01 février 2010

Nash Dailey, le terrien 04

Chapitre 4

 

  Pendant les jours suivants, Jeff crut réellement être sorti d’affaire avec ses deux compagnons. Ils n’étaient plus prisonniers des mandralores. Leurs nouveaux compagnons de voyage les emmenaient sur leur monde d’origine. Certes, ce n’était en aucune façon leur monde natal, mais l’homme s’en contenterait pour le moment. La Princesse Keita ne semblait pas trop l’apprécier et elle avait tendance à rabaisser Karen. Elle tolérait juste Nash pour son don.

 Une rumeur dans le vaisseau affirmait qu’entre le Capitaine et la princesse, il y aurait une liaison qui durait depuis plus de dix années. La question, peut-être stupide, serait pourquoi ne s’étaient-ils pas marié ? La réponse fut simplement que leur caste était différente. Tarosa était un orphelin et la princesse était comme son titre l’indiqué très haut placé. Hors de question de mariage dans ce cas de figure, ce serait la honte pour l’empereur Sylvanus, si sa fille unique se mariait avec un orphelin. De plus, Tarosa, étant un Espacien maintenant, ne pouvait donc plus se marier.

 Toute personne travaillant dans la garde de l’espace devait accepter être célibataire jusqu’à qu’elle décide de quitter définitivement l’espace. Bien sûr, rares étaient les Espaciens qui revenaient à une vie normale. Quand vous mettez un pied dans l’univers de l’immensité, il était impossible d’y renoncer ensuite, même pour les beaux yeux d’une femme.

 Mais, les beaux jours furent vite brisés par l’attaque-surprise. Aucun appareil ne les détesta avant qu’il ne soit trop tard. D’après ce qu’il comprit, il était attaqué par une bande de mercenaire, dès plus redoutable. Il n’eut pas le temps de voir grand-chose, car un gaz toxique se rependit rapidement à travers tout le vaisseau. Il entendit un hurlement de rage, puis plus rien.

 

 Combien de temps fut-il inconscient ? Il ne serait le dire. Tarosa porta une main à son front avant de se redresser. Il se trouvait toujours dans la salle de contrôle. Il fut surpris d’être toujours en vie. Son regard se tourna autour de lui. Ses hommes se réveillaient à leur tour et réagissaient rapidement. Vérification de l’appareil, des systèmes, enfin de tout et surtout chercher après leur colis le plus important, la princesse Keita ! Tarosa se secoua et fonça à travers les couloirs pour rejoindre le quartier équipage.

 Dans la salle de repos, il y trouva Karen et Dawn. Le mandralore aidait la jeune femme à se relever. Il semblait inquiet. Pour quelle raison ? le mandralore le vit et de sa voix fluette et sifflante, il s’exclama :

- Pas entendre voix de Nassshhhh !

 Tarosa se mordit la lèvre. Mince ! Il avait un peu oublié le garçon. Où se trouvait-il pendant l’attaque ? Personne ne le savait, même Dawn. Il jouait à cache-cache avec lui quand ils furent attaqués. Tarosa porta à nouveau sa main à son front. D’abord, il devait retrouver la princesse, ensuite Nash. Il se dirigea donc vers les appartements de la princesse.

Il n’eut pas besoin d’aller très loin. Celle-ci le rejoignait dès qu’elle le vit. Elle était de mauvaise humeur. Elle s’en prenait à un pauvre soldat qui ne savait plus où se mettre. Tarosa commençait sérieusement à en avoir un peu assez de sa manière de se croire tout permis dans son vaisseau. Si elle avait la permission de crier sur ses sujets, elle n’avait aucune autorité quand elle se trouvait sur un vaisseau Espacien. Il fronça donc les sourcils. Elle le remarqua et en fut contrariée.

- Bien je vois que tu te portes à merveille. Je vais pouvoir partir à la recherche de Nash.

 Keita pinça des lèvres. Depuis que le gamin avait fait son apparition, Tarosa ne s’occupait plus d’elle. Il préférait la compagnie de ce gosse et de ce terrien.

- Bah ! Il ne doit pas être loin. Il finira par montrer sa frimousse quand il comprendra qu’il n’y plus de danger. Après tout, même s’il est télépathe, c’est encore qu’un enfant apeuré.

 Tarosa fronça encore plus ses sourcils bleu nuit. La colère commençait à le gagner. Il allait répliquer vertement quand des bruits de pas retentirent derrière lui. Il se retourna et aperçut le terrien. Il avait le regard sombre.

- Nash a disparu. Il est introuvable. J’ai cherché dans chaque recoin du vaisseau avec quelques gardes, mais aucune trace du gamin. Pouvez-vous me dire qui nous a attaqués ? Si cela avait été des mandralores, nous serions tous morts !

- Retournez dans votre cabine ! Cela ne vous regarde en aucune façon !

 Jeff serra les dents en s’en démonter la mâchoire. Elle avait beau être une princesse, elle n’avait aucun droit de lui parler sur ce ton. Tarosa s’exclama :

- Princesse Keita, vous êtes sous mon commandement. Je vous prierais de respecter mes invités.

 Il fixa la jeune femme pendant un long moment, le regard glacial. Keita baissa le regard en premier. Elle savait par expérience qu’il valait mieux éviter de le mettre très en colère. Elle se détourna et regagna ses quartiers. Tarosa soupira de soulagement, puis se retourna vers le terrien avec lassitude.

- Nous avons été attaqués par des mercenaires. Nous avons eu de la chance qu’ils ne fussent pas aussi hostiles. La plupart tuent par plaisir. D’après l’inventaire, ils nous ont volé notre cargaison. Alors, Nash doit être quelque part dans le vaisseau, bien caché.

 Jeff secoua la tête.

- Même Dawn n’arrive pas à le localiser. Vous savez aussi bien que moi que Nash discute sans arrêt avec Dawn. Là, c’est silence radio. Il n’est plus là, Tarosa. J’ai bien l’impression que ces mercenaires ont également embarqué Nash.

 Tarosa se sentit blanchir. Un enfant enlevait signifier la plupart du temps l’esclavage dans un des univers des plus dangereux, le secteur Oméga. Nash, même avec son pouvoir, ne pourrait combattre la plus puissante télépathe d’Oméga. La rebelle déjaniras, Erianisa vivait dans ce système depuis des années. Elle était la chef incontestée de ce système. Les mercenaires la suivaient sans même l’avoir déjà rencontré, mais sa renommée faisait trembler quiconque l’entendait.

 

 Le vaisseau ressemblant plus à une épave qu’autre chose fit aller ses propulseurs afin de passer en voyage lumière pour gagner du temps. Erianisa n’appréciait pas les pertes de temps. Tout devait se passer rapidement sans éclat de sang. Les mercenaires en étaient légèrement un peu frustrés. La bagarre, ils adoraient ça, mais ils pouvaient toujours se rattraper sur Adonis, le domaine de tous les plaisirs de la galaxie.

 Adonis n’était en rien une planète, mais plus une immense tour au centre même du système Oméga. Tous les vaisseaux devant passé par ce système s’arrêtaient d’office à cette tour pour faire le plein de leur vaisseau et aussi goûter à tous les plaisirs que l’on pouvait trouver dans cette tour.

 Erianisa vivait dans cette tour, mais personne ne savait où elle se trouvait exactement. Elle contrôlait tout d’une main de fer et le plus souvent sans pitié aucune. Son plaisir personnel était surtout l’attaque furtive des vaisseaux des autres systèmes sans verser une goutte de sang. Elle avait formé personnellement ses mercenaires pour en faire de vrai guerrier. Elle leur permettait de se défouler sur Adonis ensuite, dans les arènes pour des combats contre des prisonniers.

 Aujourd’hui, elle jubilait. Ses hommes avaient ramené une très bonne marchandise. Ce jeune garçon de cinq ans à peine était tous simplement très mignon, mais en plus, un redoutable télépathe. Elle allait en faire un guerrier puissant et tout le monde le redouterait.

 Bon, pour le moment ce n’était pas gagner. Il était apeuré face à elle, les yeux humides et recroquevillés sur lui à cause de la présence des deux espèces de crocodiles ambulants qui l’entouraient. Cet enfant devait faire partie d’une colonie qui n’avait jamais rencontré autant d’extraterrestres de sa vie. D’un geste, elle renvoya les deux guerriers. Ceux-ci parlèrent dans un dialecte guttural avant de s’éclipser, sans bruit.

 Nash regardait la femme devant lui. Elle était plutôt grande, très mince et d’une certaine beauté sauvage. Elle avait les cheveux longs en chignon tressé, vert pomme relevé par des yeux en amande très sombre. Elle portait une longue tunique de soie rouge vif, moulant à la perfection son corps.

Le garçon ne se souvenait plus trop ce qui s’était passé. La seule chose dont il se souvenait était son réveil dans cette pièce. Où était-il ? D’où venait-il ? Il ne s’en souvenait plus. Il avait vraiment mal au crâne. La femme s’approcha de lui et s’agenouilla. Elle le fixait droit dans ses yeux métalliques.

- Je sais que tu as mal et tu souffriras ainsi pendant longtemps. Je ne peux te permettre d’utiliser tes pouvoirs dans ses lieux et sur ma personne. Tu es encore trop fragile, mais ne t’inquiètes pas. Je vais me charger de toi.

- Qui êtes-vous ? Finis par demander le garçon, intimidé et effrayé.

 Elle sourit. Nash faillit reculer par une sueur froide.

- Je suis Erianisa, la toute puissante. Ici, si tu veux vivre, tu me dois allégeance sinon, tu seras donné en pâture à mes chiens de garde ou mieux encore jeté dans le vide spatial.

 Le corps du garçon se mit à trembler et des sanglots se brisèrent au fond de sa gorge. La femme sourit de plus belle. Elle reprit d’une voix suave.

- mais nous n’en sommes pas là, n’est-ce pas ? Tu vas faire tout ce que je te demande, pas vrai mon petit Nash Dailey ? Ainsi, peut-être qu’un jour, je te rendrais tes souvenirs.

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04 février 2010

Nash Dailey, le terrien 05

Chapitre 5

 

 La colère régnait en maître dans le Syrius. Dawn, le mandralore, était parti au fin fond de la cale afin d’être seul avec sa tristesse. Nash lui manquait déjà beaucoup. Il ne savait pas si l’enfant s’en sortirait à nouveau. Il s’en voulait de n’avoir rien pu faire pour le sauver. L’équipage respectait l’éloignement du mandralore. Tous avaient pu constater l’attachement du mandralore à l’enfant enlevé.

 Mais là où ils évitaient d’aller était près des appartements du terrien. Jeff Hikory, lui, faisait bien plus peur que tous les mandralores réunis. Il était dans une fureur telle que même Karen évitait de lui rendre visite. En fait, Jeff était aux arrêts. Il avait frappé le capitaine Tarosa quand il apprit que le Syrius ou autre ne partirait pas à la recherche de Nash.

 La Princesse Keita avait ordonné son enfermement. L’équipage n’avait pas osé désobéir. Les colères de la Princesse étaient toujours assez violentes. Bien évidemment, acte qui ne plut absolument pas à Tarosa. Il n’en voulait pas au Terrien pour le coup de poing. C’était même compréhensible. Se sentir impuissant trois fois de suite, il n’y avait rien de plus humiliant.

 Jeff n’avait rien pu faire sur Terre, dans le vaisseau Mandralore ou sur le Syrius. Il avait l’impression d’être minable, d’avoir abandonné Nash à son malheur. Qui disait que les pouvoirs du gamin étaient un don ? Oh ! Non, pas un don ! Mais une malédiction ! S’ils n’existaient pas, Nash serait surement encore avec ses parents comme un gosse normal.

 Le Terrien porta la main dans ses cheveux bruns et les fourragea. Il en avait assez de tourner en rond, d’être complètement perdu. Il laissa échapper un rire presque hystérique avant de fermer les yeux et de se laisser tomber sur sa couchette. Perdu, il était perdu au fin fond de l’univers. Il ouvrit à nouveau les yeux et regarda par le hublot. Il aperçut l’immensité noire pailletée de lumières. Il s’avoua quand même n’avoir jamais vu quelques choses d’aussi beau même dans ses rêves les plus fous.

 L’interphone émit un petit bruit. Jeff se redressa en sursaut. Il n’était pas encore très habitué à ce genre de système. Il se leva et appuya sur le bouton d’entrée. La porte coulissa laissant le passage au Capitaine du Syrius. Jeff tiqua un peu en apercevant le bleu sur la joue de Tarosa. Celui-ci remarqua l’insistance du regard et eut un sourire en coin. Il s’exclama :

- Vous avez un sacré direct, Jeff. J’espère que tous les Terriens sont de cette trempe.

 Jeff frissonna. Honte un peu de lui, mais il ne songeait plus trop à la Terre ces derniers temps. Il lança :

- Il y en a quelques-uns. Je pense que les mandralores vont savoir ce qu’il en coûte de nous attaquer. Quand ils le veulent bien, les humains savent se serrer les coudes.

- Vous m’en voyez ravi.

 Tarosa se tut et observa en silence le Terrien. Jeff commençait à se sentir un peu mal à l’aise. Finalement, le Capitaine détourna le regard de lui-même. Il hésitait, mais finit par avouer.

- Je voulais m’excuser.

- Pardon ? S’exclama Jeff, vraiment surpris.

 Aux dernières nouvelles, c’était plutôt à lui de s’excuser pour le coup de poing donné.

- Ne soyez pas aussi surpris. J’ai mes torts aussi. Vous savez si cela ne tenait qu’à moi, j’irais sans hésiter chercher Nash aux mains d’Erianisa. Mais, je ne suis pas seul. Vous devez le savoir mieux que personne, Jeff.

 Le Terrien s’assit sur le bord de la couchette en soupirant.

- Je le sais. Parfois, il est nécessaire pour la survie de plusieurs personnes de sacrifier une personne. J’ai fait plusieurs guerres, alors ce genre de choix, j’en ai déjà eu, mais croyez-vous que c’est si facile ? Habituellement, nous sacrifions un soldat, un adulte, mais là, c’est un gosse, Tarosa. Il n’a que cinq ans. Il ne connaît pas encore la vie.

 Le Capitaine pénétra plus avant dans la chambre et s’installa devant le hublot. Il adorait regarder l’immensité. Un jour, il avait eu le choix entre devenir le fils adoptif de l’empereur Tirésias de Sowata ou entrer chez les Espaciens. Il n’avait pas hésité un seul instant. Pourtant, s’il avait choisi Tirésias, il aurait pu alors épouser Keita, mais la jeune femme n’était pas son véritable amour. Elle ne pouvait pas rivaliser avec cette étendue de noir et de lumières féérique.

- Je connais Erianisa personnellement, Jeff.

- Quoi ?

- Oui, je suis orphelin. Mes parents ont été tués sur une des colonies appartenant à Déjanire. J’ai été envoyé alors dans un orphelinat spatial. J’y ai grandi avec d’autres enfants comme moi. Parmi eux, il y avait Erianisa. Elle était déjà spéciale pour Déjanire. Il était prévu qu’elle deviendrait une prêtresse. Elle était donc formée pour en devenir une. Mais, elle refusait ce sort. Elle ne voulait pas être confinée comme prêtresse, être aux ordres des Empereurs.

 Tarosa posa son front contre le hublot et reprit :

- Je ne sais pas pourquoi elle haïssait Déjanire, mais elle ne voulait pas y mettre les pieds. Un jour, l’ordre a été donné de l’emmener. Elle est partie escortée par des Espaciens, mais son vaisseau n’est jamais arrivé à destination.

- Comment pouvez-vous savoir qu’elle vit maintenant sur Oméga ?

- Elle nous l’a évidemment signalé avec comme menace qu’elle tuerait sans hésiter quiconque essaierait de l’arrêter.

 Tarosa se détourna pour faire face au Terrien. Il continua :

- Je ne crois pas qu’elle le tuera ou le vendra, mais je ne garantis pas qu’elle ne lui fasse aucun mal. Actuellement, je ne peux rien faire. Mais si vous y mettez du cœur à l’ouvrage, peut-être qu’un jour, vous aurez la possibilité de faire quelque chose pour votre planète et pour Nash. Mais, vous devrez vous accrocher.

 Tarosa se rapprocha bien trop près au goût de Jeff. Il pouvait sentir le souffle du Capitaine sur lui. C’était assez troublant, mais le Terrien ne le montra pas. Il fixa Tarosa dans les yeux.

- Devenez un Espacien, Jeff. Un des meilleurs qui soient, car seule l’élite de l’élite devient libre de ses choix et de ses actes. Je n’ai pas réussi à devenir cette élite, mais vous avez le potentiel et le devoir de le devenir. Quand vous arriverez à ce stade, je serai ravi de servir sous vos ordres.

 Le Capitaine se redressa rapidement et sans plus un mot sortit de la chambre. Jeff se laissa tomber lourdement sur la couchette. Quelqu’un pouvait lui dire pourquoi son cœur battait la chamade. Le fait d’aimer la compagnie des hommes plus que celle des femmes ne le surprenait guère. Il le savait depuis son adolescence, mais depuis qu’il était devenu le président de la fédération, il avait dû camoufler ses penchants.

 Il porta ses bras sur les yeux. Devenir l’élite de l’élite ? Qu’est-ce que cela voulait dire ? Comment le devenir surtout ? Il ne suffisait surement pas de devenir un Espacien pour cela ? Et bien sa vie avait pris un sacré tournant.

 

 Nash suivait ces gardiens avec une certaine crainte. Les Kromas étaient des aliens bien plus puissants que les mandralores. Même si leurs corps étaient plus petits, cela ne les empêchait pas d’avoir une forte carrure à écaille et une tête énorme ressemblant à s'y méprendre à celle d’un crocodile de la Terre. Leur voix également faisait trembler le petit corps du garçon. Leur intonation était toujours gutturale et glaciale.

 Ils longèrent un long couloir menant à une immense tour. Peu avant, ils avaient traversé une place marchande. Les voix s’étaient tues à leur approche. Nash s’était senti mis à nu à être détaillé de la sorte par les habitants d’Adonis. Nash les avait un peu observés et avait pu constater la multiplicité des races. Parmi eux, il avait reconnu des humains. Il en était surpris. Comment se faisait-il qu’il y en avait déjà sur Oméga ?

 Le plus vieux Kromas, Odany poussa le garçonnet plus en avant afin de lui ordonner de marcher plus vite. Nash serrait les poings pour ne pas pleurer. Il ne voulait pas être faible sinon les coups allaient retomber. Erianisa l’avait ordonné. Si par malheur, il se mettait à sangloter, les deux Kromas avaient le droit de lui infliger une correction. Nash ne voulait plus ressentir la douleur d’un coup de poing Kromas. Il avait mal à la joue maintenant. Elle lui brûlait.

 Le couloir était long et silencieux. Ils ne rencontrèrent pas âmes qui vivent dans les parages. Ils arrivèrent enfin devant une porte scellée. Xatmer, l’autre Kromas, introduisit le code d’accès et la porte s’ouvrit aussitôt. Odany poussa violemment le gamin dans la pièce. Nash tomba lourdement sur les genoux et se mordit la lèvre à sang pour ne pas pleurer sous la douleur. Il entendit peu de temps après un déclic.

 Les Kromas le laissaient enfin seul dans une pièce. Nash s’écroula enfin en larmes. Il se recroquevilla un peu. Qui était-il ? D’où venait-il ? Il ne s’en souvenait pas. Chaque fois qu’il essayait, un mal de tête phénoménale le tordait de douleur. Pourquoi Erianisa l’empêchait de se souvenir ?

- Ah merde ! Voilà que je dois m’occuper d’un pleurnicheur, S’exclama une voix, pas très loin de lui.

 Nash se raidit aussitôt, pensant recevoir un coup, mais rien ne se produit. Il en fut un peu soulagé. Il hésita un long moment alors la voix reprit :

- Ma parole, non seulement tu pleurniches comme un bébé, mais en plus tu es un trouillard. Je suis gâté.

 Nash mordit à nouveau la lèvre pour avoir du courage et releva la tête. Il aperçut deux bottes noires chromées. En levant un peu plus la tête, il fut vraiment surpris. La personne face à lui n’était ni humaine, ni Déjaniras. Pourtant, il avait quelques particularités humaines et ce devait être un jeune garçon comme lui, mais un peu plus âgé. Son corps était plutôt longiligne, tout en muscle et des épaules carrées. Son visage était coupé à la serpe, mais pas encore entièrement formé puisqu’encore très jeune. Il était affublé de grands yeux dorés dont la pupille était oblongue comme celle des chats et à la place d’oreilles comme les humains ou les Déjaniras, il avait de longues oreilles en pointes, mais poilues. Nash remarqua également du poil brun sur les avant-bras et un peu sur la nuque.

- Bon, tu vas rester encore longtemps sur le sol froid et humide ? S’écria de nouveau la voix agaçante.

 Nash renifla doucement pour ne pas énerver son compagnon. Celui-ci ne fit pas un geste pour l’aider. Il regardait l’humain avec une certaine froideur. Pourquoi serait-il gentil avec le nouveau jouet d’Erianisa ? Le garçon se redressa avec difficulté, mais ne s’en plaignit pas. Il constata alors être dans une chambre. Elle était juste garnie d’un lit au centre, d’un bureau sur sa droite et une commode juste à côté. Il soupira triste.

 Il reçut alors un coup sur la tête. Il faillit faire une nouvelle chute. Il ne put s’empêcher d’émettre un sanglot. Il reçut en réponse un coup de pied dans le derrière. Nash fut catapulté contre le lit. Avec force, il agrippa la couverture et s’écria en larmes.

- Pourquoi ? Pourquoi me faites mal ? Qu’est-ce que j’ai fait ?

- Pfft ! Tu es une chochotte ! Je te bouscule à peine et tu chiales comme un bébé. Tu as cinq ans, tu dois plus pleurer. Tu dois être grand et fort comme un Vargas.

- Un Vargas ? Demanda le garçon, en reniflant.

 Nash essuya ses larmes avec son avant-bras.

- Ouais comme moi. Je suis un Vargas survivant. Ma planète est morte par l’invasion des Mandralores. Ils en ont eu pour leur frais. Mon peuple ne s’est pas laissé conter fleurette. Nous leur avons mis une sacrée branler à ces cons.

- Toi fort ? Alors pourquoi t’es là ?

 Le Vargas s’agita. Il se gratta sa tête brune aux cheveux fins.

- Mouais, j’avoue être esclave. Mon père m’a vendu pour payer sa dette à Erianisa. Tu le buterais un jour. J’te le dis. Eh ! Ne recommence pas à pleurer sinon je t’en remets une.

 Nash se recroquevilla sur lui-même. Le Vargas se gratta la joue comme pour réfléchir. Il finit par reprendre.

- Mouais ! J’suis pas doué. Je m’appelle Alone Nothinger. Toi ?

- Nash… Dailey.

- Mmmh ! Nash ? Mouais, pas mal comme prénom. Tu viens d’où ?

 Nash baissa la tête encore plus. Alone se gratta à nouveau la joue.

- Mouais ! N’réponds pas, je crois comprendre. Va falloir que je te coltine pendant longtemps alors, soit sympa, évite de pleurer sinon ça va me démanger de t’en mettre une. Ok ? Si tu arrives à faire ça et bin, on s’ra peut-être pote. Ok ? Ça marche ?

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07 février 2010

Nash Dailey, le terrien 06

Chapitre 6

 

 Le Système Oméga était composé par son soleil de son nom Séléné, au centre, une énorme boule de feu dont les statistiques l’affirmaient très jeune. Cette étoile lumineuse et brûlante était entourée par cinq planètes, dont deux d’entre elles, Setha et Matra, étaient inhospitalières, faite seulement de gaz. Les autres par contre étaient peuplés. Athénaïs, planète paradisiaque, était pour les fortunés. Une planète où il était bon de vivre sa fin de vie, où les indigènes n’étaient que des femelles, le plus souvent en chaleur pour le plus grand plaisir des visiteurs masculins ou féminins, d’ailleurs.

Les immenses forêts permettaient également la chasse animale ou homme aussi. Les mercenaires aimaient bien lâcher des prisonniers pour mieux apprécier de les traquer ensuite. Les prisonniers devaient, non seulement, fuir leurs bourreaux, mais également les faunes locales dès plus carnivores. Ensuite venait la planète Ifrit, la plus proche du soleil. Habitable, mais dans des abris construits. Risque grave de brûlure si le corps était exposé hors de la combinaison spéciale. Elle ressemblait plus à un dépotoir qu’à un lieu habitable, mais les usines métallurgiques y poussaient comme des champignons. La dernière était la planète Shiva, la planète froide, glaciale. Un nez dehors sans combinaison et vous gelez en joli statut. La planète idéale pour les recherches scientifiques.

Et entre ces trois planètes, il existait une immense tour, appelées également le Dôme ou par d’autres races, la citadelle, entièrement construite par des ancêtres disparus depuis fort longtemps sans laisser de traces à part leur technologie. Maintenant, ce Dôme s’appelait Adonis, un lieu de transit où toutes les races galactiques pouvaient se côtoyer et s’adonnaient à tous les plaisirs pouvant leur plaire.

Les vaisseaux s’y arrêtaient pour acheter leur carburant, pour faire des achats de nourritures ou juste pour se détendre avant un long voyage. Ils avaient le choix entre le bordel du coin, la maison close comme certaine le surnommaient. Ceux qui y entraient par contre payaient une fortune pour prendre leur plaisir avec les locataires de cette maison. Sinon, il y avait la boite de nuit, le Cyclone envoutant, où des danseuses pouvaient danser pour le client si celui-ci y mettait de la bonne volonté. Où le voyageur pouvait perdre une énorme fortune en jouant dans le casino, Le Fantassin.

Les voyageurs pouvaient également se rendre dans l’arène de combat, soit animal ou entre guerrier. Ils avaient le droit de parier pour le vainqueur. La plus grande distraction de ce lieu était surtout le combat contre Kromas et prisonnier. Mais, il y avait également le combat entre gosses. D’ailleurs, un spectacle qui ravissait particulièrement les Kromas ou les Mandralores, mais les races humaines, Déjaniras, Vargas et bien d’autres aussi appréciaient également, à part quelque exception évidemment. La dernière distraction du lieu était bien évidemment le marché d’esclaves. La vente d’esclaves était un marché très lucratif.

Ce marché se faisait dans les derniers sous-sols où se côtoyaient la plupart des pauvres âmes. Parfois, certains parents très pauvres vendaient leurs progénitures aux marchands d’esclaves pour quelques souverains. Adrid Nothinger ne s’était pas gêné de vendre ses quatre fils et ses cinq filles de cette façon. Maintenant, il craignait pour sa vie. Le dernier qu’il avait vendu était son dernier fils. Il avait toujours haï celui-ci. C’était un sale gosse très fort et à la langue bien pendue.

En le vendant, il avait espéré qu’il disparaisse à jamais du Dôme, mais voilà Erianisa l’avait acheté. Il ne savait pas ce que cette femme, dont le nom lui donnait la chair de poule, allait en faire de son fils. Mais si par malheur, Alone survivait, Adrid craignait pour sa vie. Beaucoup affirmaient les Vargas comme de pauvres créatures sans planètes, donc sans ressources. Pourtant, les Mandralores hésitaient maintenant de se mettre à dos les Vargas. Certes, son peuple se retrouvait maintenant sans leur planète d’origine, mais ils avaient colonisé plusieurs planètes avant que le drame n’arrive. Les Vargas n’étaient pas à la rue comme beaucoup le pensaient, mais seuls les méritants pouvait avoir le luxe de vivre dans une de ses planètes colonisées.

Pour son malheur, Adrid n’avait rien d’un guerrier comme ses ancêtres. Certains l’appelaient la chiffe molle. Un être tellement misérable qu’il aurait été capable de vendre sa propre mère si elle avait été encore en vie. Adrid tremblait de tout son corps de trouille. Il s’était caché derrière un pilier et de là où il se trouvait, il pouvait le voir. Que faisait-il ici ? Que manigançait-il ?

Adrid regardait un jeune Vargas, très mince, et en même tout en muscle fin. Les prostituées du coin reconnaissaient très bien la qualité guerrière dans ce corps vif et souple. Ces femmes ne diraient surement pas non si celui –ci demandait quelque faveur. La plupart adoraient avoir les Vargas comme clients, tout comme les hommes appréciaient avoir les femmes Vargas comme partenaires. Mais pour cela, il fallait réussir à attirer leur attention et surtout supporter leurs mauvais caractères.

Le jeune Vargas ne semblait pas remarquer le regard sur lui. Pas que cela le laissait indifférent, après tout, il était jeune et vaillant. Il avait déjà eu quelques partenaires maintenant, mais pour l’instant, il recherchait quelqu’un. Il se promit d’ailleurs de l’étrangler net quand il le trouverait. Où était passé le pleurnichard ? Pourquoi son jeune compagnon de route n’était plus le garçon trouillard et chialeur à tout bout champs ?

Alone se gratta la tête. Un nouvel arrivage d’esclaves venait d’arriver. Alors, il y avait foule sur la place. Alone avait un mauvais pressentiment. Son stupide ami allait encore faire des siennes. Enfin, il en avait pris l’habitude depuis un peu plus de six ans maintenant.

Il s’avoua quand même avoir pris grand plaisir de cogner Nash plus d’une fois quand ils étaient plus jeunes. Erianisa voulait que son jeune protégé s’endurcisse et tous les coups fussent permis. Dans un sens, il est vrai que son jeune ami humain n’avait pas eu une vie très rose depuis son arrivée sur Adonis. Erianisa l’avait pour ainsi dire forcé à grandir plus vite. À faire taire son humanité afin qu’il puisse vivre auprès de tous ces Aliens différents. Elle lui avait enseigné toutes les langues connues. Il devait les assimiler rapidement sinon il se faisait battre par Odany et Xatmer.

Nash avait dû également apprendre à se servir d’armes à feu, d’abord sur des mannequins et ensuite sur des êtres vivants. La première fois qu’Erianisa lui avait ordonné de tuer un Gobrasien, un alien aux écailles de serpent et à tentacule. Nash avait d’abord refusé. Il avait à peine huit ans à l’époque. Alors, pour le punir, Erianisa l’avait envoyé sur Ifrit, dans une des mines. Beaucoup d’enfants y étaient envoyés, car plus apte à pénétrer dans les galeries trop petites pour les adultes. Alone ne l’avait pas accompagné. Erianisa avait refusé. Elle voulait punir le gamin de sa désobéissance. Elle l’avait donc éloigné de la seule chose que le gamin avait de précieux sur Adonis.

Alone était devenu la raison pour laquelle Nash acceptait de vivre. Au début, il refusait de se nourrir et pleurer chaque nuit, malgré les coups d’Alone pour le faire taire. Puis, petit à petit, Nash avait fini par s’attacher au Vargas. Il avait fini par le comprendre. La violence d’Alone était dans ses gènes. Il l’avait compris en côtoyant d’autres Vargas dans le dôme. Les mandralores avaient tenté de kidnapper à nouveau le garçon, mais c’était sans compter par la présence du Vargas et des Kromas d’Erianisa.

Nash avait dû travailler dans la mine pendant plus de six mois. Il subit comme à son habitude la violence de ces gardes, mais également échappée à leur toucher. La plupart des enfants se faisaient violenter et là, le garçon dut se débrouiller tout seul. Alone n’était pas là pour le protéger, ni Odany ou Xatmer. La peur au ventre à chaque fois où il s’endormait dans ses mines, fit revenir un de ces pouvoirs. Il ne se souvenait toujours pas d’où il venait ou qui était sa famille, mais il put ainsi se protéger contre le harcèlement sexuel des gardiens.

La première fois où il utilisa la télékinésie l’avait effrayée, mais il avait pu constater de son efficacité. Il pouvait soulever tout ce qu’il voulait du moment que cela ne dépassait pas un certain poids trop élevé. Quand sa punition fut enfin terminée, il fut ramené auprès d’Alone. À partir de ce jour, Nash n’avait plus versé une larme, mais cela n’empêchait pas le moins du monde Alone de le frapper quand cela lui chantait. Un an après, Erianisa relança son ordre de tuer. Nash appuya sur la détente.

Ensuite, il s’enferma dans sa chambre pour hurler sa détresse. Alone, pour une fois, n’avait pas réagi comme à l'accoutumée. Il n’avait pas frappé, mais il avait pris Nash dans ses bras. Il l’avait laissé pleurer de tout son saoul. Nash pleurait pour quelque chose de valable. Le meurtre était quelque chose de moche, d’horrible, alors commis par un jeune garçon d’à peine neuf ans, c’était abject.

Alone se concentra plus attentivement sur le marché. Quelque chose le gênait. Il avait l’impression qu’on l’observait. Il jeta un coup d’œil vers sa gauche et vit un mouvement près d’un pilier. Il crut reconnaitre son géniteur. Un sourire mauvais apparut sur ses lèvres. Il allait enfin pouvoir se venger. Enfin, c’était ce qu’il espérait sauf qu’à cet instant, une explosion retentit près de l’arrivée d’une troupe de mandralores. Alone soupira. Et voilà, Nash recommençait à faire des siennes. Pour une raison inconnue, le jeune humain avait décidé de nuire au bon fonctionnement de l’esclavage. Alors quand il n’avait rien à faire, il descendait au marché et causait quelques désagréments.

La plupart du temps, comme pour cette fois-ci, le garçon balançait un objet avec son pouvoir pour faire exploser une bombonne de gaz, sans blesser personne, mais ce simple fait permettait aux esclaves de l’arrivage de s’enfuir. Des hurlements de crainte du à l’explosion retentissaient, mais pas seulement, la rage des marchands esclavagistes s’entendait également. Certains envoyaient déjà leur garde à la recherche des fuyards. Si par malheur, les esclaves arrivaient à atteindre le troisième étage, ils auraient l’immunité, donnée par Erianisa.

Tout le monde sur Adonis le savait, même les nouveaux esclaves. C’était leur seule chance d’éviter d’être vendu et aujourd’hui, quelqu’un leur facilitait cette chance. Le chef mandralore aperçut le coupable. Il l’indiqua et ordonna l’attaque. Nash, à l’abri derrière une barrière de sécurité, se releva aussitôt et prit ses jambes à son cou. Mieux ne valait pas rester sur place. Il fonça à travers le réseau de chemin tortueux des ventilateurs.

La plupart des gosses d’Adonis connaissaient tous les chemins par cœur. Erianisa lui avait fortement conseillé de connaitre le dôme comme sa poche. À coup de baffe de Kromas, il avait fini par tout retenir comme convenu. Odany et Xatmer l’aimaient bien, mais cela ne les empêchait pas de frapper comme des forcenés quand l’ordre était donné. Nash n’avait pas besoin de se souvenir à quelque point une claque de Kromas faisait mal. Ses joues s’en souvenaient très bien, tout comme les coups de poing d’Alone.

D’ailleurs, le fait de penser à son ami d’enfance le fit apparaitre à ses côtés. Comment faisait-il pour le retrouver à chaque fois ? Alone devait avoir des antennes, ce n’était pas possible autrement. Alone courait plus vite que lui. Les Vargas avaient hérité de longues jambes. Les courses, ils adoraient ça. Ils gagnaient tout le temps d’ailleurs. Des cris retentirent derrière eux. Le garçon se retourna et aperçut les mandralores.

Son pas de course reprit de plus belle. Les mandralores, malgré leur taille et leurs épaules larges, arrivaient à les suivre sans trop de problèmes. La course reprit de plus belle sous les hurlements de rage derrière eux. Tourner à droite, à gauche, sauter au dessus des débris, tourné à nouveau à gauche puis à droite. Depuis combien de temps couraient-ils ainsi ? Dix minutes, une demi-heure ? Voir une heure ? Impossible vraiment de le savoir dans les couloirs incessants des ventilateurs. Heureusement pour eux, ce secteur était inactif pour maintenance. Parfois, les deux garçons croisaient les techniciens. Ceux-ci ne faisaient même plus cas d’eux. Ils en avaient tellement l’habitude. Ces deux garçons étaient incorrigibles. Un jour ou l’autre, ils finiront par se faire attraper et recevront la pire des corrections.

Nash commençait à fatiguer. Son souffle devenait beaucoup plus bruyant. Alone jeta un coup d’œil vers l’arrière. Son ami ralentissait alors que les mandralores les coursaient toujours. Ils les avaient un peu semés, mais si Nash prenait son temps, ils risquaient fort de les revoir en visuel. Ce serait mal pour leur matricule. Ils étaient trop à découvert et leurs poursuivants pourraient se servir de leurs armes.

Alone jeta un regard autour de lui et reconnut l’endroit. Et bien, ils avaient fait pas mal de chemin quand même. Ils avaient atteint le deuxième niveau beaucoup plus rapidement que d’habitude. Nash s’améliorait. Alone se dirigea vers sa gauche. Il atteignit alors dans un entrepôt où quelques mois plus tôt avaient eu un accident créant un trou énorme coupant la route en deux. Son sourire apparut. Le jeune humain s’arrêta auprès du Vargas complètement essoufflé.

Il était écœuré. Jamais, il ne pourrait battre Alone à la course. Son ami ne semblait pas le moins essoufflé par l’effort. Il allait prendre la parole quand le coup arriva.

- Aaaaaïeee ! Hurla Nash portant la main à sa joue.

 Alone renifla.

- Bordel ! Tu es pénible. Il a fallu que tu joues encore au justicier.

- Qu’est-ce que cela peut te faire ? J’ai juste eu envie de leur donner une chance de fuir. Erianisa m’a donné le feu vert. Ça l’amuse beaucoup.

 Nouveau coup ! Nash ne pipa mot, mais il se frotta le crâne et jeta un regard métallique à son camarade. Alone abusait parfois. Du bruit retentit derrière eux. Leurs poursuivants se rapprochaient. Sans une seule hésitation aucune, Alone fonça avec rapidité vers le trou immense. Nash n’en crut pas ses yeux. Le Vargas s’envola littéralement, bougeant les jambes par-dessus le vide et retomba sur ses pieds de l’autre côté.

- Yeeeeeeeeeesssssss ! Hurla Alone, très content de lui.

 Il n’avait même pas songé une seule seconde qu’il aurait très bien pu louper son saut. Il se retourna et vit juste à temps Nash prendre son élan pour faire pareil. Ordinairement, un humain du gabarit de Nash ne pourrait pas faire ce saut. Il risquerait fort de louper et de s’aplatir contre le sol ou empaler contre un débris. Mais, le jeune humain n’était pas ordinaire.

 Nash s’élança avec violence. Il savait bien qu’il ne pourrait réussir son saut aussi parfaitement qu’Alone. Mais, il s’aidait de son pouvoir pour atteindre le maximum. Le Vargas se jeta près du vide et attrapa la main de justesse de l’humain. Il le tira et tomba de tout son corps contre le sol poussiéreux. Nash s’écroula sur son ami. Heureusement qu’Alone ne le laissait jamais tomber.

 Il se redressa, assis en califourchon sur Alone. Nash souriait tout joyeux. Il avait réussi un exploit. Alone grogna et frappa à nouveau son ami.

- Espèce de débile, de dégénérer à la noix ! J’aurais pu te louper, abruti.

- Ferme-la, Alone !

 BAM ! Un autre coup pour la peine ! Nash se mit à rire tout en frottant sa joue. Alone ne connaissait vraiment que les coups pour se faire comprendre.

- Ok, je suis désolé de te faire du souci, Alone.

 Le Vargas renifla. Il s’écria :

- Lève-toi, imbécile ! Tu deviens lourd.

 Nash haussa les épaules et se redressa sur ses pieds. Alone se releva, soulagé. Puis, il attrapa la tête grise du gamin et lui frotta le crâne contre son poing tout en râlant. Quand Nash était arrivé sur Adonis, ces cheveux étaient d’un noir profond, mais petit à petit, peut-être à cause du choc de la violence subit, la couleur avait blanchi jusqu’à devenir aussi métallique que la couleur de ses yeux. Erianisa les aimait bien alors elle lui avait interdit de les couper. Il lui arrivait à mi-dos maintenant. Ils étaient souples et soyeux. Alone aimait bien les brosser, mais il ne l’avouerait jamais.

 Un coup de feu et une étincelle contre un débris de métal les firent sursauter. En jetant, un regard dans la direction d’où venait le tir, ils aperçurent les mandralores, prêts à tirer à nouveau. Alone ne perdit pas de temps. Il attrapa le bras du jeune humain et les deux garçons filèrent vers la sortie de l’entrepôt. Dès qu’ils arriveraient dans le nouveau couloir de ventilation, ils seraient à l’abri des attaques. Ils pourront alors rentrer chez Erianisa sans plus aucun souci. Bon, ils risquaient fortement de se faire fracasser le crâne par Odany quand celui-ci entendra parler de leur nouvel exploit, mais bon, ce n’était rien en comparaison de ce qu’ils venaient d’échapper.

Posté par Origine1975 à 20:18:42 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]
09 février 2010

Requiem Pfefferberg : 21

Une étrange rencontre : 21

 Depuis combien de temps marchaient-ils ? Clendory ne serait le dire tellement le temps passé lentement dans ses immenses galeries. Elle jeta un coup d’œil à ses deux compagnons. Elle se mordait les lèvres, inquiètes. Elle se sentait responsable de leur malheur. Depuis sa chute dans l’abysse, les habitants des galeries ne l’avaient pas accepté comme ils avaient pu le faire avec Mathias et sa sœur. Pour eux, elle portait le malheur sur elle. Pourquoi pensaient-ils cela d’elle ? Elle n’avait jamais compris la raison.

 Mais, maintenant, au bout de trois ans, le chef de la tribu lui avait ordonné de quitter leur clan sans délai. Ces hommes et ces femmes l’accusaient carrément d’être responsable de la mort de quelques-uns de leur semblable. Comme si elle avait demandé à la terre de trembler. Elle n’y pouvait rien. Et puis, comment se serait-elle prise ? Il est vrai qu’elle n’avait jamais su garder sa langue dans sa poche, mais étant donné comment les hommes traitaient les femmes l’horripilait, sans parler des handicapés comme Mathias. Il était leur soigneur, mais le clan le traitait comme un chien et encore certains chiens étaient bien mieux traités.

 Elle avait dû faire ses bagages rapidement afin d’éviter d’être lynchée. Le clan semblait très fébrile. La jeune femme était partie presque en courant, les larmes aux yeux. La peur ne l’avait plus quitté alors. Les galeries pouvaient être très dangereuses pour une personne seule. Mais deux jours plus tard, elle eut la surprise d’être rattrapée par Mathias et la jolie Luna. Comment avait-il fait pour la retrouver ? Pour toute réponse, il lui avait parlé d’instinct. Elle le crut à moitié seulement, mais elle fut heureuse de ne plus être seule. Bien évidemment, elle lui demanda la raison de sa venue.

- Je t’avais promis que je t’accompagnerais jusqu’à la sortie, non ? Expliqua-t-il.

 Mathias était un homme bon. Parfois, il lui faisait penser à Ménérys, son frère, sans le mauvais caractère. Elle l’aimait bien, mais il restait beaucoup en retrait. Il parlait très peu de lui. Ensuite, elle fit connaissance avec Luna, la petite sœur. Une jeune femme adorable également, mais avec un certain caractère qui ne plaisait pas beaucoup aux hommes, d’ailleurs. Cela ne l’empêchait pas d’avoir beaucoup de courtisans. Mathias avait toujours eu peur de ces hommes qui lui tournaient autour. Peur qu’il arrive un malheur, mais Dieu soit loué, rien ne s’était produit.

 Depuis, ils voyageaient à travers les immenses galeries tout en surveillant chaque coin d’ombre. Ils avaient trouvé plusieurs cadavres en cours de route. Certains passages n’étaient plus accessible dû à des éboulements. Luna, une jeune fille au visage ovale et assez androgyne, dont les magnifiques cheveux blond cendré, tombée en boucle tout autour du visage, en faisait une petite poupée délicate, trouvait l’atmosphère assez étrange. Mathias aussi le sentait. L’impression que le chemin à prendre était prédéfini d’avance. En entendant cela, Clendory eut la chair de poule.

 Pourquoi le chemin serait choisi d’avance ? Pour qu’ils aillent se jeter dans la gueule du loup ? Ou bien le destin voulait leur faire quelque chose ? Réfléchir ainsi lui donnait la nausée. La seule chose qu’elle désirait était de pouvoir retrouver son frère et sa sœur. Où étaient-ils d’ailleurs ? Comment ferait-elle pour les retrouver une fois à la surface ? Que de questions la taraudaient ?

 Une exclamation de Luna les arrêta aussitôt. Mathias pouvait ressentir une certaine menace devant lui, mais pourtant pas si hostile que prévue ? Pourquoi ? Clendory sortit une dague et la tient fermement. Luna se rapprocha de son frère. Son regard bleu fixait intensément la noirceur devant elle.

- Mathias ? Ce sont des arachnys. Pourquoi n’attaquent- elle pas ?

 Une sueur froide traversa le dos de la jeune Isoko. Une araignée géante ? Mon Dieu ! En entendant les cliquetis, Clendory serra encore plus fort la dague. Peu après, les trois compagnons virent apparaitre une araignée de taille moyenne, velue d’un vert de jade. Celle-ci semblait les regarder dans les yeux. Clendory avala avec beaucoup de difficulté sa salive. Ce n’était pas son animal préféré loin de là. Un autre cliquetis retentit.

 La jeune femme regarda autour d’elle, croyant en voir d’autres, mais il n’y avait que celle devant eux. Alors d’où venait le cliquetis ? Luna se détendit légèrement, essayant de ne pas montrer sa peur. sans quitter le bras de son frère, elle s’exclama :

- Veux-tu nous dire quelque chose ?

 L’arachny s’agita, cliquetant encore plus fort. Elle tourna sur elle-même. Voulait-elle qu’ils la suivent ? C’était peut-être un piège, mais Mathias décida de donner sa confiance. Dès qu’ils se mirent en marche, l’arachny se dirigea vers un passage assez étroit et sombre. Ce n’était pas pour apaiser leur crainte. Le chemin durait assez longtemps, peut-être bien une demie heure.

 Clendory avait l’impression de s’étouffer quand enfin ils arrivèrent dans une caverne éclairée par des luminescences. Magnifique ! Tel était le mot venant aux esprits des deux demoiselles. Elles avaient l’impression d’être face à des milliers de lucioles. La caverne, elle-même, avait son charme avec son bassin d’eau pure, et ces stalactites et ces stalagmites. De plus avec les formes luminescences donnaient des couleurs variées sur les roches.

- Ah ! Stupide Araignée de mes deux ! Pourquoi as-tu ramené des humains ? Espèce d’arachnéen sans cervelle ! S’écria alors une voix assez cristalline.

- Ferme-la, Pong !

- Quoi, quoi, quoi ? Comment tu me parles toi ! Tu cherches bagarre ?

- Qu’est-ce que… ? Laissa échapper Mathias.

 Les deux jeunes femmes regardèrent autour d’elles. Mais, il n’y avait personne dans la caverne à part eux trois. D’où venaient ces voix ?

- Et voilà ! Vous jures, ces humains sont vraiment pathétiques. Ils sont d’une myopie incroyable, reprit la voix nommée Pong.

- Où… Où êtes-vous ?

 Aussitôt deux petites lumières, l’une rouge et l’autre argenté tournoya autour de la tête de celle qui venait de parler. Clendory sursauta. Luna, elle, émit un petit rire. Elle s’exclama :

- Mathias, on peut comprendre les lucioles.

- Nous ne sommes pas des lucioles, mademoiselle. Nous sommes des fées. Moi, je suis Ping et mon ami grognon est Pong, répondit la fée argentée.

 Luna, les yeux brillants, fit une légère révérence.

- Enchantée de vous connaitre.

 Les deux lumières s’intensifièrent toutes contentes d’eux. Mathias regrettait de ne pouvoir les voir. Ping fini par leur expliqué.

- Nous veillons sur le sommeil de celui qui a protégé les nôtres. Il a reçu beaucoup de radioactivité quand il y a eu l’explosion.

- L’explosion ?

- Vous ne savez pas ? La ville humaine Ourgoff n’existe plus et grâce à l’Angio vous êtes encore en vie.

- Un Angio ? Où ? demanda Clendory, aussitôt, intéresser.

 Les deux lumières s’élancèrent près d’une colonne assez grosse pour cacher un corps. Luna et Clendory se regardèrent avant de les rejoindre. Les deux jeunes femmes eurent un hoquet de surprise. Mathias les rejoignit au son. Il ne pouvait voir ce qu’il y avait sur le sol, mais il pouvait ressentir une forte chaleur.

 Clendory regarda le corps étendu sur le sol. Elle ne savait pas si elle devait hurler d’effroi ou non. L’homme était brûlé sur tout le corps, pourtant à certains endroits, elle apercevait la chair intacte et lisse. C’était assez étrange. Elle n’arrivait pas à voir non plus si l’homme en question était mort ou vivant. Luna s’exclama :

- C’est horrible.

- Hein ? Horrible ? Alors, tu ne l’as pas vu au début, affirma Pong. Il était méconnaissable, mais son métabolisme se rétablit à une vitesse incroyable.

 Mathias s’agenouilla. Il tâtonna un peu avant de toucher enfin le corps. Il pouvait sentir la vie dans le bras qu’il touchait. Il laissa son don de guérisseur prendre le relais.

- C’est incroyable, S’exclama-t-il, au bout d’un moment. Je n’ai pas besoin d’utiliser mes pouvoirs sur cet homme. Il se soigne de lui-même. J’ai du mal à croire qu’un simple être humain soit capable de faire une chose pareille.

- Vous êtes sourd tout comme vous êtes aveugle ! S’écria Pong. Je vous ai dit que c’était un Angio, pas un stupide humain.

 D’un seul coup, la main inerte agrippa le bras de l’aveugle. Clendory ne put empêcher un cri sortir, tout comme Luna. Mathias sursauta. Il sentait le pouvoir de l’Angio en lui. C’était effrayant et captivant à la fois. L’énergie coulait dans ses veines, dans ses bras, remontant vers le cou, le visage et arriva assez rapidement au niveau des yeux. Mathias poussa un hurlement et porta la main à son visage. Ses yeux le brûlaient. Luna s’élança vers son frère, inquiet. Clendory s’écria :

- Mathias ?

 Une voix rauque et éraillée retentit.

- Il va bien. Comment un guérisseur de son talent, n’a-t-il pas eu l’idée de soigner ses propres blessures ?

 Clendory regarda le corps, inconscient peu avant comme si elle regardait un fantôme. Elle devait halluciner, n’est-ce pas ? Quelques minutes plus tôt, le visage du brûlé était méconnaissable, maintenant presque toute la moitié était redevenue normale. Elle voyait une peau matte, ne lisse sans plus aucune brûlure apparente. Elle avait l’impression de l’avoir déjà vu cet homme, mais elle n’arrivait plus à se souvenir où.

 Mathias finit par écarter ses mains de son visage. Il regarda sa sœur. Il ouvrait la bouche en grand. Il la voyait. Flou, mais il pouvait voir le contour de sa sœur. Comment se pouvait-il ? Qu’est-ce que cet homme lui avait fait ? Il sursauta quand cet homme prononça un nom.

- Sahel ?

 L’homme regardait sa jeune sœur, intensément. Sahel ! Jamais, il n’aurait cru pouvoir entendre encore ce nom. La voix reprit :

- Non, tu n’es pas Sahel. Il est différent maintenant.

- Je suis Luna. Tu connais mon frère, Sahel ? Il est vivant ?

 Les deux lumières refirent surface. Elles s’extasièrent en voyant leur Angio réveillé et en pleine forme.

- Qu’est-ce que vous fichez ici, vous deux ? Ne vous avais-je pas dit de rentrer chez vous ?

 Ping et Pong se tortillèrent. Elles vinrent même se frotter contre la joue de l’Angio comme pour l’amadouer.

- Nous vouloir rester avec vous, Maître, chuchota Ping.

- Mmmh ! Vous voulez réellement faire la connaissance avec Misha ? N’avez-vous pas peur de devenir son repas ?

 Les deux petites fées se tortillèrent à nouveau. Clendory et Luna regardaient le blessé avec une certaine fascination. Quant à Mathias, il n’arrivait pas encore à croire qu’il commençait à revoir. C’était impossible ! A la surprise des trois humains, l’Angio se leva sans effort. D’autres brûlures avaient encore disparu. Hallucinant ! Il aida par la même occasion Mathias à se redresser.

- Qui êtes-vous ? Finis par demander Mathias, après une hésitation.

- Je m’appelle Requiem Pfefferberg.

 Clendory resta bouche bée. L’héritier du royaume d’Inonumy se trouvait en face d’elle et se révélait être un Angio. Requiem posa à nouveau son regard rouge sur le bout de femme portant le nom de Luna.

- C’est assez frappant la ressemblance avec Sahel. J’espère pour toi que tu n’as pas hérité en prime de son caractère.

 La jeune femme cligna des yeux de stupeur.

- Pourquoi ?

- Tu le sauras bien quand tu le rencontreras, enfin si nous survivons encore longtemps.

- Que voulez-vous dire ?

 Requiem eut un étrange sourire. Puis, il indiqua un point derrière eux. Clendory se retourna et l’horreur apparut devant ses yeux. Qu’est ce que c’était que ça ? Requiem pencha la tête de côté, le sourire en coin. Mathias eut un frisson d’effroi. Il était assez près pour voir la lueur effrayante dans le regard rouge sang. L’Angio se pencha et souleva la grande épée tout aussi rouge.

- Alandrina, j’ai bien l’impression que nous avons besoin de tes services.

Posté par Origine1975 à 23:21:07 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
11 février 2010

Du blablatages

En attendant que mes musiques se synchronisent sur mon MP3, je viens papoter. Et oui, je ne peux rien écrire sans musiques. Il faut me déconnecter de la réalité pour faire immerger l'iceberg. ^^ Êtes-vous pareille ? Avez-vous besoin d'un élément pour faire sortir de votre imagination une histoire ?

Quand je faisais mes devoirs, je ne supportais pas d'entendre la télé. Elle me déconcentrait beaucoup trop. Alors, je m'étais la musiques. J'écoutais n'importe quoi pourvu que je n'entendais pas cette maudite télé. ^^ Quand je lis également. L'inconvénient ou non d'ailleurs, c'est maintenant quand j'entends l'album de Robert Miles avec la musique de Children, je me souviens trop bien que je lisais les sept tomes du Cycles Dunes de Franck Herbert. C'est étrange ! ^^ Une simple musique peut vous rappeler plein de truc enfouie. J'aime. ^^

Ah ! Oui, j'allais oublier. Le titre de ma nouvelle histoire ne me plait pas, mais je n'ai pas d'idée, alors si vous en avez , n'hésitez pas à me les signaler. ^^ Ça me fera plaisir.

Il y aura bientôt un nouveau dessin, fait par une dessinatrice de talent. Les deux protagonistes seront Sawako et Shin. J'espère qu'il vous plaira beaucoup ce dessin. En tout cas, moi je craque rien qu'avec le croquis. ^^ Je l'attends pour faire la fin du tome évidemment. Je pense bien que vous l'aviez deviné, n'est ce pas ? Mais bon, il faut bien une fin pour tout. Mais ne soyez pas triste car il est déjà prévu de faire une petite histoire avec votre Gaku puisqu'il a tant de succès. ^^ Et puis, il y a encore l'histoire de Daïsuke. Comme quoi nous ne quitteront pas encore cette famille immense Oda, Miori, Sanada. ^^

Voilà, voilà, piouf ! Qu'est-ce que je cause. Bon, je vous laisse et à bientôt. Bisous à tous et à toutes.

Posté par Origine1975 à 11:31:00 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]


Nash Dailey, le terrien 07

Chapitre 7

 

 Quelques années plus tôt :

 

 Après la disparition soudaine de Nash, le vaisseau le Syrius reprit le chemin pour Déjanire. Jeff Hikory essayait de faire bonne figure, mais n’y arrivait pas beaucoup. Surtout que la Princesse Keita ne faisait pas dans la dentelle. Elle l’observait chaque jour avec une haine de plus en plus voyante dans le regard. Qu’avait-il fait pour se faire détester de la sorte ? Était-ce à cause du Capitaine Tarosa ? Il ne voyait pas en quoi cela pourrait l’ennuyer. Tarosa ne lui avait plus adressé la parole depuis la disparition de Nash, bien qu’il puisse sentir son regard sur lui de temps en temps. Le Capitaine devenait fébrile de plus en plus qu’il approchait de leur planète.

 

 Il lui arrivait souvent de rabrouer assez méchamment d’ailleurs la Princesse. Même l’équipage s’en inquiétait. Ces hommes et ces femmes aimaient bien travailler avec cet homme, bon et généreux. Alors, son attitude les surprenait. Par contre, tout le monde put constater son amitié avec Dawn. Le mandralore était si triste à voir. Le jeune humain lui manquait beaucoup. Tarosa était même allé voir le mandralore dans les cales pour discuter longuement avec lui.

 

 Karen affirmait qu’il y avait eu des éclats de voix, mais qu’elle n’en savait pas plus. Par son ancien métier, elle affirmait que le Capitaine leur cachait une vérité et qu’elle ne serait peut-être pas bonne à entendre. Jeff en fut contrarié sans trop savoir pourquoi, d’ailleurs. En tout cas à partir de ce jour, Tarosa et Dawn s’entendirent très bien.

 

 Ils arrivèrent bien assez vites dans le système Galloméum. Jeff constata la présence des trois soleils dont l’une semblait bleutée. Ils passèrent près d’une planète habitable, mais dont les indigènes étaient encore sous-développés. Ils croisèrent également une sorte d’immense fourche. Keita leur expliqua qu’il s’agissait de l’arche d’Hadès, la prison la plus sécurisée de toute la galaxie. Jeff Hikory eut un frisson glacial le parcourir en observant cette fourche. Peut-être dû au nom de la prison, Hadès, dieu des enfers dans la mythologie grecque, d’après ces souvenirs.

 

 La planète fut bientôt visible. Bien plus proportionnée que la planète Terre, elle était tout de même magnifique. Alors, que la Terre ressemblait plus à un saphir, Déjanire était plus proche d’une émeraude, avec quelques reflets de rubis. Les déjaniras pouvaient être fier de leur planète. Mais, pour Jeff, la beauté cachait souvent une certaine laideur. Il allait vite s’en rendre compte quand le vaisseau fut accosté par un plus petit.

 

 Le premier homme qui apparut était habillé d’une longue tunique rouge et noir avec un crâne chauve, les sourcils rasés. Il était plutôt malingre et un visage coupé à la serpe, un visage portant sur le trait ceux d’un oiseau de proie. Et en croisant les yeux du Capitaine Tarosa, il semblait bien avoir trouvé une proie idéale. L’homme avait un sourire sournois. D’autres hommes apparurent et il fut évident qu’ils étaient des gardes, voire des soldats.

 

 Le nouvel arrivant se prosterna devant la Princesse. D’une voix doucereuse, il lui souhaita la bienvenue et qu’il aurait préféré une autre circonstance pour leurs retrouvailles. Keita fronça les sourcils par la façon que cet homme l’avait dit. Il se tourna ensuite vers les deux étrangers avec une certaine méfiance et dégout, mais il resta poli.

 

- Nous vous souhaitons la bienvenue dans notre monde, Terrains. Nous sommes dans le regret de vous informer que nous ne pourrons jamais vous ramener dans votre monde. Et nous espérons sincèrement que vous vous habituerez à notre civilisation.

 

 Karen serra ses bras autour d’elle en hochant la tête. Elle avait fini par se faire une raison. Jeff préféra ne rien dire. Il attendait la suite et surtout savoir qui était cet homme.

 

- Oh ! Je suis mal poli. Je ne me suis pas présenté. Je me nomme Polk, je suis le ministre de l’empereur de Médrina, Sylvanus. Mais aujourd’hui, je représente les quatre empereurs pour une mission d’importance.

 

- Une mission Polk ? Laquelle ? S’exclama Keita, très surprise.

 

 Les gardes bougèrent sur un ordre de la main de Polk. Ils entourèrent le Capitaine Tarosa ainsi que le mandralore. Jeff voulut s’interposer, mais d’un geste de Tarosa l’en dissuada. Jeff ne comprenait rien à ce qui se passait.

 

- Qu’est-ce que cela signifie, Polk ? Je veux une explication.

 

- Je veux donc j’exige ! N’est-ce pas Princesse ? Railla le ministre. Bon puisque vous insistez. Capitaine Tarosa, vous êtes en arrestation pour haute trahison envers Déjanire.

 

- Quoi ? S’écria Keita, horrifié.

 

 Tarosa émit un petit rire. Un fait qui énerva par-dessus tout le ministre. Tarosa s’exclama alors :

 

- Haute trahison ? Rien que cela, vous m’en voyez ravi, Polk. Vous devez jubiler.

 

- Fermez-là, impertinent. Vous rirez moins quand vous serez enfermé dans une cellule du Hadès.

 

- Tarosa ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

 

 Karen se rapprocha de son congénère. Jeff lui jeta un coup d’œil. Il semblait bien que la jeune femme avait raison. Le capitaine leur cachait quelque chose qui ne leur plairait pas.

 

- Vous ne savez pas, princesse ? Pourtant, le Capitaine a mis votre vie en danger pour faire disparaitre un élément important pour notre communauté.

 

 La jeune femme tiqua et regarda son ancien amant. Celui-ci ne réagissait même pas à l’accusation. Il gardait son sourire habituel, un sourire moqueur. Il se moquait ouvertement du ministre comme il l’avait toujours fait. Quel était cet élément important ? La seule chose qui avait de l’importance à Déjanire était les Prêtres et les Prêtresses. Elle eut un sursaut. Nash ? Le petit garçon de cinq ans était-il l’élément indispensable ?

 

- Nash ? Vous êtes responsable de l’enlèvement de Nash ? S’emporta Jeff envers le capitaine.

 

 Tarosa se tourna vers le Terrien. Il hocha la tête avec un sourire un peu plus triste cette fois-ci.

 

- Je le devais, Jeff. Je vous ai libéré des mandralores pour vous rendre une certaine liberté. Mais, si par malheur Nash était encore avec nous, Déjanire l’aurait transformé en pantin pour le gouvernement.

 

- Vos propos sont scandaleux, s’exclama Polk. Trahison et blasphémation de votre part Tarosa Medrill, vous n’allez pas vous en tirer à si bon compte cette fois-ci.

 

- Faite ce que vous voulez Polk ! Du moment que je ne vois plus votre sale tronche.

 

- Bien comme vous le désirez.

 

 D’un geste, les gardes bousculèrent le capitaine afin qu’il se mette en marche. En arrivant à la portée de Jeff, Tarosa chuchota :

 

- Gardez bien en tête ce que je vous avais dit. Devenez l’élite, Jeff sinon vous vous ferez dévorer et vous regretterez de n’être pas resté avec les mandralores.

 

 Jeff suivit du regard le prisonnier accompagné des gardes bien armés. Il s’aperçut alors que d’autres gardes emmenaient Dawn également. Polk dut comprendre, car il leur expliqua :

 

- Nous ne pouvons accueillir un mandralore chez nous. Il sera jugé et emmené comme le capitaine sur Hadès. Et n’essayez pas de nous faire changer d’avis, vous n’êtes rien.

 

 Sur ces bonnes paroles, il ordonna à l’équipage sous le choc de reprendre le travail. Il prenait le commandement pour le moment. Keita s’éclipsa dans ses appartements, ne comprenant pas les actes de Tarosa. Pourquoi avoir trahi son monde natal ? Pour le gamin ? Mais, devenir Prêtre ou Prêtresse était une chose des plus remarquables et des plus honorifiques qu’il soit ! Pourquoi ?

 

 Karen avait peur. Elle la tenaillait depuis l’arrivée de cet homme dans ce vaisseau. À qui devait-elle faire confiance maintenant ? Tarosa les avait bien bernés. Il avait vendu Nash. Pour quelle raison ? Il ne leur avait rien dit et peut-être qu’elle ne le sera jamais. Et Dawn alors ? Pauvre mandralore, qu’allait-il advenir de lui ?

 

 Jeff regarda la porte qui venait de se refermer sur lui avec haine. Il détestait cet homme, ce Polk. Il ne savait plus sur quel pied danser maintenant. Il avait donné sa confiance à Tarosa et celui-ci l’avait piétiné. Nash ? Où se trouvait-il ? Que faisait-il ? Était-il seulement encore en vie ? Et que voulait dire Tarosa sur les Pantins de gouvernement ? Peut-être le saurait-il en rencontrant un Prêtre ? Et puis, il y avait l’attitude de Dawn. Le mandralore adorait Nash, pourtant en apprenant la vérité sur la disparition de gamin, il n’avait pas réagi. Étrange ? Est-ce que son affection n’avait été qu’un leurre ? Non, Jeff ne le pensait pas. Dawn ne pouvait mentir à ce point. Il devait avoir une raison.

 

 Jeff se laissa tomber sur sa couchette. Bien, sa vie avait été chamboulée depuis l’invasion des mandralores sur sa planète, maintenant, il se trouvait à des années lumières de chez lui. Et sa nouvelle vie ne commençait vraiment pas sous les meilleurs auspices.

 

 Arrivé au spatioport avec le vaisseau bien amarré, Polk invita les étrangers ainsi que la Princesse à le suivre. Une nouvelle escorte était présente, habillée également de rouge et noir, symbole de la famille Adaüs. Il était là pour la Princesse. Il devait l’accompagner auprès de son père. La jeune femme ne jeta même pas un regard aux deux terriens. Jeff avait tout de même aperçu les yeux rouges de larmes de la Princesse.

 

 Il avait un peu pitié d’elle. Il pouvait comprendre son chagrin et le respectait. Polk les invita à le suivre. Ils longèrent un long couloir éclairant jusqu’à un ascenseur. Tout le long de la montée, le ministre ne broncha pas une seule fois. Karen était plongée dans ses pensées. Jeff soupira.

 

 L’ascenseur étant vitré. Les deux étrangers purent voir un aperçu de l’immense Citée Médrina. Partout où son regard pouvait porter, Jeff aperçut d’immenses tours finissant toujours en pointe, se reliant chacune par des ponts clôturés. Le plus étrange était l’harmonie entre ces tours et la végétation au-dehors. En jetant un coup d’œil vers l’extérieur quand ils arrivèrent à destination. Jeff ne put pas voir le sol tellement les feuillages des arbres étant trop touffue pour y voir quelque chose.

 

 Le ministre les emmena dans une station de taxis. Là, la surprise fut de taille. Les véhicules volaient. Ils pouvaient ainsi atteindre n’importe quel niveau des immenses tours. Le trajet dura bien une demi-heure. Jeff regarda, tout du moins essaya, car le véhicule allait à une très grande vitesse. Mais même ainsi, il ne voyait toujours pas le sol. Il finit par demander au ministre, mais celui-ci ne daigna pas répondre.

 

 Cet homme était horripilant. Ils arrivèrent enfin dans une immense tour d’une blancheur immaculée. Une femme, habillée de tout aussi de blancheur, les attendait. Son visage androgyne ne montrait aucune expression. Elle salua d’un mouvement de tête le ministre et annonça d’une voix atone.

 

- Bien le bonjour, ministre Polk.

 

- Ah ! Que faites-vous ici Libertia ?

 

 La femme se redressa et répondit toujours sur le même ton.

 

- Je représente Sa Majesté Tirésias Sowata. Il me charge de prendre en charge nos invités.

 

 Polk tiqua et grogna :

 

- Je suis à même de m’occuper d’eux. Merci.

 

- Voulez-vous désobéir un ordre venant de Sowata, Polk ?

 

- Vous me menacez, Prêtresse Libertia ?

 

 Jeff sursauta. Alors, voilà en quoi ressemblait une Prêtresse ? Cette femme ne semblait pas effrayante, mais en même temps, elle lui donnait un peu la chair de poule. Celle-ci, après avoir rabroué une bonne fois pour toutes Polk, se tourna vers les deux Terriens. Elle les observa un instant. Jeff fronça les sourcils. Il lui semblait bien ressentir dans son esprit une intrusion, ressemblant assez à celle de Nash à l’époque.

 

 Libertia sursauta, très surprise. Le Terrien l’avait purement éjecté de son esprit. Cet homme était des plus intéressants. La femme ne s’en était même pas rendu compte d’avoir été fouillé au plus profond, mais pas cet homme. Elle lui adressa un sourire. Jeff en fut stupéfait. Rien que ce sourire lui donnait un air bien plus aimable.

 

- Veuillez me suivre, terriens. Je vais vous emmener dans vos nouveaux appartements. Vous serez logé dans le territoire de Sowata.

 

- Quoi ? S’écria Polk. Ils doivent être logés dans le domaine de Sylvanus.

 

- Haha ! Polk, Polk ! Vous croyez réellement que Sylvanus ne soit pas au courant ? Yakumo et Baston ont donné leur accord. Sowata a la régence sur les nouveaux arrivants. Voulez-vous contredire les ordres des empereurs ?

 

 Furax, Polk s’en alla dans la direction opposée à la leur. La Prêtresse en fut très soulagée. Elle avait dû user un peu de ses pouvoirs pour le faire partir. Cet homme est nuisible pour sa santé. Elle se mit en marche suivie de près par les deux Terriens. Elle voyait bien à leur attitude qu’ils avaient beaucoup de questions, mais chaque chose a son temps.

 

 Ils se trouvaient sur la place Eurékadum comme leur fit savoir leur guide. La place unique où tous les magasins de toutes sortes se côtoyaient. Partout où son regard se portait, Jeff croisait plusieurs habitants Déjaniras, mais très peu de gardes.

 

- Les rues sont surveillées par des caméras vingt-cinq heures sur vingt-cinq, précisa alors la Prêtresse, aussitôt. Pour la tranquillité des habitants, la garde se montre très peu, mais intervient rapidement en cas de dangers imminents.

 

 Quelques rues plus loin, Libertia ouvrit une porte et pénétra dans une salle à manger des plus simples. Jeff pénétra dans le séjour en y jetant un regard rapide. Un séjour avec cuisine et deux autres portes closes représentaient la pièce. La Prêtresse s’approcha de la fenêtre et ouvrit les panneaux. Une clarté lumineuse éclaira la salle de sa douce chaleur. Elle se tourna ensuite vers les étrangers.

 

- Qu’allons-nous devenir ? Ne put s’empêcher de demander Karen, se tordant les mains.

 

- Je peux comprendre votre inquiétude. Mais vous êtes sous la responsabilité de Sowata, alors vous êtes libre de prendre votre temps pour vous habitué à votre nouvelle vie.

 

 Jeff hésita un instant, puis demanda :

 

- Pourquoi Tarosa parlait des Prêtres comme des pantins ? Vous n’avez pas l’air d’être manipulé.

 

- Je ne suis pas très puissante. J’en suis fort aise, car je garde la liberté. Je ne suis pas surveillé à tout bout de champ. Les plus puissants de nous sont constamment sous bonnes gardes et la plupart ne sont plus tout à fait eux-mêmes.

 

 Libertia se troubla et pâlit.

 

- Mais, je ne devrais pas vous en dire autant. Si on m’entendait, je risquerais fort d’être accusé de traitrise. Quand le moment sera venu, Tirésias vous fera mandé, pour l’heure, je vous conseille de vous reposer et de faire connaissance avec ce monde, et de ces lois.

 

 La jeune Prêtresse se dirigea vers la porte de sortie. Jeff s’exclama :

- Dites-moi juste une chose, s’il vous plait !

 

 Libertia se retourna et acquiesça d’un mouvement de tête.

- Que va-t-il advenir de Tarosa et de Dawn ?

 

- Dawn, le mandralore ?

 

 Hochement de tête. La jeune femme hésita.

 

- À l’heure actuelle, ils sont en route pour l’arche d’Hadès. Ils vont finir leurs jours dans cette prison. Je connaissais Tarosa personnellement. J’ai grandi avec lui à l’orphelinat. Il a toujours été un rebelle, comme Erianisa. Je savais bien qu’un jour ou l’autre il finirait par se casser les dents. Certaines rumeurs affirment qu’il est l’investigateur de la fuite d’Erianisa. Et étant donné la disparition de l’enfant, je commence à croire que cette rumeur est fondée.

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12 février 2010

Nash Dailey, le terrien 08

Chapitre 8

  

 La journée avait été très éprouvante pour Karen. La jeune femme finit par visiter les deux portes closes de la pièce. Elles révélèrent deux chambres munies d’une salle de bain propre. Elle se laissa tenter par une douche relaxante, puis un petit somme. Jeff lui tournait en cage dans cet appartement.

 

 Il n’en revenait pas de toutes ses révélations. La trahison de Tarosa le perturbait également. Pourquoi avait-il fait disparaitre Nash ? Qu’auraient fait les Déjaniras au gamin ? Il se passa une main dans les cheveux, les ébouriffant encore plus. Pauvre Dawn ! Il avait trahi son peuple pour finir dans une prison. C’était vraiment injuste.

 

 Jeff tournoya encore une fois dans l’appartement. Il avait l’impression d’étouffer. Il finit par sortir. Aussitôt un léger vent vint le chatouiller. L’air était doux et agréable. Une bonne odeur de fleur venait parfois le titiller. Agréable était le mot qui lui venait souvent en tête dès que le vent venait lui faire la fête. Les Déjaniras ne faisaient même pas attention à lui. Il avait presque l’impression d’être sur Terre, incognito.

 

 Il hésita un instant puis il finit par se mettre en route, tout en longeant la rembarre. Il se demandait s’il y avait possibilité de rejoindre le sous-sol afin de voir les arbres de plus près. Il en était là de ces réflexions quand il bouscula une jeune fille qui chuta sur les fesses.

 

- Haha, Naya ! Je t’avais prévenu que cela t’arriverait, s’exclama un jeune garçon hilare qui accompagnait la jeune demoiselle.

 

- Espèce d’empoté ! Tu pourrais m’aider au lieu de ricaner.

 

 Elle sursauta en apercevant la main tendue de l’homme qu’elle venait de se prendre de plein fouet. Elle en fut agréablement surprise. La plupart des Déjaniras se fichaient royalement des orphelins dans son genre. Ils lui auraient crié dessus pour la faire déguerpir avec moule menace.

 

- T’es-tu fait mal ? Demanda l’homme en question.

 

 Elle avait dû réellement se faire mal à la tête pour délirer de cette façon. Elle jeta un coup d’œil à son ami. Celui-ci, aussi, regardait l’homme comme un extra-terrestre. Elle finit par déposer sa main dans celle tendue et elle fut remise sur pied sans effort.

 

- Euh ! Merci de votre aide, monsieur.

 

- Il n’y a pas de quoi, jeune demoiselle. Je ne regardais pas devant moi, alors je m’excuse de t’avoir bousculé.

 

 Les deux jeunes gens se regardèrent encore plus surpris. Puis, le garçon finit par demander.

 

- Vous n’êtes pas du coin, je me trompe ? Vous venez d’une autre contrée, c’est pour cela que vous n’agissez pas comme les gens de Médrina ?

 

 Jeff leva un sourcil de stupeur. Il finit par regarder autour de lui. Alors que peu de temps auparavant, les habitants ne le regardaient pas là, ils le fixaient comme s’il avait commis un impair. Il en fut troublé. Il reporta son regard sur les jeunes gens. Quels âges pouvaient-ils avoir ? À vue d'œil, il leur donnerait bien une dizaine d’années. Il leur sourit et expliqua :

 

- Non seulement je ne suis pas de Médrina, mais je ne suis pas non plus de cette planète.

 

- Waouh ! Vous êtes un extra-terrestre ? Bah ! Ca alors, je n’aurais pas imaginé une seule seconde que vous nous ressemblerez, s’exclama le garçon, enthousiasmé.

 

- Veuillez pardonner la délicatesse de mon camarade, répliqua la demoiselle.

 

 Jeff les détailla un peu. La jeune fille portait une tunique vert bouteille courte avec en dessous un pantalon de même couleur. Elle était plus petite que le garçon avec les cheveux blonds, longs attaché en queue de cheval. Le garçon lui portait un pantalon marron vieux et élimé sur les genoux et un haut en toile crème. Ces cheveux châtain étaient fraichement coupés à la base de la nuque et quelques mèches se baladaient sur son front espiègle. Malgré son âge, Jeff put constater qu’il possédait déjà une bonne carrure.

 

- Il n’y a pas de mal, jeune fille. Je m’appelle Jeff Hikory. Puis-je connaitre votre nom, jeunes gens ?

 

 Les deux enfants se regardèrent un instant, puis avec un grand sourire, la jeune fille se présenta, ainsi que son compagnon.

 

- Je m’appelle Naya et lui, c’est Patrocle. Nous n’avons plus de nom. Il a été retiré lorsque nous sommes devenus orphelins.

 

 Jeff tiqua. Pourquoi enlevaient les noms des orphelins ? La plupart du temps, c’était la seule chose qui pouvait les rendre humains et valables à leurs yeux. L’homme resta pensif un instant, puis il demanda :

 

- Dites-moi, les enfants. Y-a-t-il un moyen de descendre pour voir le sol ? Ou bien, est-ce interdit ?

 

 Les deux enfants s’extasièrent. Naya attrapa la main de l’étranger et le força à la suivre. Patrocle expliqua :

 

- Les Déjaniras trouvent stupide de vouloir descendre. En fait, ici, plus tu montes, plus tu es une personne d’importance. Pfft ! Pour moi, les personnes les plus importantes sont les Espaciens. J’aimerais tant pouvoir en devenir un.

 

- Ne rêve pas, Patrocle. Avec notre héritage, nous ne serions jamais admis.

 

- Ce n’est pas juste. Nous ne sommes pas responsables des dérapages de nos parents. Pourquoi devrions-nous en subir les conséquences ?

 

- Parce que la loi est ainsi faite !

 

- Elle est nulle cette loi !

 

- Patrocle, ferme-là ! S’exclama Naya, craintive.

 

 La jeune fille observa les alentours et fut soulagée au bout d’un certain temps. Elle jeta un regard noir à son ami. Quel empoté, celui-là ! Il allait finir par les faire enfermés pour de bon à dire des choses pareilles. Jeff écoutait calmement les jeunes gens. Il apprenait plus facilement la loi en les écoutant qu’en lisant des papiers interminables. Naya l’emmenait tout le long du pont suspendu jusqu’à une nouvelle tour. Puis, elle se dirigea vers le centre pour rejoindre un ascenseur.

 

- Voilà, vous appuyez ensuite sur le bouton ressemblant à un totem. Si vous appuyez sur celui ressemblant à un oiseau, il vous emmènera jusqu’au dernier étage. Mais c’est assez risqué, vous risquerez de vous retrouver face à face avec les gardes de la royauté. Ils ne sont pas tendres, surtout ceux de Sylvanus, expliqua Patrocle.

 

- Mais tu es impossible aujourd’hui, s’écria Naya. Veux-tu vraiment finir tes jours sur Hadès comme nos parents ?

 

- Euh ! Vous êtes frère et sœur ? Finis par demander Jeff.

 

- Hein ? Ça ne va pas la tête. Hors de question de faire partie de la famille à cet empoté !

 

- Ah ! Tu es cruelle Naya !

 

- Non, juste la vérité, pure et simple.

 

 Jeff éclata de rire devant la tête boudeuse du garçon. Il n’avait jamais été autant avec des enfants que depuis quelque temps. Finalement, c’était rafraichissant à souhait et leur compagnie n’était pas aussi désagréable qu’il avait toujours pensé. Son sourire se figea au souvenir du petit Nash. Où était-il ? Allait-il bien ? Finalement le peu qu’il l’avait connu, le garçon l’avait conquis. La jeune fille serra plus fort sa main dans celle de l’humain. Elle avait aperçu son regard s’assombrir. Quelque chose l’avait rendu triste.

 

 En réponse, Jeff lui ébouriffa ces cheveux blonds. Elle lui adressa un franc sourire, ravi. L’ascenseur arriva enfin à terme et dès la porte s’ouvrit, la jeune fille força l’homme à la suivre presque en courant. Patrocle les suivait plus lentement. Ils arrivèrent près d’une autre porte. Naya appuya sur une touche. La porte s’ouvrit.

 

 Jeff passa l’ouverture et resta scotché, complètement subjugué par la beauté du lieu. Naya l’avait emmené dans une sorte de parc. Le Terrien s’amusa à marcher dans l’herbe bien verdoyante, jusqu’au petit lac dominant le centre. Un pont de bois le traversait. Jeff s’y aventura et observa l’eau cristalline. Comment ne pas tomber sous le charme de ce parc ? C’était magique. Il observa les immenses troncs. Il ne pourrait en faire le tour de ses bras. Il leva les yeux vers les branches. Les arbres ressemblaient aux saules pleureurs. Ils étaient majestueux.

 

- Je vois que vous appréciez la beauté naturelle, S’exclama alors une voix masculine, très grave.

 

 Jeff sursauta, tout comme les deux enfants. Ceux-ci se positionnèrent automatiquement derrière le Terrien, comme si celui-ci pouvait les défendre en cas de coup dur. Jeff se tourna vers la voix et aperçut un homme de grande prestance, les cheveux grisonnants, le visage triangulaire légèrement ridé, mais dont le regard mauve brillait d’intelligence et de chaleur.

 

- Désolé de vous avoir effrayé les enfants.

 

 Naya et Patrocle furent à nouveau surpris. Voilà la deuxième personne de la journée à leur parler correctement. Quel drôle de coïncidence !

 

- Qui êtes-vous ? Demanda Patrocle. Vous n’êtes pas des sous-sols.

 

 L’homme se mit à rire. Il semblait de bonne humeur.

 

- Il est vrai que je ne suis pas du coin. Je ne suis pas de cette région non plus. Médrina pourrait être une ville charmante si elle n’était pas gouvernée par un débile pareil.

 

 Patrocle et Naya en furent bouche bée sous le coup. Un adulte parlait comme ça de l’empereur risquer fort bien d’aller direct sur Hadès.

 

- Vous n’avez pas froid aux yeux pour parler ainsi de l’empereur, murmura Jeff, circonspect.

 

- Mmmh ! Vous avez raison, Jeff Hikory.

 

 Le Terrien sursauta. Comment connaissait-il son nom ? Le nouvel arrivant émit un petit rire. Il s’expliqua :

 

- Je voulais vous parler seul à seul, alors je vous ai suivi. Vous ne l’aviez pas remarqué, n’est-ce pas ?

 

 Voyant la surprise sur les traits de l’homme comme pour ceux des enfants, il se mit à nouveau à rire.

 

- Il est facile de paraitre autre chose que ce que l’on est réellement. Mon nom vous mettra peut-être la puce à l’oreille. Je suis Tirésias Sowata.

 

- Quoi ? Vous êtes l’empereur de Sowata ? Waouh ! La classe ! S’écria Patrocle, légèrement excité.

 

 Tirésias éclata de rire de l’enthousiasme de l’enfant.

 

- Il y a quelques années, j’ai rencontré un gamin qui avait ta pêche mon garçon. Il était aussi jovial et enthousiasme. C’est agréable de voir que d’autres enfants le sont encore.

 

- Cet enfant, c’était Tarosa, n’est-ce pas ?

 

- Ah ! Vous êtes au courant. Oui, j’ai même voulu l’adopté, mais il a préféré la liberté de l’espace. Je le comprends aisément.

 

 Jeff haussa les épaules. Pour finir en prison, drôle de liberté !

 

- Je n’aurais pas cru qu’il irait jusque-là. J’ai pu lui sauver la mise quelques années plus tôt avec la fuite d’Erianisa, mais là, je ne peux plus rien faire. J’en suis fort triste. Il est comme un fils.

 

- Pourquoi vouliez-vous Nash ?

 

- Est-ce le nom de l’enfant ?

 

- Pourquoi en avez-vous après ses pouvoirs ?

 

 Tirésias fixa le Terrien pendant un long moment dans les yeux. puis, il répondit :

 

- Nous lui aurons appris à se servir correctement de ses pouvoirs. Nous lui aurions donné une nouvelle famille.

 

- Un Prêtre ? Auriez-vous fait de lui un Prêtre ? Alors, dites-moi pourquoi Tarosa affirmait qu’il serait devenu le pantin des empereurs.

 

 Tirésias en resta bouche bée. Tarosa avait donné une sacrée confiance à cet humain. Pour quelle raison ? Il hésita un instant, puis Tirésias renchérit :

 

- Écoutez, je ne peux rien vous dire maintenant. Mais, je vous promets de vous montrer un vrai Prêtre. Vous comprendrez alors l’acte de désespoir de Tarosa. Ne lui en veuillez pas de son acte, il le paie assez chèrement maintenant. Mais, sachez juste que j’aurais surement fait pareil à sa place.

 

- Mais justement, vous ne l’avez pas fait.

 

- Vous me plaisez bien, terrien. Non, je ne pourrais le faire. J’ai un peuple à gouverner et il est hors de question pour moi de mettre mes sujets en danger.

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Dessin de Nine

Alors là, c'est mon cadeau pour toutes les personnes qui ont suivi les aventures de mes personnages, surtout principalement pour le Tome 4, L'indomptable Sawako. Bisous à tous.

origine

Sawako Sanada et Shin Soba

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13 février 2010

Nash Dailey, le terrien 09

Chapitre 9

 

 Après la discussion intéressante et frustrante à la fois avec l’empereur de Sowata, Jeff décida de rentrer dans ces nouveaux appartements. Il remarqua assez rapidement le regard triste des deux gosses. Ils essayaient de garder le sourire, mais le cœur n’y était plus. Depuis combien de temps aucun adulte ne s’était occupé d’eux ? Jeff n’osait pas le demander. Après une certaine réflexion, il se décida. Il invita ces nouveaux petits camarades à l’accompagner. Aussitôt, le sourire revint en force, mais avec un certain recul tout de même. Patrocle et Naya avaient trop souffert de l’exclusion pour donner entièrement confiance à un parfait étranger, même sympathique à souhait.

 

 Au retour, Naya interrogea l’adulte pour savoir s’il était seul. Elle apprit ainsi qu’une femme l’accompagnait et non, ce n’était pas son épouse ou quoique se soit d’autre, mais juste une amie. Jeff se demandait bien pourquoi il devait se justifier, mais il le fit de bonne grâce.

 

 Quand il entra dans l’appartement avec les deux enfants intimidés, il retrouva Karen, dans le canapé, se tortillant les mains. Libertia lui tenait compagnie. La jeune Prêtresse le vit et lui adressa un sourire.

 

- Ah ! Vous voilà, Maître Hikory. Votre jeune amie commençait à s’inquiéter. Avez-vous aimé votre promenade.

 

 Jeff fronça les sourcils. Il avait l’impression que la Prêtresse savait pour sa rencontre avec l’empereur.

 

- Pardon Karen, j’aurais dû vous prévenir et oui, c’était très agréable et puis j’ai fait une agréable rencontre, dit-il en montrant ces deux camarades.

 

 La terrienne hocha la tête. Après tout, elle connaissait Jeff que depuis peu, même si les circonstances avaient fait d’eux des amis d’infortune. Elle baissa son regard sur les deux enfants. Elle se leva et s’agenouilla devant eux. Patrocle et Naya se sentaient intimidés devant cette femme blonde, très jolie au goût de la petite. Karen toucha la joue de chacun avec tendresse. Naya aperçu également une légère tristesse dans le regard de la femme, comme plutôt avec Jeff. Étrange ! Mais, bien vite, la terrienne reprit un certain masque et s’exclama :

 

- Et bien, je n’aurais jamais cru, Jeff que vous attiriez les enfants à ce point.

 

- Je m’en étais jamais rendu compte auparavant. Peut-être le fait de n’en avoir jamais vraiment côtoyé.

 

 Patrocle regardait la Prêtresse. Elle l’effrayait un peu, mais elle ne ressemblait pas du tout à ce à quoi il s’était imaginé. La rumeur des bas fonds était que les Prêtres et les Prêtresses agissaient comme des robots sans âme, ni émotion. Libertia ressentait le mélange de peur, de crainte, de curiosité et d’admiration venant des deux enfants Déjaniras. Elle scanna rapidement dans leur esprit pour les connaitre.

 

 Elle sursauta. Le terrien avait posé une main sur chaque épaule des enfants et la regardait légèrement contrarier. Il avait compris son manège. Elle se mordit la lèvre. Cet homme était bien trop perspicace et le fait de les toucher, l’empêchait de les scanner entièrement. Mais, le peu qu’elle trouva lui suffit. Elle pencha la tête avec un sourire en coin.

 

- Vous allez agacer plus d’un, Maître Hikory.

 

 L’homme répondit à son sourire sous le regard stupéfait des trois autres protagonistes. Il haussa les épaules.

 

- Vous m’en voyez ravi.

 

 Pour la première fois, ils entendirent Libertia rire. C’était très agréable à entendre. Libertia avait déjà une voix cristalline, même si elle parlait souvent de façon atone, sans émotion. Alors, son rire donnait envie d’en faire autant. Elle se calma et reprit :

 

- Mon Maître ne s’est pas trompé à votre sujet. Il a dit exactement : «  Si Tarosa lui a donné sa confiance, alors c’est que cet homme le mérite. Et si en plus, il peut emmerder le conseil, surtout Sylvanus, alors là, je lui tirerais mon chapeau. »

 

- Euh ! Votre maître est Tirésias ? Demanda Jeff, halluciné.

 

- Et non, tout faux. Je suis la Prêtresse attitrée de Maître Yakumo, empereur de Tyron. C’est le plus jeune empereur. Il a tendance à parler toujours crument. Il n’aime pas trop le blablatage incessant dans les réunions du conseil. Mais, comme pour Sowata, il ne peut pas toujours aller contre l’avis de Sylvanus.

 

- Pourquoi ? Interrogea Karen, après s’être relevé et de nouveau installé dans le canapé, avec les deux enfants.

 

- Parce que son royaume est le plus petit. Il ne veut pas de guerre. Sylvanus détient le plus grand des domaines. Le terrain où toute la circulation peut se faire. Les trois autres contrées sont plutôt campagnardes et montagneuses. Les vaisseaux n’ont pas accès dans ses royaumes à cause du vent, pouvant être puissant, à cause de l’océan meurtrier. Et surtout, ils n’ont pas les moyens financiers pour combattre Médrina.

 

- En gros, il laisse les rebelles faire le boulot à leur place, répliqua alors Patrocle, de sa voix enfantine, mais pourtant très mature à cet instant là.

 

 Un son retentit. Libertia regarda la porte d’entrée un long moment avant d’avoir un hoquet de surprise. Les deux adultes l’observèrent surpris. Que se passait-il ? Libertia se tourna vers eux et s’exclama :

 

- Je ne sais pas si cela va vous plaire ou non, mais nous venons d’apprendre que le vaisseau emportant Tarosa et le mandralore n’est jamais arrivé à l’arche d’Hadès. Il a été retrouvé vide de tout occupant.

 

 La surprise était de taille. Jeff ne savait pas s’il devait s’en réjouir ou non. Le fait que les deux prisonniers n’aient pas atteint la prison était une bonne chose, surtout pour Dawn. Mais où étaient-ils, maintenant ? Comment avaient-ils fait pour disparaître ? Et l’équipage ? Libertia porta une main à sa tête comme si elle souffrait.

 

- Je dois vous quitter. Vous devriez rester dans cet appartement jusqu’à nouvel ordre. Apparemment, les gardes sont assez agités par la disparition totale de l’équipage du vaisseau. Alors, pour votre sécurité, s’il vous plait, restez tranquille. Je….

 

 Elle se tut, puis dans un geste rapide, elle se rendit vers la sortie. La porte se referma sans qu’elle ne prononce un autre mot. Qu’allait-elle voulu dire ? Peut-être le sauront-ils quand elle reviendra ? Naya baissa la tête, légèrement gênée.

 

- Nous sommes désolés d’accaparer votre maison.

 

- Ne t’en fait pas, Naya. Vous ne nous dérangez pas le moins du monde.

 

- C’est bien vrai ? Demanda-t-elle, anxieuse, levant son visage enfantin vers la jeune femme.

 

 Karen sourit et lui caressa la tête. La jeune fille avait de très beaux cheveux, très doux.

 

- Non, vous pouvez rester ici. Nous serons peut-être à l’étroit, mais nous ferons avec pendant quelque temps.

 

 Elle se tut un instant, puis elle s’exclama :

 

- Je sais qu’e Tarosa est responsable de la disparition de Nash, mais je suis quand même contente d’apprendre qu’il n’a pas atteint la prison.

 

 Jeff se passa une main rapide dans les cheveux. Il en était satisfait également. Mais, ils devront le garder pour eux, semble-t-il. Il releva les yeux et observa les deux enfants. La jeune fille profita agréablement de la tendresse de Karen. Patrocle se trouvait près de la fenêtre. Il observait le dehors en silence.

 

- Connaissiez-vous Tarosa Medrill ?

 

 Patrocle se retourna et hocha la tête.

 

- Évidemment ! Tous les gens des sous-sols le connaissent et puis, c’est un Espacien et avant il a été orphelin comme nous. Il a grandi dans la rue avec sa sœur jusqu’à ce qu’il se fasse ramasser par les gardes après un vol. ils l’ont envoyé dans un orphelinat spatial avec sa sœur.

 

- Alors, il a une sœur ?

 

 Patrocle regarda Naya un moment. Celle-ci hocha la tête comme pour donner son accord. Le garçon hésita un instant.

 

- Logiquement, nous ne devrions pas connaitre ce détail, mais je suis plutôt doué pour trafiquer les ordinateurs. En fait, non je suis un véritable génie.

 

 Le gamin semblait très content de lui. Naya leva les yeux au ciel. Incorrigible, celui-là ! C’était surtout illégal et dangereux.

 

- Dans un dossier confidentiel, il est précisé que la hors-la-loi Erianisa serait en réalité la sœur de Tarosa Medrill. Qui selon le dossier, elle se serait évadée après avoir massacré tout l’équipage qui devait l’emmener pour devenir une grande Prêtresse. Aucune preuve n’a été fournie pour inculper le frère de complicité. Il s’est battu ensuite comme un forcené pour devenir un Espacien et bien plus encore, mais Sylvanus lui a toujours barré la route.

 

- Et bien, je n’aurais jamais pensé avoir autant de données sur quelqu’un. Tu es un redoutable informateur, mon petit. C’est intéressant !

 

- Alors, je vous serais très utile, n’est-ce pas ?

 

 Karen se mit à rire devant la tête de Jeff. Elle s’exclama joyeusement :

 

- Voilà, comment devenir indispensable ! Vous venez de vous récolter un deuxième fils, Jeff.

 

- Deuxième ? Aux dernières nouvelles, je suis une fille, moi !

 

 Karen pouffa encore plus en voyant Jeff se décomposer encore plus. Il gémit. La jeune femme s’excusa :

 

- Bon, je corrige. Il vient de récolter deux fils et une fille.

 

- Karen, je n’ai pas de fils.

 

- Bien sûr que si, vous oubliez Nash ! Tout le temps qu’il était avec nous, il vous suivait comme votre ombre, avec sa nounou. C’était trop chou.

 

- Allez-y, continue à vous foutre de ma poire !

 

- Comme si je vais me gêner.

Posté par Origine1975 à 09:15:56 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
22 février 2010

L'indomptable Sawako : 54

Epilogue : 54

 

 Bunji Sanada profita aisément de la présence de Shin pour l’accaparer. Il lui demanda de l’aide pour sa Société afin également d’introduire sa fille Hanae. Shin ne s’en offusqua pas le moins du monde. Il laissa ainsi son chaton avec Harumi. La mère et le fils apprenaient à se connaitre.

 Harumi avait deux passions, les livres et les fleurs. Elle adorait faire la cuisine aussi ; un bon point pour elle pour se rapprocher facilement de son fils. Le garçon ne savait pas trop comment considérer la jeune femme. Devait-il lui parler avec le même respect dû à une mère ? Mais, comment devait-il s’y prendre ? Il ne le savait pas. Finalement, Harumi l’aida à sa façon. Elle lui conseilla de la considérer comme une amie proche, d’abord.

 D’ailleurs, la mère et le fils aimaient beaucoup aller se promener dans les parcs ou se rendre au Zoo. Ils discutaient de tout et de rien. Ils riaient des pitreries des animaux ou de quelques adultes aussi. Beaucoup les prenaient pour des frères et sœurs à cause de leurs ressemblances.

 Shin affirmait également que leur ressemblance était assez frappante, mais pas au niveau caractère. Son chaton était plus énergique et vorace. Harumi était beaucoup plus calme et sereine. D’après Bunji, Sawako avait hérité du caractère de sa mère étant plus jeune, avant le drame. Harumi avait vu son caractère changé dû à l’internement.

 Mais du moment où la mère et le fils s’étaient finalement rencontrés, ils ne se quittèrent plus. Ils essayaient de rattraper le temps perdu. Shin aimait beaucoup les regarder, surtout quand ils squattaient la cuisine de la grande demeure Sanada. Ils discutaient avec animation et Shin laissait échapper certaines phrases juste pour hérisser son chaton sous le rire d’Harumi.

 Sawako emmena Shin au cimetière dans le milieu du mois. Il voulait présenter son compagnon à Yamamoto sensei. Il raconta sa rencontre avec le couple Yamamoto. Il lui expliqua son attachement pour cet homme qu’il avait considéré comme un père. Pour lui, Yamamoto et sa femme l’avaient empêché de sombrer et de se briser. Il avait promis au couple qu’il ne céderait jamais et qu’il vivrait comme il le désirait.

 Sawako pleura de tout son soul quand Shin s’agenouilla et salua le couple. Shin pria pour l’âme des défunts et leur assura qu’il prendrait désormais soin de ce garçon qu’ils avaient chéri parce que lui-même l’aimait à la folie. C’était le plus beau cadeau que Shin pouvait lui faire et la plus belle déclaration aussi. Shin lui assura qu’il lui en donnerait plein d’autres jusqu’à la fin de ses jours.

 Vers la fin du mois d’aout, Sawako organisa une sortie dans un parc d’attractions. Il y invita toute sa famille et passa son temps à être avec chacun d’eux sans oublier personne. Il ennuya Toshio le traitant d’idiot à tout bout de champ faisant grincer les dents du garçon. Il lui posait plein de questions sur sa petite amie. Toshio ne savait plus où se mettre ensuite, surtout quand Hanae décida de s’y mettre également. Bien évidemment, Sawako s’amusa aux dépens d’Eiji, se moqua ouvertement de son oncle Hisao et de son Emi chou.

 Mais, sa famille se vengea quand le garçon grogna de jalousie quand des jeunes lycéennes parlèrent avec Shin alors que celui-ci s’était arrêté à un stand pour prendre une boisson. Bunji Sanada pensa n’avoir jamais vécu une journée aussi radieuse que celle-ci. Toute sa famille était réunie dans la joie et la bonne humeur, dans les cris et fous rires.

 

 Évidemment, les vacances avaient toujours une fin. Le dernier jour, toute la famille était réunie à l’aéroport pour dire au revoir au garçon qui les avait réunies. Bunji avait un peu de mal à garder un sourire serein. Il était triste de voir partir à nouveau son petit fils. Hanae et Toshio l’entouraient de leur amour. Ils comprenaient très bien la tristesse du vieil homme, puisqu’ils ressentaient la même chose.

 Mais ce n’était qu’un au revoir, Sawako leur avait déjà annoncé qu’il reviendrait et il les invitait également à venir lui rendre visite en France. Bunji, même Hisao, avait déjà réservé pour les prochaines vacances. Le vieil homme observa les trois silhouettes disparaitre dans l’allée pour l’embarquement. Il laissa couler ses larmes surprenant son fils, sa fille et tout le reste. Il ne s’en rendait pas compte, car un magnifique sourire éclairait également son visage. Hisao et Hanae en étaient sous le charme. Leur père ne montrait pas souvent ses émotions. Il leur faisait un beau cadeau.

 Sawako avait demandé à sa mère de l’accompagner en France. Harumi avait longuement hésité. Elle voulait être avec son fils, mais en même temps, elle ne voulait pas laisser son père tout seul. Mais, Bunji lui avait conseillé d’écouter son cœur. Il voulait son bonheur et si celui-ci se trouvait être avec son fils. Il ne lui en voudrait pas.

 Harumi avait un peu peur. Elle se rendait dans un lieu inconnu. Depuis leur départ, elle serrait la main de son fils, craintive. Elle avait eu tout le temps à l’internement pour étudier. Elle avait ainsi appris plusieurs langues, dont le français. Shin avait été ravi de pouvoir discuter avec quelqu’un parlant correctement sa langue pendant les vacances, sous le regard attentif de son chaton. Elle avait été très surprise de voir la jalousie dans le regard de son fils. Elle ne connaissait pas ce sentiment, mais elle trouva son fils très mignon.

 Sawako lui était aux anges. Il tenait la main de deux êtres qu’il aimait. Il allait pouvoir parader comme un pinson dans l’eau maintenant. Il allait pouvoir narguer ses amis. Il espérait juste que les amis de Shin ne dévorent pas tout cru sa mère. Il devrait même faire très attention aux mains baladeuses de Nathaniel ou de Vincenzo. À vrai dire, Sawako avait eu peur que la présence d’Harumi gêne Shin. Mais, celui-ci réfuta. Il appréciait bien la jeune femme.

 Il trouvait même parfois qu’elle ressemblait de plus en plus à son chaton, surtout quand elle prenait confiance en elle. Sawako avait bien ri quand Harumi avait fait la morale à Shin et à Hisao comme s’ils étaient des enfants. Elle était plus calme et timide, mais elle avait quand même du caractère.

 Le plus grand plaisir de Sawako fut quand ils arrivèrent enfin à destination. Tous ses amis étaient là à l’attendre dans la salle d’attente. Les jumeaux italiens lui sautèrent au cou, suivi de près par Luce. Shin remarqua également la présence de son frère. Il en fut surpris. Akira lui indiqua alors que Kaigan et Hans l’avaient supplié pour venir les attendre. Et là surprise pour Shin, les jumeaux n’étaient pas venus pour retrouver leur ami Sawako, mais ils étaient là pour lui.

 Kaigan et Hans sautèrent au cou de leur vrai père avec un réel plaisir. Pour la première fois, Shin en fut troublé plus que de raison. Il adressa un sourire de remerciement à son frère. Sawako fit la présentation de sa mère à ses amis avec une certaine fierté, d’ailleurs. Harumi faillit avoir les larmes aux yeux quand son fils expliqua à ses amis qu’elle était sa mère à lui, en accentuant bien sur les mots « à lui ».

 Évidemment, le retour ne se fit pas en silence. Les plus jeunes étaient bien trop excités pour se calmer. Ils squattèrent chez Shin pour faire la fête jusqu’au petit matin.

 

 Ainsi, les jours reprirent le cours normal. Les cours reprirent. Vincenzo, Juan et Sawako entrèrent dans l’école hôtelière. Pendant ce temps, Shin s’installait tranquillement dans leur nouvelle maison en compagnie de trois chats. La vipère sembla apprécier sa nouvelle demeure et trouva rapidement la chambre des maîtres des lieux afin d’y squatter comme d’habitude. Les deux autres chatons eurent un peu de mal. Irrécupérable et Catastrophe n’avaient pas trop apprécié le changement et le firent vite savoir en commettant pas mal d’ânerie.

 Ils eurent droit à un terrible sermon de tous les diables par Sawako, sous le rire moqueur des jumeaux. Par vengeance, Sawako leur ordonna de faire le nettoyage. Ils avaient été ravis de pouvoir vivre auprès de leur meilleur ami, mais ils avaient oublié à quel point celui-ci était maniaque. Les deux derniers chatons, O’Maley et Duchesse étaient resté dans l’autre maison où Harumi s’y était installé.

 Au début, elle voulait refuser, mais Shin lui assura qu’elle ne gênait pas le moins du monde et qu’il était content de savoir cette maison habitée pendant que lui et Sawa étaient absents. Elle ne se sentait jamais seule. Elle voyait son fils chaque week-end et ses amis venaient souvent la voir également.

 Elle avait fini par ouvrir une petite boutique de fleur par très loin du centre-ville. Parfois, elle voyait arriver en courant un jeune garçon affichant toujours un sourire d’ange aux lèvres. Il venait discuter avec elle après être passé à la bibliothèque. Ensuite, il s’en allait dès qu’une moto s’arrêtait juste devant la boutique. Le pilote dont les yeux bleus l’éblouissaient chaque fois qu’elle les voyait lui faisait signe avant d’emmener son ange.

 Parfois, un géant timide venait la voir pour lui acheter des fleurs. Il rougissait toujours en sa présence. Quand il était accompagné par son compagnon, il avait le droit d’être traité d’empoté. Le pauvre rougissait alors de plus belle. C’était très mignon.

 Quand Sawako était présent, il emmenait sa mère dans le restaurant de Tabitha. Elle y fit, non seulement, connaissance avec la propriétaire, mais également avec Lina Miori, l’ex-femme de Shin. Elles devinrent amies, toutes les trois.

 Finalement, le fait de la naissance de sa petite Sara, Tabitha récupéra son mari. Celui-ci tomba fol amoureux de sa fille. Il comprit son erreur et demanda pardon à sa femme. Tabitha refusa au début, mais elle se rendit vite compte qu’elle aimait toujours cet homme, alors elle décida de lui donner une nouvelle chance.

 Lina Miori reçut un jour un coup de téléphone. C’était l’appel de la femme avec qui elle avait eu une liaison lors de la fin de son mariage avec Shin. Quand ils avaient décidé de quitter l’Australie pour revenir en France, Lina avait coupé les ponts par peur et lâcheté également. Elles parlèrent longuement et à cœur ouvert. Lina ne savait plus quoi faire, alors elle en discuta avec ses nouvelles amies. Elle trouvait étrange de discuter avec des femmes de son âge. Habituellement, elle se tournait toujours vers ses vieux amis, Shin, Nathaniel et Luka.

 Finalement, c’était agréable d’avoir des amis féminins. Elles ne pensaient pas de la même manière qu’un homme. Elles étaient beaucoup plus sensibles et parfois bien plus intransigeantes. Un beau matin, Lina s’envola à nouveau pour l’Australie, pour revenir quelques mois plus tard en compagnie d’une superbe jeune femme rousse. Loreleï, telle était son prénom, avait un caractère bien à elle, d’apparence plutôt froide, mais qui cachait un vrai cœur d’artichaut. Tabitha et Harumi l’adoptèrent aussitôt.

 

 Deux ans après l’arrivée de Sawako en France, le garçon, Shin et Harumi se rendirent au Japon pour assister au mariage d’Hanae et d’Eiji. Ce fut un magnifique moment rempli de joie et de larme. Sawako rencontra par la même occasion la petite amie de Toshio, une jeune fille douce, mais entière. Bien sûr, Sawako râla comme pas possible quand Hisao lui demanda de poser sur l’album de la famille. Mais, évidemment, il en fut comblé, surtout quand son grand-père ordonna que Shin y soit également. Il gardait toujours contact avec Gaku et le rencontra même à l’occasion. Il fit même connaissance avec ce fameux Terrence et de sa fille. Il était content pour son ami. Lui aussi méritait d’être heureux dans la vie.

 Les deux amoureux vivaient ensemble depuis plus deux ans. Ils avaient leurs querelles habituelles et adoraient se réconcilier sur l’oreiller. Sawako bénissait chaque jour présent maintenant. Il avait tout pour être heureux. Il avait Shin, son amour, des amis sincères et fidèles. Et puis, maintenant, il avait également la meilleure des mères.

 Ce jour-là, en compagnie de Luce, discutant avec son ami de son nouveau livre. Luce avait décidé d’écrire un thriller parlant d’un meurtre commis dans une école d’hôtellerie. Il avait demandé de l’aide à Sawako. Vincenzo et Juan auraient très bien pu faire l’affaire, mais ces deux-là n’étaient jamais sérieux plus de deux secondes. Sawako les réprimandait souvent à coup de pied pour les remettre dans le droit chemin.

- Au fait, as-tu appris les nouvelles ? Demanda Luce.

 Le japonais regarda autour de lui. Il sourit en apercevant la boutique de fleur de sa mère. Il attrapa la main de son ami et le tira dans cette direction. Luce songea que si Erwan les apercevait se tenant la main, il en deviendrait jaloux. Il eut un sourire en haussant les épaules. Les états d’âme de son petit ami, il n’en avait cure. Il savait comment le calmer de toute façon. Et Shin ? Comment réagirait-il en les voyant ? Luce n’osa pas le demander.

- Non, je viens juste de rentrer, Luce. Shin m’a empêché d’appeler pendant toute la semaine. Il a dit : « Nous sommes en vacances, les amis ? Tu les oublies ».

- Haha ! Je suis sure qu’il t’a occupé pour que tu puisses nous oublier.

 Le japonais rougit aussitôt. Il ne lui avait même pas laissé une occasion de se reposer. C’était des vacances, mais il avait l’impression d’avoir fait le marathon.

- Alors, c’est quoi ces nouvelles ? Répliqua-t-il pour changer de sujet.

- Nous allons assister à un mariage dans quelques mois. Cody a réussi enfin à demander Thalia en mariage.

- Ah ! Quel boulet, celui-là ! Il en a mis du temps à se décider. Et l’autre nouvelle ?

- Asia est amoureuse.

- Hein ? Comment se fait-il que je ne sois pas au courant ? Elle me dit tout. Quand je la verrai, elle va m’entendre.

 Luce grimaça. Il plaignait la pauvre Asia.

- D’abord comment le sais-tu ?

 Luce adressa un sourire à son ami.

- Parce que je l’ai surprise au téléphone. Tu aurais vu ces rougeurs quand elle m’a vu. Trop mignon.

 Ils arrivèrent devant la boutique. Sawako regarda à l’intérieur et aperçut sa mère. Elle s’occupait d’un client. Quelque chose l’interpela. Sa mère agissait différemment que d’habitude. Un sourire commença à esquisser les lèvres du japonais. Sa mère avait les yeux brillants, les joues légèrement rosâtres, et son attitude était intimidée. Sawako s’exclama alors ;

- Mmmh ! Il semble bien qu’il n’y a pas qu’Asia qui soit amoureuse.

 Luce arqua les sourcils sans comprendre, puis il se tourna vers la vitrine. Il comprit en voyant la mère de son ami. Il sourit à son tour.

- C’est le printemps. C’est le mois idéal pour les amours naissants.

 Sawako s’éloigna légèrement de la vitre et attrapa à nouveau la main de Luce et s’exclama :

- Et si nous allions voir nos amoureux. Si je me souviens bien, ils sont ensemble, non ?

 Luce agrandit son sourire.

- Oui, Erwan m’a dit qu’il devait parler avec Shin sur certains dossiers importants. Pourquoi ?

- Nous allons aller les ennuyer. Je meurs d’envie de voir leurs têtes en nous voyant arrivé, les mains liées.

 Sawako jeta un dernier regard par la vitrine. Apercevant le sourire radieux de sa mère, il respira une bonne bouffée d’air printanier. Il leva les yeux vers les cieux. «  Yamamoto sensei, je suis heureux de vivre, vraiment très heureux ! »

 

Fin

Posté par Origine1975 à 16:10:00 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]


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