02 juin 2011

Carlin Oda et Renko Miori, personnages du tome 1 : Carlin. Dessin fait par Nine : http://nineinjections.deviantart.com/gallery/

origine2

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11 juin 2011

Les spirales version 2 : 18

 

Chapitre 18

 

      Carlin avait attendu plus d’une heure que ses futurs esclaves viennent, mais aucun ne montra son bout de nez. Il n’allait certes pas se mettre en colère pour si peu, mais ils auraient au moins pu l’informer qu’ils ne pourraient venir. Enfin, deux d’entre eux l’avaient prévenu. Caël lui avait envoyé un texto s’excusant de son absence, sans pour autant indiquer pour quelle raison, il ne pouvait pas venir. L’autre, c’était Shin.

 

      Il ne pouvait pas venir l’aider, car il avait eu la charge de veiller sur les jumeaux. Mat et Akira s’étaient absentés et ils avaient eu la délicatesse de lui laisser la corvée des mioches. Shin avait beau faire croire que cela l’ennuyait d’être avec ses fils, Carlin savait bien que ce n’était pas vrai. Le jeune frère d’Akira avait fini par attacher à ses petits démons. Ce petit miracle devait être grâce à Sawako.

 

      Carlin pardonna donc à ces deux-là pour leur désertion, mais les deux autres allaient subir les pires tortures qui soient. Non, mais ! Lui poser un lapin, à lui ! Carlin Oda ! C’est d’une honte. Mais, bon, avant toute chose, il lui fallait des bras. Alors, ni une, ni deux, il se rendit au bar en face. Il pensait y trouver son cousin Daisuke, mais à la place, il y trouva les deux barmans. Ben Amory lui expliqua alors que Daisuke et Juntsou étaient partis en amoureux pour quelques jours.

 

      Carlin en fut très surpris. Habituellement, Daisuke ne laissait pas ouvert son bar quand il partait. Il en fit la réflexion à haute voix. Ben reprit en affirmant que depuis la venue de Xavier dans l’équipe, Daisuke lui donnait la charge de s’occuper du bar. Le jeune homme avait un sens inné dans la gestion et les habitués l’appréciaient beaucoup. Pour mieux apprendre à connaitre ce fameux Xavier, Carlin se rendit dans la salle voisine. Carlin l’avait déjà rencontré, mais il n’avait pas eu vraiment l’occasion de parler avec lui.

 

      Dès les premières paroles, Carlin l’apprécia d’emblée. Le jeune homme ne se laissait pas manipuler. Il avait du caractère. Parfois, il lui faisait penser à Erwan, mais tout en étant assez différent. Erwan avait beau avoir un physique de tombeur, la plupart du temps un certain malaise se faisait sentir en sa présence. Il avait trop de personnalité, peut-être. Xavier, avec son physique plus rude et sa cicatrice, aurait dû donner un sentiment de frayeur et d’intimidation, mais à la place, il donnait un sentiment de sécurité, de confiance. C’était assez déconcertant.

 

      Carlin trouva quand même assez facilement les bonnes phrases pour le forcer à venir l’aider à la salle d’exposition. Il adora comme à son habitude de donner des ordres et de les traiter de femmelettes dès qu’ils faiblissaient. Il vit souvent Xavier froncer les sourcils et serrer les dents. Le jeune homme se retenait de le remettre à sa place. Carlin ne se gêna pas pour en profiter au maximum.

 

      Enfin, il en abusa tellement qu’à la fin, Xavier allait finir par craquer, mais l’arrivée de nouveaux venus sauva Carlin. Celui-ci fut ravi d’avoir sa meilleure amie sous le coude. Il allait pouvoir lui en faire voir de toutes les couleurs. Il se vengerait sur elle pour la désertion de son mari. Il rencontra également deux nouveaux jeunes.

 

      Carlin était toujours ravi de rencontrer d’autres artistes. La jeune Raven lui plaisait bien, surtout quand elle rougissait. Elle donnait envie de l’embêter encore plus. Plus tard, il apprit que c’était son père qui avait acheté la maison de sa mère, Eryna. Quant à Sasha, Carlin le trouva trop mignon. Il était aussi très différent des amis de son fils. La plupart se sentaient trop intimidés face à lui. Ce n’était pas le cas avec ce garçon.

 

      Bien sûr au début, Carlin parvint à le faire travailler jusqu’à que Sasha décide qu’il en avait assez fait. En fait, c’était également un petit démon comme son petit Luce. Sasha s’amusa également à se moquer de Ben et de Xavier. Il en fit aussi à Raven. La jeune fille se lâchait plus facilement dès qu’elle se sentait plus à l’aise. Sasha parvint à la faire réagir. Il faillit même par se faire étrangler par son amie.

 

      Puis vers sept heures du soir, Carlin parti à sa recherche. Le garçon n’était plus en vue depuis un moment. Il se demanda où il pouvait bien être. Il n’eut pas besoin de le chercher très loin. Il était sagement assis sur un des sièges du bureau et il regardait avec attention un album. Carlin fronça les sourcils du sans gêne, mais ensuite il eut une exclamation. L’album était où il avait posé les photos de nus. Il l’avait emmené pour le regarder s’il s’ennuyait.

 

      Sasha, entendant des pas, releva la tête. Il eut un sourire devant l’expression du peintre. Il s’excusa tout de même.

 

— Je suis désolé. J’ai vu l’album sur le bureau, je croyais y trouver des dessins de vous, je ne m’attendais pas du tout à y trouver des choses aussi… comment dire, intéressantes.

 

      Après un instant interloqué, Carlin éclata de rire. Il l’aimait bien ce petiot. Il s’approcha et il s’installa sur un coin du bureau.

 

— Alors, comment trouves-tu cet album ? Il est plutôt réussi, pas vrai ?

 

— Vous avez raison. Vous êtes bon en photographie également.

 

— Haha ! C’est gentil, mais seulement pour ses photos de ce genre. Tu ne sembles pas très choqué.

 

— Bah ! Pourquoi serais-je choqué ? Parce qu’il n’y a que des hommes sur l’album ? Les photos ne sont pas vulgaires. Elles sont très bien faites. À vrai dire, je préfère cet album, plutôt que celle que maman avait laissée sur la table basse du salon quand j’avais à peine dix ans.

 

— Ta mère, lisait-elle un magazine osé ?

 

— Oh oui ! N’importe quel gosse aurait été choqué ! Mais bon, avec maman, j’y suis habitué depuis longtemps. Euh ! Ce n’est pas une mauvaise mère. Elle est juste un peu spéciale.

 

      Carlin tapota gentiment la tête du garçon pour le calmer. Il le rassura :

 

— Ne t’inquiète pas. Je ne juge pas les personnes que je ne connais pas. Et puis, t’entendre parler d’elle montre clairement que tu l’aimes beaucoup. Ne vis-tu pas avec elle ?

 

— Non, je suis chez mon père, maintenant. J’aime beaucoup être avec lui aussi. Je ne l’avais plus vu depuis leur divorce. Ça fait encore bizarre. Et puis, il est en couple maintenant. J’ai toujours peur d’être une gêne pour eux. C’est stupide, n’est-ce pas ?

 

— Non, c’est compréhensible. J’ai eu le même problème quand ma mère s’est remariée. J’ai eu peur qu’elle ne m’aime moins qu’auparavant. C’était une erreur. Elle n’a jamais changé. As-tu des problèmes avec la compagne de ton père ?

 

      Sasha secoua la tête.

 

— Mon père vit avec un homme, monsieur Carlin. Il est médecin dans le même hôpital que madame Mili.

 

      Sasha grimaça en recevant un coup sur la tête. Il leva les yeux vers le peintre, étonné.

 

— Arrête avec ton monsieur ou madame. Appelle-nous juste avec nos prénoms, tu serais mignon.

 

      Sasha pencha la tête de côté avec un sourire espiègle.

 

— Mais, maman m’a toujours dit d’être respectueux avec les personnes âgées.

 

      Offusqué, Carlin attrapa la tête de Sasha pour lui faire subir un shampooing. Le garçon riait de bon cœur. Les entendant rire, Raven fit son apparition. La jeune fille souriait. Elle trouvait que le rire de Sasha était souvent communicatif. Carlin la repéra et s’exclama :

 

— Ma jolie, veux-tu voir quelques choses de mignon ?

 

      Raven le regarda surpris. Elle s’approcha. Carlin fit le geste d’attraper l’album, mais Sasha fut plus rapide. Il s’exclama :

 

— Mais voyons, monsieur Carlin. Vous n’allez pas lui montrer ça quand même ! Ce n’est pas de son âge.

 

      Carlin fronça les sourcils.

 

— Toi, tu ne vas pas finir la journée, si tu continues à me dire du monsieur.

 

      Sasha se releva en riant. Gardant toujours l’album entre les mains, il s’élança vers la salle du fond où les deux barmans se reposaient en discutant. Ils stoppèrent à la venue du garçon. Celui-ci s’approcha et murmura innocemment.

 

— Regardez ! Il y a de très beaux dessins dans celui-ci. Je me demande même pourquoi monsieur Carlin ne veut pas les exposer.

 

      Mili, un peu plus loin, se tourna vers le garçon. Elle se demandait de quoi il pouvait parler. À cet instant, elle vit l’album. Elle resta bouche bée. Il n’allait pas oser, tout de même ? Xavier attrapa l’album. Il l’ouvrit et resta interdit. À côté de lui, Ben poussa un cri de stupeur, les joues rouges comme un coquelicot.

 

      Sasha était plié en deux, tellement il riait. Il n’en pouvait plus. Xavier n’était pas loin de faire pareil. Il avait fallu qu’il ouvre l’album directement sur la photo de Ben dans le plus simple appareil. Carlin et Raven arrivèrent à ce moment-là. La jeune fille observa son ami rire aux éclats.

 

— Zut ! J’aimerai bien savoir pourquoi ils rient, s’exclama-t-elle.

 

      Ben l’entendit et s’écria aussitôt plus rouge que jamais.

 

— Je t’interdis formellement de lui montrer. T’as compris, Sasha.

 

— Et si c’est moi qui lui montre ? Répliqua Xavier, se retenant à grande peine.

 

      Il se fit foudroyer du regard.

 

— Alors, tu ne vivras pas vieux !

 

      Un peu plus tard, en regardant l’heure, Ben s’exclama qu’il serait quand même l’heure d’ouvrir le bar. Xavier lui donna les clés pour s’en occuper. Sasha signala également son envie de partir. Il ne voulait pas que son père s’inquiète de son absence prolongée. Mili allait se proposer pour ramener les deux adolescents, mais elle se souvint d’un truc. Elle demanda alors innocemment à Xavier si cela ne le dérangerait pas de les ramener à sa place. Elle espérait juste que le jeune homme est le permis.

 

      Carlin lui jeta un coup d’œil rapide. Il connaissait parfaitement sa meilleure amie pour savoir qu’elle manigançait quelque chose. Alors, il se mit à observer le barman préféré de Daisuke. Celui-ci jetait des coups d’œil fréquent vers le jeune Sasha. Intéressant !

 

      Par miracle, Xavier était bel et bien venu en voiture. Habituellement, il aimait prendre le bus. Cela ne le dérageait pas de rentrer à pied, le soir. Mais, dernièrement sa mère s’en inquiétait beaucoup trop, surtout parce qu’il découchait trop souvent de la maison. Elle pensait souvent qu’il était chez une nouvelle petite amie. Mais, elle avait tort. Il dormait dans le bureau du « Cool Baby ». Depuis peu, il se sentait un peu à l’étroit chez lui. il commençait à vouloir sa propre indépendance.

 

      Daisuke lui avait finalement trouvé un petit studio dans les appartements se situant dans le quartier africain, juste en face du garage « Le Bradly ». Il avait mis sa mère au courant. Aline, un peu triste, avait accepté. Son fils avait bien grandi. Mais, elle lui avait demandé de revenir dormir de temps en temps à la maison. Il avait accédé à sa demande. Il s’était trouvé aussi une vieille voiture pour les trajets du soir pour ne plus l’inquiéter.

 

      Raven laissa la place passagère à Sasha. Elle avait vite compris que son ami appréciait beaucoup trop l’étudiant. Elle resta pensive tout le long du trajet. Elle repensait à son meilleur ami défunt. Par certains côtés, Sasha lui faisait penser à Donys. Lui aussi avait eu un rire communicatif. Il était taquin et boudeur. Pourquoi s’était-il suicidé ? Pour quelle raison ? Pour le rejet de ses parents ? Raven ne le croyait pas. Travis était la seule chose qui avait de l’importance pour Donys. Alors pourquoi ?

 

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13 juin 2011

Les spirales version 2 : 19

 

Chapitre 19

 

      Xavier ramena la jeune fille en premier. Elle le remercia chaleureusement. Bien qu’il déconne avec Sasha, il avait fini par l’intégrer dans la conversation. Elle avait même essayé de les forcer à lui dire ce qu’il y avait dans l’album. Mais, les deux garçons refusèrent catégoriquement de lui avouer. Elle finirait bien par savoir. Avant d’entrer chez elle, elle remarqua sa sœur Hélèna discutant avec sa voisine, Julie. Raven grimaça. Elle n’aimait pas cette fille. Elle soupira. Sa sœur ne voulait pas l’écouter.

 

      Xavier ramena ensuite le garçon dans un silence des plus troublants. La tension se trouvait assez palpable. Habituellement, ils ne se retrouvaient jamais vraiment seuls. Sasha se sentait mal à l’aise. À vrai dire, il ne savait pas trop comment agir avec cet homme qui l’attirait comme un aimant. Il avait peur de son attirance, peur de ses sentiments. Et puis, il avait l’impression d’être malhonnête envers quelqu’un. Pouvait-il avoir une seule relation avec son amnésie ? Il avait peut-être oublié un petit ami existant. Comment réagirait-il ensuite quand il se souviendrait à nouveau ?

 

      Il fut finalement soulagé quand la voiture s’arrêta devant son immeuble. Il le fut encore plus en apercevant Elone, appuyé contre le mur, fumant une cigarette. Xavier, quant à lui, se demandait ce qu’il devait faire concernant Sasha. Plus, il le côtoyait, plus il le désirait. C’était bien la première fois que cela lui arrivait. Pourquoi désirait-il un homme ? Il ne l’avait jamais été auparavant, pourquoi maintenant ? Qu’avait Sasha de plus que les autres ?

 

      Il était sorti avec beaucoup de filles depuis qu’il en avait l’âge. Aucune ne l’avait autant subjugué. Il voulait tout connaitre de Sasha. Cela en devenait une véritable obsession. Il se passa une main dans ses cheveux châtain. Il se décida d’aller saluer le docteur Elone. Sasha racontait sa rencontre avec le peintre. Finalement, Xavier fut convié à dîner par Edwyn à la surprise de Sasha. Heureusement, ce n’était pas son jour de corvée, mais celle d’Elone.

 

      Pendant le repas, Sasha resta silencieux. Son père l’observait discrètement. Il se demandait bien ce que son fils pouvait avoir. Il l’interrogerait plus tard, mais Elone l’en empêcha. Celui-ci était d’astreinte à l’hôpital. Il força Edwyn à l’y emmener. Son compagnon ne fut pas très ravi de laisser son fils seul avec l’étudiant. Elone ne se gêna pas pour se moquer de lui.

 

      Sasha débarrassa la table et fit la vaisselle. Xavier l’aida, toujours en silence. Le mutisme du garçon perturbait l’étudiant. Il ne le comprenait pas. Ensuite, Sasha se rendit dans le salon et s’installa sur le canapé. Il se mit à zapper les chaines. Xavier le rejoignit. Il s’appuya contre le chambranle de la porte. Il observa le garçon.

 

— Pourquoi me fixes-tu ainsi, depuis tout à l’heure ? Finit par demander Sasha, mal à l’aise.

 

— Je te regarde tout le temps, Sasha. Je ne peux m’en empêcher.

 

      Les joues rouges, Sasha baissa son regard vers le sol. Il éteignit la télé et déposa la télécommande sur la table basse.

 

— Pourquoi ? Redemanda-t-il.

 

— Je n’en sais rien, murmura Xavier, d’une voix presque assourdie. Mes yeux te suivent, parfois sans que je m’en aperçoive de suite. Qu’est-ce que tu m’as fait ? Chaque fois que je sais que tu es dans les parages, mes yeux te cherchent. Rien d’autre ne m’intéresse, seulement ta présence.

 

      Sasha se tortilla les mains entre elles. Xavier se rapprocha et il s’agenouilla près des jambes du garçon. Sasha se tendit. Tout son corps sentait la présence de l’étudiant. D’une voix un peu tendue, il s’écria :

 

— Tu ne devrais pas, Xavier. Je suis un homme. Tu n’as jamais été attiré par la gent masculine. Moi, je sais que je suis gay, depuis des années. Mais toi, tu es hétéro. Tu aimes les femmes.

 

      Xavier l’écoutait sans l’arrêter. Sasha se démenait contre ses désirs. Il le savait, il le sentait. S’il était attiré par le garçon, la réciprocité était de même. Il déposa une main sur celles serrées de Sasha.

 

— C’est vrai. Je suis sortie avec beaucoup de femmes. Mais, elles sont toujours venues à moi. Je n’ai jamais eu besoin de leur courir après. J’avoue en avoir un peu abusé. Mais, je ne suis jamais tombé amoureux. Aucune d’entre elles n’a jamais réussi à me retenir assez longtemps. Jamais mon regard n’a été subjugué par elles. Pourquoi ?

 

      Les mains de Sasha tremblèrent. Xavier resserra la sienne. Il reprit :

 

— Je ne comprends pas le concept du « Je suis homo », « Je suis hétéro ».

 

— C’est pourtant simple, non ? Les hétéros sortent avec des personnes du sexe opposé et les homosexuels avec les personnes du même sexe. Où est la difficulté ?

 

— Ce n’est pas que ce soit difficile à comprendre, juste stupide. Sasha, tu dis que je suis hétéro. Ok ! Mais, je peux aussi devenir gay comme toi. C’est bien ce que ton père est devenu, non ?

 

      Sasha releva la tête, interdite. Il eut un petit rire nerveux. Il l’avait complètement zappé. Ses joues virèrent encore plus au rouge. Il aperçut alors le sourire moqueur. Vexé, il repoussa la main de l’étudiant. Celui-ci soupira. Il se releva et se laissa tomber au côté de Sasha. Le garçon se tendit encore plus. Il pouvait sentir la cuisse de Xavier contre la sienne. Mal à l’aise, il bougea légèrement. Il ne voulait pas se tourner vers l’étudiant.

 

— Xavier, je ne sais plus quoi faire. J’avoue. Il est vrai que tu m’attires, mais en ai-je le droit ?

 

      Le regard toujours fixé sur celui baissé de Sasha, Xavier demanda, surpris.

 

— Pourquoi n’aurais-tu pas le droit ? Il n’est pas interdit de désirer certaines choses ou certaines personnes. Sasha, je n’ai jamais désiré quelque chose jusqu’à maintenant.

 

      Troublé, Sasha finit par relever la tête vers l’étudiant qui en profita aisément. Xavier déposa ses lèvres sur les siennes. Il ne força pas le passage. Il lui laissait le choix. Alors d’une main tremblante, le garçon agrippa la chemise de Xavier et entrouvrit les lèvres pour se laisser engloutir par des sensations qu’il n’avait pas souvenir d’en avoir eu d’aussi fortes. Son cœur battait avec frénésie.

 

      Xavier se redressa légèrement après quelques minutes. Il déposa un baiser sur le nez aquilin avant de poser son front contre celui de Sasha. Serrant toujours la chemise afin de cacher son tremblement, le garçon reprenait son souffle.

 

— Mince, tu embrasses trop bien ! Laissa-t-il échapper.

 

      L’étudiant se mit à rire.

 

— Et tu n’as encore rien vu.

 

      Sasha sentit ses joues surchauffées. Il comprenait aisément le sous-entendu.

 

— Euh ! Chaque chose a son temps, s’il te plait. Je ne crois pas que mon cœur le supporterait sinon.

 

      Pourtant, Sasha ne se gêna pas pour se mouler un peu plus contre l’étudiant. Il s’y sentait beaucoup trop bien, en sécurité.

 

— Xavier, j’ai une amnésie partielle, avoua-t-il, d’une voix tremblante. Je ne me souviens plus de certaines personnes. Je sens qu’elles existent, mais je ne sais plus qui elles sont. Je ne me souviens plus non plus qui m’a fait du mal avant que je n’arrive ici.

 

      L’étudiant entoura ses bras autour du corps avachi contre lui.

 

— De quoi tu te souviens ?

 

— La douleur et un mot. Chaque fois que j’essaie de me souvenir, j’ai un horrible mal de tête et le mot « oublie » qui vient juste après. Il parait que l’on m’a retrouvé à moitié mort dans une ruelle. D’après le médecin, j’ai été drogué.

 

      Xavier resserra encore plus ses bras. Encore la drogue ? Décidément, depuis quelques années, elle faisait des ravages. Il se souvenait des évènements d’il y a presque deux ans. Aurait-il un lien ? Pourtant, les assassins avaient semble-t-il été arrêté, non ?

 

— En sachant cela, veux-tu toujours continuer avec moi, Xavier ?

 

      L’étudiant porta ses deux mains sur chaque joue du garçon pour lui relever le visage. Il fixa son regard sur celui bleu ciel.

 

— Sasha, ton passé est ton passé. Je suis le présent et peut-être le futur qui sait. Ton amnésie ne me dérange pas. Pourquoi devrait-il m’ennuyer ?

 

      Sasha détourna les yeux. Il avoua :

 

— Parce que si je retrouve mes souvenirs, peut-être apprendrai-je que j’ai déjà quelqu’un dans ma vie. Que devrai-je faire dans ce cas de figure ?

 

      Fronçant les sourcils, Xavier déposa un baiser sur les lèvres. Sasha laissa échapper une plainte. Il en voulait plus.

 

— Si cela arrive, je te le ferais oublier à nouveau.

 

— Je veux bien, répondit simplement Sasha, avant d’entourer le cou de l’étudiant, afin de pouvoir l’embrasser en pleine bouche.

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14 juin 2011

Les spirales version 2 : 20

 

Chapitre 20

 

      Asia courait. Elle courait comme si elle avait le diable à ses fesses. Pourtant, ce n’était en aucune façon le cas. Elle le maudissait. Elle le traitait de tous les noms d’oiseaux qu’elle connaissait. Elle en ferait surement de la chair à pâté si seulement, il se trouvait en face d’elle. Pourquoi s’acharnait-il à la rendre chèvre ?

 

      La jeune fille jeta un autre coup d’œil à sa montre. Elle gémit. Elle repartit de plus belle. Elle ne lui ferait pas le coup d’arriver en retard. Il n’aurait pas ce plaisir. Elle promettait de l’étrangler à la moindre occasion donnée. Elle dérapa en arrivant devant le lycée juste à temps. La sonnerie de la fermeture du portail se faisait entendre.

 

      Asia inspira un bon coup pour reprendre son souffle. Avec d’autres élèves, elle traversa la cour. Du coin de l’œil, elle aperçut le coupable discutant tranquillement avec le professeur Mira Martin. Celui-ci lui lança un regard moqueur. Asia sentit la moutarde lui monter au nez. Ce soir, elle castrerait son frère Cody, celui que les élèves appelaient le démon.

 

      Il avait osé lui faire le coup du réveil. Il ne lui avait pas fait ce coup-là depuis fort longtemps. Mais bordel ! Avant, ils habitaient beaucoup plus près, dans une maison louée. Presque deux ans plus tôt, leur maison avait pris feu. Elle n’avait jamais eu aussi peur de sa vie. Mais, grâce au père d’un ami, elle vivait dans une maison immense. Les parents de son ami Luce étaient des gens bien et intéressants. Ils étaient aussi très spéciaux, surtout le peintre. Il avait une façon de vivre tellement énergique qu’il fatiguait souvent, rien qu’à l’observer.

 

      Elle se dirigeait vers la porte d’entrée de l’établissement quand elle sursauta en sentant un bras entouré son cou. Une voix masculine se fit entendre.

 

— Asia ! Où étais-tu hier ?

 

      C’est vrai, la veille elle devait rejoindre ses amis à la salle d’exposition du quartier africain, mais elle avait eu un empêchement de dernière minute.

 

— Je suis désolée. Mon frère a dû emmener mon neveu Leon chez le dentiste. Il a eu une rage de dents. Intenable ! Et pour une fois, il n’y avait plus personne à la maison pour garder mes deux autres neveux.

 

      Tout en se dirigeant vers leur classe, les deux jeunes continuèrent de discuter. Sasha apprit ainsi qu’Asia avait perdu un frère dans un accident d’avion quelques années auparavant, laissant trois orphelins. Cody, l’aîné, les avait pris en charge. Son professeur de mathématique remonta dans l’estime du garçon. Élevé trois enfants aussi jeunes ne devaient pas être une chose aisée surtout pour un célibataire. Asia lui avoua également qu’il ne le serait plus pour très longtemps.

 

      Cody allait se marier avec la fille adoptive du peintre, Carlin Oda. Par le ton donné par la jeune fille, Sasha sut qu’Asia adorait sa future belle-sœur. Alors que tous deux pénétraient dans la classe, Raven arriva à cet instant. À sa table, Cheryl Descamps les observait en silence. Elle ne tenta pas de s’intégrer à leur petit groupe. Elle en était un peu triste. Elle les appréciait bien. Elle avait même un faible pour le garçon, mais elle avait l’impression d’être invisible. Pourtant, elle mourait d’envie d’être avec eux.

 

      Leur premier cours fut l’anglais. Sasha soupira. Il détestait ce cours. Le professeur était d’un soporifique. C’était plus agréable avec Mako. Lui au moins était plus amusant. Sasha avait vite remarqué que le jeune homme avait un physique et un caractère opposé. C’était donc très drôle de l’embarrasser. Avec un physique de mannequin, drôle d’imaginer qu’il était en fait timide et qu’il aimait les livres. Mako préférait mille fois être enfermé dans une bibliothèque, plutôt que d’aller en discothèque.

 

      L’heure suivante était tout aussi barbante. Le cours de sport ne faisait pas partie de ses préférés, non plus. Mais, il changea d’avis quand il apprit ce qu’il ferait ce jour-là. Le professeur profita que le soleil pointait son bout de nez pour les faire courir. Asia, elle, râla comme pas possible. Elle avait déjà couru ce matin. Et voilà qu’elle devrait le faire à nouveau ! Mais, ils voulaient sa mort ces professeurs !

 

      Sasha se moqua gentiment. Il faillit se faire frapper. Raven ne disait rien. Elle non plus n’appréciait pas beaucoup cette matière, mais la course passait tout de même. Il ne faisait pas très chaud dehors malgré le soleil, mais c’était tout de même normal pour une fin de mois de novembre.

 

      Alors, pendant deux heures, le professeur les fit courir. Au début, il leur ordonna juste de courir autour du terrain de foot, ensuite ce fut la course de relais et pour finir la course de haies. Heureusement que le gymnase disposait de douche pour leur pauvre corps couvert de sueur. Au début, Sasha appréhenda. La dernière fois où il était resté dans les vestiaires, il avait bien failli se faire violer par ses bourreaux.

 

      Il savait bien que dans cette école, il y avait des couples gays. La plupart ne se cachaient même pas au regard des autres. Il trouvait cela étonnant. Personne ne les regardait bizarrement ou ne les rejetait. C’était nouveau pour lui, mais il se sentait grâce à cela plus en sécurité qu’il ne l’avait jamais été. Cela ne l’empêcha pas de se dépêcher pour autant. Il ne voulait pas être le dernier.

 

      Quand il sortit enfin du gymnase, il fut surpris d’y trouver Asia et Raven qui l’attendait. Il leur en était reconnaissant. Il avait eu raison d’écouter son père. Finalement, il aimait être dans cette école. Il avait rencontré des personnes charmantes et adorables. Ensemble, ils se rendirent à la cantine.

 

      Peu après le repas, alors qu’ils discutaient tranquillement dehors en attendant la sonnerie de la reprise des cours, un garçon s’approcha et demanda à parler en privé avec Sasha. Le garçon en fut fort surpris, mais accepta et le suivit. Les deux filles le regardèrent s’éloigner, amusées. Il n’y avait aucun doute. Sasha allait avoir une déclaration. Raven repoussa une mèche noire derrière l’oreille.

 

— Pfft ! Il n’a aucune chance. Il va se faire jeter, le pauvre.

 

— Pourquoi le penses-tu ? Demanda Asia, intriguée.

 

      Raven sourit malicieusement.

 

— Tu l’aurais su si tu avais été avec nous hier.

 

      Asia bouda.

 

— Ah ! Ce n’est pas juste. Je n’y suis pour rien ! Allez, dis-le-moi ?

 

      Raven gloussa.

 

— D’accord, je te le dis à la seule condition que tu m’avoues une chose.

 

— Quoi donc ?

 

— Carlin Oda détient un album. Hier, Sasha la montrait à ton frère et celui-ci est devenu rouge. Sais-tu ce qu’il y a dans cet album ?

 

      N’obtenant aucune réponse, la jeune fille se tourna vers sa camarade. Jamais, elle n’avait vu Asia aussi rouge. Mince ! Pourquoi réagissaient-ils tous comme ça ?

 

— Euh ! Je ne peux pas te le dire, Raven. C’est très embarrassant.

 

— Hein ? Pourquoi suis-je la seule à ne pas savoir ? Vous êtes énervant. J’ai adoré voir la tête de ton frère aussi rouge. C’était mortel. Il était trop mignon.

 

      Asia cligna des yeux. Elle avait bien entendu. Son frère Ben était mignon ? C’était bien la première fois qu’elle entendait ça. Ben avait toujours été un garçon serviable, mais en même temps, il a toujours joué les gros durs. Souvent, Cody avait dû aller le rechercher au commissariat à cause de ses âneries, comme le vol. Puis, un jour, il avait arrêté d’ennuyer son monde. En y réfléchissant, ce fut à la mort de leur frère. Ben avait compris qu’il devait s’assagir pour le bien des orphelins qui avaient besoin de son frère aîné. Ben avait quand même gardé son look de voyou. Alors, entendre Raven le traiter de mignon lui faisait un drôle d’effet.

 

— Asia ? Tu rêves ?

 

      La jeune fille releva la tête. Elle secoua la tête.

 

— Non, je suis en état-choc. Tu as trouvé mon frère mignon. Je n’en reviens toujours pas !

 

      Raven ouvrit la bouche pour répliquer, mais elle s’arrêta net. Elle sentit ses joues s’enflammer à son tour. Pour reprendre contenance, elle reprit :

 

— Bon, tu me dis ce qu’il y a dans cet album. Oui ou non ?

 

      Asia poussa un soupir, vaincu.

 

— Ce sont des photos de nus. Si par malheur, tu es un homme et que tu viens dormir chez Carlin et bien, tu risques fort de faire partie de sa collection de nus.

 

      Les joues de Raven s’enflammèrent encore un peu plus en comprenant. Mais, très vite, son regard se tourna dans la direction où Sasha avait disparu. Asia le remarqua et s’écria :

 

— Non, je ne crois pas que tu penses à ça, Raven !

 

      La jeune fille se retourna vers sa camarade avec un sourire espiègle.

 

— Bien sûr que j’y pense ! Avoue que Sasha doit être super mignon et puis il y a quelqu’un qui sera surement ravi de la voir cette photo !

 

— Hein ? Qui donc ? Tu ne l’as pas dit. Qui s’intéresse à mon petit Sasha ?

 

— Ton petit Sasha ?

 

— Ah lala ! Va falloir éviter qu’il rencontre mes amours de terreurs.

 

— Parle français, Asia ! Je ne comprends rien de ce que tu dis. Qui sont tes amours de terreurs ?

 

      Asia pencha la tête, pensive. Elle avoua :

 

— Des hommes. Ils sont jumeaux et ils sont gays. Je suis tombée amoureuse des deux.

 

— Ah ! C’est ballot !

 

— Tu es très réconfortante, Raven. Répliqua Asia, sarcastique. On ne choisit pas de qui nous tombons amoureux, n’est-ce pas ? Ça vient comme ça, sans prévenir.

 

      Sasha arriva à ce moment-là. Aussitôt, les filles l’assaillirent de questions. Elles avaient eu raison. Il avait eu une déclaration. Il l’avait rejeté bien évidemment. Il avait voulu les rejoindre, mais Julie Dehay était venue l’ennuyer. Il ne pouvait pas la sentir cette fille. Elle sentait la luxure à plein nez. Elle lui donnait la nausée.

Posté par Origine1975 à 20:13:36 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]
18 juin 2011

Les spirales version 2 : 21

Chapitre 21

 

      Les douze coups de minuits venaient de sonner depuis quelques minutes quand une voiture stoppa sur le parking vide d’un supermarché. Enfin, pas entièrement vide, une autre voiture y était garée. Elle avait les vitres teintées. Harnett descendit de la voiture. Il remonta le col de son manteau afin de protéger son cou de la froideur de la nuit.

 

      L’homme en question devait avoir la soixantaine, de petite taille et à moitié chauve. La prison ne l’avait pas vraiment réussi. Il jeta un coup d’œil autour de lui. Il n’avait pas vraiment envie de tomber dans piège banal de la police. Il ne les avait pas fuis pour rien. Hors de question de finir ses jours en prison !

 

      Avec un soupir las, il se dirigea vers la voiture à vitres teintées. La portière arrière s’ouvrit. Il monta. Il se retrouva assis près d’un autre homme du même âge que lui, mais avec un physique plus avantageux et plus soigné. Cet homme avait les moyens de se permettre certaines chirurgies esthétiques. Il portait également un costume des plus coûteux.

 

— Hatnett ! Pourquoi ce gosse est-il toujours en vie ? Ne vous avais-je pas demandé de l’abattre ?

 

      Celui-ci se retient de souffler. Bon, il leur était reconnaissant de l’avoir libérer, mais il n’avait pas envie d’être leur esclave. Il savait très bien pourquoi cet homme l’avait fait évader. Il voulait la formule pour reproduire la drogue du dragon. Mais, Harnett ne la donnerait pour rien au monde. Il n’avait pas tué tous ses anciens camarades pour s’allier avec d’autres.

 

      Il voulait être le seul Maître. Mais depuis son arrestation, cette drogue avait perdu de son intérêt. Elle n’était plus aussi parfaite qu’à ses débuts. Beaucoup trop de personnes en étaient immunisées. Ce n’était donc plus amusant du tout. Il ne l’avait jamais utilisé pour de l’argent, seulement pour des tests, pour ne plus s’ennuyer dans la vie.

 

      Ah lala ! C’était la belle vie au début. C’était très amusant de voir ses cobayes devenir des marionnettes. Il pouvait leur faire tout ce qu’il voulait. C’était tellement drôle. C’est du passé maintenant. Il allait devoir trouver une autre occupation plus attrayante, mais avant cela, il devrait trouver un moyen de se débarrasser de ce groupe mafieux qui l’emmerdait sérieusement. Il était intelligent. Il finirait par trouver une solution. Il se décida finalement à répondre à l’homme.

 

— Pourquoi vouliez-vous que je le tue ? Je l’ai laissé pour mort dans une ruelle avec une grosse dose de drogue. C’était tellement amusant de le voir se défendre du mieux qu’il pouvait alors qu’il n’avait aucune chance. C’est un brave petit. Vous voulez la drogue du dragon, alors laissez-la faire le travail.

 

— Comment cela ?

 

— Ce garçon a la mémoire scellée. Il ne retrouvera pas ses souvenirs quoiqu’il fasse. Chaque fois qu’il essaiera, il aura mal. Pas une douleur comme une piqure, bien pire encore. Une douleur qui le pliera en deux, qui le fera hurler à le rendre fou. N’est-ce pas plus intéressant de cette façon ?

 

      Son interlocuteur porta une main à son menton, comme pour réfléchir. Il ne comprenait pas Harnett et d’une certaine façon, l’homme au physique des plus banales lui faisait un peu peur. C’était assez étrange. De toute sa vie, il n’avait jamais ressenti cette frayeur. Il était le chef de plusieurs hommes de main. La police le craignait aussi. Arg ! Il n’aimait pas être faible. Il jeta un coup d’œil à Harnett. Celui-ci observait ses doigts avec un léger sourire, un sourire sinistre.

 

— Je veux bien faire confiance à vos paroles, Harnett. Mais, je préfère la prudence. Ce garçon a vu des choses qu’il n’aurait pas dû. Je veux qu’il disparaisse le plus vite possible.

 

      Harnett eut un geste d’agacement. Il cingla :

 

— Bon, puisque vous voulez vous en débarrasser. Faites-le vous-même ! Je ne me salirais pas les mains pour vous.

      L’homme serra les dents.

 

— Je pourrais vous tuer.

 

      Harnett le regarda amuser.

 

— Allez-y ! Faites-moi disparaitre, mais vous perdrez la seule chance d’avoir la drogue. N’essayez pas de faire quelque chose contre moi, cela ne marcherait pas. Je suis immunisé contre tous les drogues et poisons. Les tortures sont un vrai délice pour moi. Je vais vous laisser, maintenant. Réfléchissez bien avant d’agir.

 

      Les poings serrés, l’homme au costume persifla :

 

— Savez-vous où se trouve le gamin ?

 

      Harnett se retourna, avec un sourire démoniaque.

 

— Vous croyez réellement que je vais vous le dire. Ce n’est plus de votre âge de croire encore au père Noël !

 

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      Décembre arriva avec une grosse baisse de température. Même la neige se mit à tomber. Sasha était tout jovial. Il aimait bien passer Noël sous la neige. Il s’était même permis un caprice. Il avait forcé son père à acheter un arbre de Noël. Edwyn n’en voyait pas l’intérêt, mais devant la supplication de son fils, il avait cédé sous le rire sous cape d’Elone.

 

      Edwyn ne se rendait même pas compte qu’il se faisait mener par le bout de nez par son fils. Elone adorait. Même s’il avait affirmé le contraire, il devait quand même s’avouer avoir eu un peu peur de la venue de Sasha dans leur vie routinière. Mais, maintenant, il se traitait de fou d’avoir eu cette peur. Grâce à Sasha, il avait aperçu de nouvelles expressions et surtout, le garçon avait adouci l’homme d’affaires.

 

      Tout allait bien. Ils allaient passer un très bon réveillon de Noël tous les trois. Enfin, c’était supposé être ainsi. Mais, c’était sans la nouvelle lubie de Catarina Cartier. Celle-ci annonça directe à Edwyn qu’elle viendrait au réveillon. Il n’avait pas son mot à dire. Elle voulait être avec son fils le jour de Noël. Pauvre Edwyn ! Il se fit un sang d’encre en l’annonçant à Elone.

 

      Sasha aussi se sentait coupable. Catarina pouvait être terrible. Il comprenait aisément qu’Elone pourrait se sentir mal en présence de l’ex-femme de son compagnon. Mais, l’homme accepta sans difficulté. Il ne pouvait nier être un peu anxieux, mais pour Sasha, il accepterait de serrer les dents le temps qu’elle serait présente. Bien sûr, il ne l’avoua pas au garçon. Celui-ci se serait senti coupable.

 

      Par contre, Edwyn remarqua facilement le manège de son fils avec son professeur particulier. Chaque fois qu’il les voyait ensemble, il avait une impression que les deux garçons semblaient bien trop proche. Il en fit part à son compagnon. Ce soir-là, Elone était allongé sur le lit, lisant le dernier roman de Saphira Yellow. Edwyn était à ses côtés tapotant sur le clavier de son ordinateur portable. Quand il comprit la phrase d’Edwyn, Elone ne put s’empêcher de rire aux éclats.

 

— Mazette ! Tu vas finir par m’achever un jour, Edwyn.

 

— Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle, se vexa l’homme d’affaire.

 

      Elone posa son livre sur la table de chevet et il se tourna vers son compagnon.

 

— Tu as vraiment des œillères. Ils se tournent autour depuis leur première rencontre.

 

      Edwyn, interloqué, s’arrêta net de travailler. Elone repartit de plus belle.

 

— Mais arrête de te foutre de ma poire !

 

— Pourquoi donc ? Si tu arrêtais de temps en temps de penser travail, tu aurais vu depuis longtemps leur manège. À moins que tu ne susses pas que ton fils avait ce genre de penchant.

 

      Edwyn éteignit son ordinateur et il le déposa doucement sur le sol. Il porta une main à son front.

 

— Non, je le sais. Sasha me l’a dit, mais aux dernières nouvelles, Xavier est un coureur de jupon.

 

      Elone s’étira et se moula contre son compagnon. Il se mit à jouer avec les boutons de la chemise rouge d’Edwyn.

 

— Mmmh ? Il ne me donne pas l’impression d’être un Don Juan. À mon avis, il n’a pas besoin de courir après les femmes pour les avoir.

 

— S’il préfère les femmes, peux-tu me dire pourquoi il tourne autour de mon fils ?

 

— Peut-être a-t-il eu le coup de foudre ?

 

      Edwyn allait répondre quand il remarqua le manège de son compagnon.

 

— Eh ! Je peux savoir pourquoi tu me déshabilles.

 

 

      Elone émit un rire tout en continuant son manège. Il répondit :

 

— Je me le demande.

Posté par Origine1975 à 12:23:47 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]


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