Interlude : le musicien et son baka : 48

 

 Le taxi s’arrêta devant l’hôtel de grand standing. Le portier fut très surpris de voir apparaître un homme de grande taille, mince, aux muscles bien taillés, mais pas exorbitants, aux cheveux bruns longs jusqu’à la taille attachés d’une lanière de cuir. Sa surprise ne fut pas vraiment l’allure de cet homme qui ressemblait beaucoup à ceux des Rocks star, mais surtout de l’attitude des personnes avec lui.

 Son collègue, plus âgé et travaillant pour cet hôtel depuis fort longtemps, s’adressait à cet homme avec un respect étonnant. Lui-même avait travaillé pour un autre hôtel de grand standing, et chaque fois ce genre de personnage se trouvait être exécrable avec le commun des mortels. Cela lui faisait étrange de voir cet homme au visage percé parlé à son collègue avec politesse.

 Sa surprise fut encore plus grande en voyant un autre homme un peu moins grand que le premier descendre du taxi. Cet homme respirait le soleil avec sa peau couleur de miel et ses cheveux mi-longs d’un blond couleur de blé. Un instant, le portier croisa le regard vert d’eau de l’inconnu et l’homme se sentit rougir. Ce blond n’était en rien un inconnu. Le portier le reconnaissait maintenant. Il adorait écouter les mélodies au piano de cet homme.

 Ludwig suivit son compagnon depuis fort longtemps maintenant jusqu’à leur chambre. Reï ne lui avait rien dit comme à son habitude. Son blondinet se révélait être une personne fort capricieuse. Ludwig se demandait souvent si tous les artistes étaient ainsi parce que tous ceux qu’ils connaissaient étaient des personnes capricieuses. Son oncle Carlin, Mira Martin ou Luce, l’ange de la famille, ces trois-là faisaient la paire pour être les pires casse-pieds existants. Maintenant, son Reï chou devenait comme eux.

 Fin octobre, Reï décida de tout lâcher pour rejoindre sa maison. Il poussa une telle gueulante que sa maison disque le laissa prendre des vacances. Depuis quelque temps déjà, entre le blond et ses patrons c’étaient plutôt guerre froide. La maison disque voulait convoiter le potentiel du musicien jusqu’à sa limite, mais celui-ci n’était aucunement d’accord avec cela.

 Sans expliquer pourquoi à Ludwig, il décida de rentrer chez Carlin et Renko pour y rester seulement que deux jours, avant de retourner à la capitale. Évidemment, Reï n’expliqua rien à son compagnon. Ludwig le suivit sans rien demander. Il ne voulait pas forcer son blondinet à parler même s’il ne comprenait pas ses changements d'humeur.

 Ludwig donna un pourboire au garçon de chambre avant de se retourner vers son compagnon. Reï, sans faire cas de son homme, se dirigea vers la salle de bain. Le percé l’observa en silence. Il n’allait toujours pas savoir pourquoi ils rentraient plus tôt. Il soupira.

 Ludwig jeta juste un regard autour de lui et fit la grimace. La chambre était dans les tons de saumon. Il détestait cette couleur. Il ne voyait pas pourquoi tout le monde affirmait que c’était la plus belle chambre. Lui, en tout cas, il la trouvait moche, horrible, à faire des cauchemars. Bon, certes, il exagérait un peu, mais ce n’était pas loin.

 Il jeta un coup d’œil à la salle de bain. La porte était bel et bien fermée. Un nouveau soupir s’échappa de sa lèvre percée. Porte fermée voulant dire, « je ne veux pas être dérangé ». Le jeune homme ne voulait pas se chamailler pour une broutille avec son blondinet.

 Ludwig se laissa tomber sur le lit et observa la porte un long moment avant de finalement prendre son téléphone. Il haussa les épaules. Que cela plaise à son homme ou pas, il voulait des nouvelles du gamin. Il appela donc l’hôpital des enfants. Il eut un peu de mal à avoir des renseignements jusqu’à que finalement, il put parler avec le médecin. Il apprit ainsi qu’Ashula était en forme, mais il s’ennuyait beaucoup. Il était très triste de plus voir son nouvel ami depuis un moment. Le médecin lui apprit également la visite d’une assistante sociale. Il semblerait bien que la mère ne voulait pas s’occuper d’un enfant handicapé ou tout du moins, ne s’en sentait pas capable. Elle se trouvait au chômage et limite à la rue.

 Le médecin informa sa tristesse pour cet enfant parce qu’il y aurait une possibilité pour l’enfant de remarcher, mais pour cela, il devrait subir une opération très méticuleuse. L’inconvénient, le chirurgien capable de faire ce miracle travaillait dans un hôpital de New York et l’opération coûtait bien trop cher.

 Ludwig cacha sa tristesse quand il eut le gamin au téléphone. Il préféra le faire rire en lui racontant des histoires à dormir debout. Il resta un petit moment tout en lui promettant de venir le voir. Il raccrocha et tourna de nouveau son regard vers la porte. Il sursauta en repérant Reï, appuyé au chambranle de la porte. Il se sentit pris en faute.

 Reï se mordit la lèvre. Il se sentait misérable. Il s’approcha de son compagnon. Celui-ci l’observait en silence. Il semblait juste un peu mal à l’aise. Le blond s’arrêta devant le percé. Ludwig entoura de ses bras la taille de son homme et se laissa chavirer sur le lit avec lui.

 Reï enfouit son visage dans le cou du brun. Il aimait cette place. Il aimait sentir contre lui la chaleur de ce corps contre le sien. Ludwig était devenu sa drogue quotidienne. Il paniquait, souvent, de le perdre. Une réaction stupide, mais qui ne le quittait pas.

- Je suis désolé, Lud, finit-il par chuchoter au creux de son épaule.

- Pourquoi t’excuses-tu, Reï chou ?

 Ludwig glissa ses mains sur la chemise vert pâle pour finalement les faire passer dessous le vêtement afin de sentir la peau nue. Reï frissonna et se serra un peu plus fort.

- D’agir comme un idiot.

- Alors, j’aurais déteint sur toi, mon chou ?

- Fort possible.

 Ludwig voulut répliquer, mais n’en eut pas l’occasion. Reï déposa ses lèvres sur la peau du cou et les fit glisser le long du menton afin de rejoindre les lèvres percées. Le brun oublia aussitôt ce qu’il voulait dire. Son Reï chou voulait de l’attention.

 Ludwig changea les positions en passant au-dessus et approfondit le baiser en capturant la langue sexy de son Reï chou. Ses mains ne restèrent pas en reste. Elles se chargèrent de le déshabiller. La chemise vert pâle et le jean furent éjectés au loin. Ludwig se chargea également de retirer les siens avant de se mouler à nouveau contre le corps chaud de son blondinet.

 Ludwig s’empara de cette bouche tentatrice pour un nouveau baiser des plus torrides en laissant vagabonder ses mains sur le corps mince et sexy de Reï. Celui-ci faisait pareil. Il se cambra quand les lèvres de Ludwig quittèrent sa bouche pour piqueter sa gorge, son torse, son ventre laissant une trainée de feu infernale.

 Les lèvres arrivèrent devant la bosse qui se formait sur le boxer. Il souffla dessus. La réaction ne se fit pas attendre. Un gémissement retentit et le blondinet se cambra un peu plus. Ludwig sourit légèrement. Il fit glisser ses mains de tout le long du corps désirable faisant tortiller son homme de plaisir, puis il les glissa sous le boxer pour retirer ce rempart gênant tout en frôlant au passage les fesses. Reï tressaillit et laissa échapper un son inarticulé.

 Il gémit de plus belle en sentant l’effleurement des cheveux de Ludwig contre son sexe. L’élastique retenant sa longue chevelure venait de rompre la laissant s’éparpiller. Le brun avait voulu un temps couper ses cheveux, mais Reï refusa. Il adorait enfoncer ses mains à l’intérieur.

 Reï poussa un gémissement quand Ludwig joua avec son sexe de sa langue percé. Ce piercing avait toujours été son point faible. Chaque fois, Lud parvenait à lui faire tout ce qu’il voulait grâce à lui.

 Ludwig prit son temps, parvenant à faire jouir une première fois son homme juste en le suçant avec conviction, puis une deuxième fois, en le préparant avec les doigts, mais surtout par la faute de ce piercing sur la langue.

 Ludwig se repositionna au-dessus de lui, se moula contre le corps couvert de sueur. Il embrassa passionnément son homme. Reï glissa à son tour ses mains sur le corps du brun et retira le dernier rempart. Leurs sexes se frôlèrent tendus à souhait.

 Ludwig se redressa et passa ses bras sous les cuisses de Reï. Il le pénétra dans simple coup de reins. Le blond gémit en rejetant la tête vers l’arrière. Quand Ludwig commença son va et viens, Reï jeta ses bras autour du cou du brun et tira afin d’amener leur bouche pour un ballet musical. Le blond enfonça ses doigts dans les fins cheveux. Il n’y avait que dans ces moments d’intimités où son bras droit lui fichait la paix.

 La cadence se fit de plus en plus intense. Dans un dernier coup de reins, Ludwig évacua tout son désir tout en poussant un son inarticulé suivi de près par son blondinet. Il se laissa tomber sur lui. Reï entoura aussitôt la taille de ses bras pour l’empêcher de bouger.

- Mmmmh ! C’est toujours aussi magique avec toi mon chou !

 Ludwig déposa une multitude de baisers sur le visage du blond. Reï se sentit rougir en sentant en lui le sexe de Ludwig reprendre vie. Il cacha son visage contre le cou de son homme et s’exclama, toujours rouge comme un coquelicot.

- Tu vas finir par m’achever, Lud !

- Mais euh ! C’est de ta faute ! Tu es trop sexy.

- Baka ! Baka ! Baka !

 Ludwig gloussa et embrassa la bouche coupable par petite touche.

- Mais je n’y peux rien, mon chou. Ton baka, il t’aime comme un fou.

- Lud ?

 Ludwig se redressa juste un peu pour mettre son regard gris-bleu face à ceux vert d’eau.

- Oui, mon chou ?

- Je suis désolé d’avoir été si cruel ces dernières années avec toi.

 Le brun se pencha et déposa un tendre baiser sur le nez aquilin.

- Ne t’en fais pas, Reï. Je suis peut-être un idiot, mais pas aveugle. Je sais bien les raisons de ton comportement. Tu n’as rien à craindre. Je serais toujours là pour toi.

 Reï se serra contre Ludwig, plus rassuré. Il finit par lâcher.

- Lud ? Si tu veux, on pourrait aller rendre visite à Ashula. Il sera surement ravi de te voir.

 Ludwig se jeta littéralement sur la bouche de son blondinet pour la dévorer. Il était sous le choc. Son Reï chou voulait aller rendre visite au gamin. Il n’osait pas y croire. Il n’y avait pas à dire : qu’est-ce qu’il l’aimait, cet homme !