Une nuit chez Shin : 37

 

 Le soir venu, Toshio et Hanae refusèrent de quitter Sawako. Alors, le garçon les invita à rester dormir chez Shin. Celui-ci, pensa-t-il, ne s’en offusquerait pas. Bunji les laissa entre jeunes gens. Il rentra chez les Oda Miori qui l’avaient invité à séjourner chez eux. D’ailleurs, il constata bien vite que Carlin Oda par certain côté, ressemblait beaucoup à Tatsuya Oda, le père de sa belle-fille Emi, surtout la facette papa poule. Hanae l’avait un peu forcé la main pour prendre un congé et maintenant en se détendant avec eux, il constata que sa jeune fille avait eu bel et bien raison. Il en avait vraiment eu besoin.

 Les trois jeunes gens, eux, discutèrent jusqu’à tard la nuit. Sawako commençait à s’inquiéter, car Shin n’était toujours pas rentré. Il savait bien que l’homme faisait ce qu’il voulait. Mais, il ne pouvait pas s’empêcher d’être inquiet. Il finit par se remuer en disant être stupide de se mettre dans tous ses états. Il ne voyait pas pourquoi il agissait ainsi. Pourquoi se comportait-il différemment qu’auparavant ?

 Il rejoignit son cousin et sa jeune tante dans sa chambre. La fille s’était mise au centre en prétextant être celle qui devait avoir chaud. Sawako s’étonnait tout de même. Il n’aimait pas le contact féminin. Lina en faisait souvent les frais quand il se reculait chaque fois qu’elle le frôlait. Mais, maintenant, il pouvait s’allonger juste à côté d’Hanae ou être pris entre ses bras sans que cela l’effraie.

 Les voyants bien installés, il était clair que Toshio et Hanae n’avaient pas envie de dormir. Sawako soupira et s’appuya contre un oreiller et observa le plafond, le regard pensif.

- C’est incroyable le changement en quelques mois, Sawa. Je n’aurais jamais pensé que changer d’environnement te serait aussi bénéfique, s’exclama Toshio.

- Je suis désolé.

- Ne le sois pas. J’en suis content. Je sais bien que mon père t’a fait beaucoup de mal. Ma mère n’a pas été d’un grand secours et tu avais tout le temps grand-mère sur le dos. Je peux comprendre qu’être loin d’eux te permet de te reconstruire.

 Sawako jeta un coup d’œil vers son cousin qui se mettait à bâiller. Il eut un léger sourire.

- Mmmh ! Tu es moins stupide que je le croyais.

 Toshio se sentit embarrassé. Il eut un sourire béat. Un compliment de Sawa, le pied !

 Hanae se mit à rire. Sawako ne pouvait pas s’empêcher de rester lui-même. Elle était bien heureuse que tout n’eût pas changé. Elle lui passa une main dans les cheveux et s’écria :

- Tu as eu un coup de génie en te coupant les cheveux. Tu es une bombe, maintenant.

- Merci, mais je ne suis pas comme toi, Hanae. Je ne rougis pas.

- Ah ! Oui ? Et si c’était le propriétaire de cette maison qui te le faisait ? Comment réagirais-tu ?

 La jeune fille eut un sourire plus grand quand elle parvint à le mettre à mal et à lui donner des rougeurs. Elle avait vu juste. Sawako se mordit la lèvre. Il était hors de question qu’il parle de monsieur l’absent avec sa jeune tante. Pour la peine, il changea de sujet.

- Alors, comment est-ce arriver, toi et Eiji ?

 Hanae vira rouge écarlate sous le rire moqueur de Toshio. Celui-ci ne faisait qu’écouter. Il n’aimait pas beaucoup parler, il avait toujours préféré écouter. Il aimait bien la voix cristalline d’Hanae et la voix cassée de Sawako. Tellement qu’elles finirent par l’endormir.

- Je ne sais pas trop. Après ton départ, Emi m’a souvent demandé d’être baby-sitter pour Kazuaki et Hisao voulait reprendre mieux contact avec nous. Alors, il nous invitait souvent. Lors de ses repas, Nao, Hiroshi et Eiji étaient souvent présents.

- C’est vrai, ils sont inséparables ces trois-là.

- Ça, tu peux le dire. Je me suis occupé de Ryuseï aussi. Je crois que je suis tombée amoureuse en observant Eiji et son fils.

 Du bruit au rez-de-chaussée leur prévint que le propriétaire des lieux venait enfin de rentrer. Sawako se sentit beaucoup plus léger.

- Est-ce qu’Eiji connait tes sentiments, Hanae ? Enfin, étant donné ton caractère le contraire m’étonnerait.

- Haha ! Je ne sais pas si je dois prendre cela pour un compliment. Mais, tu as raison. Je lui ai dit franchement. Il a été dérouté le pauvre, mais je sais bien que c’est réciproque, mais il cherche toujours des excuses bidon pour m’éloigner. Ça me met toujours en colère.

- C’est normal, Hanae. Tu es plus jeune que lui de vingt ans. Puis, ce n’est pas facile d’oublier la femme qu’il a aimée pendant des années. Eiji est un cœur sensible, il faut y aller mollo. Ah ! J’oubliais également, tu es la petite sœur de son meilleur ami.

 Hanae baissa la tête, un peu triste. Mais, elle savait bien que son neveu avait parfaitement raison.

- Mince, j’aimerai bien voir la tête d’Hisao quand il l’apprendra. Je suis sûr que ce serait fendant.

 La jeune fille, offusquée, mais joyeuse, se mit à frapper Sawako.

- Ce n’est pas drôle, Sawa. Hisao peut être terrifiant quand il veut.

 Le garçon, riant à en avoir mal au ventre, essayait tant bien que mal à éviter les coups de sa jeune tante. Il finit par sortir carrément du lit. Leur petit combat réveilla Toshio. Il grogna :

- Vous avez vu l’heure. Arrêtez vos enfantillages et allez dormir.

 Sawako posa ses poings sur la taille en secouant la tête avant de sauter à nouveau sur le lit, les faisant crier. Une bataille d’oreiller commença. Elle s’arrêta quand tous les trois, trop fatigués, se laissèrent retomber sur le lit, en riant. Pas gêné pour un sou, Sawako se redressa et donna un baiser à Toshio et à Hanae sur la bouche, les laissant ainsi bouche bée. Il se releva et leur souhaita bonne nuit. Il quitta la pièce en refermant bien la porte. Hanae porta une main à ses lèvres encore stupéfaites avant de rire, suivi de son neveu.

- Mince, il est impossible, celui-là, s’exclama-t-elle.

 Sawako, silencieusement, descendit les escaliers et aperçut Shin, installé sur le canapé. Il regardait la télé en zappant. Le garçon s’approcha assez près pour être harpé par les bras de l’homme. Il se retrouva assis sur les longues jambes musclées. Le dos contre le torse de Shin, les bras de celui-ci lui entourant la taille, Sawako tourna légèrement la tête pour laisser des lèvres prendre les siennes pour un embrassement. Les mains posées sur le ventre glissèrent pour se faufiler entre les pans du pantalon et s’amusaient avec le sexe du garçon.

 Shin laissa courir sa bouche contre la joue un peu rugueuse, pour se faufiler vers une oreille où se trouvait un point sensible juste derrière le lobe. Sawako laissa échapper un son étranglé. Il rejetait la tête vers l’arrière. Il se laissait dominer par les sensations que Shin transmettait dans tout son corps.

- Shin, Shin… aaah… Shin.

 Le garçon se cambra quand la jouissance l’atteignit. Shin n’en avait pas fini pour autant. Il retira le pantalon gênant du garçon et le fit se coucher sur le ventre. Il vagabonda, à nouveau, ses lèvres sur la peau du dos, sur la courbe avant de rejoindre un point très sensible qu’il se mit à humecter avec délice. Sawako serrait les poings et mordait le coussin afin de ne pas crier trop fort.

 Shin pouvait lui faire tout ce qu’il désirait, il n’aurait pas l’idée de l’en empêcher. L’homme d’ailleurs ne se gêna pas le moins du monde à le faire venir plus d’une fois avec juste la langue et les doigts. Mais, voyant son chaton se hérissait de frustration, Shin finit par accéder à sa requête et il le pénétra sans attendre plus longtemps. Il fit des mouvements très lents au début, juste pour le plaisir d’entendre les grognements de Sawako, voulant plus, bien plus. Quand la délivrance arriva, elle les laissa sans force et bienheureux.

 Shin, allongé de tout son long sur le garçon, bougea un peu pour ne pas l’étouffer. Sawako se moula contre l’homme, en toute confiance. Shin avait le cœur qui battait la chamade. Ce chaton prenait beaucoup de place dans ce nerf.

- Ne t’endort pas là, chaton. Nous serons mieux dans le lit.

- Mmmmh ! Je ne peux plus bouger.

 Shin se mit à rire avant de parvenir avec un gros effort à se relever. Il enfila tout de même son jean avant de se tourner vers son chaton, bien logé dans le canapé. Il secoua la tête. Il se pencha et souleva sans le moindre effort, semble-t-il ledit chaton. Sawako entoura le cou de ses bras et enfouit sa tête contre l’épaule.

 Shin monta à l’étage et pénétra dans sa propre chambre où il déposa le garçon à son centre. Sawako, à moitié endormi, grogna de perdre de la chaleur. Shin se remit à rire. Il ne perdit pas de temps et le rejoignit. Aussitôt, le corps du plus jeune retrouva le chemin entre les bras du plus vieux. La place où il se sentait vivant et aimé. Shin déposa une multitude de petits baisés sur le visage de son vis-à-vis avant d’approcher sa bouche d’une oreille où il chuchota :

- Je t’aime, Sawa.

 Un sourire ravi apparut sur les lèvres de l’endormi comme si inconsciemment, il avait compris les paroles. Shin camoufla sa tête dans le cou du garçon où il avait pris goût de s’y mettre. Il ne tarda pas à s’endormir à son tour.