02 juillet 2011

Les spirales version 2 : 22

Chapitre 22

 

      Dernier jour des cours avant les vacances de Noël, le professeur Cody Amory eut la bonne idée de faire un contrôle-surprise. Ces élèves eurent beau le supplier, il ne céda pas d’un pouce. Sasha regarda sa copie et il soupira à fendre l’âme. Son professeur de Math était un pur sadique. Il aimait les faire souffrir, mais en même temps, il prenait toujours le temps de bien leur expliquer sans jamais se lasser.

 

      Le garçon soupira à nouveau en regardant sa copie. Il n’y arriverait jamais avec les mathématiques. Il détestait cette matière. Même Xavier, pourtant très patient, commençait à désespérer à lui apprendre quelque chose. Enfin, au moins avait-il remonté sa moyenne en français. C’était déjà une bonne chose. Même en anglais, il avait fait des efforts. Il en était fier d’avoir réussi en si peu de temps.

 

      Il jeta un coup d’œil par la fenêtre. La neige tombée au cours de la matinée recouvrait la cour de son blanc manteau. C’était un très joli décor qui sera détruit en moins de temps pour le dire dès que la sonnerie retentirait. C’était un peu dommage. Il se secoua un bon coup. Il avait un devoir à finir. Il regarda à nouveau sa copie avec fatalité.

 

      Quand la sonnerie retentit enfin, elle le fit sursauter. Il avait fait son possible, mais il n’avait pas réussi à tout finir. Il haussa les épaules. Il n’y pouvait rien. Il fut vite rejoint par Asia et Raven. Elles étaient devenues ses meilleures amies. Il pouvait tout leur raconter, elles ne cherchaient jamais à le juger. Raven lui avait parlé de son ami décédé. Elle n’était pas convaincue de son suicide. Peut-être ne saura-t-elle jamais la vérité, mais elle continuerait d’espérer qu’elle le soit un jour.

 

      La veille, Asia lui avait fait rencontrer les jumeaux Cardoni. Les deux hommes étaient venus la chercher pour l’emmener en promenade. Sasha avait eu fort à faire avec l’un d’eux. Vincenzo avait les mains bien trop baladeuses. Le pauvre Sasha ne savait plus où se mettre pour avoir la paix. Il avait vite deviné que Vincenzo le faisait juste pour l’ennuyer, car le garçon avait vite compris le lien unissant les deux frères. Bien sûr, il était mal placé pour les juger. D’ailleurs, il n’en voyait pas vraiment d’intérêt. Chacun était libre d’aimer qui il voulait.

 

      En discutant avec eux, Sasha finit par apprendre qu’ils connaissaient Xavier. Asia lui raconta alors leur rencontre. Sasha songea alors quelle folie avait eu son petit ami de sortir avec une fille comme Julie Dehay. Dès la première fois où il l’avait croisé au lycée, il avait tout de suite deviné le caractère.

 

      Accompagné de ses deux amies, Sasha gagna le grand portail, bien emmitouflé dans son manteau beige offert par son père. Edwyn le gâtait beaucoup trop. À force, il ne savait plus comment le remercier de tous ses cadeaux. Il en était là de ses réflexions quand il reçut un choc qui le fit chavirer sur les fesses. Près de lui, il put entendre les deux filles se moquer de lui. Deux nouveaux rires les joignirent. Deux asticots d’une dizaine d’années se relevèrent afin de laisser Sasha se remettre debout également. Tout en frottant son pantalon pour retirer la neige collée, il bougonna :

 

— Que fichez-vous ici ?

 

      Kaigan Soba, les poings sur la taille, le regarda sévèrement. Il le sermonna :

 

— Tu n’es pas solide, Sasha. T’es vraiment pas costaud.

 

      Le garçon grimaça. Il lança un regard noir aux filles qui continuaient à se moquer de lui. Un homme de grande taille, les cheveux blonds assez longs apparus alors dans son champ de vision. Il le reconnut. C’était le musicien, Rei Kashino Miori.

 

— Reï, ça fait longtemps.

 

— Salut, Asia. Tu as l’air en forme.

 

      La jeune fille allait répondre, mais un appel lui fit tourner la tête. Elle s’excusa et rejoignit son frère aîné. Reï se tourna vers l’adolescent et les deux fils Soba. L’autre jeune fille les observait, amusée. Elle finit par se présenter à son tour.

 

— Qu’est-ce que vous faites là ? Demanda pour la deuxième fois Sasha.

 

— On est venu te chercher, puisque tu ne viens pas par toi-même. Pfft ! Tu ne nous aimes pas, c’est ça ? S’enquit Hans, avec un air de chien battu.

 

      Sasha s’empourpra, mal à l’aise. Il n’avait pas voulu faire de la peine à ces deux garçons. Reï éclata de rire. Il s’exclama pour aider l’adolescent.

 

— Ne te laisse pas prendre à leur jeu, Sasha. Ce sont de grands comédiens.

 

— T’es pas gentil, Reï. Dire que nous avons eu pitié de toi puisque l’idiot n’est pas là pour deux jours. Tu pourrais nous en remercier quand même.

 

      L’homme secoua la tête. Ces mômes allaient le faire devenir chèvre à force.

 

— Dites plutôt que vous aviez peur de rester toute une journée seule avec Shin.

 

      Les jumeaux se regardèrent, troublés. Hans finit par avouer.

 

— On aime bien être avec lui, mais quand Sawako est dans les parages, on a l’impression de déranger.

 

      Sasha les comprenait aisément. Il avait souvent cette impression avec son père et Elone. Raven les observa un instant, puis pour détendre l’atmosphère, elle demanda :

 

— Qu’allez-vous faire maintenant ? Vous allez vous promener ?

 

      Kaigan se tourna vers l’adolescente. Il la détailla de la tête aux pieds. Il voulait d’abord se faire une opinion avant de lui accorder sa confiance. Il la trouva à son goût, elle était mignonne.

 

— Nous allons chez Reï et vous venez avec nous, répondit-il sans préambule.

 

      Sasha tenta bien de refuser. Il ne voulait pas être une gêne. Reï dut user de beaucoup de patience pour lui faire comprendre que sa présence et celle de la jeune fille ne le dérangeaient aucunement. Le garçon ne pouvant plus refuser accéda donc aux deux asticots intenables.

 

      Au début, Sasha avait espéré pouvoir rejoindre Xavier qui travaillait au bar le « Cool Baby ». Il avait voulu passer un peu de temps avec lui, mais il se fit une raison. Peut-être l’aurait-il gêné dans son travail ?

 

      Reï les emmena à travers la ville en voiture. Il laissa les jumeaux faire conversation aux adolescents. Depuis quelque temps, les jumeaux étaient restés beaucoup trop silencieux. Akira ne comprenait pas le pourquoi du comment. En fait, les jumeaux regrettaient le départ de leur ami Jeff Ashton. Celui-ci continuait à faire des photos. Son agence l’avait envoyé en Angleterre pour un an environ. Les jumeaux s’ennuyaient de ne plus avoir leur grand frère comme ils l’appelaient. Les fois où il revenait, il rendait surtout visite à son petit ami Quentin. Il n’avait plus trop le temps d’être avec les petits.

 

      Leur rencontre avec Sasha était bénéfique. Ils avaient retrouvé leur joie de vivre. Et personnellement, Reï les préférait ainsi remuants et intenables. L’homme les invita à déjeuner. Kaigan décida du restaurant, un fast-food. Reï grimaça, mais les voyants tous d’accord, il dut accéder à la demande. Le repas se passa dans la bonne humeur avec les pitreries de Kaigan et de Hans.

 

      Dans l’après-midi, ils se rendirent finalement chez Reï. Ludwig ne serait pas présent pendant deux jours. Avoir de la visite était donc plutôt appréciable. Sasha pénétra à la suite de son hôte. Il entra directement dans une pièce unique. Elle intégrait la cuisine américaine, le salon et la salle à manger. Le mur peint en blanc cassé donnait beaucoup de luminosité à la pièce. Une ouverture à sa gauche lui indiquait le couloir menant aux autres pièces de la maison.

 

      Mais ce qui captiva d’office le regard de Sasha fut le piano au centre de la pièce. Un piano à queue d’un noir profond trônait fièrement amenant automatiquement l’attention de toutes personnes pénétrant dans la maison. Sasha hésita un instant avant de se décider à s’en approcher. Il le caressa d’un doigt tremblant. Il n’arrivait pas à se l’avouer, mais il regrettait amèrement d’avoir arrêté la musique sur un coup de tête.

 

      Une ombre lui fit tourner la tête. Il y aperçut le propriétaire de la maison. Son regard observait en silence l’instrument. Sasha pouvait y lire une certaine tristesse. Il ne comprenait pas pourquoi. Il n’entendait pas les jumeaux, ni Raven. Il jeta un coup d’œil autour de lui. Il n’y avait qu’eux.

 

— Ils ont amené Raven dans la salle de jeux. Ils l’ont forcé à venir jouer avec eux, répondit Reï, amusé. Elle n’a pas pu leur dire non.

 

      Il garda le silence un instant, puis il demanda :

 

— Sais-tu jouer, Sasha ?

 

      Le garçon cligna des yeux de surprise.

 

— J’ai appris à en jouer, mais…

 

— Mais ? Insista Reï, tout en s’asseyant sur le banc.

 

— Mais par stupidité, j’ai arrêté.

 

      Le garçon baissa les yeux. Il en avait un peu honte. Reï toucha les touches et un son harmonieux en sortit. Quand la musique s’arrêta nette, Sasha releva les yeux vers le musicien. Il le vit tenir son bras gauche avec une grimace. Voilà d’où venait la tristesse.

 

— Vous ne pouvez plus en jouer, constata Sasha, d’une petite voix.

 

— Oui, il y a des années, j’ai eu une sorte d’accident qui a bousillé mon bras gauche. Je ne devrais pas me plaindre. J’ai réussi à réaliser mon rêve, devenir un excellent musicien.

 

      Sasha s’installa près de l’homme. Il se mordit la lèvre. Il avait envie d’essayer. Il regarda la partition. Il connaissait la musique. Il l’avait déjà jouée quelques années plus tôt. Alors, après un énorme soupir, il se lança. Reï resta bouche bée. Si ce garçon disait vrai, il n’avait plus touché un piano depuis fort longtemps, pourtant à l’écouter, Reï avait vraiment du mal à le croire. Les touches étaient limpides et dans les temps.

 

      Les jumeaux et Raven firent leur apparition dans la pièce. Kaigan et Hans savaient que Reï ne pouvait plus jouer aussi longtemps, alors ils ne furent pas étonnés d’apercevoir leur jeune ami à la place. Raven n’en revenait pas. Sasha leur avait bien caché son talent. Quand la musique se tut, ils applaudirent faisant sursauter le garçon.

 

      Sasha se sentit mal à l’aise. Ses joues s’embrasèrent également. Il avait juste suivi son envie. Il n’avait pas fait quelque chose d’extraordinaire. Il tomba des nus quand il eut les félicitations de l’artiste.

 

— C’est fabuleux. J’ai du mal à croire que tu as réellement arrêté de jouer, depuis longtemps.

 

      Les joues encore plus rouges, Sasha se mordit la lèvre. Reï, intrigué, finit par demander.

 

— Joues-tu d’autres instruments ?

 

— Oui. J’ai appris le violon et je commençais la guitare quand j’ai arrêté.

 

      Reï baissa ses yeux verts vers les touches du piano. Le violon… Il aimerait tant pouvoir y rejouer, même une seule fois. Mais, il ne pourrait plus jamais, tout comme le piano. Raven s’approcha de son ami.

 

— C’était superbe, Sasha. Tu nous l’avais bien caché.

 

      Le garçon rougit de plus belle. Les jumeaux arrivèrent également, ils ne voulaient pas rester en reste. Ils sautillaient autour d’eux.

 

— Mais non, je n’ai pas beaucoup de talent. Jamais, je ne serais aussi talentueux que Reï.

 

— Tu rigoles, Sasha. Tu es génial. Envisages-tu de reprendre des cours ? Interrogea Reï.

 

— Ah ! Euh ! Je ne sais pas, je… Ce serait idiot de reprendre maintenant. Je…

 

— Pourquoi serait-il idiot de reprendre maintenant ? Tu as du talent, Sasha. Je serais prêt à t’apprendre s’il le faut.

 

      Sasha resta bouche bée. Ce musicien de talent lui assurait qu’il en avait aussi ? Il accepterait en plus de lui donner des cours. Sasha ne savait pas quoi dire ou faire. Il inspira un bon coup.

 

— Je vais y réfléchir sérieusement. Je vous le promets.

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03 juillet 2011

Les spirales version 2 : 23

Chapitre 23

 

      Sasha ne savait pas quoi faire. Dans un sens, il avait envie de reprendre des cours de musique. Dans un autre, il ne s'en sentait plus capable. Pourquoi était-il toujours ainsi ? Pourquoi n'arrivait-il pas à se mettre d'accord ?

 

      Il aurait bien voulu en discuter avec son père, mais monsieur travaillait toujours. Quand est-ce que celui-ci prenait des vacances ? Il ne pouvait même pas en discuter avec Elone non plus. Un grave accident avait eu lieu la veille et depuis, Elone n'était pas entré. L'hôpital avait trop besoin de leur médecin. Pfft !

 

      Il tenterait bien sa mère, mais à quoi cela servirait ? Elle l'écoutait toujours, mais elle ne l'aidait pas non plus. Il devait trouver par lui même. Pfft ! Mais, s'il demandait de l'aide, c'était justement qu'il n'arrivait pas de lui-même. C'était d'un agacement !

 

      Sasha tourna dans l'appartement comme un fauve. Il ne savait pas quoi faire. Il s'ennuyait. Il ne se souvenait pas de s'être déjà autant ennuyé. Que faisait-il de particulier pendant les week-ends et les vacances ? Il ne s'en souvenait pas et cela l'agaçait au plus haut point. En plus, chaque fois où il essayait de forcer sa mémoire, il en aurait pleuré de douleur. Il en avait marre à la fin.

 

      L'idée lui vient d'appeler Raven. Il eut le père de la jeune fille. Celui-ci lui annonça que sa fille était absente. Il ne savait pas où elle pouvait se trouver. Il tenta alors Asia. Personne ne répondit à l'appel. Il en aurait pleuré de découragement. Il y avait bien une autre personne. Mais, il avait peur. En fait, il ne savait pas comment agir avec lui.

 

      Après être rentré de chez Reï Kashino, il s'était rendu compte des messages de Xavier. Sasha les avait ignorés. Il ne lui avait pas répondu et depuis, c'était silence radio. Deux jours venaient de passer et l'étudiant ne l'avait pas rappelé une seule fois. Était-il en colère ? Est-ce qu'il pouvait lui rendre visite en ne sachant pas comment celui-ci réagirait ?

 

      Stoppant net, il s'agenouilla tout en encerclant ses bras autour de ses jambes. Il était vraiment stupide. Il devrait arrêter de se poser toujours des questions insensées. La meilleure chose à faire, c'était d'aller voir Xavier et de se faire pardonner. Sasha gémit, mais il se décida enfin à agir. Enfin, il le fit avant de changer d'avis à nouveau.

 

      Il fonça dans sa chambre pour s'habiller correctement. Il n'allait pas se rendre au bar le « Cool Baby » en pyjama, tout de même. Il enfila un jean noir, un pull cuivre et ses baskets. Dans le couloir, il attrapa son manteau beige et comme un dératé, il fila en oubliant de fermer la porte à clé.

 

      Bien évidemment, le bus arriva avec du retard, dû à la neige. Cela n'empêcha pas le garçon de bougonner. Plus, il s'approchait du quartier africain, plus il paniquait. Il était incorrigible. Il ne pouvait s'en empêcher.

 

      Arrivant au quartier, Sasha descendit avec une certaine crainte et la boule à l'estomac. Il hésitait toujours. Il stoppa devant le bar. Il se mordit la lèvre. La porte s'ouvrit à cet instant. Un géant avec une carrure des plus impressionnantes fit son apparition devant lui. Sasha leva la tête. Il le reconnaissait. C’était le propriétaire du lieu. Il l'intimidait toujours autant.

 

— Je crois que je vois un pygmée.

 

— Ce n'est pas moi qui ai une taille anormale ! Ne put s'empêcher de répliquer le garçon.

 

      Daisuke sourit. Il aimait les gens avec de la répartie.

 

— Alors microbe ? Pourquoi es-tu ici ? Es-tu venu voir quelqu'un en particulier ?

 

      Hésitant un instant, Sasha finit par avouer :

 

— Je pensais voir Xavier. Puisque c'est les vacances, je suppose qu'il travaille.

 

— Bien vu ! Mais, aujourd'hui, il est en repos.

 

— Ah ! Murmura simplement Sasha, baissant la tête.

 

      Daisuke remarqua la déception sur le visage de son interlocuteur. Il avoua :

 

— Mais si tu veux le voir, je peux t'indiquer son appartement. Ce n'est pas très loin.

 

      Sasha redressa la tête, surpris.

 

— Ne vit-il pas chez le docteur Descamps ?

 

— Quelquefois, mais quand il travaille ici, il préfère rester dans les parages. Vois-tu les bâtiments sur ta gauche, ceux aux volets bleus ? C'est le numéro quatre au rez-de-chaussée. Au plaisir, jeune homme.

 

      Sur ces bonnes paroles, le propriétaire du « Cool Baby » retourna dans son bar. Sasha se mordit la lèvre tout en jetant des coups d'œil dans la direction indiquée. Finalement, il se décida enfin à bouger. Il s'y rendit presque en courant, tellement il avait peur de changer d'avis.

 

      Combien de temps resta-t-il devant la porte ? Il ne saurait le dire, mais il n'eut pas besoin de frapper. La porte s'ouvrit d'un coup le prenant par surprise. Sasha n'osait pas lever les yeux. Il se trouvait face à Xavier, mais il avait peur maintenant. La voix de l'étudiant le fit sursauter.

 

— Tu en as mis du temps. Alors, es-tu plein de remords de m'avoir ignoré ?

 

      Interloqué, Sasha releva enfin son visage vers celui de Xavier. Celui-ci n'était nullement en colère.

 

— Je... je suis désolé.

 

      Xavier soupira. Il ouvrit la porte un peu plus grande afin de laisser entrer le garçon. Le voyant hésiter, l'étudiant attrapa le bras et le tira à l'intérieur. L'appartement était plutôt un studio. C'était une pièce unique avec juste le nécessaire. Une porte sur sa droite amenait à la salle de bain et aux toilettes. Il y avait également un placard encastré près de la cuisine.

 

      Xavier força presque le garçon à s'asseoir dans le fauteuil, transformé en lit. Il avait eu la flemme de le remettre en position canapé. Il se rendit à la cuisine et servit deux tasses de chocolat chaud. Il rejoignit ensuite Sasha.

 

— Alors, pourquoi m'as-tu ignoré pendant deux jours ?

 

      Les joues de Sasha s'embrasèrent. Ses mains tremblantes, il préféra déposer sa tasse sur la table basse. Il les joignit ensuite, mal à l'aise. Le regard baissé, il répondit :

 

— Je ne sais pas.

 

      Xavier déposa sa tasse également. Il observait le garçon tendu comme un roc. Il soupira à nouveau.

 

— Laisse-moi deviner, tu t'es encore posé mille et une questions stupides. Tu en as encore déduit que tu ne devrais pas t'impliquer encore plus dans notre histoire. Je me trompe ?

 

      Serrant les doigts à s'en faire mal, Sasha gémit.

 

— Je ne sais pas quoi faire. Mon amnésie me fait peur. J'ai peur de mes sentiments également et j'ai peur des tiens aussi. Tu ne t'en rends pas compte maintenant. Mais, c'est peut-être juste de la curiosité.

 

      À peine finissait-il sa phrase qu'il se retrouva allonger sur le dos sur le canapé-lit. Xavier le dominait. Sasha se sentit mal à l'aise. Il ressentait fortement le contact de l'étudiant et sa chaleur. Il le regardait avec un regard apeuré, surtout que leurs nez se frôlaient presque.

 

— Je n'aime pas me répéter, Sasha. Je ne ressens pas pour toi de la curiosité, c'est bien plus que ce que tu penses. Si c'était juste de la curiosité, j'aurais pu aller voir n'importe qui, ce n'est pas ce qui manque dans cette région. Pourquoi refuses-tu de me laisser une chance ? À cause de ma réputation avec les femmes ? Des rumeurs qui courent sur Mako et moi ?

 

      Des larmes apparurent au coin des yeux du garçon, Xavier en fut interloqué.

 

— Et merde !

 

      Il se redressa en amenant avec lui Sasha, tremblant. Il le serra contre lui. Sasha se moula et entoura le cou de Xavier de ses bras. Il se laissa aller. Il avait envie de pleurer. Il le fit. Il pouvait sentir parfois les lèvres de l'étudiant contre ses tempes. Quand enfin, il se calma. Il resta nicher dans les bras de Xavier. Il s'y sentait vraiment très bien. Il finit par avouer.

 

— Je suis désolé. Je sais très bien que tu ne joues pas avec moi. C'est moi le problème. J'ai peur. Je n'arrête pas de me poser des questions. Je n'arrête pas de penser à cette amnésie et je suis effrayé à la pensée qu'elle me fasse à nouveau oublier d'autres personnes.

 

      Xavier repoussa doucement le garçon afin de l'avoir en face de lui. Il déposa ses mains sur chaque joue. Il plongea son regard dans les deux iris bleutés.

 

— Cela n'arrivera pas, Sasha. Cette drogue a un défaut. La première prise est décisive, ensuite elle agit comme une drogue ordinaire avec son côté dépendant.

 

— Que veux-tu dire par décisive ?

 

— À la première prise, ce qui te l'a injecté peut te faire faire ce qu'ils veulent. Tu leur obéiras sans volonté aucune. Certaines personnes par contre en sont immunisées. Ils perdent conscience pendant quelques jours. Certains ne se souviennent plus de rien. Ils oublient.

 

      Sasha baisse les yeux.

 

— Comment sais-tu tout cela ?

 

— Quand tu m'as parlé de ton amnésie, j'ai voulu en savoir plus, alors j'en ai parlé à ma mère et aussi à Daisuke.

 

— Ton patron ? Pourquoi lui ?

 

      Xavier sourit.

 

— Parce qu'il faisait partie de la police pendant un temps et surtout qu'il connait beaucoup de monde.

 

      Sasha s'agrippa au tee-shirt de l'étudiant. Il finit par demander, changeant ainsi de conversation.

 

— Alors, tu me pardonnes ?

 

      Le regard de Xavier se fit pensif. Sasha se mordit la lèvre, inquiet. Il grogna ensuite quand il y aperçut une lueur moqueuse.

 

— Ce n'est pas drôle !

 

      Il allait s'éloigner, mais l'étudiant fut plus rapide. Sasha se retrouva à nouveau allongé sur le canapé-lit. Avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, il fut envahir par une bouche vorace et une langue avide. Le garçon ne chercha plus à nier, ni à repousser ses sentiments. Il jeta ses bras autour du cou et répondit avec autant de passion au baiser.

 

      Les mains de Xavier ne restèrent pas inactives. Elles partirent en vadrouille sur le corps consentant. Pourtant, Xavier ne chercha pas à aller plus loin. Ce n'est pas qu'il n'en avait pas envie, mais il sentait bien que Sasha n'était pas encore près d'aller aussi loin. C'était encore trop tôt, pour l'un comme pour l'autre.

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10 juillet 2011

Les spirales version 2 : 24

 

Chapitre 24

 

      Les jours suivants, Sasha n'eut pas l'occasion de réfléchir à la proposition du musicien, Reï Kashino. Asia et Raven l'avaient embarqué, les jours restants de Noël pour qu'il les aide dans leurs achats de cadeaux. En vérité, elles avaient eu besoin de ses bras. Quand il comprit finalement qu'il servirait de porteur, il râla comme pas possible.

 

      Asia songea que son jeune ami ressemblait par certains aspects à Carlin Oda et à son fils Luce. Eux non plus n'aimaient pas être manipulés, n'aimaient pas recevoir des ordres. Ils aimaient que tous aillent dans leur sens. Ils étaient remuants, ils n'avaient pas leurs langues dans leur poche et surtout, ils étaient capricieux à souhait. Parfois, elle enviait la patience de Renko Miori. Il fallait suivre sa pile électrique. Ce n'était pas toujours facile.

 

      Quant à Erwan Miori, le petit ami de Luce, elle ne l'enviait pas. Luce pouvait être bien pire que son père. Mais Erwan pouvait l'être tout aussi. Elle se demandait par moment lequel était le pire, mais en y réfléchissant, il y avait aussi son ami Sawako. Le japonais valait le coup aussi. Il pouvait être adorable un instant et la fois suivante être le pire cauchemar. Heureusement que son compagnon était plutôt maso et qu'il adorait les chats sauvages.

 

      Elle arrivait maintenant à avouer être jalouse d'eux. Ses amis avaient un caractère fort. Ils savaient ce qu'ils voulaient dans leur vie. Et en plus, ils avaient quelqu'un qui les aimait pour ce qu'ils étaient. Aucun d'eux ne leur avait demandé de changer, de devenir autre chose. Ils les avaient acceptés avec leurs défauts et leurs qualités.

 

      Même Sasha, alors qu'il était arrivé à peine plus d'un mois et demi avait déjà rencontré quelqu'un. Comme Raven l'avait précisé, rien qu'à les voir ensemble, il était facile de s'apercevoir que Sasha et Xavier étaient attirés l'un vers l'autre. Elle espérait bien un jour avoir la même chance. Elle l'avait cru un temps avec les jumeaux Cardoni, mais cela avait été illusoire. Elle les aimait toujours et elle savait que les deux garçons l'aimaient aussi, mais seulement platoniquement.

 

      Il y avait eu Simon Manier également. Elle avait essayé de reprendre sa vie en main. Elle n'allait pas rester éternellement accrochée à un amour impossible, alors quand Simon lui avait demandé de sortir avec lui, elle n'avait pas hésité. Mais, il n'avait pas été le bon. Il l'avait trompé avec Julie Dehay. Elle s'était efforcée à ne pas pleurer devant ses amis. Elle ne voulait pas craquer devant eux. Elle avait préféré les bras de son frère Cody.

 

      Son frère pouvait avoir des défauts, mais jamais, il ne la laissait de côté. Il avait toujours été là pour eux. Il s'était battu pour les élever. Jamais, elle n'aurait assez de mots pour le remercier pour tout ce qu'il avait fait pour elle et Ben. Recevant un coup dans le dos, la jeune fille sursauta. Elle lâcha le vêtement qu'elle tenait. Elle se secoua. Si elle continuait, elle allait déprimer. Ce n'était vraiment pas le moment. Alors, redevenant elle-même, elle se tourna vers le coupable.

 

— Sasha ! Arrête de me bousculer !

 

      Le garçon haussa les épaules. Il lui tira la langue tout en reniflant ensuite pas très galamment. En observant la tête comique de son ami, Asia songea que le destin pouvait être cruel. Pourquoi avait-il fallu que Sasha soit gay ? Pfft ! Ce n'était pas juste. Elle trouvait même que depuis qu'il vivait ici, il avait bien embelli par rapport au début.

 

      Il avait pris un peu de poids, ce qui en toute honnêteté, était tant mieux. Il ne ressemblait plus à un squelette. Enfin même s'il était trop maigre au début, il était déjà très beau, mais maintenant... . Son regard semblait beaucoup moins triste, moins sombre. Ses yeux bleus ciel brillaient souvent de joie et de bonne humeur et son visage s'éclairait facilement d'un sourire charmeur.

 

      Qui était la cause de ce changement ? Le père de Sasha ? Xavier ? Ou alors juste l'environnement bien meilleur que celui qu'il avait eu pendant longtemps ? Asia ne saurait le dire, mais en tout cas, il n'était pas le seul à avoir changé en si peu de temps. Raven aussi s'était métamorphosé. Non seulement elle souriait beaucoup plus. Elle ne broyait plus du noir.

 

      Asia pencha la tête comme pour réfléchir. Puis, elle s'étira en poussant un cri faisant sursauter tous les clients de la boutique de vêtements. La jeune fille se mit à rire devant leur tête d'ahurie. Elle attrapa le bras de Sasha qui se remit à grailler comme à son habitude. Elle s'élança ensuite vers la porte tout en appelant Raven.

 

      Elle les emmena dans la plus proche brasserie. Sasha se laissa tomber comme une masse sur une chaise. Il lâcha par la même occasion les sacs. Il n'en pouvait plus. Quel était l'intérêt d'aller dans les magasins ? C'était vraiment une torture, surtout avec tout ce monde. Il posa sa tête contre la table. Raven s'installant à son côté ne se gêna pas pour se moquer ouvertement de lui. Elle se fit pincer. Elle le lui rendit. Une petite bataille en règle se fit entre eux.

 

      Asia arriva quelques instants après avec les boissons. Elle secoua la tête, amusée. Elle s'exclama :

 

— Calmez-vous les gosses !

 

— Oui, maman, répliqua aussitôt Sasha.

 

      La jeune fille secoua à nouveau la tête.

 

— Tu es impossible.

 

— Arg ! Je n'en peux plus de ces courses. J'espère que vous avez fini, reprit-il.

 

— Il me reste encore quelques trucs, mais j'ai bientôt fini. Tiens encore le coup, d'accord ?

 

      Sasha renifla de dégout. Il détestait les magasins. La poisse ! Raven demanda :

 

— Tu as déjà fait tes cadeaux de Noël, Sasha ?

 

      Le garçon releva la tête et il posa son coude sur la table, la tête dans sa main. Il soupira.

 

— Non. Pourquoi devrais-je en faire ? Et puis, je n'ai pas d'argent.

 

— Ton père, ne te donne-t-il pas d'argent de poche ? Interrogea Asia.

 

— Pourquoi le ferait-il ? Je n'en vois pas l'intérêt. Si j'ai vraiment besoin de quelque chose, je lui demande directement. Il me l'achètera s'il le désire. C'est tout.

 

      Asia et Raven se regardèrent surprise. Elles avaient un peu de mal avec cette logique. Chaque mois, Cody lui donnait de l'argent de poche afin qu'elle puisse s'acheter ce qu'elle désire. Le père de Raven faisait pareil.

 

— Tu n'as jamais désiré quelque chose assez fort, mais que tes parents ne voulaient pas t'acheter. Avoir son argent de poche permet de l'acheter même s'ils sont contre.

 

      Sasha se gratta la tête en réfléchissant.

 

— Non, rien. Disons que la seule chose que j'ai pu désirer dans ma vie ne pouvait pas s'acheter avec de l'argent. Si j'avais besoin de me rhabiller, je le disais à ma mère. Parfois, je croyais parler dans un mur, mais le soir quand je rentrais, mes nouveaux vêtements se trouvaient sur mon lit. Elle ne s'est jamais trompée dans les tailles. Maman a toujours eu du flair.

 

— Vous ne faisiez jamais les courses ensemble. C'est triste, murmura Raven.

 

      Le garçon haussa les épaules. Il but une gorgée de son jus de fruit.

 

— Non, ce n'est pas triste. Maman savait que je détestais allez là où il y avait du monde. Elle est en plus douée pour savoir ce qui m'allait le mieux. C'était son plaisir. Pourquoi l'en priverais-je ? Elle achetait juste ce dont j'avais besoin. Papa est différent. Il a bon goût lui aussi, mais il ne sait pas s'arrêter. Pfft ! Je n'ai jamais eu autant d'affaires que maintenant. Je n'en mérite pas autant.

 

— C'est la première fois que je rencontre quelqu'un qui râle parce qu'il a trop de cadeaux, s'écria Asia, interloqué. Tu es quelqu'un de rare, mon petit Sasha. Mais, Noël approche. Ne vas-tu pas faire de cadeaux à ta famille ? Ou à Xavier ?

 

      En entendant le nom de son petit ami, Sasha sentit ses joues surchauffées. Mince, Xavier le chamboulait un peu trop.

 

— Pourquoi veux-tu que je lui en offre ? Nous sortons ensemble depuis peu. Et puis, pourquoi devrais-je m'embarrasser avec des cadeaux ?

 

      Asia allait répondre quand elle aperçut une silhouette parmi la foule de la galerie marchande. Elle s'excusa un instant. Ses amis l'observèrent partir presque en courant. Où allait-elle ainsi ? Asia se dirigeait vers un homme un peu plus bas. Elle revint quelques minutes plus tard en compagnie de l'inconnu.

 

      Le nouvel arrivant n'était pas vraiment un inconnu pour Sasha et Raven. Ben Amory en s'approchant de la table en compagnie de sa sœur croisa le regard de Sasha. Le jeune homme faillit rougir. Il se souvenait très bien quand il avait rencontré la dernière fois le garçon. Le sourire en coin de celui-ci lui montrait clairement qu'il s'en souvenait. Pfft ! Il jeta un coup d'œil à l'autre fille. Sa sœur le réveilla en lui donnant un coup à l'épaule.

 

— Ben, Raven ne va pas te manger, tu sais.

 

      Il lança un regard noir à sa sœur. Elle se moquait de lui, encore une fois. Elle ne valait pas mieux que Cody. Son frère et sa sœur avaient toujours aimé le mettre en boite. Il soupira. Il finit par se décider à s'installer entre Asia et Sasha. Le garçon tiqua en observant le visage de Ben. Il finit par demander.

 

— Que vous est-il arrivé pour avoir une aussi jolie cocarde ?

 

      Ben baissa la tête. Il n'oserait jamais dire la vérité. Il se sentait complètement stupide.

 

— Euh ! Je me suis cogné avec une porte.

 

— Tu es vraiment maladroit, frérot.

 

      Sceptique, Sasha répliqua :

 

— Mentir, ce n’est pas beau.

 

      Ben sursauta. Il jeta un coup d'œil au garçon. Il était plutôt perspicace.

 

— Sasha ! Pourquoi crois-tu que mon frère mentirait juste pour une cocarde ?

 

— Laisse, Asia. Il a raison. Haha ! Je n'ai même pas réussi à le cacher non plus à Xavier. Il m'a fait subir un de ces sermons.

 

— Ben ! Si ce n'est pas une porte, alors qui t'a fait ça ?

 

      Mal à l'aise, Ben observa autour de lui. Raven eut pitié de lui.

 

— Laissez-le à la fin. S'il n'a pas envie d'en parler, c'est son droit.

 

— Mais, Raven. C'est mon frère, j'ai le droit de savoir.

 

      Quel toupet ! Ben secoua la tête. Sa sœur fréquentait trop les Oda-Miori. Elle agissait exactement comme eux. Il savait bien que si par malheur, il croisait Carlin, celui-ci le forcerait également à parler. Il finit par avouer.

 

— C'est Jessica.

 

      Sasha faillit recracher son jus de fruit. C'était une fille qui lui avait fait cette cocarde ? Devait-il en rire ?

 

— Jess ? Pourquoi ?

 

— Je lui ai dit de partir.

 

— Euh ! Qui est cette Jessica finit par demander Sasha, intrigué.

 

— C'est mon ex-copine. Je l'ai surprise avec un autre homme. Nous vivions ensemble depuis un an. La poisse ! Je me suis disputé avec elle et ça a dégénéré. Et me voilà tout beau !

 

— Quelle salope ! Lâcha Asia.

 

— Asia, ton langage !

 

— Quoi, c'est la vérité, non ? Je te l'avais dit qu'elle était nulle cette fille. Même Cody t'avait mis en garde. Tu n'as pas voulu nous croire.

 

      Ben haussa les épaules.

 

— Asia, arrête de me faire la morale. Tu oublies que tu as fait exactement pareil, avec Simon. Nous t'avions également mis en garde. Pourtant, tu n'en as fait qu'à ta tête.

 

      Asia rougit. Elle s'en souvenait très bien, trop bien. Sasha et Raven observèrent le frère et la sœur se regarder en chiens de faïence. Ils soupirèrent, puis tout à coup, Raven se redressa et s'exclama :

 

— Bon, et si nous continuons nos courses avec Ben. Il sera notre nouveau porteur.

 

— Nous avons déjà Sasha, répliqua Asia.

 

— Non, nous ne l'avons plus. Il doit absolument partir. Pas vrai, Sasha ?

 

      Le garçon leva les yeux vers son ami. Qu'est-ce qui lui prenait tout à coup ? Bah ! Il s'(en fichait un peu. Libre, il pourrait rejoindre Xavier au bar le « Cool Baby », avant de rentrer pour attendre l'arrivée de sa mère. Jouant le jeu, il s'exclama :

 

— C'est vrai. Je l'avais complètement oublié. Tu ne m'en voudras pas, hein, Asia ?

 

— Non bien sûr que non, répondit la jeune fille, un peu perdu.

 

— Et moi ? N'ai-je pas mon mot à dire ?

 

      Raven se tourna vers Ben. Il eut droit un sourire ravissant, mais à une réponse catégorique :

 

— Non !

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13 juillet 2011

Les spirales version 2 : 25

 

Chapitre 25

 

      Sasha ne s'attarda pas trop de peur que les filles ne changent à nouveau d'avis. Ben le regarda avec la même envie. Après ce qu'il venait de vivre ce matin, il aurait préféré rester seul. Jessica eut le culot de le rendre responsable de sa tromperie. Il hallucinait. Elle avait couché avec un autre homme dans son appartement et c'était sa faute à lui ! Mais où allait le monde ?

 

      Soi-disant qu'il la délaissait un peu trop. Elle s'ennuyait. Pfft ! Il devait travailler. Il n'y pouvait rien. Il avait quand même un loyer à payer. Il ne pouvait pas rester avec elle vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Madame avait le droit de voir ses amies, mais pas lui. Bon, il n'en avait pas beaucoup, en fait un seul. Et en plus, celui-ci habitait sur Bordeaux. Il ne pouvait pas le voir aussi souvent qu'auparavant.

 

      Maintenant, il pouvait aussi considérer Xavier Descamps comme un ami. Celui-ci était plutôt doué pour vous faire craquer. L'étudiant l'avait écouté sans broncher, avant de lui payer une bonne bière bien fraiche pour se rafraichir les idées. Ensuite, le patron était venu lui annoncer qu'il pouvait rentrer chez lui. Il lui donnait sa journée. Ne voulant pas rester dans l'appartement un peu vide ; Jessica lui avait piqué la moitié de ses affaires ; il s'était décidé à faire ses courses de Noël.

 

      Au bout d'une heure, il finit par se dire que finalement, ce n'était pas plus mal d'être l'esclave des deux filles. Sa sœur et son amie Raven lui changèrent radicalement son humeur. Elles firent leur possible pour le dérider et elles furent vite récompensées. Peu de temps plus tard, Asia eut la surprise de croiser Harumi Sanada. La maman de son ami Sawako était accompagnée par un jeune homme d'une vingtaine d'années.

 

      Asia le reconnut assez vite surtout grâce à son frère. Mako Marcello était le meilleur ami de Xavier Descamps, le collègue de travail de Ben. Harumi fut heureuse de les rencontrer en chemin. Asia l'adorait. Cette femme était toujours de très bonne humeur, toujours joyeuse. Elle était très douce et en même temps, elle n'était pas le genre à se laisser marcher sur les pieds. Elle avait aussi un côté rêveur et surtout, une beauté aussi sauvage que son fils.

 

      Harumi expliqua qu'elle faisait ses cadeaux pour sa famille, mais étant donné qu'elle avait beaucoup à faire, elle avait demandé à Mako de l'aider. Elle raconta aussi qu'elle avait souvent rencontré le jeune homme près de sa boutique de fleur, mais aussi à la bibliothèque. Raven, elle, fut carrément scotchée face à la double personnalité de Mako. Elle ne le connaissait pas avant. C'était sa première rencontre avec ce garçon. Pourtant, elle resta sidérée de voir que le physique et le caractère étaient si opposés. C'était étrange, mais amusant. En fait par certains côtés, Ben et Mako se ressemblaient.

 

      L'un et l'autre n'avaient pas du tout la même allure, mais au niveau caractère, ils étaient assez semblables. Ben montrait une allure de dur à cuire, alors que Mako avait le physique d'un mannequin. Mais, cela ne les empêchait pas d'être timides et un peu gauches. C'était mignon.

 

      Pour finir la journée, Harumi les invita à dîner au restaurant où son fils adoré travaillait. Asia et ses amis ne refusèrent absolument pas l'invitation. Ils voulaient encore rester avec cette femme si gentille et surtout comment refuser de manger les plats de Sawako Sanada, le meilleur cuistot du coin ?

 

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      Sasha fila vers l'arrêt de bus. Il arriva juste à temps pour prendre celui qui arrivait. Il allait dans la direction où il voulait aller. Il se laissa tomber sur un siège et il se mit à regarder le paysage défilé. Les routes avaient été dégagées afin de faciliter le passage. Après trois arrêts, il descendit au coin du quartier africain. Il espérait que Xavier travaillait encore. Il ne voulait pas se rendre à l'appartement de celui-ci.

 

      Il ne le détestait pas, bien au contraire, il s'y sentait bien. Mais, il n'avait pas vraiment envie de rester seul avec Xavier. Il ne se sentait pas encore prêt pour aller plus loin. Sasha se dirigea vers le bar. En jetant un regard autour de lui, il s'aperçut que la salle d'exposition était ouverte au public. Il fut tenté d'aller y jeter un coup d'œil, mais il s'en abstient. Devant la porte, il hésita un instant avant de se décider à entrer.

 

      Les habitués étaient présents. Ils discutaient joyeusement. Certains jouaient au dé ou aux cartes. En s'approchant du bar, il aperçut le patron. Sasha fut un peu déçu. Daisuke l'avait reconnu. Il le salua.

 

— Salut Microbe. Qu'est-ce qui t'amène ?

 

      Sasha secoua la tête exaspérée.

 

— Je suis juste venu boire un jus d'orange.

 

      Daisuke se mit à rire et répliqua :

 

— Mais bien sûr. Tu as fait tout ce chemin juste pour boire un jus d'orange. Ce n'est pas Xavier que tu veux voir plutôt.

 

— Vous êtes agaçant.

 

      Tout en déposant la canette de jus d'orange devant le garçon, Daisuke se remit à rire. Il aimait bien embêter ses petits jeunes. Il se pencha un peu et il avoua :

 

— Si tu veux le voir, il est dans le bureau. C'est juste après cette porte au fond.

 

      Sasha baissa ses yeux vers sa cannette en se mordant les lèvres. Daisuke s'éloigna pour servir un nouveau client. Un sourire esquissa ses lèvres quand du coin de l'œil, il vit le garçon se diriger vers le bureau.

 

      Sasha s'arrêta devant la porte avant de frapper. Il inspira un bon coup quand il attendit la voix lui dire d'entrer. Xavier, la tête baissée, s'occupant de la comptabilité, ne vit pas tout de suite le garçon. Il fut surpris de le voir et surtout si silencieux et gauche.

 

      Xavier leva enfin les yeux vers Sasha qui restait près de la porte sans bouger. Quelle surprise ! Il finit par s'exclamer.

 

— Je ne vais pas te manger, tu sais.

 

      Sasha sentit ses joues s'enflammer. Il s'approcha du bureau avant de dévier et s'installer sur le canapé qui se trouvait sous la fenêtre. Xavier le suivait du regard mettant encore plus à mal le garçon.

 

— N'étais-tu pas avec tes amies aujourd'hui ?

 

— Euh ! Je l'étais. Je dérange ?

 

      Xavier soupira. Il se leva et se dirigea vers le canapé à son tour. Il se laissa tomber au côté de Sasha. Celui-ci se tendit.

 

— Tu es bien susceptible, aujourd'hui.

 

— Et alors ? J'ai le droit d'être de mauvaise humeur.

 

      Xavier en ayant déjà assez, attrapa le bras de Sasha et le chavira contre lui. Le garçon poussa un cri de surprise. Il ne put se redresser, car un étau lui encerclait la taille. Le regard vert se fixa sur celui bleu ciel. Sasha se troubla. Le visage de Xavier finit par se baisser et ses lèvres emprisonnèrent les siennes.

 

      Sasha ne savait plus quoi penser. Plus, il restait avec l'étudiant, plus il se sentait envahi par ses émotions. Il se laissait embarquer par la passion. Quand ils s'écartèrent, Sasha posa son front contre la poitrine de Xavier.

 

— Pardon, lâcha-t-il.

 

— De quoi ?

 

— De mon attitude.

 

      Xavier leva une main et d'un doigt joua avec une tresse africaine. Il aimait bien cette couleur cendrée.

 

— Tes cheveux, Sasha. Sont-ils bouclés ?

 

— Mes cheveux ? Non, ils sont lisses. N'aimes-tu pas mes tresses ?

 

 

      Xavier déposa un baiser sur la natte qu'il tenait.

 

— Je me posais juste la question. Ça ne me dérange pas plus que cela. Juste qu'elles ne te mettent pas en valeur.

 

      Sasha leva les yeux vers l'étudiant. Il avait le regard pensif.

 

— Si tu me demandes de les couper, je le fais.

 

— Pourquoi ferais-je cette demande ? Je n'ai pas l'intention de te changer, Sasha. Tu es comme tu es.

 

      Le garçon pencha la tête semblant réfléchir.

 

— Ça signifie que tu me prends avec mes énormes défauts ?

 

      Xavier émit un rire.

 

— Mmmh ! Et bien, ça fait partie de ton charme. Alors, ces courses ? C'était comment ?

 

— C'est ennuyeux de faire les courses. Pourquoi achètent-elles tant de cadeaux ?

 

— Parce que c'est Noël. Elles veulent faire des cadeaux à ceux qu'elles aiment.

 

      Mal à l'aise, Sasha finit par demander.

 

— En as-tu fait aussi ?

 

— Oui, bien sûr. C'est le seul jour où je peux gâter ma mère et ma sœur.

 

      Sasha cacha son visage contre la poitrine de l'étudiant. Il demanda anxieux :

 

— Est-ce que c'est mal si je n'en fais pas ?

 

      Xavier serra la taille de Sasha un peu plus fort, comme pour le réconforter.

 

— Non, ce n'est pas grave. Les personnes qui t'aiment n'attendent pas des cadeaux. Le simple fait que tu leur dises que tu les aimes leur suffira amplement.

 

— Mais le fait que je risque d'avoir des cadeaux, ce serait plus correct d'en offrir aussi. Non ?

 

— Sasha, tu te tracasses pour rien. Ta famille ne va pas te faire la tête parce que tu ne leur offriras rien à Noël. Comment faisais-tu avant ?

 

      Sasha se serra un peu plus. Il était vraiment trop bien dans les bras de Xavier.

 

— Euh ! Maman et moi, on faisait les fous jusqu'au petit matin, juste nous deux. Il n'y avait pas de cadeau. Nous n'en avions pas besoin. Cela ne m'a jamais manqué. Je m'amusais toujours très bien avec elle. On se tapait des délires de fou. C'était vraiment génial. Ça fait drôle maintenant. Ce Noël sera différent. Ça me fait un peu peur.

 

      L'étudiant déposa un baiser sur le crâne de Sasha. Il finit par demander.

 

— Je finis dans une demi-heure. Ça te dit d'aller refaire quelques courses, mais dans un endroit différent.

 

      Sasha s'écarta légèrement. Encore les magasins ? Xavier reprit.

 

— Je vais t'emmener à un petit marché de Noël. Il se trouve dans la ville voisine. C'est en plein air. Je suis sûr. Ça va te plaire et pour la première fois de ta vie, tu vas faire des cadeaux.

 

      Après tout, il sera encore un peu plus longtemps avec Xavier, quoi demander de plus ?

 

— D'accord, mais avant il faut passer à la maison. Il faut que je récupère quelque chose. Tu m'aideras à choisir, hein ?

 

— Promis, répondit Xavier, avant de déposer un baiser sur les lèvres chaudes de Sasha.

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17 juillet 2011

Les spirales version 2 : 26

Chapitre 26

 

      Une demi-heure plus tard comme prévu, Xavier ramena Sasha chez lui pour qu'il y aille chercher la chose qui lui manquait. En réalité, c'était pour récupérer sa carte bancaire dans le tiroir de sa commode. Ce serait la première fois pour lui qu'il retirerait de l'argent. Il s'en voulait un peu. Ce n'était pas vraiment le sien. Il ne l'avait pas gagné par un travail quelconque.

 

      Il eut également de la chance. Son père et Elone ne se trouvaient pas encore présents. Il n'aurait pas à se justifier d'être absent à l'arrivée de sa mère. Il se morfondait un peu. Il allait laisser son père l'accueillir à sa place. Il espérait juste qu'il n'y aurait pas de grabuge à son retour. Il fila ensuite rejoindre Xavier.

 

      La route jusqu'à la ville voisine se fit dans le silence. Sasha préféra observer du coin de l'œil comment Xavier conduisait. Hors de question que celui-ci dépasse la vitesse recommandée ! Sa mère lui faisait toujours peur à cause de sa manie de conduire trop vite. Et puis, depuis son retour avec son père et Elone en voiture, il ressentait parfois un certain malaise.

 

      Il n'avait jamais eu peur en voiture, alors il n'en comprenait pas la raison. Il ne se souvenait pas le moins du monde d'un accident. À moins qu'il l'eût également oublié ? Il aurait voulu en parler avec Xavier, mais il ne voulait pas l'ennuyer avec ses états d'âme.

 

      Quand ils arrivèrent enfin à destination, ils eurent du mal à trouver à se garer. D'un seul coup, Sasha se sentait tout excité à l'idée de visiter son premier marché de Noël. Il eut quand même une certaine appréhension en apercevant la foule. Il décida de ne pas quitter un seul instant du regard son ami.

 

      Toute la rue était illuminée de guirlandes de toute couleur, avec d'innombrables décorations de Noël. Les vendeurs s'étaient tous déguisés en lutins sur des tons vert et rouge. Des chants de Noël s'entendaient dans différentes langues, surtout en français et en anglais.

 

      À un moment, ils croisèrent un stand où ils reconnurent Carlin Oda accompagné de son fils Luce. L'artiste faisait des portraits afin de récolter des fonds pour réaliser le dernier vœu des enfants aux derniers stades de leur maladie. Les deux jeunes posèrent chacun pour Carlin. Celui-ci s'amusa à faire quelques réflexions surtout du genre qu'il devrait venir chez lui un de ces jours. Il disait cela avec un sourire de loup. Sasha devinait très bien la raison. Mais hors de question d'être pris en photo nu ! Non, mais !

 

      Ils reprirent leur route ensuite. Xavier aida du mieux qu'il put pour trouver de petits cadeaux qui pourrait plaire à Edwyn et à Elone. Mais, pour la mère, il n'en avait aucune idée. Sasha la connaissait mieux que lui. D'ailleurs, Xavier devait bien avouer être un peu inquiet. Comment réagirait la mère de son petit ami face à lui ? C'était peut-être idiot étant donné ce qu'il pouvait entendre de Catarina Cartier, mais c'était plus fort que lui.

 

      Un instant plus tard, Sasha s'arrêta net. Il demanda à Xavier de l'attendre. Il avait vu un étale intéressant, mais Xavier ne devait pas le voir. L'étudiant haussa les épaules et il se rendit sur un autre étale. Il discuta avec le vendeur quand un groupe de filles s'approcha. Quand Sasha revint, il aperçut ses filles être bien trop proches de Xavier. Son visage s'assombrit. Ca ne lui plaisait pas du tout, mais alors pas du tout.

 

      Pourtant dès qu'il aperçut le garçon, Xavier s'excusa auprès de ses interlocuteurs pour le rejoindre. Il remarqua le visage boudeur. Il fronça les sourcils. L'humeur joyeuse de Sasha avait changé. D'ailleurs, il eut confirmation quand Sasha déclara vouloir rentrer. Xavier porta une main à son front. Il ne comprenait pas le changement. Qu'avait-il fait pour avoir cette froideur ?

 

      Ils regagnèrent la voiture en silence. Xavier ne voyait pas l'intérêt de parler puisqu'il risquait fort d'être envoyé balader. Il attendit donc d'être dans la voiture pour poser la question.

 

— J'aimerai bien savoir ce qui ne va pas, Sasha ?

 

      Le garçon haussa les épaules. Il n'osait pas regarder en direction de son camarade. Il se sentait un peu honteux de son humeur. Xavier se mit à réfléchir, puis il eut un hoquet.

 

— Non ? Ne me dis pas que tu étais jaloux de ses filles ?

 

      Les joues de Sasha virèrent au rouge coquelicot. Xavier émit un rire faisant réagir le garçon qui lui donna une frappe dans l'épaule. L'étudiant grimaça.

 

— Ne te moque pas !

 

— Mais enfin, Sasha ! Tu ne vas pas être jaloux de toutes les femmes qui viennent me parler.

 

      Le garçon baissa la tête. Il se mordait la lèvre, mal à l'aise.

 

— Je n'y suis pour rien. C'est venu tout seul. Je sais juste que cela ne m'a pas plu de voir cette fille bien trop près.

 

      Xavier se gratta le crâne. Il n'avait pas remarqué qu'une des filles était bien trop proche. Sasha avait dû avoir une illusion. Il soupira avant de sourire en coin. Il se pencha vers Sasha qui n'en menait pas large. Xavier était trop proche.

 

— Alors comme cela, tu es jaloux. Voilà quelque chose d'intéressant. Cela voudrait-il dire que tu m'aimes, Sasha ?

 

      Le garçon ouvrit les yeux en grand, bouche bée. Qu'est-ce qu'il racontait ? Lui amoureux ? Surement pas ! Xavier vit passé toutes les émotions sur le visage de Sasha. Il se remit à rire. Sasha fonça les sourcils. Il n'aimait pas que l'on se moque de lui. Mais, il n'eut pas le temps de répondre, car il se fit assaillir par la bouche avide de l'étudiant.

 

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      Sasha rentra finalement chez lui deux heures plus tard. Il observa la voiture de Xavier disparaitre dans la nuit. Il se tourna ensuite vers son immeuble. Il se mordit la lèvre. Il était parti bien plus longtemps que prévu. Est-ce que son père allait lui en vouloir ?

 

      Il se dépêcha de monter à l'étage. Il pénétra ensuite dans l'appartement en faisant le moins de bruit possible. Il fut estomaqué. Il n'y avait aucun bruit comme si personne ne se trouvait présent dans l'appartement. Étrange ! Il avait pensé entendre sa mère et son père se chamailler. C'était dans leur gêne. Il était plutôt troublé de ce silence.

 

      Il retira vivement ses chaussures avant de foncer vers la cuisine. Il resta statufier devant le spectacle. Elone faisait la cuisine tranquillement, alors qu'Edwyn et sa mère buvaient un apéritif sagement à table. Sasha se demandait s'il était en train de faire un mauvais rêve. Mais, il fut rassuré quand sa mère se retourna. Catarina poussa un hurlement de joie en apercevant son fils. Edwyn grimaça. Ses tympans venaient d'en prendre un coup.

 

      La mère se leva comme une folle avant de se jeter dans les bras de son fils. Sasha se mit à rire. Il préférait la voir ainsi. Là, c'était sa mère. Pas quand elle jouait les personnes trop calmes.

 

— Mon bébé ! Où étais-tu ? Comment as-tu osé me laisser seul avec ces deux énergumènes, sans humour ?

 

— Merci pour nous, Catarina, s'offusqua Edwyn.

 

      Ne faisant plus cas des deux autres, Catarina se mit à détailler son fils de la tête aux pieds, avant de l'embrasser sur les joues.

 

— Mazette ! Tu es plus beau encore que dans mon souvenir.

 

— Maman, tu exagères toujours.

 

— C'est normal, je suis ta mère, la seule et l'unique. Alors, qui était plus important que ta mère ?

 

— Je ne te le dirais pas. C'est mon jardin secret.

 

      Catarina porta les poings à sa taille, en fronçant les sourcils. Elle tapa du pied.

 

— Ah non ! Tu ne vas pas remettre ça. Je veux savoir.

 

      Sasha recula dans le couloir afin de faire demi-tour, tout en filant vers sa chambre, il s'écria :

 

— Nada ! Pas envie !

 

— Sasha!!!!!!!!! Hurla sa mère, d'une voix encore plus stridente, faisant de nouveau grincer les dents d'Edwyn sous le rire sous cape d'Elone.

 

      Le garçon se laissa tomber sur le lit, en soupirant d'aise. Finalement, Noël se passerait peut-être bien puisque les trois adultes avaient réussi à se supporter cette soirée. Un corps lui tomba dessus et deux bras l'enlacèrent. Sasha se moula contre sa mère avec plaisir. C'était agréable de redevenir un petit enfant parfois.

 

— Alors, mon chou. Aurais-tu trouvé un amoureux ?

 

      Sasha gloussa. Sa mère ne voulait pas lâcher prise. C'était un peu nouveau. Elle n'avait jamais rien voulu savoir de sa vie avant.

 

— Ça t'intéresse, maintenant ?

 

      Catarina se redressa et appuya sa tête contre sa main. Elle joua avec une tresse de son fils. Elle avoua :

 

— Je n'avais pas besoin. Je passais toujours avant tes amoureux. C'est la première fois où tu as préféré le contraire. Alors, je pense que celui-ci est bien plus important.

 

      Stupéfaites par ces paroles, les joues de Sasha rougirent. Il en était troublé. Il finit par demander.

 

— Maman ? Est-ce que tu les connaissais, mes anciens amoureux ?

 

      Catarina baissa les yeux vers son fils. Il s'inquiétait. Elle pouvait le lire sur son visage. Étrange ! Être séparé de lui, lui avait démontré à quel point Sasha était important pour elle. Elle reconnaissait très bien ne pas avoir été une très bonne mère, toujours présente.

 

— Non, je ne les ai jamais vus. Mais, je savais qu'il y en avait.

 

— Je les ai oubliés. Ce n'est pas très sympa pour eux.

 

      Catarina déposa un baiser sur le front de son fils.

 

— Bah ! Ce n'est pas grave. C'est de l'histoire ancienne après tout. Maintenant, tu dois t'occuper du présent et de rien d'autre.

 

— Mmmh ! Ce n'est pas correct. J'ai oublié tellement de choses. Peut-être quelque chose de très important. C'est peut-être grave.

 

— Sasha ! On s'en fout. Je préférerais que tu n’en retrouves jamais la mémoire. C'est égoïste, je sais. Mais, je ne veux pas que tu te souviennes de la souffrance que tu as dû avoir. Et si par la même occasion, tu as oublié certaines personnes et bien, tant pis pour eux ! Ta santé et ton bonheur sont tout ce qui m'importe ! Alors, comment est-il cet amoureux ?

 

— Maman !

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22 juillet 2011

Férelden : 01

 

      P.-S. : Oui, je sais très bien ce que vous pensez. Je n'ai pas fini les autres histoires que j'en écris encore une nouvelle. Que voulez-vous que je vous dise ? Je suis désolée, c'est plus fort que moi.

      Pour petite information, cette histoire a des connotations d'un jeu que j'ai adoré jouer, Dragon Âge. Bon, les lieux sont les mêmes, certains personnages sont les mêmes aussi, mais l'histoire de Férelden, enfin de la contrée, n'est pas la même, sinon il me faudrait des heures et des heures pour raconter la véritable histoire de ce pays. Vous vous en lasserez très vite, je pense, comme je l'ai été.

      Bon, ce premier chapitre parle un peu de Férelden, j'espère que ce n'est pas trop barbant. Évidemment, je ne vais pas raconter la véritable histoire de Dragon Âge, mais elle y ressemblera assez, enfin j'espère. Je risque fort de rajouter d'autres races. Dans Dragon Âge, il y a les humains, les elfes ainsi que les Nains. Bonne lecture.

 

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Chapitre 01

 

      Férelden est une contrée verdoyante, tempérée et sauvage. Que ce soit par le Nord ou par l'Est, elle est entourée par l'océan d'Amaranthine ou la mer d'écume. Par l'Ouest, il y avait la possibilité de se rendre à Orlaïs, mais pour cela il fallait faire beaucoup de marche en traversant les montagnes sacrées.

 

      La direction du sud ? Il est vrai qu'un passage s'y trouvait, mais pour cela, il fallait pouvoir rester en vie. Personne, semble-t-il, n'avait réussi à traverser les Terres sauvages de Korcari. Tous les aventuriers assez stupides pour l'explorer n'étaient jamais revenus pour parler de ces terres. Des rumeurs affirmaient que des Sorcières y vivaient.

 

      Férelden était gouverné par un Roi élu par son peuple, il y avait de cela bien fort longtemps. Pendant des siècles, la contrée avait été dirigée par un homme cruel et sans loi. Il imposait des conditions de vie tellement horrible que le peuple avait fini par se révolter avec certains nobles. Ils avaient demandé l'aide des Gardes des ombres. Ceux-ci ne voulurent pas en entendre parler. Ils étaient après tout les gardiens de la terre. Ils intervenaient en cas d'invasion de monstres, de démons en tout genre et surtout si arriver un enclin.

 

      Ces gardes étaient formés pour combattre le mal à l'état pur, des démons, des monstres et surtout l'Archidémon quand celui-ci se réveillait pour détruire toute vie sur Terre. Ils n'étaient pas là pour combattre des humains, mais ils furent obligés d'entrer dans le combat quand le Roi ordonna leurs éliminations totales.

 

      Les gardes des ombres Féreldiens se battirent jusqu'aux derniers souffles. Si le tyran fut anéanti enfin après plusieurs années de guerre, ce fut grâce aux derniers gardes des ombres. C'était une jeune femme téméraire et aux caractères aiguisés. Elle savait manier une épée comme personne. Elle permit aux peuples et aux nobles révoltés de s'emparer du château où se terrait le Roi. Elle avait été gravement touchée, mais pour son honneur, elle ne voulut pas mourir de la main d'un humain.

 

      Elle se dirigea vers Orzammar, la ville sous terre des Nains. Elle se rendit dans les tréfonds où vivaient les pires abominations, les soldats de l'Archidémon, des créatures qui n'avaient plus rien d'humain. Même les animaux les plus féroces étaient des nounours comparés à ses horribles choses contre nature. La jeune garde des ombres en tua énormément avant de succomber à la douce voix de la Mort.

 

      Pendant ce temps, le Roi fut brûlé vif sur la place publique. Il n'eut pas les derniers sacrements puisqu'il avait renié toute croyance. Ensuite, il eut la fête avant que les dissensions reprirent. Certains se disputèrent pour le trône. Finalement, un homme sortit du lot. Il calma les esprits et il fut à l'unanimité élu comme nouveau Roi.

 

      Cet homme gouverna avec sagesse et bonté. Attitude qui ne plut pas à beaucoup de monde, surtout les nobles ! Ceux-ci complotèrent derrière le Roi afin de l'éliminer, mais ce nouveau Roi avait des amis importants et loyaux. Ils déjouèrent à chaque fois les complots. Ainsi Férelden eut une longue période de paix avec quelques conflits avec Orlaïs, une contrée à l'ouest, caché par les montagnes sacrées.

 

      Ainsi de génération en génération, chaque mâle royal prenait la couronne de Lys et gouvernait comme leur père leur avait appris. Le dernier en date, Caillan, âgé de vingt et un ans, venait de prendre les rênes, après la mort tragique de son père assassiné par un Corbeau. Corbeau ? Pas le volatile, mais une secte d'assassin. Les corbeaux venaient de la très lointaine citée d'Antivan.

 

      Si par malheur un contrat avait été signé à votre encontre, vous ne pouviez pas réchapper à une mort tragique. Aux dernières nouvelles, aucune de leurs cibles n'avait jamais survécu. Qu'importe la difficulté, les Corbeaux obéissaient qu'à une seule règle : toujours exécuter le contrat, même si celui-ci est annulé. Par contre si le client ne s'acquittait pas de sa dette, il risquait fort de rencontrer la lame aiguisée d'un assassin à son tour. Pas de plaisanterie avec ces Antivans !

 

      Heureusement, Caillan n'était pas seul. Le héros de Férelden, le grand Commandant de son armée, Loghain, l'aidait beaucoup dans sa dure tâche. De plus, il avait eu la chance d'épouser la fille de celui-ci, Anora. Elle était très aimée du peuple. Elle avait en plus beaucoup de caractère.

 

      Alors que tout semblait calme, il se révéla une vérité dure à avaler. Une rumeur affirmait que des hordes d'Hurlocs, d’horribles monstres sortaient des tréfonds et commençait à envahir par petites troupes certaines campagnes. Était-ce vrai ou faux ? Si cela était véridique, alors cela signifiait qu'un enclin se préparait. Si par malheur, l'Archidémon se réveillait, ce serait la plus Grande Guerre que Férelden n'avait plus connue depuis des lustres.

 

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      Bien des lieues de la ville de Dénérim, où se trouvait le Roi, un homme de grande stature, habillé d'une longue tunique cachant les cottes de mailles et portant deux épées sur le dos, se dirigeait d'un pas rapide et sûr à travers un chemin jalonner de fougères et toutes autres plantes dans la forêt épaisse de Korcari.

 

      L'homme n'était en rien un aventurier, c'était avant tout un redoutable guerrier. Les sorcières si celles-ci existaient, hésiteraient sans nul doute à l'affronter. Il s'enfonça profondément dans ces Terres inconnues. Pourtant, il n'eut pas besoin d'aller si loin avant de rencontrer des éclaireurs Hurlocs. Les créatures hurlèrent en le voyant avant de foncer tête baissée vers lui.

 

      L'homme dégaina ses deux épées et il en fit du menu fretin en moins de temps pour le dire. Ensuite, il ramassa une grande feuille pour essuyer les lames couvertes de sang noir, un sang maudit qui empoisonnait toute personne touchée. La plupart des blessés finissaient par devenir une de ces créatures. Pour éviter de devenir un monstre, il y avait deux moyens.

 

      L'un radical : se trancher la gorge. Le second : avoir un garde des ombres dans les parages. Mais, dans ce cas de figure, peut-être que la mort était bien plus douce.

 

       Sur le visage buriné couvert d'une barbe courte, des traces d'inquiétude se lisaient. Sans plus attendre, il se dépêcha de se rendre sur la petite colline qui surplombait une immense vallée.

 

      Son inquiétude se changea en fatalisme. Au loin, il apercevait des feux par milliers et parmi eux, se trouvaient toutes sortes de créatures tout aussi laides que les hurlocs, mais encore plus dangereuses. L'homme porta sa paume sur son front couvert de sueur. Il devait se dépêcher de trouver des recrus. Ses semblables n'arriveraient pas à temps avant le massacre.

 

      Il devait faire vite, mais en même temps, il se devait de les choisir avec discernement. Peu de recrus survivaient à l'épreuve. Il le savait et il en était désolé pour ces pauvres bougres, mais il n'y avait pas d'autres choix. Après un soupir, l'homme se détourna et retourna sur ses talons. Duncan, garde des ombres, devait trouver des recrues de qualité. Il n'avait pas une minute à perdre, car seul un garde des ombres serait en mesure de tuer un Archidémon et personne d'autre.

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24 juillet 2011

Férelden : 02

 

Chapitre 2

 

      Duncan suivit toutes les rumeurs à travers tout le pays. Il voulait de bonnes recrues. Il se devait pour la sauvegarde de la terre d'être efficace dans ses choix. Il s'était rendu au début à Orzammar. Les Nains étaient de redoutable guerrier, beaucoup d'entre eux vivaient dans les tréfonds jusqu'à leur fin de vie afin de protéger les portes de la ville.

 

      Quand il n'y avait pas d'enclin, les monstres vivaient sous terre, au plus profond des abimes. Ils remontaient de temps en temps en quête de chair fraiche, celle des Nains par exemple. Mais ces guerriers ne se laissaient pas mourir sans combattre à mort. C'était leur devoir, c'était leur honneur.

 

      Le garde des ombres n'y resta pas très longtemps. Certes, il y avait des personnes fort intéressantes, mais il sentait dans l'air d'Orzammar un changement qui pourrait se révéler néfaste. À la surface, il croisa bien des Nains également, mais les Nains surfaciens n'avaient plus rien des guerriers presque surhumains de leur confrère.

 

      Il reprit la route bredouille. En longeant la voie impériale, il aperçut au loin la Tour des Mages. Il secoua la tête fataliste. Les Mages seraient fort utiles. Leur Magie était très efficace contre les démons de toutes sortes. Mais, il y avait un hic. Les Mages étaient trop fragiles et facilement manipulables. Les Démons les plus puissants parvenaient souvent à les corrompre. De plus, Duncan ne se voyait pas se prendre la tête avec la Chantrie et les Templiers.

 

      Il reconnut être un peu dur avec les Mages. Tous n'étaient pas faibles, bien au contraire, mais plus ils avaient de pouvoir, plus ils en voulaient. Combien de ses confrères Mages avaient succombé finalement à la tentation ? Beaucoup trop à son goût. Sans parler de ses insectes nuisibles, ces Mages libres vivants à Tévinter ! Ils étaient pires que les abominations. Ils utilisaient les humains, les Elfes comme de la marchandise.

 

      Le Roi avait dû combattre pendant des années contre les esclavagistes Tévinter. Il avait forgé une petite armée spéciale qui s'occupait que de ce problème, certains hommes d'ailleurs étaient des templiers. D'ailleurs, c'est parmi eux qu'il avait fait la connaissance d'une très bonne recrue, quelques mois plus tôt. Duncan avait eu un peu peur au début. Ce garçon était encore très jeune et plutôt naïf, mais contre toute attente, il fut le seul à s'être relevé en vie après l'épreuve. Comme quoi ! Parfois, il fallait se méfier des apparences. Elle pouvait être trompeuse.

 

      Duncan ne s'attarda pas pour autant. Il continua sa route. Une rumeur affirmait qu'un clan de Dalatien se trouvait à la forêt de Bréciliane. Peut-être que parmi les Elfes libres trouverait-il son bonheur ? Les Elfes étaient connus pour être de redoutable escrimeur et des archers hors pair. Mais avant de se rendre dans cette forêt, il devait au moins s'arrêter à la prochaine ville.

 

      Ses pas l'amenèrent à Dénérim, la capitale. Il traversa la place du marché pour se rendre à la taverne du noble chenu. Comme toujours à cette heure de la journée, il y avait du monde. Duncan se faufila vers le barman. Il le connaissait depuis des années.

 

      Le barman, Boris, fut ravi de revoir le garde des ombres. Cet homme lui avait sauvé la vie contre une bande de voleurs, près des Marches libres. Il savait qu'il ne devait pas trop crier partout que Duncan était un garde des ombres. Bien que des siècles plutôt, les gardes les avaient fortement aidés, il semblait bien que ce fut oublier. Ils n'étaient pas les bienvenus en Férelden. Voilà, une des raisons pour Duncan de se trouver des recrues, il était le seul à être présent dans ce pays, avec sa jeune recrue maintenant.

 

      D'une voix à peine audible, Duncan demanda des nouvelles fraiches. Cela faisait bien trop longtemps qu'il se trouvait sur les routes. Boris fut ravi d'avoir un auditeur. Il lui annonça que le Roi Caillan avait formé une armée. Accompagné du grand Commandeur, il serait à Ostagar, ville en ruine aux abords des terres sauvages de Korcari. Boris avoua qu'une rumeur laisserait qu'une invasion démoniaque aurait lieu là-bas.

 

      Duncan fronça les sourcils, inquiets. C'était très risqué. Le roi ne voyait pas le véritable danger. Il devrait surement le rejoindre d'ici peu afin de l'aider de son mieux. Il écrivit un mot et demanda à Boris s'il pourrait l'envoyer à qui de droit. Autant envoyé son jeune garde des ombres à Ostagar !

 

      Duncan se mit à écouter les convives. Parfois, des rumeurs intéressantes circulaient. En quelques secondes d'écoute, il eut confirmation. Des nobles parlaient de Bryce Cousland, le Iarl de Hautecime. Il semblait que celui-ci allait bientôt partir pour Ostagar rejoindre le Roi avec le seigneur Rendon Howe. Duncan connaissait un peu cet homme. Il ne l'avait jamais vraiment apprécié. Il avait souvent un comportement louche.

 

      Pour une raison encore inconnue, Duncan s'invita à la table des raconteurs. Il leur paya à boire pour leur délier la bouche. Ces hommes ne se firent pas prier. Ils aimaient trop parler. L'un d'eux lui avoua :

 

— Cousland peut partir tranquille. Personne n'osera attaquer sa demeure en son absence. Ils ont leur chien de garde.

 

— Leur chien de garde ? Que voulez-vous dire ? Un Mabari est certes un très bon chien de garde, mais tout de même...

 

      L'homme soul se mit à rire.

 

— Je ne parle pas du chien. Même si leur chien est redoutable. Il parait qu'il a traqué pendant deux jours un voleur, dans les bois de Hautecime. Je ne sais pas ce qu'il en est advenu du bougre, mais il l'a bien cherché. Haha !

 

      L'homme but une nouvelle gorgée. Son compagnon répondit à sa place.

 

— Le Iarl a un autre fils. Tout le monde en a peur et en même temps, il fascine. Tout le monde affirmait que le fils aîné Cousland était le meilleur guerrier, mais ils ont tous tort. Moi, je l'ai vu de mes propres yeux. Ce garçon n'a que quinze ans, mais il sait manier une épée avec détermination et sans montrer une seule crainte. Il est aussi d'une agilité comme personne.

 

— Ouais ! Reprit l'autre soulard. Il ressemble à un chat. Il marche sans bruit et pourtant il a une taille qui ne passe pas inaperçue. Une rumeur affirme que Cousland n'en serait pas le vrai père. Moi, à mon avis, Dame Cousland a du faire une belle infidélité. Ce garçon n'a rien d'un humain ordinaire.

 

      Duncan resta pensif. Est-ce que tout cela était vrai ? Le meilleur moyen serait d'aller y jeter un coup d'œil, avant le départ de Bryce Cousland. Après tout, il avait tout le même le droit de rendre visite à un vieil ami. Non ?

 

      Il voulait juste assouvir sa curiosité. Il ne pourrait pas arracher un fils aussi jeune à sa famille. Il était peut-être désespéré de trouver d'autres futurs gardes des ombres, mais il ne s'abaisserait pas à ce point-là. Peut-être parmi les hommes des gardes du domaine, aurait-il une exception ?

 

      Le domaine de Hautecime surplombait d'un côté un immense bois de pins, d'un autre la mer d'Amaranthine. Duncan dut prendre la route marchande et il traversa un petit village. Il aperçut également quelques fermiers. Ceux-ci semblaient de bonnes humeurs. La plupart le saluaient et lui souhaitait bonjour. Duncan trouvait très agréable cette ambiance de bien être, même si avec les temps qui courent cette jovialité ne dura pas.

 

      Il arriva enfin à la vue du domaine. Les Cousland avaient toujours été les plus fidèles alliers du Roi et cela depuis des générations. D'ailleurs, si les souvenirs de Duncan ne lui faisaient pas défaut, cette famille était de lointain cousin de la famille royale. Pour leur loyauté sans faille durant temps de siècles, les Cousland avaient hérité de ce domaine qui au fil des années s'étaient transformé en petite ville.

 

      En pénétrant dans la cour, Duncan constata du changement. Les hommes semblaient fébriles. Certains étaient entourés de leurs femmes et de leurs enfants, surement les hommes choisis pour rejoindre le roi à Ostagar. Duncan se dirigea vers la grande porte d'entrée. Il se sentait observer. Il ne voyait rien d'anormal et il ne se sentait pas en danger. C'était, semble-t-il, de la curiosité à son égard.

 

      Un soldat le fit entré dans le hall. Duncan attendit d'être annoncé. Bryce Cousland se trouvait également dans le hall. Il discutait avec animation avec un homme aux cheveux gris et aux regards de fouine. Duncan le reconnut sans problème. C'était Rendon Howe. Il grimaça légèrement. Il aurait préféré l'éviter celui-là. La poisse !

 

      Cousland était un homme de grande stature et de prestance. Il portait un simple habit avec ses armoiries. Les cheveux maintenant grisonnants, il n'avait pas pour autant perdu de son charme et de son sourire accueillant. En apprenant la visite d'un vieil ami, il lui fit le meilleur accueil possible.

 

      Non seulement en tant qu'homme, Duncan était quelqu'un de fort intéressant, mais si en plus, c'était un garde des ombres, pour Cousland, c'était une bénédiction. Il avait lu tout ce qu'il avait pu trouver sur cette confrérie. Il les admirait sincèrement. Ces hommes devaient renoncer à avoir une vie normale.

 

— Duncan ! Je suis ravie de vous revoir.

 

— Moi de même, Bryce.

 

      L'homme dut se rappeler les bonnes manières. Il présenta donc son interlocuteur à son voisin, Rendon Howe. Les deux hommes se saluèrent du bout des lèvres. Il était évident qu'ils ne s'appréciaient pas réciproquement.

 

— Qu'est-ce qui vous amène à Hautecime, Duncan ?

 

— Je suis à la recherche de nouvelle recrue. Un enclin approche, j'en ai bien peur.

 

— En êtes-vous certains ? Bah ! Venant de vous, cela doit être véridique. Nous devrions nous dépêcher de rejoindre le Roi.

 

— Je suis désolé si mes hommes sont en retard, murmura Howe.

 

      Cousland haussa les épaules.

 

— Nous n'y pouvons rien. Mon fils Fergus s'y rendra en premier lieu. Nous le rejoindrons ensuite.

 

      Duncan profita de l'occasion.

 

— J'ai cru comprendre que vous avez eu un second fils entre temps.

 

      Cousland se tourna vers le garde des ombres. Il avait le visage souriant et amusé.

 

— Décidément, vous savez tout Duncan. Oui, Éléonore m'a effectivement donné un autre fils après des années de fausses couches. D'ailleurs, quand on parle du Loup, il s'amène.

 

      Duncan se retourna vers la porte d'entrée. Il cligna des yeux. Un jeune homme de grande stature, mince et svelte s'approchait d'eux. Duncan avait plus l'impression de voir un elfe, plutôt qu'un humain. Ce garçon avait le même maintien, la même noblesse qu'un Elfe Dalatien, mais avec quelques différences notoires. Il n'avait bien sûr pas les oreilles en pointe et surtout la taille. Les Elfes étaient toujours d'une taille inférieure à celle d'un humain.

 

      Là, c'était bien le contraire. Le jeune homme le dépassait d'une tête, alors que Duncan était déjà d'une bonne taille. De plus, le garde des ombres avait bien du mal à croire que ce garçon n'avait que quinze ans, en fait, il était impossible de lui donner un âge, encore une ressemblance avec les Elfes.

 

      Le garçon avait la peau couleur de miel, des cheveux soyeux longs, rejetés en arrière d'un noir ébène. Mais ce qui fascinait encore plus, c'était surement les yeux. Ils étaient d'un bleu intense et magnétique. Duncan confirmait les paroles des deux soulards du noble chenu. Ce garçon n'avait rien d'un humain ordinaire.

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25 juillet 2011

Dessin de Bienvenue, Grand frère.

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Shuei Morita et Gaku Inamura.

Dessin fait apr Clover-Doe :

http://clover-doe.deviantart.com/

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26 juillet 2011

Les spirales version 2 : 27

 

Chapitre 27

 

       La veille de Noël arriva. Sasha avait été tendu toute la journée. Son père et sa mère se tiraient les vers du nez. Même Elone ne savait pas quoi faire pour les calmer. Finalement, Sasha parvint à faire sortir sa mère de l'appartement. Il voulait faire une promenade avec elle. C'était ainsi qu'il avait réussi à la convaincre.

 

      Elone lui se chargea de remettre les pendules à l'heure avec Edwyn en lui assenant un sermon de tous les diables. Ce serait son premier Noël avec son fils depuis des lustres. Il se devait de faire un effort même si la présence de Catarina lui pesait.

 

      Dans l'après-midi, il eut des nouvelles de Raven. La jeune fille lui annonça que Carlin Oda les avait invités, sa famille et elle, à venir passer le réveillon avec eux. Son père avait d'abord refusé, car sa jeune sœur serait présente également, mais le peintre insista tellement en affirmant que cela ne le dérangerait pas qu'elle vienne également. Raven était tout exciter.

 

      Jamais dans son rêve le plus fou, elle n'aurait pu imaginer qu'elle passerait son réveillon de Noël avec son peintre préféré. Sasha se chargea, bien volontiers, à se moquer d'elle et surtout, en rapport avec Ben Amory. Étant donné qu'Asia habitait chez le peintre, il était évident que son frère s'y rendrait également.

 

      En contrepartie, elle s'acharna sur lui aussi, mais avec Xavier. Elle lui fit des insinuations à l'en faire rougir. En tout cas, le simple fait de voir son fils discutait joyeusement avec une de ses camarades, permis à Catarina de se calmer et de reprendre contrôle d'elle-même.

 

      Quand au bout de quelques heures, la mère et le fils rentrèrent, Elone put retrouver son souffle. Catarina était redevenue la femme qu'elle était au début de son séjour, calme, serein et les pieds sur terre. Il n'avait pas l'habitude de ce genre de personne. Cette femme avait une double personnalité.

 

      Il en avait un peu discuté avec Aline Descamps. Pour le médecin, cette femme n'était en rien dangereuse pour autrui, juste pour elle-même. Étant donné que la plupart des gens ne comprenaient pas son caractère, ils finissaient toujours par la rejetée un certain moment de leur vie. Ils n'arrivaient plus à la suivre, d'où par exemple le divorce entre Catarina et Edwyn.

 

      Catarina pourrait se détruire facilement à cause de ses rejets répétitifs. Les hommes qu'elle fréquentait l'abandonnaient toujours pour la même raison. Ils aimaient une de ses personnalités, mais pas l'autre et souvent ils ne voulaient pas faire de compromis. La raison pour laquelle, elle ne se détruirait jamais, était son fils.

 

      Sasha adorait sa mère. Il était la seule personne qui l'acceptait telle qu'elle était sans équivoque. Sa mère était celle à la double personnalité et il l'appréciait comme tel.

 

      Peut-être que si Edwyn et lui faisaient l'effort d'accepter Catarina comme elle était également, alors l'entente entre eux serait bien meilleure ? Il dut déblatérer pendant des heures avec Edwyn. Celui-ci promit de faire un effort pour Sasha. Il savait très bien que ce ne serait pas la seule fois où Catarina viendrait mettre son grain de sable dans leur vie. De plus, Sasha lui en voudrait beaucoup de lui gâcher son Noël en famille.

 

      Après ces quelques promesses, Elone ordonna à Sasha de l'aider en cuisine. Le garçon râla comme pas possible. Il indiqua qu'il n'était pas un esclave et tout le tralala. Bien évidemment, Edwyn finit par se rendre compte que son fils n'avait pas encore rangé ses chaussures comme à son habitude, tout comme son manteau qui trainait sur le sol du couloir.

 

      Sasha subit un sermon à son tour par son père. Le garçon l'écouta tellement sérieusement qu'Elone et Catarina finirent par attraper un fou rire. Ils se firent réprimander par Edwyn aussitôt. Sasha finit par balancer à son père qu'il était vraiment trop coincé et barbant. Halluciné, Edwyn alla se morfondre dans un coin.

 

      Sasha se mordit assez vite les lèvres. Il s'en voulait. Il avait encore dit quelque chose qui avait vexé quelqu'un qu'il aimait. Il se rendit près de son père pour s'excuser. Mais contre toute attente, son père se retourna en riant. Sasha tapa du pied. Son père s'était moqué de lui. Il l'avait angoissé pour rien. Ils se chamaillèrent gaiement.

 

      Le repas du réveillon se révéla excellent. Sasha eut tellement de compliments qu'il en eut rapidement les joues rouges de plaisir. Ensuite, ils décidèrent de jouer un jeu de société. Le Monopoli, un jeu vieux comme la lune, mais qui avait toujours autant de succès. À la fin, Edwyn se demanda réellement s'il était un homme d'affaires avisé. Il avait perdu comme son ex-femme et à plate couture. Elle ne se gêna pas d'ailleurs de lui en faire la remarque. Il ne releva pas. C'était un exploit.

 

      Ensuite, Sasha voulut jouer à Wii et qui plus est, un jeu de danse. Hors de question de se remuer comme un idiot ! Il n'eut pas le droit au chapitre. Impossible de refuser. Les premiers à lâcher prise furent tout de même Edwyn et Elone. Les deux hommes se laissèrent tomber sur le canapé complètement H.S..

 

      Catarina et Sasha continuèrent pendant plus d'une heure à faire les fous devant un écran tout en chantant les chansons. Edwyn était halluciné. Quand est-ce que leur pile allait tomber en panne ? C'était incroyable l'énergie que ces deux-là avaient encore.

 

      Finalement, il était plus de trois heures du matin quand les deux hystériques décidèrent d'arrêter, mais cela ne les empêcha pas de continuer à faire les idiots. À force de regarder la mère et le fils à sauter et courir dans tout l'appartement, il en eut le tournis. Il finit par aller se coucher, mais Sasha refusa tant qu'Elone et lui n'auraient pas ouvert leur cadeau.

 

      Les deux hommes en furent stupéfaits. Ils ne s'étaient pas attendus à des cadeaux de la part du garçon, même si eux l'avaient tout aussi gâté. C’était de tout petit cadeau, mais c'était le geste qui comptait le plus. Edwyn reçut une boite contenant des stylos avec ses initiales. Elone eut le droit à une petite statuette de dragon, aux mille couleurs. L'homme sourit. Sasha avait été fasciné par sa collection de dragon et de bouddha.

 

      Catarina fut elle aussi très surprise en recevant un paquet de son fils. Elle n'en avait jamais eu auparavant, tout comme elle ne lui en avait jamais offert. Sasha ne voulait jamais rien, juste son attention entière lors du réveillon. C’était la seule chose qu'il avait toujours réclamée. Elle se mit à pleurer devant son cadeau. Sasha lui avait offert son portrait fait par l'artiste Carlin Oda. Catarina serra son fils avec tendresse. Elle y prendrait grand soin.

 

      Sasha se sentant mal à l'aise finit par se sauver. Il se jeta sur son lit et s'enfouit sous les draps, après avoir jeté ses vêtements. Il était troublé. Il n'avait jamais pensé que recevoir des cadeaux pouvait faire autant plaisir. Un sourire esquissa ses lèvres avec un soupir de bien-être. Il était content. Il s'endormit.

 

      Son portable vibra. Sasha sursauta. Il ouvrit les yeux et se mit à bâiller. Quelle heure devait-il être ? Il attrapa son portable. Il ne voulait pas réveiller sa mère. En jetant un œil au réveil, il grimaça. Il était plus de six heures du matin.

 

      Il jeta un coup d'œil à son portable. Celui-ci avait reçu plusieurs messages. Ils venaient d'Asia et de Raven. Elles lui souhaitaient un joyeux Noël. Il leur répondrait demain. Pour l'instant, il était trop fatigué. Il s'aperçut alors d'un autre message. C'était celui qui l'avait réveillé. Intrigué, Sasha le regarda et rougit. Il se mordit les lèvres avant de se décider.

 

      Il répondit aussitôt au message. Puis, il jeta un coup d'œil à sa mère avant de se lever. Il se rhabilla rapidement avant de sortir. A pas de loup, il se dirigea vers la sortie. Il ramassa son manteau, toujours sur le sol. Avec le moins de bruit possible, il quitta de l'appartement. Ensuite, il courut dans les escaliers pour rejoindre la route.

 

      Il jeta un regard autour de lui et le vit. Xavier l'attendait, appuyé contre un lampadaire. En apercevant le garçon, il le rejoignit. Il tenait un paquet entre ses mains. Sasha se demandait comment il devait agir. Il était content de voir l'étudiant. Il finit par s'exclamer.

 

— Tu sais l'heure qu'il est, Xavier ?

 

      L'étudiant haussa les épaules.

 

— Un peu plus de six heures de matin. Je t'ai réveillé, petite nature.

 

— Évidemment. Et je ne suis pas une petite nature.

 

      Un vent frais fit frissonner le garçon. Celui-ci serra ses bras autour de lui après avoir remonté son col.

 

— Ah ! Il fait froid.

 

      Xavier émit un petit rire.

 

— Petite nature, je disais bien.

 

      Sasha allait répliquer quand quelque chose lui entoura le cou. Le garçon toucha l'écharpe rouge. Il leva les yeux vers l'étudiant.

 

— J'ai remarqué que tu n'avais pas d'écharpes. Et étant donné que tu aimes les couleurs voyantes.

 

      Les joues du garçon virèrent au rouge et ce n'était pas la faute du froid.

 

— Merci, répondit simplement Sasha, devenu timide.

 

— Mmmh ? Je n'ai même pas le droit à un baiser. Ce n'est pas juste.

 

      Sasha rougit de plus belle. Il regarda autour de lui avant de s'approcher et de se mettre sur la pointe des pieds. Il tira sur le manteau de Xavier pour le forcer à se baisser. Il déposa ses lèvres froides sur celles de l'étudiant. Il allait reculer, mais deux bras l'enlacèrent l'en empêchant. Xavier força le barrage des lèvres et l'embrassa avec fougue.

 

      Quand il releva la tête, Xavier avait le regard amusé. Il relâcha légèrement le garçon.

 

— Ça, c'est un baiser comme j'aime.

 

      Sasha rougit de plus belle. Il cacha son visage contre le torse de l'étudiant. Il frôla d'un doigt ses lèvres brûlantes. Mince, il aimait de plus en plus la sensation. Il se souvient alors.

 

      Il se redressa et sortit un petit paquet de sa poche. Il le tendit à Xavier. Celui-ci fut agréablement surpris. Il le prit et le déballa. C’était juste un petit portefeuille en cuir beige. Sasha expliqua son choix.

 

— J'ai remarqué que le tien est vieux et abîmé.

 

      Xavier examina un long moment son cadeau. Il rassura le garçon qui semblait mal à l'aise.

 

— Merci. C'est vrai que le mien est très vieux.

 

— Euh ! Pourquoi ne l'avoir pas changé plutôt ? Enfin, je dis ça, mais je suis plutôt du genre à garder mes affaires jusqu'à épuisement.

 

      Xavier songeur caressa d'un doigt la joue de Sasha. Il avoua :

 

— C'est le portefeuille de mon père.

 

— Ah ! Euh ! Je croyais que tu détestais ton père.

 

      L'étudiant se recula juste un peu. Il haussa les épaules.

 

— Oui et non. Je le déteste de nous avoir abandonnés, mais c'est tout de même mon père.

 

— Tu l'as déjà revu, n'est-ce pas ?

 

— Oui. Il y a trois ans. J'ai fait des recherches et je l'ai retrouvé. Il a refait sa vie. Le peu de souvenirs que j'ai de lui, était un homme mal dans sa peau et qui buvait beaucoup. Là, je me suis retrouvé face à un autre homme. Il était heureux. Alors je suis reparti sans lui parler une seule fois.

 

— C'est triste pour toi.

 

      Xavier secoua la tête. Il se rapprocha de Sasha et l'encercla de ses bras. Il avoua :

 

— Non, je suis soulagé. Je préfère le savoir heureux même si c'est sans nous. J'aurais été très triste s'il s'était détruit complètement. Je pense que c'est ce qu'il aurait fait s'il était resté avec nous. Et rien que d'y songer, je suis sûr que cela aurait détruit ma famille. Si un jour, il décide de nous revoir ; je ne sais pas pour Cheryl ; j'accepterai. Mais, ce sera à lui de faire les premiers pas, c'est tout.

 

      Sasha frotta son nez contre l'anorak de Xavier.

 

— Merci de m'en avoir parlé.

 

      L'étudiant fit glisser ses mains jusqu'aux joues du garçon et lui releva la tête. Il l'embrassa avec tendresse.

 

— Je vais te laisser. Je ne serais pas là pendant tout le reste des vacances. Nous allons chez mes grands-parents.

 

— Ah ! Laissa échapper Sasha, un peu déçu.

 

— Je risque fort de t'ennuyer à coup de texto. Tu ne sais pas à quel point je vais m'emmerder là-bas.

 

      Rasséréné, Sasha se moqua :

 

— Ce n'est pas très gentil. Je ne sais pas si je répondrais à tes messages.

 

— Tu as tout intérêt d'y répondre, pygmée.

 

— Banane !

 

— Minus !

 

— Tête de gland.

Posté par Origine1975 à 13:54:26 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]


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