Chapitre 4

 

 

            Show se leva et ouvrit la porte. Il se retrouva nez à nez avec un tueur. Celui-ci ricanait bêtement. Il leva sa hache et l’envoya. Elle se planta dans le crâne de Marinos. Show réveillait de sa surprise, lança un coup de poing. Le tueur recula. Avec rapidité, Show entoura son cou d’un bras et d’un coup sec et brutal lui cassa la nuque.

           

            Ensuite, Show observa autour de lui. Il arrivait des motos dans toutes les directions. Il aperçut des tueurs en train de violer sauvagement une jeune femme. Il voulut aller l’aider, mais un hurlement reconnaissable lui fit tourner la tête.

 

            Quatre tueurs tenaient par deux, Lynn et Gwendoline. La jeune femme se débattait comme une forcenée, alors que Lynn était sans réaction, terrifiée. Un cinquième homme s’approcha du groupe. Show sut que c’était le chef, Draco. Contre toute attente, ce n’était pas un homme de très grande taille, mais ce défaut était récompensé par une musculation très puissante.

 

            Draco s’arrêta à quelques pas de Gwendoline. Celle-ci tremblait de peur. Un rictus se forma sur les lèvres du chef des tueurs. Il leva un bras et la gifla. La jeune femme émit un petit cri de douleur.

 

— Bertios, Flap, vous êtes nouveaux dans mon clan, n’est-ce pas ?

 

            Draco, d’un doigt, caressa la joue satinée de Gwendoline, celle qu’il venait de frapper. Il eut un petit sourire de mépris quand elle lui cracha dessus. D’un ton brusque, il annonça.

 

— Alors, prenez votre plaisir avec ces deux-là, avant de les embarquer pour New-Missis.

 

            Alors que ces hommes hurlèrent de joie sadiquement. Draco tourna les talons pour se diriger vers l’auberge. Mais il fut arrêté en court de chemin par un homme, grand aux cheveux blancs.

           

            Cet homme lui disait vaguement quelqu’un, mais le souvenir ne revenait pas.

 

— Tu n’iras pas plus loin, Draco.

 

            Un hurlement fit sursauter le tueur. Il se retourna vers ses hommes, qu’il venait de quitter. Deux déjà étaient raides morts, un troisième avait la main coupée. Barabas était intervenu pour aider les jeunes femmes.

 

            Un autre cri derrière Show retentit. Le tueur qui violait une villageoise venait également de succomber d’un coup de mitraillette. Bart avait changé d’avis en cours de route et était revenu auprès de ses amis.

           

Show regarda de nouveau Draco dans les yeux et s’exclama :

 

— Tu es cuit.

 

Le tueur ricana.

 

— Non, pas encore. Il faudra me tuer d’abord.

 

            Il leva un énorme couteau de guerre et se jeta sur Show. Ils se retrouvèrent à rouler sur la terre sèche du village. Show avait réussi à arrêter le bras, mais le couteau n’était qu’à quelques centimètres de son visage. Dracon avait beaucoup de force et gagnait à chaque fois quelques millimètres. La lame effleura la joue droite de Show, la peur lui décupla la force. Avec son autre main, il réussit à donner un coup de poing dans les côtes du tueur et d’un coup de reins l’envoya rouler plus loin.

 

            Il se releva avec difficulté, Show se sentait trop vieux pour ce genre de combat. Draco se releva avec moins de problèmes et se lança de nouveau sur son adversaire. Celui-ci se recroquevilla comme un tigre, puis le frappa d’un autre coup de poing dans l’estomac, ce coup-ci, le tueur se courba de douleur et Show en profita pour lui donner d’autres coups.

 

            Draco se retrouva bientôt couvert de sang. Une lueur de haine et de démence se lisait dans ses yeux. Il aperçut un de ses hommes et lui fit signe. Celui-ci lui envoya une arme ressemblant étrangement à une grenade. Draco enleva la goupille.

 

            Show sentit une sueur froide lui traversait l’échine. Il se mit à reculer et finit par tourner les talons en courant. Draco se mit à le suivre comme un fou. Un coup de feu retentit. Show se jeta à terre. Une explosion se fit entendre.

            Gwendoline en pleure, jeta l’arme qu’elle tenait et s’écroula en sanglot sur le sol. Lynn et Barabas la rejoignirent. La jeune fille la prit dans ses bras et la consola.          

 

— Vous avez eu raison de le tuer, jeune femme murmura Barabas.

 

            Des cris, autour d’eux, se faisaient entendre. Les villageois revenaient, sortaient de leur cachette. Les hommes de Draco s’étaient enfuis aussitôt que leur chef fut mort.

            Le village n’était pas près de les revoir. Ils allaient sans doute s’entretuaient avant qu’un nouveau chef soit réélu. Gwendoline se releva, horrifiée.

 

— Mon Dieu, Show ! Où est-il ?

 

            Elle se releva et se mit à sa recherche avec ses amis. Ils retrouvèrent son corps un peu plus loin que celui de Draco. La jeune femme se pencha dessus. Le pouls battait toujours, mais faiblement. Du sang s’échappait de son épaule. Un caillou l’avait frappé pendant l’explosion.

 

            Grâce à Bart et Barabas, elle put le transporter dans une des chambres de l’auberge. Pendant les jours qui suivirent, la jeune femme soigna avec tendresse, l’homme aux cheveux blancs, inconscient.

 

            Il ouvrit les yeux, mais les referma aussitôt. Le soleil frappait très fort par la fenêtre, mais après plusieurs tentatives, il réussit à les ouvrir. Il regarda autour de lui. Il reconnut aussitôt sa chambre dans l’auberge. Son regard se posa sur le fauteuil près de son lit. Une jeune femme y dormait profondément, les cheveux en bataille. Show eut du mal à la reconnaître. Il faut dire que ses pensées étaient un peu chamboulées. Il se souvenait de l’attaque des hommes de Draco et aussi de l’explosion. Mais ensuite, c’était le brouillard.

 

            La jeune femme remua et finit par se réveiller. Elle regarda autour d’elle, un peu désorientée, puis elle croisa son regard et le sien s’illumina de joie.

 

— Vous êtes réveillé ?

 

            Avec difficulté, car il avait mal à son épaule gauche, il se redressa. Aussitôt, la jeune femme se jeta dans ses bras. Show, en fut légèrement surpris, mais ravi. Cela l’étonna. Depuis la mort de sa femme Elysabeth, il n’avait plus jamais éprouvé ce sentiment. Quand il l’écarta, il s’aperçut qu’elle pleurait. Avec le drap, il les essuya avec douceur. Elle renifla et chuchota.

 

— Je suis désolée, mais je m’en voulais tellement. C’est à cause de moi, si vous êtes blessé. Je n’aurais pas dû tirer sur Draco. Il était trop près de vous.

 

            Des larmes se remirent à couler. Sans s’en rendre compte, Show lui prit le visage entre les mains et l’approcha vers le sien. Il finit par murmurer.

 

— Au contraire, je te suis très reconnaissant de l’avoir fait. Grâce à toi, Gwendoline, je suis encore en vie.

 

            Il posa ses lèvres sur les siennes. La jeune femme fut prise de surprise, mais une chaleur envahit son corps. Jamais elle n’avait ressenti ce phénomène. Elle noua ses bras autour de cou de l’homme qu’elle aimait. Show avait posé ses mains sur la taille de la jeune femme. Elles remontèrent et effleurèrent les seins tendus de Gwendoline. Celle — ci gémit et se serra plus fort contre lui. Show leva la tête et l’enlaça plus étroitement.

 

— Tu me redonnes le goût de vivre, Gwen. Je sais que tu es bien plus jeune que moi, mais accepteras-tu de faire ta vie avec moi ?

 

Gwendoline redressa la tête vivement. Ses yeux débordaient de joie.

 

— Je ne suis pas trop jeune pour toi, Show. La vie m’a beaucoup vieilli. Je t’aime, tu sais. Je crois depuis que je t’ai rencontrée pour la première fois. Alors, oui, je ferais ma vie auprès de toi et je te suivrais où tu iras.

 

            L’homme lui effleura la joue d’un doigt. Gwendoline l’observait dans les yeux. Elle essayait de lire en lui. Elle voyait l’amour naître en lui et elle en était très heureuse, mais elle voyait tout au fond de ce regard, une tristesse infinie. Elle savait d’où elle venait. Gwendoline savait également que tout enfant qu’elle donnerait à cet homme aimé ne serait pas aussi cher que celui qu’il recherchait éperdument. Show n’oublierait jamais Shiba, son premier fils qui avait disparu sans laisser aucune trace et dont on ne savait pas s’il était vivant ou non.