corps si chaud et il pleura de tout son soul. Quand il se clama, il enfouit son visage dans le cou. Il murmura d'une toute petite voix :

 

— Merci Xavier pour ta franchise et ton honnêteté. Je crois que je n'ai jamais connu quelqu'un capable d'être aussi sincère dans ses sentiments. Je suis très heureux d'avoir fait ta connaissance. C'est le plus beau cadeau que la vie m'ait offert.

 

      Pour la première fois, Xavier sentit ses propres joues rougir sous le compliment. Il ne s'était pas du tout attendu à cet étalage.

 

— Mince, Sasha ! Comment veux-tu que je réagisse maintenant ? Me voilà bien !

 

      Le garçon s'écarta un peu. Il aperçut l'air embarrasser de son petit ami. Il pencha la tête et gloussa.

 

— Bah ! Il va falloir t'y faire. Et je te préviens, je suis du genre très jaloux.

 

      Xavier ne répliqua pas. Son regard s'était fixé sur le torse dénudé de Sasha. Il avait bien du mal à ne pas le dévier vers le bas dont le drap ayant glissé révélant certaines formes plutôt subjuguant. Le garçon dut s'en rendre compte, car dans un geste rapide, il remonta le drap jusqu'au menton. Il grogna :

 

— Hors de question ! La marchandise est complètement hors service !

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19 août 2011

Une nouvelles vie : Ludwig et Reï.

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Ludwig Carlin Junior Forestier Lagardère et Reï Kashino Miori

du tome 2 Une vie Nouvelle.

Dessin réalisée par Clover-Doe.

http://clover-doe.deviantart.com/gallery/

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21 août 2011

Les spirales version 2 : 30

 

Chapitre 30

 

      Même si parfois, il avait des œillères devant les yeux, cette fois-ci, Edwyn s'aperçut assez rapidement d'un changement dans la relation entre son fils et Xavier. Il s'amusa juste à faire quelques remarques qui mirent Sasha à rudes épreuves.

 

      Edwyn voulait embarrasser l'étudiant, mais c'était peine perdue. Xavier ne s'en formalisait pas le moins du monde. Il répliquait tout autant ce qui finissait par faire rougir Sasha, tout comme Mako quand celui-ci comprenait de quoi il en retournait. Elone arriva juste à temps pour calmer le jeu.

 

      Vers la fin d'après-midi, Xavier prit congé avec Mako. Il devait retourner chercher sa mère et sa sœur, après leur appel. Sa bonne humeur s'envola aussitôt. Il n'avait pas vraiment envie de revoir ses grands-parents.

 

      Il eut de la chance. Aline Descamps avait dû comprendre à demi-mot que son fils ne voulait pas être face à eux. Elle l'attendait dehors en compagnie de sa fille. Cheryl ne bronchait pas, mais elle jeta un regard noir à son frère, avant de retourner textoter sur son portable.

 

      Aline observa son fils pendant un long moment en silence. Elle aimait bien le laisser conduire. Il ne roulait jamais trop vite. Elle pouvait être fière. Son fils s'en sortait plutôt bien. Elle avait toujours craint que le fait que son père ne soit pas près de lui l'empêche de se réaliser.

 

      Mais, Xavier savait très bien ce qu'il voulait. Il faisait toujours tout pour obtenir ce qu'il désirait par ses propres moyens. C'était un peu triste. Il avait toujours refusé qu'elle se prive pour l'aider dans ses besoins. Dès qu'il en avait eu l'âge, il s'était mis à travailler à mi-temps. Aline trouvait dommage qu'il ne veuille pas continuer ses études.

 

      Il avait toutes les cartes en main pour entrer en médecine. Il en avait même la patience, mais Xavier refusait. La médecine ne le dérangeait pas, c'était les études qui le rebutaient. Il n'aimait pas. Il s'ennuyait. Il préférait travailler. Elle savait bien qu'il se rendait plus souvent au « Cool Baby » plutôt qu'à l'université. Il n'y allait que pour la promesse qu'il lui avait faite de finir son année.

 

      Elle prit enfin la parole quand ils atteignirent l'autoroute. Elle voulait en savoir plus sur son coup de gueule la veille chez ses parents. Elle avait bien remarqué que son fils avait changé en quelques mois, mais elle n'aurait pas imaginé que c'était grâce à un homme. Elle n'arrivait pas encore à croire qu'il pouvait être sincère dans sa relation. Le fait qu'il soit avec un homme ne la dérangeait pas le moins du monde, même s'il lui faudra un certain temps d'adaptation. Mais, elle voulait savoir si c'était réellement sérieux et non, juste de la curiosité.

 

— Pourquoi as-tu décidé de nous parler de ta relation seulement qu'hier ?

 

      Xavier resta concentré sur la route. Il s'était douté que sa mère lui en parlerait.

 

— Je ne voulais pas vous en parler de cette façon. Mais, grand-père a dit des choses qui ne m'ont pas plu. Je n'aurais jamais pensé qu'il avait une telle étroitesse d'esprit. Il m'a bien abusé pendant des années.

 

      Il jeta un coup d'œil rapide à sa mère et à Cheryl. Celle-ci faisait comme si elle n'écoutait pas. Il secoua la tête. Il la connaissait trop bien sa sœur. Il avoua sans préambule :

 

— Maman, je sais très bien où je vais. Je ne joue pas. Je ne suis pas avec cette personne juste par curiosité comme tu peux le croire. Étant donné mon petit passé avec les femmes, je peux très bien comprendre que tu le penses. Mais, c'est différent.

 

— Bah ! Je ne me suis jamais permis de me mêler de ta vie privée. Je ne vais pas commencer maintenant. Est-ce que je le connais ?

 

— Mmmh ! Sûr ! C'est un de tes patients.

 

— Hein ?

 

— Maman ! On ne dit pas « hein » , on dit « comment » ou « pardon ».

 

— Xavier ! Ne commence pas à me faire la morale sur mon langage.

 

      Le jeune homme gloussa. Cheryl finit par se dérider et s'exclama :

 

— Bien obligé, m'man, car parfois, tu parles petit chinois.

 

— Arg ! Mais, vous allez arrêter de vous moquer de votre mère. Tu n'as pas répondu, Xavier !

 

      L'étudiant soupira. Il n'eut pas besoin de répondre, car sa sœur le fit à sa place.

 

— Maman, il est avec Sasha Flagan. C'est le seul autre homme qu'il connait qui soit ton patient et qu'il fréquente régulièrement.

 

— Sasha ? Voilà pourquoi il disait vouloir garder son jardin secret. Il avait juste peur de me le dire au cas où tu ne m'avais pas parlé de votre relation. C'est vrai que j'aurais eu un plus grand choc s'il me l'avait dit franco. N'as-tu pas peur de son amnésie ?

 

— Pourquoi le serais-je ? Parce qu'il y a une possibilité qu'il puisse retrouver la mémoire ? Personnellement, cela ne m'effraie pas le moins du monde. Mais, ses maux de tête, elles me font peur, par contre. Il en a souvent et c'est chaque fois où il essaie de forcer sa mémoire.

 

      Aline sursauta. Elle avait pourtant conseillé à son patient de ne jamais forcer sa mémoire. Elle trouvait étrange d'avoir laissé en vie un jeune homme qui avait surement dû voir quelque chose d'important. Avec les technologies actuelles, il y avait différentes manières de soigner une amnésie partielle, mais elle avait refusé de s'en servir. Elle pensait sérieusement que celui qui avait drogué Sasha avait prévu un système de blocage, de défense.

 

      Elle devait en discuter avec le docteur Mili Miori et le docteur Elone Pastoly. Le mieux serait de refaire des examens complets au garçon, afin de s'assurer encore une fois qu'il se portait bien et surtout, si la drogue avait totalement disparu. La drogue rouge mettait souvent très longtemps avant de disparaître de l'organisme. Elle s'accrochait comme une sangsue.

 

      Elle devait veiller également à bien faire comprendre à son patient qu'il devait arrêter de forcer sa mémoire. Il risquait de gros problèmes de santé en cas de forçage surtout si la mémoire avait été scellée avec une défense.

 

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      La reprise des cours fut bénéfique pour Sasha. Il commençait à s'ennuyer. N'ayant pas ses amis à disposition, il ne savait pas quoi faire. Xavier n'était pas toujours présent. Il travaillait beaucoup au bar. Son père lui avait consenti au moins deux fois à rester dormir au studio de son petit ami.

 

      La règle fut qu'il pourrait y aller à la reprise des cours que les week-ends. Sasha eut beau râler, Edwyn ne céda pas le moins du monde. Mais, il n'empêchait pas l'étudiant à venir chez eux. Il l'appréciait bien. Elone expliqua à Sasha qu'il devrait subir d'autres examens. Le garçon grogna comme pas possible. Il en avait assez de se rendre presque chaque jour à l'hôpital. L'homme dut user de beaucoup de patience pour lui faire entendre raison. Il bénit l'intervention de Xavier. Bien que celui-ci sortait avec le garçon, il ne s'empêchait pas à le critiquer quand celui-ci faisait quelque chose de travers.

 

      Ce jour-là ne fit pas exception. Il traita Sasha de gamin capricieux, qui avait toute l'attitude d'un enfant de primaire. Des mots blessants et vexants qui touchèrent leur cible avec fracas. Sasha s'enferma dans sa chambre en pleur. Edwyn avait tout entendu et il restait cloué sur place. L'étudiant n'avait pas sa langue dans sa poche. Quand il voulait dire quelque chose, il le disait et tant pis, si cela faisait mal.

 

      Xavier attendit quelques minutes avant de rejoindre le garçon dans sa chambre. Sasha n'avait même pas pris la peine de la fermer à clé. Il s'était recroquevillé dans un coin près de la fenêtre. Les bras autour de ses jambes, et le visage posé sur les genoux, il se raidit en entendant les pas s'approcher de lui.

 

      L'étudiant s'accroupit pour être à sa hauteur. Il attendit en silence que le garçon se redresse. Mais, têtu comme une mule, le garçon ne voulait pas céder. Il s'écria d'une voix un peu étouffée :

 

— Va-t'en !

 

— Non.

 

— Tu dis que tu m'aimes et pourtant, tu es méchant. C'est contradictoire.

 

— Non, ça n'a rien à voir. Je t'aime, Sasha. Mais, je ne suis pas du genre à rester silencieux quand la personne que j'aime agit stupidement et comme un gosse de dix ans. Que ça plaise ou pas !

 

      Sasha releva la tête. Il frotta son visage pour effacer les dernières larmes.

 

— Tu aurais pu être plus gentil dans tes propos.

 

      Xavier tendit une main vers le visage du garçon pour retirer une mèche gênante. Même avec les yeux rouges, Sasha ne perdait pas de son charme.

 

— Je ne suis pas quelqu'un de gentil, Sasha. Tu devras t'y faire. J'aime dire ce que je pense et je sais bien que parfois, cela peut faire mal. Mais, je suis ainsi.

 

      La main de Xavier se posa sur la joue du garçon. Elle glissa doucement vers la nuque. Sasha sentit un frisson le parcourir dans tout le corps. Il aimait bien cette sensation. Dans un geste non violent, Xavier tira le garçon vers lui. Bientôt, Sasha se retrouva emmitouflé contre le corps chaud de l'étudiant. Il enfouit son visage dans le cou. Il murmura :

 

— Pourquoi dois-je encore subir des examens ? J'en ai plus qu'assez !

 

— Je sais. Mais, c'est pour ton bien, Sasha. Et puis, c'est de ta faute aussi.

 

      Le garçon s'écarta pour être en face. Il boudait un peu.

 

— Pourquoi serait-ce ma faute ?

 

— Tu forces ta mémoire. Écoute, Sasha. Certes, tu as perdu une partie de tes souvenirs. C'est peut-être cruel pour les personnes oubliées. Mais, dis-toi que des souvenirs tu vas en avoir de nouveau. Le passé est le passé, le présent est le présent. Ça ne te suffit pas ?

 

      Sasha observa longuement son petit ami en silence. Puis, il posa ses deux mains sur les joues de l'étudiant et approcha son visage du sien. Il esquissa un sourire.

 

— Tu te fais vraiment du souci pour moi. Hein, Xavier ? Tu as vraiment peur pour moi. C'est mignon, je trouve.

 

      L'étudiant sentit ses joues s'enflammer. Sasha le perçait à jour trop facilement à son goût. Pour cacher son embarras, il fonça sur les lèvres tentantes qui le frôlaient presque. Sasha ne se fit pas prier pour répondre à l'invite.

Posté par Origine1975 à 13:21:46 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]


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