Épilogue :

 

 Les vacances de février finirent par arriver. Erwan aurait bien voulu emmener au loin son Luce, mais voilà le père démoniaque du garçon avait refusé. Non pas qu’il ne faisait pas confiance à l’étudiant pour veiller sur son fils, mais il était hors de question qu’Erwan s’éclipse alors que toute sa famille et ses amis avaient organisé une fête pour son anniversaire.

 Ils fêtaient également l’anniversaire de Sawako. Le japonais était né également un 14 février. Il avait houspillé, graillé, tempêté comme il pouvait, il dut accepter de le fêter. Évidemment, il affirma ensuite s’être mortellement ennuyé, mais tout le monde savait bien qu’il avait été le plus heureux.

 Le lendemain de la fête, Erwan eut l’autorisation d’emmener Luce où il voulait. Il trépignait d’impatience. Luce le sachant fit exprès bien évidemment d’être très très lent. Entendre son ami râler et finir par faire lui-même ses bagages l’amusait beaucoup et il ne se gêna pas de trainer encore plus.

 Ensuite au moment du départ, il dut partir à la recherche de sa chose. Juan et Vincenzo avaient kidnappé Luce et l’avaient enfermé dans la salle de musique. Erwan pensait sérieusement commettre des meurtres. Sans parler de sa propre mère ! Elle se moquait ouvertement de lui en compagnie de Carlin et d’Akira. Quant à son père ? Mieux ne valait pas en parler. Il n’était en aucun cas une aide.

 Enfin, les deux garçons purent prendre la route en début d’après-midi en voiture. La Kawasaki d’Erwan n’était toujours pas réparée. Ricky lui répétait sans arrêt qu’il allait s’en occuper, mais chaque fois, il avait trop de travail. Luce se demandait sérieusement où l’emmenait son camarade, mais Erwan ne voulut rien dire. Mais quand ils s’arrêtèrent à l’aire de repos, Luce comprit en reconnaissant le lieu. Il en aurait sauté de joie.

 Pendant le reste de la route, Luce finit par s’endormir et ne se réveilla même pas en arrivant. La maison hantée ne pouvait plus porter ce nom. Les volets et la façade avaient été refaits à neuf. Erwan souleva sans problème son compagnon dans ses bras. En pénétrant dans la cuisine dernier cri, mais rustique, Luce serait vraiment surpris par tous les changements. La grande chambre aux petits lits n’existait plus. À la place, deux nouvelles chambres avaient vu le jour. La chambre individuelle avait été repeinte.

 Erwan aurait aimé reproduire la même chambre que celle de son Luce, mais pour cela, il aurait fallu emmener l’artiste. Hors de question ! Enfin pas tout de suite ! Pour l’instant, il voulait être seul à seul avec son Ange. Erwan esquissa un sourire. Cela lui rappela la première nuit dans cette maison, pendant les vacances de Toussaint. Mais contrairement à ce soir-là, Erwan se chargea de le déshabiller avant de le rejoindre dans le lit.

 Le lendemain, Luce aurait une surprise en se réveillant. Erwan avait hâte de voir sa tête. Il se mit à bâiller. La route avait été fatigante, tout comme sa famille et ses amis avant. Il se moula contre le corps de Luce et ne tarda pas à s’endormir.

 Luce se réveilla en sursaut vers trois heures du matin. Il voulut se redresser, mais il fut gêné par le bras d’Erwan. Il soupira. L’étudiant le tenait comme s’il allait s’échapper. Depuis l’histoire avec Dracula, Erwan était devenu encore plus possessif. Le garçon se tourna vers le visage de son amant. Il le vit réveiller. Il lui sourit.

- Je t’ai réveillé, Wan ? Je suis désolé.

- Ce n’est pas grave. Rendors-toi Luce. Je veux te voir bien réveiller demain.

 Luce s’inquiéta. Qu’est-ce qu’il avait manigancé celui-là ! Haussant les épaules, il songea qu’il le verrait bien demain. Il bougea et se colla encore plus contre le grand corps. Il émit un petit rire en entendant son ami gémir.

- Luce ? Dis-le !

- Na ! J’ai pas envie !

 Erwan, pour le punir, lui donna une claque sur les fesses avant d’embrasser tendrement son Luce. Le garçon grimaça avant de fondre. Quand Erwan le laissa enfin respirer, le garçon chuchota :

- Je t’aime, Wan.

 Étrangement, il n’eut aucune réaction. Surpris, Luce se redressa et se mit à rire. Quel idiot celui-là ! Il lui demande de lui faire sa déclaration et cet idiot se permettait de s’endormir. Tant pis pour lui, maintenant il le ferait miroiter.

 Erwan se réveilla comme à son habitude vers six heures trente avec une impression étrange. Il jeta un coup d’œil à son compagnon. Luce dormait en fœtus avec un petit sourire. Erwan plissa les yeux. Ce sourire ne présageait rien de bon, mais alors pas du tout. Haussant les épaules, il laissa couler. Par contre, il prépara sa surprise et déposa le tout sur son côté de lit.

 Il pouvait très bien aller faire son jogging tranquillement. Il avait vraiment hâte de voir la tête de son petit Luce. Il allait se délecter. Sans plus attendre, il partit sous la douche puis sortit.

 Quelques heures plus tard, Luce se réveilla en douceur et s’étira. Les volets n’étant pas fermés, la luminosité lui chatouillait le visage. Un sourire naquit sur ses lèvres. Il allait se lever quand son regard se porta sur la place libre du lit. Il eut un hoquet de surprise.

 Une robe noire plutôt courte avec quelques froufrous, ainsi qu’un tablier blanc était posée délicatement sur le lit. Luce n’en revenait pas. Il avait osé, le bougre. Il se leva rapidement et fonça vers la cuisine en caleçon afin de dire ce qu’il pensait à son compagnon.

 Erwan buvait tranquillement son café quand la boule d’énergie arriva. Un sourire naquit sur ses lèvres. Il voyait une certaine colère dans les yeux mordorés.

- Erwan ? C’est quoi ces habits sur le lit ?

 L’étudiant se leva et s’approcha du garçon. Luce recula. Le regard bleu saphir ne présageait rien de bon. Erwan sourit encore plus. Luce s’échappa et voulut s’enfermer dans la salle de bain, mais il se fit facilement rattraper et soulevait comme un sac de pommes de terre.

- Na, pas question, Erwannnnnnnnnn ! Lâche –moi ! Je ne veux pas.

 Sans l’écouter bien évidemment, l’étudiant pénétra dans la chambre et s’installa sur le lit toujours en tenant son Luce dans les bras. Le garçon se débattait comme il pouvait, mais il n’arrivait pas à avoir le dernier mot.

- Allons, mon Luce ! Aurais-tu oublié ? Pour mon anniversaire, tu devais t’habiller en soubrette, m’apporter des chocolats tout en me susurrant des mots d’amour.

 Luce sentit ses joues devenir chaudes. Il se souvenait très bien, mais il avait espéré un peu qu’Erwan aurait oublié. Il se mordit la lèvre. Erwan sourit. Luce allait céder. Le garçon jeta un coup d’œil dégouté à la robe, puis il soupira. Bon, c’était bien parce que c’était l’anniversaire de cet idiot.

- Je vais la mettre, mais juste aujourd’hui. On est d’accord ?

- Tout ce dont tu veux mon ange.

 Erwan relâcha Luce. Le garçon hésita un instant avant de prendre la robe entre les doigts en soupirant à fendre l’âme. Luce se rendit à la salle de bain, prit une douche et regarda la robe de soubrette avec désespoir.

 Erwan se rendit dans le salon et attendit. Il entendit enfin la porte s’ouvrir une demi-heure plus tard. Il se tourna et faillit pouffer. Luce passait juste la tête. Il avait les joues rouges comme des coquelicots et se mordait la lèvre comme à son habitude.

- Allez ! Un peu de courage !

- Pfft ! Tu peux te moquer. Cela se voit que ce n’est pas toi qui te ridiculises.

 Luce inspira un bon coup et pénétra plus avant dans la pièce. Il baissa les yeux pour ne pas voir l’expression de l’étudiant. Jamais, il n’avait été aussi mal à l’aise. Les yeux saphir pétillèrent en voyant la créature désirable entrer dans la pièce. La robe moulée à ravir le corps mince du garçon. Elle s’arrêtait à mi-cuisse et laissait transparaître la dentelle des portes-jarretelles. Un petit tablier blanc terminait l’ensemble.

 Erwan le trouvait adorable et craquant dans cet habit. Il lui donnait même l’envie de l’effeuiller. Luce s’arrêta à un pas de son petit ami. Il tirait sur la robe comme pour l’agrandir. Erwan n’en pouvant plus l’attrapa et l’amena entre ses cuisses. Il lui souleva le menton et embrassa avec douceur les lèvres de Luce.

- Tu es canon habillé ainsi. Dommage que je n’ai pas d’appareil photo.

- Ah non ! Pas de photo ! La honte.

 Erwan éclata de rire et glissa ses mains vers les fesses. Il eut la surprise de constater l’absence de sous-vêtement. Quel petit coquin ! Luce se serra contre le corps chaud de l’étudiant et entourant son cou de ses bras, tout en cachant son visage rouge contre l’épaule. Les mains quittèrent leur emplacement pour glisser le long des jambes. Luce frissonna. Elles remontèrent et passèrent sous la robe.

 Le garçon ne put s’empêcher de gémir. La bouche ne restait pas en reste. Elle déposait plusieurs petits baisers dans le cou, la gorge. Luce sortit alors de sa réserve. Il enfouit ses doigts dans la chevelure brune et força Erwan à reculer son visage. Luce se mit à embrasser ce visage chéri.

 Erwan s’installa plus au fond du canapé afin d’installer Luce en califourchon sur lui. Luce embrassait Erwan en pleine bouche à moitié relevée afin de laisser son amant continué à malaxer ses fesses. Quand sa bouche fut enfin libérée, Erwan la déposa sur la gorge à nouveau et s’évada ensuite vers le bas. Il voulait goûter la peau de son Ange, mais il fut interrompu dans l’élan par le col de la robe. Luce gloussa, mais déboutonna elle-même les boutons du corsage.

 Aussitôt, la langue chaude s’aventura dans le passage libéré et embrasa le torse, s’amusa, tortura les tétons durcis. Luce gémit et se cambra. Il avait envie de plus. Erwan le bascula sur le canapé pas vraiment avec délicatesse, faisant grogner Luce.

-T’es une brute, Wan !

 L’étudiant déposa un petit baiser sur le nez pour se faire pardonner.

- Je t’aime Luce !

 Le garçon sourit, ravi. Erwan attendit un peu, mais rien ne vient.

- Tu le fais exprès, pas vrai ?

 Luce éclata de rire.

- Je ne vois pas du tout ce que tu attends.

 Erwan grogna et fonça sur cette bouche moqueuse. Il la dévora, laissant le possesseur à bout de souffle. Ensuite, il se mit à assaillir le membre tendu à bloc n’attendant que lui pour le dompter. Pour se venger, Erwan s’amusa à le faire crier, gémir, à le supplier. Luce se sentait comme un brasier ardent. Il avait l’impression qu’il allait exploser à tout moment.

 Erwan était le seul à pouvoir le mettre dans cet état et il espérait que ce serait ainsi pour toujours. Il gémit en sentant Erwan en lui. Il ne se lasserait jamais de cette communion. L’étudiant fixa son regard dans celui de sa moitié.

- Dis-le ?

- Nada !

 Erwan bougea d’un coup brusque faisant haleter Luce. Le garçon accrocha la chemise entre-ouverte de l’étudiant. Il esquissa un sourire. Erwan plissa des yeux. Il n’aimait pas ce sourire. Il était trop tentant, trop séduisant. Luce se passa la langue sur ses lèvres très doucement. Cette fois, ce fut Erwan qui gémit. Il redemanda :

- Dis-le !

 Au lieu de répondre, Luce redressa la tête et lécha les lèvres fermes de l’étudiant. Erwan se sentait fléchir. Il agrippa les poignets de Luce et le mit au dessus de la tête. Le garçon ne se départait pas de son sourire. Pour se venger, Erwan se mit à bouger et en même temps mordilla la peau délicate du cou blanc. Luce poussa des sons inarticulés.

 Le son de ses cris fit perdre le contrôle de l’étudiant. Il ne chercha plus à essayer de dominer Luce afin qu’il lui dise ce qu’il désirait par-dessus tout. Il ne pensa plus qu’à prendre et à donner du plaisir. Luce, la tête vers l’arrière, avait perdu tous les sens des réalités. Erwan aurait pu lui demander tout ce qu’il voulait à cet instant. L’apothéose explosa en mille couleurs comme un feu d’artifice.

 Erwan se laissa retomber sur Luce qui l’entoura de ses bras. Il enfouit son visage dans le cou. Il se sentait merveilleusement bien là, mais il lui manquait quelque chose.

- Luce, dis-le-moi ! Supplia-t-il.

- Nada ! Tu n’avais pas à t’endormir hier. Je te punis.

 Erwan redressa la tête, ébahie.

- Hein ? Et pourquoi ?

- Je te l’ai dit cette nuit et toi, tu trouves le moyen de t’endormir. Pfft !

 Erwan, choqué, se mit en devoir de se faire pardonner. Il déposa une multitude de petits baisés sur le visage de son amant, tout en s’excusant d’une toute petite voix. Luce riait et gesticulait pour s’échapper, mais la seule chose qu’il réussit fut de réveiller la bête. Luce se fit à nouveau assaillie par un démon, mais à un moment donné, il parvint à changer les positions les faisant par la même occasion chavirer sur le parquet du salon. Luce se redressa toujours en connexion avec Erwan. Il posa ses mains sur le torse dans une caresse lascive avant de se pencher.

- Je t’aime, idiot !

 

 

Fin