Bienvenue, Grand frère : 21
Chapitre 21
Sawako
emmena son meilleur ami dans un bar, à quelques rues de la gare. Il choisit une
table à l’écart afin d’être tranquille pour discuter. À peine, Gaku fut-il
assis qu’il se fit assaillir par les questions en tout genre. Il se demandait
comment il arriverait à toutes les retenir tellement il y en avait. Il
l’interrogea sur ses sœurs. Sawako fut vraiment très content d’apprendre le
retour de Tooru. Il faudra remercier son grand-père pour son aide. Il le fut
encore plus en apprenant que son ami fréquentait une petite sœur de Gaku.
Tooru
reprenait goût à la vie et c’était merveilleux. Ensuite, ce fut au tour
d’Inoue. Gaku dut lui parler de sa mère. Sawako voulait savoir à quoi elle
ressemblait, son caractère. Enfin, si c’était une bonne personne comme la
sienne. Bien que le garçon annonça d’emblé que sa mère était unique. Ainsi, Gaku
apprit par cette occasion que Sawako et sa mère s’apprenaient à se connaitre et
s’aimaient beaucoup. Il demanda innocemment si Shin et sa mère s’appréciaient
et il se fit aussitôt foudroyer. Le chaton était toujours aussi jaloux. Au
risque d’en subir les conséquences, Gaku ne se gêna pas pour se moquer de son
jeune ami.
En
ayant assez de donner des coups qui ne fonctionnaient pas, Sawako changea de
tactiques et lui posa des questions sur ce Terrence. Aussitôt, l’atmosphère
changea. Gaku se calma et soupira. Son ami ne le lâchera pas tant qu’il
n’avouerait pas. Alors, il parla. Il lui expliqua avoir beaucoup aimé cet homme,
malgré la froideur que celui-ci lui témoignait souvent. Il lui raconta aussi
l’attirance très violente qu’il avait depuis le début ressenti envers Shuei, le
meilleur ami de sa sœur Megumi. Sawako l’écouta en silence. Il préférait le
laisser vider son sac avant de dire quoi que ce soit. Gaku lui parla également
de son travail et qu’il avait dû se rendre à Kyoto pour plus d’un mois.
- J’ai pensé en acceptant ce travail que
peut-être cela le ferait réagir. Mais, je me suis bercé des illusions, Sawa. Je
crois bien depuis le début d’ailleurs. Il n’est jamais venu me voir, ne m’a
jamais appelé. Parfois, je craquais et j’appelais. Personne ne répondait.
Alors, j’ai commencé à réfléchir et à repenser à ces deux dernières années.
- Et tu en as pensé quoi ? Demanda Sawako,
posant ses coudes sur la table.
- Que je suis un imbécile et un pourri.
- Imbécile, ça c’est certain.
Gaku
porta son verre à ses lèvres. Sawako ne mâchait pas ses mots comme d’habitude. C’était
ce qui faisait son charme de toute façon.
- Mais pourquoi un pourri ? Je ne vois pas
en quoi tu peux l’être.
- Parce que je l’ai été avec Shuei. Je
connaissais ses sentiments à mon égard et je n’ai jamais rien fait pour lui.
Sawako
se pencha et donna un énième coup sur la tête de son ami. Gaku grimaça et se
mordit la lèvre par la même occasion.
- Baka ! Est-ce que ce Shuei t’en veut pour
avoir préféré l’autre idiot plutôt que lui ?
Gaku
baissa le regard vers sa main tenant son verre. Les souvenirs de la veille lui
revinrent en mémoire. Il faillit rougir. Pourtant, son trouble ne passa pas
inaperçu. Sawako eut un léger sourire.
- Il est venu, non ?
Gaku
sursauta et rougit pour de bon, mal à l’aise. Mais, il avoua :
- Oui, hier.
- Vous l’avez fait ?
Gaku
s’agita faisant briller les yeux marron pailleté de vert de Sawako. Le chaton
se plaisait à m’être à mal son ami. Gaku ébouriffa ses cheveux décolorés.
- Oui, laissa-t-il échapper. Mais, je n’aurais
pas dû.
Voyant
l’incompréhension dans le regard de son camarade, il expliqua :
- J’aurais dû d’abord rompre avec Terrence. Cela
aurait été plus correct.
- Je ne trouve pas que cela soit si grave.
Terrence ressemble plus à un sex-friend qu’à un vrai petit ami. Tu as vraiment
des goûts bizarres parfois, en matière d’hommes.
- Sawa !
- Quoi, Sawa ? Sawako sensei te dit que tu
as des goûts pourris, quand c’est toi qui cherches. Mazette ! Heureusement
que je suis passé dans les parages pour te mettre le grappin dessus entre
temps. J’ai pu te mettre un peu de plomb dans la cervelle. Je suis sûr que je
vais adorer ce Shuei.
- Je crois que ce sera réciproque. Parfois, il y
a certaines ressemblances.
Sawako
se tut, les joues un peu rouge à son tour. Sawako finit par avouer.
- Tu sais le jour où j’ai fracassé le nez de
Kaoku. J’avais forcé Tooru à me laisser entrer dans cette soirée. Je n’aurai
pas dû y être. Je n’avais que quinze ans. Je n’avais pas ma place et Tooru m’a rebattu
les oreilles avec ça. Il peut être une plaie vivante quand il veut bien s’y
mettre.
« Où
voulait en venir le chaton ? Se demandait Gaku. »
- C’était pour avoir une chance de te voir, finit
par lâcher le garçon.
Gaku
toussa en manquant de s’étouffer en buvant en entendant la phrase. Il reposa
son verre et observa Sawako. Il regardait un point sur la table.
- Pour me voir ? Pourquoi ?
- Je faisais beaucoup l’école buissonnière à
l’époque. Ça exaspérait beaucoup Hisao, d’ailleurs. Ce jour-là, il m’avait
attrapé dans la rue et il me faisait un de ces horribles sermons de tous les
diables. Je ne l’écoutais pas évidemment. Je regardais autour de moi et c’est
là que je t’ai vu pour la première fois. Tu étais sur ta moto en arrêt et tu
discutais avec Tooru. J’ai ressenti quelque chose envers toi, ce jour-là. Ça
m’a fait vraiment peur. J’étais terrifié, mais en même temps, c’était agréable.
Alors, j’ai commencé à apparaitre dans les parages où tu allais. Pfft ! Tu
es vraiment aveugle quand tu veux.
- Désolé.
Sawako
joua avec une serviette de table. Il se mordit les lèvres.
- Je ne te dis pas la trouille que j’ai eue quand
Kaoku est venu m’ennuyer. Je connaissais sa réputation de brute épaisse.
- Pourtant, tu l’as ratatiné d’un seul coup de
poing.
- Oui, je n’en reviens toujours pas d’ailleurs.
- Tu t’es transformé en chat hystérique,
colérique. Tu as sorti tes griffes et gares à ceux qui t’auraient ennuyé
ensuite. Tu étais vraiment impressionnant.
Sawako
se mit à rougir, mal à l’aise. La peur et sa fierté l’avaient fait agir de
façon très idiote. S’il avait loupé son coup, il en aurait subi bien plus.
- Non, je ne le suis pas, mais au moins ça eut le
mérite que tu me remarques finalement. Même s’il a presque failli que je te
viole moi-même pour que tu acceptes d’avoir une relation.
Gaku
émit un petit rire.
- Pourquoi ne pas m’avoir dit avant que tu me
cherchais ?
- Parce que c’est embarrassant. Si on allait se
balader pour se dégourdir les jambes ? S’exclama Sawako, pour
reprendre contenance.
Gaku
accepta avec joie. Il était troublé par toutes ses révélations. Sawako avait
beaucoup changé en un peu plus de deux ans. Il n’avait plus ce regard colérique
en permanence. Il riait beaucoup plus également. Tout cela grâce à l’amour que
lui témoignait Shin et ses amis français. Le soir commençait à tomber dans une
douce chaleur.
Les
deux amis se promenèrent sans parler, juste de temps en temps, ils se
rappelaient quelques anecdotes. Puis, il fut temps de se séparer. Gaku devait
rentrer pour éclaircir les choses avec Terrence et Sawako devait retrouver son
homme. Le plus jeune héla un taxi. Avant d’y monter, il se retourna vers son
ami.
- N’oublie pas demain, tu viens avec nous au
parc. Shin sera content de te revoir et tu pourras faire la connaissance des
loustics.
- Pas de problème, j’ai noté.
Sawako
sembla réfléchir un long moment. Gaku se sentit mal à l’aise d’un coup. Il
avait bien l’impression que son ami manigançait quelque chose. Et ce fut bien
le cas, mais pas comme l’aurait imaginé le jeune homme. Sawako s’approcha,
attrapa le col de la chemise de Gaku et tira. Il s’empara des lèves de Gaku
pour un vrai baiser, le prenant vraiment par surprise. Sawako s’éloigna ensuite
et monta dans la voiture, il s’exclama avant de fermer la portière.
- Ne t’inquiéta pas inutilement, Shin est au
courant. C’était mon cadeau.
Gaku
regarda le véhicule s’en aller, ahuri. Il toucha ses lèvres un instant.
Merde ! Le bougre ! Il embrassait vraiment bien. Le jeune homme secoua
la tête, amusée. Il y a deux, trois ans, il se serait damné pour avoir un
baiser pareil. Maintenant, même si c’était très agréable, cela n’avait pas le
même goût qu’un baiser de Shuei. Gaku se remua un peu et se rendit vers le
métro. Avec un peu de chance, il ne raterait pas le prochain.
En
arrivant à l’hôtel « Le Mirage », Gaku hésita. Étant donné l’heure,
ce serait indécent d’aller voir Terrence. L’homme pourrait s’imaginer des
choses dont il n’y avait pas de raison. Il essaierait de lui parler le
lendemain au matin si possible. Il jeta un coup d’œil à son portable dans
l’ascenseur. Shuei lui avait laissé un message, lui annonçant être bien rentré.
Gaku en profita pour y répondre.
Il
longea le couloir jusqu’à sa chambre et introduisit la carte. À peine fut-il
entré que la lumière de la chambre s’illumina le prenant par surprise. Il se
tourna vers la droite et y aperçut Terrence installé sagement sur un fauteuil
près de la fenêtre.
- Terrence ? Qu’est-ce que tu fais
ici ?
- Ne te l’ai-je pas dis que nous devions
parler ?
- Bien sûr, mais comment es-tu entré dans cette
chambre ?
- J’ai soudoyé pour avoir la clé et voilà !
N’es-tu pas content de me voir ? Où aurais-tu préféré voir apparaitre ce
jeune garçon aux yeux de démon ? Il n’est pas fait pour toi. Tu aimes te
faire dominer, pas vrai Gaku ? Je vais t’en servir alors.
- Pardon ? De quoi parles-tu ?
En
entendant du bruit derrière lui, Gaku se retourna d’un coup sec et resta cloué
sur place avec horreur. Un homme de grande taille, au corps très bodybuilding
se tenait à quelques pas. Gaku n’avait plus pensé revoir cet homme un jour dans
sa vie. Pour son malheur, il n’avait pas eu cette chance.
- Ca faisait longtemps, Gaku.
- Qu’est-ce que cela signifie ?
L’homme
s’approcha de Gaku qui recula aussitôt. La peur commençait à lui tirer les
entrailles. Il jeta un coup d’œil vers la porte, mais il était trop tard pour
être d’un grand secours. Il ne pouvait plus fuir. Le nouveau venu éclata de
rire. Il jouissait de la peur qu’il pouvait lire dans le regard de son ancien
petit ami.
- Terrence ? Qu’est-ce… .
- Eh ben, tu devrais le savoir, Gaku. Tu as voulu
jouer au plus malin avec moi. Tu en subis les conséquences. Tu es mon jouet,
mon esclave. Mais, tu veux prendre la liberté, mais elle a un prix.
Gaku
secoua la tête, effarée. Comment ne s’était-il pas rendu compte, à quel point
Terrence était fou ? Il avait vraiment des œillères devant les yeux et
maintenant, il était trop tard. Kaoku, tel était le nom du nouveau venu,
esquissa un sourire mauvais. Gaku ne vit pas assez rapidement le coup arrivé.
Il le reçut en pleine figure, le faisant chavirer sur le lit. Il porta une main
à son visage où son nez saignait déjà. Il était perdu. Même en criant, personne
ne pourrait intervenir. Pour son malheur, les chambres du Mirage étaient
insonorisées. Voilà pourquoi Terrence avait exigé cet hôtel, alors ? Kaoku
émit un rire. Il allait pouvoir se venger.
Quelques
années plus tôt, il avait eu la plus grande humiliation de sa vie quand il
s’était fait battre par un gosse de quinze ans. Quelle n’a pas été sa surprise
ensuite en apprenant que son ex-compagnon sortait avec ce garçon. Il en avait
été enragé. Il avait voulu mettre sa merde dans le couple, mais il n’avait pas
pu. Le gosse était le neveu de la bête. Il n’était pas assez fou pour se mettre
à dos cet homme. Mais, maintenant, ce n’était plus grave. Il avait fait bien
pire.
Il
avait même réussi à mettre un innocent en prison. Bon, il venait d’apprendre
que celui-ci avait été libéré avec les excuses et tout le tralala. Ce n’était
pas juste. En plus, il n’avait pas été incarcéré dans la même prison que ce
fumier de Tooru. Il avait eu la haine. Le pied s’il avait pu le briser lui et
sa grande-gueule.
Gaku
se recroquevilla de plus en plus pour éviter les coups, mais il n’y arrivait
pas du tout. Il avait mal partout. Il voyait souvent des étoiles. Kaoku n’avait
jamais retenu ses coups, mais il était encore plus fort qu’auparavant. Gaku
avait presque l’impression d’être revenu à l’enfance avec son père et sa
ceinture. Il avait envie de pleurer, de hurler de douleur, mais il n’y arrivait
pas. Sa respiration devenait un véritable enfer. Il finit de même par perdre conscience.
Il retrouva
ses esprits en un instant sous une douleur insupportable. Pendant son inconscience,
Kaoku l’avait déshabillé et attaché au barreau du lit. Maintenant, il prenait son
pied en s’enfonçant dans une partie intime dont il n’avait même pas préalablement
préparé. Gaku ne put s’empêcher de hurler. Il criait de douleur, d’humiliation aussi
d’être regardé par un homme qu’il avait aimé assez longtemps pour en souffrir. Terrence,
toujours assis sur le fauteuil, le regardait avec un regard froid, sans état d’âme
ou briller juste un éclat de folie.

