A la bibliothèque : 55

 

 En riant, Luce s’installa plus confortablement, à cheval sur les longues jambes et enfouit son visage dans le cou de son ami. Erwan serra la taille du garçon, appréciant le contact contre lui. Il sentit les lèvres de Luce sur son menton. Le garçon le dévorait de petits baisers humides, tout en gloussant. Il adorait le voir prendre des initiatives de plus en plus souvent.

 Luce posa finalement ses lèvres sur les siennes. Il ouvrit le barrage et entortilla sa langue à celle si captivante de l’étudiant. Un baiser tout en douceur, mais torride en même temps. Les mains posées sur les épaules carrées glissèrent jusqu’aux boutons. Elles commencèrent à les détacher un à un sans se presser. Les doigts frôlaient le torse velu envoyant des décharges électriques dans tout le corps d’Erwan.

 Celui-ci se laissait faire. Il posa juste ses mains sur les fesses du garçon en une caresse. Luce scellant toujours les lèvres de l’étudiant d’un baiser laissa échapper un son de plaisir évident. Instinctivement, il se serra encore plus.

 Pourtant à part lui avoir déboutonné la chemise, Luce n’alla pas plus loin. Il remonta juste ses bras pour entourer le cou et d’accentuer le baiser. Erwan prit le contrôle. Il passa ses mains sous le pull du garçon et le lui retira. Luce gémit quand leurs lèvres s’écartèrent le temps d’enlever le pull encombrant.

 Erwan souleva Luce dans ses bras sans pour autant que celui-ci le lâche. Luce croisa ses jambes autour de la taille afin de garder contre lui son ami. L’étudiant reposa ensuite, doucement le garçon sur le canapé tout en le suivant.

 Luce sentait son corps devenir un vrai brasier. Il ne pouvait s’empêcher de pousser des gémissements de plaisir à tous les endroits où les lèvres ou la langue taquine d’Erwan passaient. Une passion dévorante lui faisant oublier jusqu’à son nom. Mais elle devenait vorace dès l’instant où une chaleur l’emplissait de l’intérieur jusqu’à l’explosion d’un feu d’artifice.

 Revenant avec difficulté sur terre, Luce enfouit ses doigts dans la chevelure brune posée sur son torse. Il aimait bien leur douceur. Dix ans auparavant, Erwan les avait longs jusqu’aux fesses, tout comme Alison et Maddie. À l’époque, tout le monde le confondait avec une fille. Il se faisait appeler l’androgyne.

 Les caresses sur son crâne lui faisaient un bien fou, mais l’étudiant se redressa pour amener ses yeux face à ceux mordorés. Il se pencha légèrement et déposa un petit baiser sur le bout du nez.

- À quoi penses-tu, mon Luce ?

 Le garçon se laissa captiver par les saphirs. Qu’est-ce qu’ils les aimaient ses yeux et cela depuis tout petit !

- Je me souvenais de l’époque de l’androgyne.

 Erwan se mit à rire et enfouit son visage dans le cou du garçon.

- Tu t’en souviens. C’est aussi la période où j’ai fait tourner papa en bourrique. Quand j’y repense, je me demande comment il a fait pour me supporter. Je lui en ai fait voir de toutes les couleurs. Déjà, avec Ali et Mad, il ne savait plus où donner de la tête et moi, j’en rajoutais une sacrée dose.

- Pfft ! Tu as toujours été un insupportable gamin. Tu adorais mener tout le monde par le bout du nez. Tu as même réussi l’exploit de mettre papa Carlin en colère.

- Na ! Le plus grand exploit, c’est oncle Renko. C’est la personne la plus calme et pourtant, j’ai réussi à le mettre en colère.

 Luce resserra ses bras autour du corps nu de l’étudiant. Leurs corps se touchaient et se réchauffaient petit à petit. Luce esquissa un sourire, il pouvait sentir le désir tendu d’Erwan contre sa cuisse.

- Mmmh ! Si je me souviens bien, tu as mis trois jours pour le mettre en rage. Trois jours où tu lui as cassé les pieds comme pas possibles. À dix ans, tu étais vraiment insupportable. Enfin, je ne vais pas me plaindre, avec moi, tu étais un ange, gloussa Luce.

 Erwan se redressa et observa en souriant le garçon. Il laissa glisser ses grandes mains le long du corps désirable afin de rejoindre deux emplacements spécifiques. Luce ouvrit les yeux en grand avant de pousser un gémissement. Il agrippa les épaules de l’étudiant.

- Wan ? Où tu fous tes mains ?... Aaah !

 Erwan posa ses lèvres sur la peau lisse du cou pour le dévorer de baiser. Il chuchota :

- Et cet ange ? Tu l’aimes, mon Luce ?

- Hein ? De quoi tu parles ? Parvint à demander Luce, avant de rejeter la tête en arrière en gémissant sous les caresses.

- Est-ce que tu m’aimes, Luce ? Redemanda Erwan, tout en continuant ses douces tortures.

 Luce sentit son visage surchauffer. Le bougre ! Il voulait le lui faire dire. Une caresse plus subtile le fit crier de plaisir. Ce démon le torturait, il n’allait pas se laisser faire, non, mais ! Le garçon glissa une de ses mains vers l’entre-jambes de l’étudiant dans une caresse légère. Erwan serra les dents et essaya tant bien que mal à éloigner cette main vagabonde.

 En toute réponse, Luce se débattit avec ses jambes excitant par la même occasion son camarade dont le bleu noircissait de plus en plus. Erwan voulut calmer le jeu à nouveau, mais sans compter sur Luce pour changer les positions. Il parvint à faire tomber lourdement Erwan sur la moquette de la Bibliothèque.

- Atche ! Ça fait mal !

 Luce se jeta sur lui sans douceur. Erwan grogna sous le rire à peine voilé du garçon. Celui-ci se positionna en califourchon, titillant un peu plus le désir tendu à bloc. L’adolescent attrapa les poignets de son ami et amena les bras au dessus de sa tête. Erwan devait bien avouer que son Luce avait de la force. Il savait aussi être plus fort et pouvait à n’importe quel moment reprendre avantage, mais il n’en ferait rien.

- Pourquoi ne veux-tu pas dire les mots que je veux entendre, Luce ? Aurais-tu peur ?

 Luce baissa son regard vers les yeux bleus comme une caresse. Leurs visages se trouvaient à quelques centimètres l’un de l’autre. Erwan pouvait sentir le souffle de Luce sur lui.

- Non, je n’ai pas peur. Je connais mes sentiments depuis longtemps, mais aux dernières nouvelles, ce n’est pas ton anniversaire aujourd’hui.

- Anniversaire ? S’exclama Erwan, d’un coup trop stupéfait et ne comprenant pas sur le coup.

 Il observa son jeune ami en silence, un moment. Puis, il s’écria :

- Hein ? Mon anniversaire ? Tu me diras ses mots lors de mon anniversaire ? Mais, ce n’est pas juste !

 Luce étira un sourire de pur sadisme. Erwan grogna et se débattit à son tour. Il rechangea les positions pour reprendre le dessus sous le rire du garçon. Il le dévora de baiser avant de s’exclamer.

- Tu es sadique, Luce. Pour la peine, en récompense, tu devras t’habiller en soubrette.

- Hein ? Et pourquoi ?

- Parce que ce sera aussi la Saint Valentin, pardi.

- On offre des chocolats ce jour-là, triple andouille.

- Et bien, tu viendras m’offrir des chocolats en habits de soubrette et tu me chuchoteras des « je t’aime » à l’oreille.

- Jamais de la vie ! Tu rêves !

- Mais oui, mais oui, mon ange déchu !