Les spirales version 2 : 14
Chapitre 14
Le lundi arriva bien trop rapidement au goût de Sasha. Il n’avait pas envie de se lever, mais il se força. Edwyn avait fini par céder. Il ne l’accompagnerait pas au lycée. Le garçon ne voulait pas décevoir son père. Il prit son petit déjeuner en compagnie d’Elone. Le médecin lui expliqua qu’Edwyn était parti en avance de peur de changer d’avis.
Ensuite, le garçon se rendit à l’arrêt de bus au bout de la rue. Il n’attendit pas longtemps. Il observa les passagers descendre. Il aperçut Xavier et Mako. Les deux hommes prenaient ce bus pour l’université. Ils le saluèrent avant de reprendre leur route. Quand il fut monté, il se tourna vers l’endroit où les deux hommes se trouvaient. Xavier regardait dans sa direction. Sasha se sentit troubler.
Il trouva un siège et se laissa tomber en soupirant. Il jeta juste un coup d’œil autour de lui avant de mettre ses écouteurs. Après avoir rencontré Rei Kashino, Sasha avait fouillé dans ses affaires pour retrouver ses albums préférés. Parmi eux, il y en avait un que le garçon adorait. C’était le deuxième album de Rei Kashino. Le jeune homme jouait admirablement du piano, mais dans chaque morceau, le son lointain d’un saxophone se faisait entendre.
Sasha se souvient à l’époque où son père vivait encore avec eux, il se rendait régulièrement dans un club de musique. Il y était inscrit depuis ses cinq ans. Après le divorce de ses parents, il n’avait plus eu envie d’y aller. En fait, il avait rejeté tout ce qu’il aimait pour se refermer sur lui-même. Il accusa longtemps son père d’être la cause de son mal-être, mais maintenant, il savait bien que le véritable coupable était lui-même.
Il se demandait s’il serait encore capable de jouer. Bah ! Il se secoua. Il était trop tard. Il avait tout laissé tomber. Il en serait surement incapable. Sa mère avait essayé de lui en reparler quelques années plus tôt, mais il avait refusé de l’écouter en affirmant qu’elle n’y comprenait rien de toute façon. Il n’avait pas toujours été très sympathique avec sa mère.
Quand le bus s’arrêta, le garçon sursauta. Le trajet était passé rapidement avec la musique. Il se leva comme les autres lycéens. Il s’arrêta devant le grand bâtiment en face de lui. Il cligna des yeux plus d’une fois. Le bâtiment en brique marron claire était très illuminé par les parterres de fleurs aux multiples couleurs.
En inspirant un bon coup, le garçon s’engagea dans la cour. Il se dirigea vers le secrétariat avec appréhension. Même si l’immeuble semblait très accueillant, est-ce que tout le reste serait pareil ?
Le secrétaire qui se révéla être un homme discutait tranquillement avec une femme d’une cinquantaine d’années. Le secrétaire devait avoir la trentaine, d’une petite taille, chauve. Habillé d’un sweat et d’un pantalon en toile sombre lui donnait un air décontracté et dynamique. La femme quant à elle, n’était pas très grande non plus avec un corps mince, mais sportif. Elle portait ses cheveux brun court à la garçonne, mais ondulés à certains endroits.
Sasha se mordit la lèvre, intimidé et craintif. Dans son ancien lycée, la secrétaire était du genre grognon et donnait toujours l’impression que la dérangeait. Il hésitait tellement qu’il finit par se faire repérer.
Le secrétaire lui adressa d’office un sourire. Il ne montra aucunement son agacement d’être ainsi déranger, bien au contraire. Il fit signe au garçon de s’approcher. La femme s’exclama alors :
— Danny ? N’est-ce pas le nouvel élève de ma classe ?
Le jeune homme hocha la tête. La femme reprit joyeusement :
— C’est mon jour de chance aujourd’hui. Deux mignonnets dans la même journée.
Interloqué, Sasha jeta un coup d’œil vers sa nouvelle prof. Elle était étrange cette femme. Danny se mit à rire.
— Il ne te faut pas grand-chose pour te faire plaisir, Mira.
Sans plus attention au secrétaire, la femme s’approcha du garçon. Elle se présenta :
— Bonjour, jeune homme. Je suis Mira Martin, ton professeur principal, ainsi que ton professeur d’art plastique.
— Euh ! Bon… Bonjour, murmura Sasha, intimidé.
La femme pencha la tête, pensive. Elle avait un joli sourire aux lèvres. Du doigt, elle lui tapota légèrement le nez, amusé.
— Et ton nom ?
Le rouge aux joues, le garçon bafouilla :
— Sasha. Sasha Flagan.
Mira éclata de rire, tout en tapant des mains. Sasha lui se demandait sérieusement s’il était bien réveillé. La porte du bureau du directeur s’ouvrit, laissant le passage à un homme de plus d’une soixante d’année, au regard sévère. Il détailla le nouvel arrivé. Mal à l’aise, Sasha ne savait plus où se mettre. Cet homme le terrifiait. Il fut donc très surpris en entendant son professeur le gronder.
— Tankei ! Veuillez arrêter d’effrayer mes élèves.
— Professeur Martin, je fais ce dont j’ai envie. De toute façon, vos élèves n’iront pas très loin dans la vie s’ils se montrent aussi trouillards.
L’homme se tourna vers Sasha dont le regard baissé lui fit froncer les sourcils. Le garçon comprit qu’il avait face à lui le directeur du lycée.
— Flagan ? Relevez la tête s’il vous plait. Aux dernières nouvelles, je n’ai pas encore eu l’envie de manger mes élèves. D’ailleurs, étant donné les calamités, je risque fort d’avoir une indigestion.
Le garçon leva les yeux. Le directeur faisait de l’humour. Il ne devait pas être aussi terrifiant que son aspect le faisait croire. Son regard dévia derrière le directeur. Il croisa un autre regard, plus sombre. Une jeune fille se trouvait un peu en retrait. Sasha la trouva très jolie. Elle était mate de peau comme lui, mais elle avait des cheveux longs d’un noir ébène. Elle portait avec classe un simple jean et un sweat marin.
— Mira, je vous laisse avec vos nouveaux élèves. Veuillez bien m’excuser.
Le directeur salua d’un signe de la main avant de regagner son bureau. Sasha était un peu étonné. Il avait pensé que Tankei aurait voulu lui parler. Le professeur de dessin répondit à sa question muette.
— Excuse-le, mon petit Sasha. Il n’est pas impoli. Mais, il doit discuter avec le Monsieur le Maire. C’est un homme qu’il vaut mieux ne pas faire attendre.
Elle lui ébouriffa les cheveux. Le garçon en fut étonné, mais il ne s’en plaindrait pas. C’était plutôt agréable. Cette femme semblait bien différente de ses anciens professeurs. Elle s’exclama :
— Où ai-je la tête ? Sasha, je te présente Raven Adréakis. Raven, voici Sasha Flagan. J’espère que vous allez bien vous entendre.
La jeune fille observa le nouveau de la tête aux pieds. Elle se rendit compte qu’il en fut gêné. Un sourire, un peu triste, étira ses lèvres. Il lui rappelait son ami défunt. Peut-être était-ce la couleur des yeux ? Ce bleu ciel qui virait au sombre selon les émotions de l’instant. Ou le côté un peu fragile qu’il montrait par moment ? Elle n’en savait rien, mais pour un premier abord, il lui plaisait bien.
Quelques heures plus tard, en se rendant à la cantine en compagnie de Raven, Sasha pouvait assurément dire que les cours de Mira Martin étaient un pur plaisir. Jamais, il n’avait autant ri dans une salle de classe. Le plus drôle avait été quand un professeur de mathématique passa. Sasha avait vite remarqué le caractère assez vif de l’homme. Pourtant, Mira se moqua ouvertement de lui. Le professeur était ensuite reparti les joues rouges.
Le garçon apprit plus tard que cet homme serait leur professeur de math. Il portait le surnom de Tyran, mais que c’était juste pour le mettre encore plus en rogne. Raven ne lui avait pas vraiment adressé la parole depuis le début. Mais, elle le suivit naturellement quand il se rendit à la cantine. Le garçon n’en fut pas offusqué. Il se sentit bien plus rassuré.
Il ne savait pas encore si ce lycée lui plairait réellement. Le mal à l’estomac s’était volatilisé depuis le temps, mais il ne voulait pas réjouir trop tôt. Après avoir pris son repas, il chercha une place. La salle était comble. Un sifflement lui fit tourner la tête vers sa gauche. Une jeune fille blonde lui faisait de grands signes. Il jeta un coup d’œil pour voir si c’était bien pour lui avant de s’approcher.
En se rapprochant, le garçon retrouva le sourire. La deuxième fille à table, le garçon la connaissait. Ce n’était autre que Cheryl, la sœur de son professeur particulier. Elle lui sourit.
— Coucou Sasha. Je te présente Asia Amory.
La jeune fille blonde lui adressa un sourire de bienvenue. Elle se tourna ensuite vers la personne derrière le garçon.
— Tu peux venir aussi Raven. Il y a assez de place.
— Merci, répondit-elle simplement, avant de s’installer juste à côté du garçon.
— Alors ? Qu’elles sont vos impressions pour votre premier jour ?
— Je suis surpris. C’est tellement différent de mon ancien lycée. J’ai un peu de mal à le croire d’ailleurs, murmura Sasha, en jouant avec sa nourriture.
Raven lui jeta un coup d’œil. Elle comprenait à demi-mot ce qu’il voulait dire. Elle le constatait également. C’était assez déconcertant, d’ailleurs.
— Oui, c’est un des meilleurs de la région. Beaucoup de parents veulent envoyer leurs enfants ici, mais comme, il y a trop demande, ils ont dû faire des sélections.
— Il y a quelques années, il y en avait un autre du même genre, mais il a pris feu. C’est dommage.
Asia hocha la tête.
— Oui, mais sans être méchante, s’il n’y avait pas eu ce feu, je n’aurais surement pas eu la chance de rencontrer mes sauveurs.
— Oui, je m’en rappelle. Tu as perdu ta maison dans un incendie également. Mais, la chance que tu as, Asia. Tu vis chez l’artiste le plus réputé de la ville.
Raven leva la tête de son assiette, intriguée. Le seul artiste de la ville était son peintre préféré.
— Cet artiste ? C’est Carlin Oda ?
— Oui, lui-même. Tu le connais, Raven ?
— J’adore ce qu’il fait. Il a un talent fou. J’aimerai beaucoup lui ressembler.
Sasha se tourna vers sa nouvelle amie. Depuis le début, Raven semblait renfermé, mais là, grâce à cet artiste, elle s’extériorisait d’un seul coup. Quel changement ! Ses yeux sombres brillaient d’intérêt et de passion. Asia s’exclama alors :
— Alors, c’est tout vu. Un week-end, vous viendrez me rendre visite ou alors nous irons voir une de ces expositions. Mais, je t’en pris Raven. Ne deviens pas comme lui. Tu ne peux pas savoir comme il peut fatigant parfois.
Les joues rouges de plaisir, Raven baissa la tête. Un gloussement lui fit tourner le regard vers sa gauche. Sasha la regardait amuser. Pour se venger, Raven répliqua :
— Ne te moque pas. Sinon, je leur dis quelle tête, tu as fait face au directeur.
— Hein ? Quelle tête, il a fait ? S’exclamèrent aussitôt les deux autres filles.
Les spirales version 2 : 15
Chapitre 15
À la fin de sa première journée dans ce nouveau lycée, Sasha se sentit très fatiguer. Malgré l’ambiance très différente de l’ancien, il n’avait pas pu s’empêcher de stresser un maximum. Les professeurs étaient très différents. Ils s’entendaient plutôt bien avec les élèves et ceux-ci les respectaient. Pourquoi y avait-il autant de différence entre les deux lycées ? Qu’est-ce qui n’avait pas marché là-bas ?
Dans le bus le ramenant chez lui, Sasha ferma les yeux. Il ne voulait pas repenser à cet ancien lieu de terreur pour lui. Edwyn lui avait demandé quelle en était l’origine, mais pour ne pas en parler, Sasha avait fait croire de ne plus s’en souvenir. Il gardait en mémoire juste la terreur. C’était la première fois où il mentait à son père. Il se demandait si celui-ci le savait. En tout cas, Elone l’avait observé en silence. Il se doutait de quelque chose.
Le garçon soupira. Il semblait très difficile de cacher quelque chose à Elone. Son père lui avait même conseillé de ne jamais rien lui cacher. Le médecin était plutôt rancunier, tout du moins, il faisait très bien comprendre que cette omission n’était pas de son goût. Est-ce qu’Elone lui en voudrait vraiment pour avoir menti ? L’angoisse commença à le tenailler. Il ne devait pas y songer. Il avait fait le choix de se taire. Il sursauta quand le bus s’arrêta. Il avait failli oublier de descendre.
Sasha croisa Mako en descendant. Il fut étonné de le voir seul. Le jeune homme lui adressa un signe et lui indiqua la boulangerie du coin. Sasha regarda dans cette direction. Xavier, appuyé contre le mur en brique rouge de la boulangerie, discutait avec une jeune fille de son âge. Sasha en fut perturbé. Pourquoi le fait de voir cet homme parler avec une fille l’énervait-il ? Il n’avait aucune raison à ce comportement.
Certes, Sasha préférait les hommes aux femmes, mais Xavier n’était pas son genre. Il était trop confiant et attirait trop de monde. Il était moqueur et sadique. Ce n’était pas du tout son genre. Et puis, pouvait-il se permettre d’avoir une histoire sentimentale avec son amnésie ? Il était stupide. De toute façon, pourquoi se tracassait-il la tête ? Il était évident que Xavier préférait la gent féminine. Il pouvait vraiment être idiot parfois.
Xavier tourna son regard vers le bus. Il repéra facilement Sasha parmi les autres passagers qui descendaient. Le garçon semblait perdu dans des pensées moroses. Xavier esquissa un sourire. Sasha ne devait pas se rendre compte que son visage montrait clairement ses états d’âme. Quelque chose le perturbait, c’était flagrant.
Le jeune homme se redressa pour rejoindre le garçon toujours planté près de l’arrêt de bus. Il salua la fille avec qui il discutait. Celle-ci en fut déçue. Xavier s’en fichait complètement. Elle ne retenait pas son regard. Il s’arrêta à quelques centimètres du garçon. Celui-ci dut lever la tête.
— Pourquoi n’avez-vous pas pris le bus ? Demanda Sasha.
Il ne savait pas quoi dire d’autre.
— Aux dernières nouvelles, je suis ton professeur particulier. Étant donné que tu habites dans les parages, je ne vois pas pour quelle raison j’aurais pris le bus.
Sasha sentit ses joues s’enflammer. Xavier émit un rire. Il reprit :
— Je suppose que tu avais oublié. Alors, comment trouves-tu le lycée d’ici ?
Les deux hommes prirent le chemin en direction de l’appartement des Flagan. Sasha marchait, les yeux vers le sol.
— Il est bien. J’ai… euh… été très surpris.
Xavier jeta un coup d’œil vers le garçon. Le corps de celui-ci était tendu. Il était certain que la main dans la poche du jean tremblait. Étrange réaction. Sans prévenir, Xavier attrapa le poignet libre et tira. Sasha poussa un cri de surprise. Il regarda le jeune homme, intrigué. Mais, Xavier ne le regardait pas. Il avançait droit devant tenant toujours le poignet. Sasha se demandait où il l’emmenait. Il n’osait pas lui demander. En tout cas, ce n’était pas chez lui, car ils dépassèrent l’appartement.
En silence, ils gagnèrent un autre arrêt de bus qui ne tarda pas à arriver. Xavier poussa le garçon à monter et le suivit. Il régla le billet pour eux deux. Sasha ne posa aucune question. Pourquoi n’avait-il pas peur en compagnie de cet homme ? Il devrait pourtant. Non ?
Ils descendirent trois arrêts plus loin. Sasha observa autour de lui. Le quartier était très fréquenté, mais il donnait aussi un sentiment peu recommandable. Il n’eut pas le temps de s’appesantir plus longtemps. Xavier le poussa en direction d’une rue. Sasha jeta un coup d’œil vers le panneau d’entrée. Il put y lire « Quartier Africain ». Où est-ce qu’il l’emmenait ?
Il le sut assez vite. Xavier se dirigea vers le bar qui se trouvait à l’entrée du quartier. Sasha ouvrit les yeux en grand. Il ne put s’exclamer.
— Euh ! Je ne peux pas entrer. Je ne suis pas majeur.
Xavier lui jeta un regard étonné. Il se mit à rire ensuite.
— Et alors ? En quoi le fait de ne pas être majeur t’empêche d’y entrer ? Tu sais, ils servent aussi du lait.
Sasha sentit la moutarde lui monter au nez. Xavier esquissa un autre sourire. Avant de recevoir une insulte ou quelque chose d’autre, il attrapa à nouveau le poignet de Sasha et il le tira pour entrer enfin dans le bar « Cool Baby ».
Ben Amory se trouvait derrière le comptoir. Il fit signe à Xavier. Celui-ci s’approcha tenant toujours Sasha. Le garçon le suivait silencieusement. Il regardait autour de lui, stupéfait. Il n’avait pas imaginé que l’ambiance dans un bar pouvait être aussi chaleureuse. Il n’y avait jamais mis les pieds. Presque toutes les tables étaient prises. Les clients discutaient et consommaient, dans un climat calme et joyeux en même temps.
— Que fiches-tu ici, Xavier ? Ce n’était pas ton jour de repos, aujourd’hui ?
Xavier n’eut pas le temps de répondre. Sasha ouvrit les yeux encore plus grands en voyant apparaitre un géant comme Xavier, mais à la carrure bien plus impressionnante.
— Tiens, mon pire cauchemar !
Sasha n’en menait pas large. Cet homme lui faisait un peu peur. Il était bien trop imposant. Il jeta un coup d’œil vers Xavier. Celui-ci ne semblait pas le moins effrayer ou perturber par l’homme.
— Patron, ce n’est pas très gentil.
— Patron ? S’exclama Sasha, encore plus stupéfait.
Le géant aperçut alors le compagnon de son employé. Ses yeux se mirent à briller. Voilà une mignonne petite créature. Il lisait clairement l’angoisse. Que c’était amusant ! Si seulement, son jeune cousin avait eu ce genre de regard au même âge. Ah ! Mazette !
— Ne soit pas effrayé par cette chose, Sasha. Il a beau avoir un physique de grosse brute, il a un cœur d’artichaut.
Daisuke donna un coup sur la tête de Xavier. Celui-ci la frotta en grimaçant.
— Eh ! Comment tu me parles, toi ! N’oublie pas qui t’emploies !
Sasha ne put s’empêcher de rire. L’angoisse s’échappa comme par enchantement. Xavier en fut satisfait. Il présenta :
— Tu as en face de toi, le propriétaire du lieu, Daisuke Oda. Le barman lui se nomme Ben Amory.
— Amory ? Comme mon prof et Asia.
Le barman se pencha un peu. Il avoua :
— C’est mon frère et ma sœur.
Sasha se rapprocha plus facilement du comptoir. Il commençait à se sentir plus à l’aise.
— Hein ? Ce prof démoniaque est ton frère ? J’hallucine.
Ben ne put s’empêcher d’éclater.
— Oui, c’est bien mon frère. Il porte bien son surnom, pas vrai ? Une vraie terreur.
— Pfft ! Tu parles ! Il ne m’a jamais fait peur, ton frère. Il essayait tout le temps de m’en faire voir de toutes les couleurs. Il ne supportait pas d’avoir un élève plus doué que lui dans sa matière. Haha ! Les coups de vache qu’il a pu me faire.
— Asia a omis de me le dire que c’était son frère.
— Ne lui en veut pas. Ma sœur a souvent été méprisée parce qu’elle avait un frère dans l’enseignement et de surcroit dans le même lycée.
— On dirait bien que tu t’es fait des amis. Non ? S’exclama alors Xavier, en s’installant à un siège du comptoir.
Sasha faisant de même se mit à rougir. Daisuke les quitta pour répondre au téléphone. Ben servit une bière à Xavier et un verre de jus de fruit au garçon.
— Je crois. C’est drôle. Je disais que les filles étaient chiantes et ennuyeuses, mais j’ai trouvé des exceptions.
Xavier et Ben se mirent à rire.
— Ce n’est pas très gentil. Mais bon, je suis un peu d’accord. Certaines sont plutôt lourdes, répliqua Xavier.
Ils discutèrent de tout et de rien pendant un long moment. Sasha se sentait bien. Ben finit par les quitter pour servir des clients et parlait avec certains d’entre eux. Xavier se tut et savoura sa bière. Sasha observait son verre.
— Alors si tu m’avouais la raison de ta haine de ton ancien lycée.
Sasha sursauta surpris. Son corps se tendit à nouveau. Il tenta :
— Je ne m’en souviens pas.
— Ne me prends pas pour un imbécile.
Sasha rougit. Il s’écria :
— Pourquoi devrais-je t’en parler ? Je n’ai rien à voir avec toi.
— Parce qu’il est plus simple d’en parler avec un ami, plutôt qu’à sa famille. Je me trompe peut-être. Mais, je suis tout ouïe pour t’écouter. À quoi ça te sert de te refermer comme une huitre ?
Sasha serra son verre. Il ne voulait pas en parler. Xavier soupira. Comment le forcer à parler ? Il finit par raconter :
— Mon père nous a abandonnés quand j’avais quatre ans. Cheryl venait juste de naître. Ma mère faisait ses études de médecine, alors son départ a été une grosse claque.
Sasha tourna son regard vers son ami, attentif.
— Nous avons dû déménager dans l’urgence, car elle ne pouvait pas assumer la charge du loyer. Nous nous sommes retrouvés dans une caravane. Souvent, la nuit, je l’entendais pleurer dehors. Devant nous, elle ne voulait jamais montrer sa faiblesse. Alors pour elle, j’ai souvent caché mon chagrin également. À l’école, j’ai souvent été chahuté, même battu. Notre baby-sitter prenait plaisir à me brûler le bras avec une cigarette.
Xavier posa son coude sur le comptoir. Son regard se faisait pensif. Sasha n’osait pas l’interrompre. Il pouvait imaginer la souffrance et la solitude de Xavier, enfant.
— Pour cacher ces faits à ma mère, j’appris à me débrouiller seul. Cette Baby-sitter, si elle voulait faire du mal, alors je devenais son bouc émissaire. Je l’acceptais du moment qu’elle ne touchait pas à Cheryl, je m’en foutais.
Xavier frôla sa cicatrice sur sa joue. Il reprit :
— Un soir, ma mère est rentrée très tard. Je l’attendais comme chaque fois. J’ai entendu un hurlement. Je suis sorti et j’ai aperçu un homme agresser ma mère. J’ai foncé sur lui en hurlant de toutes mes forces.
Xavier eut un sourire, un peu triste.
— J’ai foncé tête baissée sur un homme bien plus fort et plus grand que moi. J’avais à peine six ans. D’après les témoignages, j’aurais mordu l’homme jusqu’à l’os. Je ne m’en souviens plus. La seule chose que je me souviens, c’est la morsure de la lame d’un couteau sur ma chair. Stupide, non ?
Sasha secoua la tête.
— Non, c’était très courageux. Tu as eu beaucoup de courage.
Xavier eut un sourire triste.
— Tu crois ? Ma mère a bien failli perdre notre garde à cause de ça. À l’hôpital, les marques que je cachais ont été découvertes. Personne ne voulait écouter un petit garçon. C’était horrible.
Sasha baissa son regard vers son verre tenu par ses deux mains serrées. Il n’en revenait pas de cette histoire. Le docteur Aline semblait une personne très sereine. Rien dans son attitude n’indiquait un passé aussi triste, tout comme Xavier ou Cheryl.
— J’ai… Commença Sasha. Il y a deux ans quand j’ai commencé le lycée, j’ai été choisi pour devenir la bête noire d’une bande de deuxièmes années. Ma première année, j’ai subi quelques violences et surtout du racket.
Sasha baissa encore plus la tête. Xavier l’écoutait sans rien dire. Ben, comprenant à demi-mot, préféra s’éloigner. Mieux valait laisser les deux hommes discuter tranquillement. Pour le plus jeune, ce serait plus simple pour s’épancher.
— Quand l’année suivante arriva, les coups sont devenus plus méchants et mesquins. L’école commençait à devenir ce qu’elle est finalement devenue, un endroit pas très agréable à fréquenter. Les professeurs devinrent des fantômes. Ils avaient peur des élèves. C’est pathétique. Si seulement, ils avaient agi au lieu de fuir. Le lycée ne serait pas tombé dans la déchéance.
Sasha avait la voix qui tremblait. Il but une gorgée avant de reprendre.
— J’ai subi alors encore plus de violence. Et puis, un jour, j’ai failli être violé.
Xavier sursauta, horrifié. Il ne s’était pas vraiment attendu à ce fait.
— C’était après le cours de sport. Deux de mes bourreaux sont entrés dans le vestiaire. Ils ont fait sortir tout le monde. J’avais la trouille. Je ne sais toujours pas comment j’ai réussi à m’enfuir. J’avais mal partout. Les coups reçus faisaient bien plus mal. J’ai compris ce qu’ils allaient me faire quand ils m’ont baissé le pantalon. Merde !
Une larme coula le long de sa joue. Xavier se mordit la lèvre. Il se sentait un peu coupable d’avoir forcé Sasha à parler.
— Pourquoi n’ai-je pas oublié cet épisode ?
Sasha renifla avant de jeter un coup d’œil vers son ami.
— Je suis pathétique, pas vrai ?
— Ne dis pas d’ânerie, répliqua Xavier, en serrant les dents.
Si seulement, il avait ces deux ordures en face. Xavier inspira un bon coup et demanda :
— Comment es-tu parvenu à t’échapper ?
— Je ne m’en souviens plus trop. J’ai hurlé, je me suis débattu. J’ai aussi entendu des voix, mais je me rappelle juste m’être enfui le plus rapidement possible. Je suis rentré chez moi et je me suis enfermé dans la salle de bain.
— Ta mère ? Elle n’a rien dit ?
— Je suis comme toi, Xavier. Ma mère était absente pour plusieurs jours. Je ne lui ai rien dit. Je lui ai caché. Je lui ai juste dit que je m’étais retrouvé dans une bagarre. Elle n’a jamais mis ma parole en doute.
— Ces garçons, ont-ils eu une sanction ?
— Non, je n’ai pas porté plainte. J’ai évité de mettre les pieds au lycée. Quand il a fallu que j’y retourne, je ne les ai plus revus. Je n’ai plus été ennuyé ensuite. Mais, la peur est toujours restée. Plus j’y allais et plus j’avais envie d’être ailleurs. Je suis stupide, non ?
Xavier sourit. Sasha avait fait exprès d’utiliser la même phrase que lui un peu plus tôt. Il déposa quelques pièces sur le comptoir. Il fit signe à Sasha de le suivre. La fraîcheur de la tombée de la nuit fit un bien fou au garçon. Sasha se sentait revigorer.
— Tu n’es pas stupide, Sasha. Je dirais que tu as été très courageux après tout ce que tu as subi. La vie est un vrai tracas d’emmerde, mais elle est belle. Ne pense pas que tu es quelqu’un de faible. Tu as bien plus de courage que je n’en ai, surtout pour un minus d’en ton genre.
— Hé ! S’offusqua Sasha.
Il se tourna vers son ami et lui donna un coup de poing dans le bras.
— Comment ça un minus ?
Xavier se dirigea vers l’arrêt de bus, en riant.
— Petit, minus, gringalet, demi-portion, nabot, pygmée…
— Aaaaah ! Mais, tu n’as pas un peu fini ! S’écria Sasha, courant pour le rattraper.
Xavier attrapa le bras voulant le frapper. Il riait tout comme Sasha. Pourtant, leur rire se tut d’un coup. Ils se fixaient sans rien dire. Finalement, Xavier fut le premier à se détourner, très troublé. Sasha lui baissa la tête, les joues rouges. Le plus grand s’appuya contre le lampadaire.
— Merci de m’avoir écouté, murmura Sasha.
— Pareil pour moi. Je n’aime pas beaucoup parler de cette période.
— Euh ! Tu en as parlé avec Mako. Non ?
Xavier cligna des yeux. Pourquoi lui parlait-il de son ami ? Xavier se gratta le crâne.
— Oui, il y a longtemps. Je lui en ai parlé après une dispute avec ma mère. Elle voulait que je subisse une opération pour l’enlever. Mako était présent. Il est comme un frère. Il est le seul ami que je n’ai jamais eu.
Xavier leva les yeux vers le ciel assombri.
— As-tu des amis précieux, Sasha ?
— Je… Je ne sais pas. Je ne m’en souviens pas. Mais, j’ai l’impression que j’en avais. Enfin, je crois.
Xavier se redressa. Il posa une main sur la tête blond cendré de Sasha. Celui-ci frissonna.
— Je suis sûr que tu retrouveras la mémoire avec le temps. Et si nous allions manger quelque chose quelque part ? À moins que tu veuilles déjà rentrer ?
Sasha fut tout content. Il secoua la tête, tout sourire.
— Je meurs de faim.
Coucou
Bonjour, tout le monde ^^
Comment allez-vous ? Jespère sincèrement que vous allez bien surtout la santé. Je suis encore en vacances, alors c'est plutôt cool. Bon, ils finissent la semaine prochaine, déjà. lol Enfin pour des vacances, il afallu voir plusieurs médecins, mdr, le médecin généraliste (petit problème à un certain endroit lol); le dentiste (je stresse toujours quand j'y vais) et l'ophtalogiste (je change de lunettes). Ma mutuelle va avoir une crise cardiaque, mdr.
Enfin, bref ! Je me suis amusée pour passer le temps à relire le tome 3 et 4, les histoires avec Luce et Sawako. J'ai bien évidemment remarqué mes fautes et vous savez quoi, bin j'ai eu la grosse flegme de les corriger. mdr Je suis incorrigible. Je me suis tout de même aperçu qu'il allait falloir que je revois certain passage car il y a certaines incohérences avec les suites (avec Gaku ou avec la nouvelle) Bah ! Chaque chose en son temps. Autant finir la nouvelle et ensuite je prendrais le temps de faire les changements. Je sais aussi que l'histoire de Gaku n'est pas encore tout à fait fini, il reste l'épilogue en France, mais j'attends pour ne pas refaire de bêtises. mdr
Sinon je me suis aussi amusé à relire mes mangas. ^^ J'en ai quelques uns dont une série que j'adore : Fruits Basket. J'adore, il y a aussi beaucoup de personnages touts attachants et bien qu'il y a de l'humour, l'héroïne peut être d'une naïveté, j'aime. Au début, l'histoire semble assez rigolote et douce aussi, mais plus on avance et plus on s'aperçoit qu'en réalité, l'histoire est bien plus sombre et triste. J'ai aussi les premiers épisodes en animes, dommage qu'ils n'ont pas fait la suite. Sinon, je relis aussi Le pacte des Yokais que j'ai également vu en animes sous le titre de Natsume Yuuchijou. J'adore, c'est une série très poétique. J'adore mon petit Natsume, il est chou et Nyanko Sensei est trop amusant. Ah ! j'adore j'adore. ^^
Au niveau lecture, j'attends avec impatience de recevoir Loveholic de Toko Kawai. J'adore cette histoire alors l'avoir en manga papier ahhhhh !!!!! J'ai trop hâte. ^^
Et vous, avez-vous un livre préféré ? Une histoire que vous aimez relire et relire, un anime que vous pourriez regarder des milliers de fois sans vous lasser ? Un film aussi ?
Je vous fais de bisous tout plein. ^^ Passez un bonne fin de semaine et un bon week-end à venir.
Les spirales version 2 : 16
Chapitre 16
Mako observa son ami et le jeune Sasha partir en direction de chez les Flagan. Amusé, il secoua la tête. Il avait été laissé pour compte. Xavier tellement subjugué par Sasha l’avait complètement oublié. Mako aurait dû se sentir un peu vexer. En vérité, il l’était un peu. Il soupira.
Mako devait bien reconnaitre que c’était aussi la première fois où il voyait son ami aussi accaparé par une personne. C’était nouveau et surprenant. Xavier n’avait jamais montré une once d’intérêt pour la gent masculine. Mako haussa les épaules. Enfonçant ses mains dans les poches, il prit la direction opposée de son ami.
Il n’avait pas vraiment envie de rentrer maintenant. Son oncle Mario serait surement présent et le jeune homme ne voulait pas être en sa présence. Il ne l’aimait pas, c’était viscéral. Autour de lui, les gens se dépêchaient de rentrer chez eux à cause du froid. La température avait encore chuté.
Mako soupira à nouveau. Noël approchait à grands pas. La poisse ! Il n’aimait pas cette fête. Certes, Aline Descamps l’invitait toujours à passer les fêtes avec eux. Il en était très content, mais il s’en voulait également. Il squattait chez eux, alors qu’il n’avait aucun lien de parenté entre eux. Et puis, côtoyé toute une soirée Cheryl, il allait encore déprimer. S’il s’en apercevait, Xavier le traiterait d’idiot borné.
Pendant plus d’une demi-heure, Mako marcha sans se rendre compte où il allait. Quand il leva les yeux, il se rendit compte qu’il était dans une rue marchande. Que faisait-il là ? Il avait marché d’un bon pas, sans regarder autour de lui. Étant donné l’heure, certaines boutiques commençaient à fermer. Le jeune homme s’arrêta devant une boutique de fleur.
Mako se baissa pour ramasser une fleur sur le sol. Il la remit dans son vase. Certains clients étaient vraiment négligents. Il caressa le pétale blanc du lys.
— Merci, c’était très gentil de votre part, s’exclama alors une voix très douce.
Mako sursauta. Il tourna la tête vers la voix. Une jeune femme, asiatique, habillée d’une longue robe de laine blanche, se tenait près de lui. Le jeune homme restait bouche bée. Cette femme était ravissante. Elle avait un certain contraste. Par son attitude, elle montrait clairement qu’elle était bien plus âgée que lui, mais en même temps, son physique la rajeunissait. Mako sentit ses joues chauffées.
— Euh ! Ce n’est rien. Je trouvais juste triste que cette fleur finisse à la poubelle par négligence.
La jeune femme sourit.
— Aimez-vous les fleurs ?
Mako haussa les épaules. Il n’en savait rien.
— Je… Je ne sais pas vraiment. Je ne me suis jamais vraiment posé la question.
La femme composa un petit bouquet. Elle le tendit au jeune homme. Mako la regarda surpris. Intimidé, il le prit. La fleuriste émit un petit rire. Elle pencha la tête.
— Les fleurs donnent du baume au cœur quand celui-ci est triste. C’est peut-être stupide, mais elles m’ont beaucoup aidé à une période de ma vie. Elles donnent le sourire, elles adoucissent les cœurs. Vous ne croyez pas ?
La femme repoussa une mèche de cheveux derrière l’oreille. Elle avait une magnifique chevelure d’un noir ébène avec des reflets bleutés. Elle était longue jusqu’aux bas du dos. La femme s’exclama :
— Zut ! Je vais encore fermer en retard. Pfft !
Mako hésita un instant, puis il demanda :
— Puis-je vous aider ? Ainsi, vous fermerez à l’heure.
La jeune femme lui jeta un coup d’œil. Mako se trouvait stupide. Elle ne le connaissait pas. Pourquoi lui ferait-elle confiance ? Mais, contre toute attente, elle s’écria ravie :
— Ah ! Arigatou ! Ton aide serait vraiment précieuse.
Le jeune homme en fut content. Il l’aida donc à ranger les pots extérieurs à l’intérieur de la boutique où un mélange d’odeur se faisait sentir. À l’intérieur, avec toutes les plantes de toutes sortes, il avait l’impression d’entrer dans une jungle. Il déposa le dernier pot sur le comptoir. La femme s’occupait de la comptabilité. Mako ne savait pas ce qu’il devait faire. Peut-être devrait-il partir, maintenant ? Ce serait correct.
Il sursauta quand il sentit quelque chose frôler ses jambes. Il baissa son regard et il aperçut un gros chat roux. Celui-ci ronronnait en attente de caresse. Le jeune homme s’agenouilla et gratta la tête de l’animal. La douce voix de la jeune femme se fit entendre à nouveau.
— Il s’appelle O’Maley. Mon fils me l’a laissé pour que je ne m’ennuie pas. Depuis, il me suit partout.
Mako fut déçu en apprenant que la femme avait un fils. Il n’en comprenait pas la raison. Elle s’exclama alors :
— Ah ! Je ne me suis pas présentée, je suis désolée. Je m’appelle Harumi Sanada. Je te remercie beaucoup pour ton aide.
— Ce n’est rien. Je suis Mako Marcello. Enchantée de vous connaitre, madame Sanada.
— Juste Harumi. D’accord ? Lança-t-elle, le sourire aux lèvres.
Mako se redressa. O’Maley miaula de mécontentement. Il grimpa sur le comptoir et donna des coups de tête sur le bras du jeune homme. Celui-ci se mit à rire. Harumi en fit autant.
— Tu lui plais. Il n’est pas aussi démonstratif, habituellement.
Mako reprit ses caresses.
— Je n’ai jamais eu d’animaux, murmura-t-il.
— À vrai dire, moi non plus. Là où j’étais, je ne pouvais pas en avoir. Mais, je me rattrape. Tu sais, depuis quelque temps, je m’aperçois qu’autour de nous, il y a beaucoup d’humains qui ressemblent à des animaux. Genre mon fils par exemple. Il a tout d’un chat sauvage.
Harumi émit un petit rire. D’un seul coup, une voix féminine les fit sursauter.
— Que vois-je ? Harumi, tu me l’avais caché.
Mako se tourna vers l’entrée. Il vit apparaitre une très jolie femme brune. Les yeux de celle-ci l’attirèrent. Elle avait deux perles d’un bleu saphir.
— Lina, je ne vois pas de quoi tu peux parler.
La nouvelle arrivante se mit à rire. Elle s’approcha tellement près que Mako sentit à nouveau ses joues rougir.
— Mazette ! Il est mignon tout plein. Alors, es-tu venu draguer ma petite Harumi ?
— Lina ! Arrête de dire des âneries. Pfft !
— Mais euh ! J’ai promis à ton fils de veiller sur toi. Je ne peux pas me déroger, voyons !
— Euh ! Je ferais mieux de partir.
— Eh voilà ! Tu le fais fuir.
Lina éclata de rire avant d’attraper le bras de Mako. Celui-ci ne savait plus ce qu’il devait faire. Il se sentait mal à l’aise et de nouveau intimidé. Lina s’exclama :
— Ça alors ! Ce garçon est un étrange spécimen. Il a un physique de tombeur, mais il est timide. Ah ! C’est trop chou ! Je l’adore déjà.
Mako baissa la tête, rouge comme une pivoine. Harumi avait pitié de lui. Elle expliqua :
— N’en veut pas à Lina. Elle est très excentrique, mais elle n’est pas méchante.
— Harumi ! Moi, excentrique ? Où tu vois ça ? Haha ! Allez, je vous invite à dîner pour me faire pardonner. Tu ne vas pas refuser, n’est-ce pas, jeune homme ? Après tout, tu vas manger avec les deux plus belles créatures de la ville.
Harumi secoua la tête, amusée. Elle avait fini par s’habituer aux excentricités de Lina. Elle attrapa son sac et attrapa O’Maley. Ce chat avait pris l’habitude de marcher à la laisse. Elle se dépêcha ensuite de rejoindre Lina qui avait kidnappé Mako. Le pauvre.
Mako accepta de les suivre. Premièrement, il n’avait pas vraiment le choix. Lina lui tenait toujours fermement le bras pour qu’il ne s’échappe pas. Deuxièmement, la compagnie des deux femmes lui plaisait beaucoup plus que celle de son oncle. Il apprit ainsi que la jolie brune était une Miori. Elle était la fille du grand PDG de la Miori Corporation. Elle donnait l’impression d’être un peu folle et excentrique, mais en réalité, il put constater en discutant plus sérieusement qu’elle était aussi très intelligente.
Moqueusement, elle lui avoua le connaitre. Elle avait écouté leur conversation dans la boutique. Elle connaissait donc son nom. Il apprit ainsi que Lina travaillait souvent avec son neveu Erwan. Il était en charge de négocier plusieurs affaires avec les Marcello et les Flagan. Elle était donc ravie de rencontrer le nouvel associé d’Edwyn Flagan. Mako se sentit très mal à l’aise. Il devait lui donner une très mauvaise opinion de lui. Il maudissait souvent sa timidité, mais il n’y pouvait rien.
Harumi les suivait en silence. Elle les écoutait, avec O’Maley, sur une épaule. Il était un peu lourd, mais elle avait fini par s’y habituer avec le temps. Elle était contente d’avoir fait une nouvelle connaissance. D’un geste gracieux, elle rejeta son écharpe autour du cou. Sawako allait encore lui faire la morale s’il apprenait qu’elle avait encore discuté avec un inconnu, qui plus est, était un homme.
Harumi reconnut la rue. Lina les emmenait « Chez Tabitha ». La jeune femme soupira. Pourquoi avait-elle choisi ce restaurant ? Elle l’aimait bien. Tabitha, la propriétaire, était une amie, mais aujourd’hui, son fils y travaillait. Le sermon, elle allait finalement y avoir droit. Elle soupira avant de sourire. Bah ! Tel était son fils.
À peine le groupe entra dans le restaurant qu’un véritable brouhaha se fit entendre, provenant de la table du fond de la salle. Harumi les repéra. Elle sourit. Impossible de ne pas repérer tous ces mignons chatons excentriques !
Lina les repéra également. Tout en tirant sur le bras de Mako pour qu’il suive, elle fonça vers ses vieux amis. Mako jeta un regard vers la table la plus bruyante. Une jeune femme blonde se trouvait aux prises avec trois hommes et deux jeunes garçons d’une dizaine d’années. En les voyant arrivés, la jeune femme blonde s’exclama :
— Lina, tu tombes bien. Peux-tu leur mettre du plomb dans la tête, s’il te plait ? Ils sont vraiment usants à souhait.
— Alors, les mecs ! Vous arrêtez d’ennuyer Tabi. Elle va finir par vous jeter dehors.
Au lieu d’écouter, l’un d’eux se leva pour s’approcher d’Harumi. Il l’attrapa pour la serrer contre lui. Il s’écria alors :
— Regarde chaton ? J’ai cueilli une jolie fleur.
Mako sursauta en apercevant un jeune asiatique de son âge apparaitre juste à ses côtés.
— Baka ! Enlève tes sales mains perverses d’Okaa-san, Shin.
Au lieu d’obéir, l’homme eut un sourire en coin. Harumi donna une légère tape sur le bras de Shin. O’Maley, quant à lui, n’avait pas bougé de sa place. Il était toujours solidement accroché à l’épaule de sa maîtresse.
— Ce n’est pas gentil de te moquer de mon fils, Shin.
Mako ouvrit en grand les yeux de stupeur. Le jeune asiatique était son fils ? Impossible ! Sawako lui jeta un coup d’œil, amusé. Il semblait avoir lu en lui. D’un geste, le jeune japonais le poussa vers la table. Il s’exclama :
— Li-chan ! Au lieu de glander, occupe-toi de ton invité.
— Sawa ! Ne peux-tu pas être plus aimable avec ta Li-chan préférée ?
— J’en vois pas la raison. Shin ! Assis !
Shin réagit au quart de tour. Il attrapa le bras du japonais et le fit chavirer dans ses bras. Harumi, enfin libre, s’installa juste à côté de Mako qui semblait complètement perdu. Elle émit un petit rire.
— Gomen. Ils sont un peu remuants.
Derrière, Mako pouvait entendre le japonais jurer dans sa langue. Enfin, il supposait. Les deux autres hommes le regardèrent avec intérêt. Ils finirent par se présenter. Le plus grand, un brun avec plusieurs piercings au visage, prit la parole en premier.
— Je suis Ludwig Lagardère. Et à côté, c’est mon Reï chou.
L’homme grimaça en recevant un coup sur la tête.
— Tu n’es pas obligé d’insister sur le « mon » Rei. Baka ! Pfft ! Ne fais pas trop attention à mon compagnon. Il est idiot.
— Mais, enfin Rei chou.
— Ils sont bêtes, pas vraies ? Murmura une petite voix.
Mako tourna son regard vers sa gauche et reconnut les deux garçons. Il les avait déjà rencontrés au zoo. Le petit qui venait de parler avait les yeux bleu saphir. Il jeta un coup d’œil vers Lina. Le jeune garçon expliqua :
— C’est ma mère et Shin est notre vrai père.
— Sasha n’est pas avec toi ? Demanda l’autre garçon.
Mako secoua la tête en réponse. Les deux petits en furent un peu tristes, mais cela ne dura pas longtemps. Ils s’approchèrent de sa voisine. Harumi les vit et s’écria toute joyeuse :
— Ah ! Mes petits amours, vous êtes là aussi. Que vous êtes mignon tout plein !
Elle attrapa les deux garçons pour les serrer contre elle. Les jumeaux rirent de bon cœur.
— Mignons, Harumi ? Plus que Sawako ? Interrogea Kaigan, malicieux.
Harumi tapota gentiment sur son nez. Elle chuchota, en riant :
— Je ne peux pas le dire. Sawako risque d’être jaloux.
— Okaa-san ! Je t’ai entendu.
— Sawako ! Va faire à bouffer, on a faim, beugla Ludwig.
— Bordel ! Arrêtez de gueuler dans mon restaurant ! Vous allez faire fuir mes clients, râla, juste pour la forme, Tabitha.
Mako regarda autour de lui, halluciner. Tout le monde parlait en même temps. C’était une vraie cacophonie. D’un seul coup, il sursauta comme un malade quand une voix grave s’écria juste derrière lui.
— Mako ? T’était passé où ?
En se tournant, il croisa le regard vert de son meilleur ami, toujours accompagné de Sasha. Celui-ci se retrouva vite encombrer par deux asticots qui lui sautèrent dessus en hurlant. Mako secoua la tête, exaspérée. Il avait bon dos de lui demandé où il était ! Qui l’avait complètement oublié ?
Coucou
Bonjour, tout le monde !
Comment allez-vous en ce beau dimanche. Pour l'occasion, je souhaite une bonne fête des Mamans.
Je sais, je sais, vous attendez tous après un nouveau chapitre. ^^ Il est à moitié fait. Il faut que je m'y remette. lol J'ai commandé un nouveau dessin. Ce sera Renko et Carlin, fait par la talentueuse Nine. Pour pouvez voir tous ces merveilleux dessins ici : http://nineinjections.deviantart.com/gallery
J'espère que le dessin vous plaira, mais je n'en dis pas plus. Vous le verrez par vous même et j'espère avoir vos commentaires. J'essaierais également d'en commander d'autres, bin oui, il me faut aussi Ludwig et rei, Erwan et Luce, et aussi Gaku et Shuei. Xavier et Sasha, c'est une autre artiste à qui j'ai commandé. Mais je ne sais absolument pas quand je l'aurais. Elle est plutôt surbookée. lol Nous verrons avec le temps et de la patience.
Je viens de finir un nouveau jeu : Witcher 2. Il est génial et graphiquement, il est top de chez top. Même avec mon petit gabarit de PC, j'ai pu mettre les configurations au grand niveau. C'est absolument génial. Je sais, je me répète. ^^ Je dois le reprendre pour faire un autre choix par rapport au début. lol Mais, ne vous inquiétez pas, il ne m'empêche pas d'écrire. Geralt n'y est pour rien. mdr Enfin, juste un peu, mais ce personnage est très charismatique, il faut dire.
Cette aprem, je vais aller saluer ma petite maman au cimetière pour lui dire que je ne l'oublie pas. Ensuite, grand plongeon dans la piscine de ma soeur.
Lala ! Mon grand frère a posé sur facebook, le spot de la sécurité routière australienne. Ce sont des images vraiment choquante et pourtant si réaliste. Pfft ! j'en ai même failli pleurer en regardant les images. Pourtant, je suis solide, enfin je le croyais.Je vais essayer de vous la montrer.
Le lien est ici :
http://www.dailymotion.com/video/xeefj2_spot-de-la-securite-routiere-austra_webcam
je vous souhaite tout demêm un très bon dimanche et une très bonne semaine à venir.
Bisous
Les spirales version 2 : 17
Chapitre 17
Comme convenu avec le docteur Descamps, Sasha se rendait à l’hôpital une fois par semaine. Le lundi, il finissait les cours à deux heures et demie donc il avait tout le temps pour s’y rendre. Ce jour-là, il devait également se faire examiner par le docteur Miori. Elle voulait savoir si aucun autre problème n’était survenu à cause de la drogue du dragon à part son amnésie partielle. Elle fut vite rassurée.
En le voyant, Mili songea que le garçon avait beaucoup changé en peu de temps. En un peu plus d’une semaine, Sasha semblait bien plus serein et joyeux. Elle avait entendu dire que le garçon s’entendait bien avec la jeune Asia Amory, qu’il avait également rencontré Ludwig, Rei et les jumeaux Soba. En y réfléchissant, Mili songea que ce serait bien que Rei et Sasha parlent ensemble de leur problème. Elle en toucherait deux mots à leur psychanalyste.
Vingt ans plus tôt, Rei Kashino Miori avait été enlevé par son oncle pour le vendre. Pour le dompter, l’oncle l’avait drogué avec la drogue du dragon. En résultat, Rei avait eu le bras gauche handicapé pendant longtemps. Finalement, après plusieurs mois de rééducation, il avait pu rejouer du piano, mais depuis deux ans déjà, son bras commençait à nouveau à faire des siennes. Le jeune homme se savait très entouré avec sa famille adoptive, et par l’amour inconditionnel de son compagnon, cela ne l’empêchait pas de déprimer un peu.
La musique était sa passion. Elle n’était pas sa raison de vivre, mais un plus. Il l’aimait. Déjà qu’il avait dû renoncer au violon, alors être obligé d’abandonner également le piano lui faisait mal. Pour cette raison, il avait décidé de suivre une thérapie avec le docteur Descamps. Elle ne faisait pas partie de sa famille, alors il pouvait lui dire tout ce qu’il avait sur le cœur comme sa rage et sa tristesse.
Mili profita du fait que Sasha passait des radios pour discuter tranquillement avec la psychanalyste. Aline approuva aussitôt. Ses deux patients avaient connu la drogue rouge. Rei pourrait déculpabiliser Sasha sur son amnésie. Sasha pourrait également apporter quelque chose à Rei. Le garçon, plus jeune, avait appris à jouer de divers instruments, dont le piano et le violon. Peut-être accepterait-il de s’y remettre ? Et Rei ferait un excellent professeur de musique pour le garçon.
Mili expliqua que le mieux à faire serait de ne pas leur en parler, mais de faire en sorte que ces deux hommes puissent faire une rencontre musicale. Mili pensait que si elles leur en parlaient, Rei et Sasha se braqueraient. Elle avait sa petite idée. Les petits Soba allaient être très utiles, puisqu’il semblerait que Sasha ne savait pas leur dire non.
Par pur hasard, Mili apprit que le garçon devait se rendre près du bar le « Cool Baby » pour rejoindre une amie. Elle lui annonça alors que s’il acceptait, elle pourrait le déposer. Elle devait aussi se rendre au quartier africain. Sasha n’hésita pas. Il aimait beaucoup son médecin. Elle était gentille et amusante. Sa séance avec le docteur Descamps se passa sans accro. Il fut rassuré que sa psychanalyste ne lui parle pas de son amnésie. Il ne voulait pas encore en parler. Il avait trop honte d’avoir oublié des personnes importantes pour lui.
À peine était-il sorti de l’hôpital que son portable se mit à sonner. C’était sa mère. Elle voulait avoir de ses nouvelles. Il était toujours content de ses appels. Il ne lui était pas indifférent. Elle s’inquiétait réellement pour lui. Elle lui parla de ses répétitions et des autres acteurs. Elle parlait d’eux avec beaucoup d’humour. Sasha comprenait aisément que sa mère était dans son élément. Elle était heureuse dans sa nouvelle vie parisienne. Elle lui annonça également avoir viré Torrès de sa vie. Le garçon faillit sauter de joie à cette nouvelle.
Par contre, elle lui annonça avoir un nouvel amant. Sasha se renferma à nouveau. Il s’inquiétait. Quel genre serait-ce cette fois-ci ? Il soupira. Il ne pouvait rien y faire. Le docteur Miori l’attendait devant l’entrée. Elle avait assisté au monologue du garçon faisant la morale à sa maman. Elle sourit. Caël et Erwan aimaient bien lui faire la morale également. Chaque fois où l’un d’eux devait s’absenter trop longtemps, ils s’amusaient à lui faire la leçon. C’était bien la seule chose où ces deux-là étaient d’accord.
Durant le trajet les menant au quartier africain, Mili discuta avec le garçon. Elle lui demanda de lui parler de sa mère. Comment était-elle ? En apprenant son nom, Mili se souvint très bien de cette femme. Catarina Cartier avait été très célèbre dans sa jeunesse. Elle avait été repérée dès son plus jeune âge pour sa beauté envoutante. Elle avait fait la Une des magazines de Mode. Les créateurs se l’étaient arraché. Puis un jour, elle avait tout quitté sur un coup de tête.
Mili se gara devant le bar. En discutant, Sasha lui avait expliqué qu’il voulait se rendre à une exposition du peintre Carlin Oda avec une amie. Elle lui avoua alors qu’elle se rendait au même endroit. L’amie en question était une très jolie demoiselle aux cheveux ébène. Mili l’adora aussitôt.
Raven attendait Sasha depuis plus d’une demi-heure. Elle était arrivée en avance tellement elle ne tenait plus en place. Mais, elle avait trop la trouille d’entrer dans la salle d’exposition toute seule. Elle avait donc attendu. Elle soupira donc de soulagement en apercevant enfin son nouvel ami. Elle fut surprise de le voir accompagner. Elle en resta même bouche bée devant cette femme superbe.
— Désolé du retard, Raven. S’exclama Sasha, dès qu’il fut à sa portée.
La jeune fille haussa les épaules. Il n’avait que cinq minutes de retard, ce n’était pas dramatique. Elle leva les yeux vers la femme qui accompagnait son jeune ami, intimidée tout d’un coup. La femme sourit et elle se présenta :
— Bonjour, je suis Mili Miori. Enchanté de te connaitre, jeune Raven.
— Euh ! Bonjour, Madame Miori.
Mili grimaça. Elle s’écria :
— Appelez-moi Mili, s’il vous plait ! Venez, je vais vous accompagner dans l’antre de ce peintre de génie.
— Attendez, Mili. Il nous manque quelqu’un. Nous devons attendre Asia.
Mili baissa son regard vers les deux adolescents. Elle eut un sourire à fendre le cœur le plus dur.
— Asia connait le chemin. Elle nous rejoindra. Je suis sûr qu’elle voudra d’abord saluer son frère Ben. Je rêve où vous avez la trouille de rencontrer Carlin ?
Raven se mit à rougir. Sasha lui haussa les épaules. Il répliqua :
— Je ne vois pas en quoi nous aurions la trouille. Raven en est fan. Elle joue les timides.
— Sasha !
— Quoi Sasha ? Je n’ai pas raison peut-être. Tu as peur d’être déçu. Avoue-le ! J’te jure !
Amusée, Mili les poussa légèrement pour les faire avancer. Autour d’eux, le quartier semblait bien trop calme par rapport à son habitude. Mais, c’était surement parce que le bar était encore fermé. Par contre dès que la porte de la salle d’exposition fut ouverte, une voix se faisait entendre. C’était une voix d’homme donnant des ordres dans la seconde pièce.
— On dirait bien qu’il s’est trouvé des esclaves, s’exclama Mili, avant de hurler. Carlin ! Viens dire bonjour à ta femme préférée.
Les deux adolescents lui jetèrent un coup d’œil stupéfait. Le docteur ne ressemblait plus à la femme chic, calme et élégante. Bon, elle était toujours aussi chic et élégante, mais le reste avait changé. Un homme apparut alors dans leurs champs de vision.
Sans le connaitre, Sasha sut d’office qu’il avait face à lui le peintre. Il dégageait un « on ne sait quoi » de magnétisme et de prestance malgré le pantalon et la chemise couverte de peinture. Les yeux noirs de l’homme étaient également impressionnants. Ils donnaient une impression d’étouffement et en même temps une impression de liberté absolue.
Le peintre s’approcha de sa meilleure amie pour l’embrasser sur les deux joues. Puis, il se tourna vers les adolescents qu’il se mit à détailler de la tête aux pieds. Il sourit en apercevant les joues rouges de la jeune fille. Le garçon, lui, ne semblait pas le moins du monde gêner. Étant donné le physique, il devait y être habitué.
— C’est gentil de m’avoir amené de nouveaux esclaves, ma Mili.
— Oui, je savais bien que tu aurais besoin d’aide.
— Hein ? Je ne suis absolument pas venu pour travailler, s’écria Sasha.
Carlin se tourna vers lui. Il lui plaisait bien ce petit. Amusé, il demanda :
— Pourquoi es-tu venu alors ?
Sasha haussa les épaules nullement intimidé.
— Juste accompagné une amie voir son peintre préféré.
Raven, plus rougissante que jamais, donna un coup dans le bras de son camarade. Sasha gloussa. Carlin regarda la jeune fille.
— Alors comme cela, je suis ton peintre préféré ? Oh la la ! Je vais rougir. Ça me fait plaisir. Mais, au fait, comment vous vous nommez tous deux ?
— Raven Adréakis, et mon ami c’est Sasha Flagan.
— Enchanté. Alors, c’est vous les deux petits nouveaux qu’Asia m’a parlés.
— Asia a parlé de nous ? Demanda Raven, reprenant contenance.
— Oui, elle nous a annoncé s’être fait de nouveaux amis. Je suis content pour elle. Alors, que vais-je faire de vous ?
Mili l’interrompit d’un seul coup.
— C’est rare que le bar soit fermé à cette heure.
Carlin eut un drôle de sourire.
— C’est normal. J’ai débauché les deux barmans. J’avais besoin d’aide. D’ailleurs, il va falloir que je sévisse.
— Pourquoi donc, mon chou ? Et qui d’ailleurs ?
— Ton homme ! Il avait accepté de venir me donner un coup de main. Caël aussi devait venir, ainsi que Ludwig et Shin. Mais, ils m’ont tous posé un lapin. Je vais me venger, tant pis pour eux.
— Ah ! Non ! Tu laisses mon Youji tranquille. Et puis, tu te plains, mais tu as bien trouvé de nouveaux esclaves. Non ?
— Peut-être, mais j’en ai que deux. Bon, quatre avec ces deux-là. N’est-ce pas que vous allez m’aider ?
Sasha soupira. Il aurait dû se douter qu’il ne pourrait pas refuser. Cet homme n’aimait pas du tout qu’on lui dise non. Carlin commençait à se diriger vers l’arrière avec les deux adolescents, quand il jeta un coup d’œil à Mili.
— N’espère pas te sauver en cachette, ma jolie. Sinon, ta douleur sera terrible.
Mili soupira. Zut ! Elle s’étira un bon coup. Elle jeta son manteau sur une chaise. Elle jeta ses chaussures aux talons hauts avant de passer dans la pièce voisine. Elle retrouva les deux barmans du Cool Baby. Ben Amory la salua d’un signe de main. Quant au deuxième, il regardait dans une autre direction. La doctoresse suivit le regard. Le jeune homme observait les adolescents, plus précisément le jeune Sasha. Étrange ! Xavier Descamps semblait très intéresser par le patient de sa mère. Voilà quelque chose d’amusant et à suivre. Cool ! La nouvelle année qui arrivait allait être très intéressante.

