Une nouvelle semaine arriva avec un beau soleil. Maeva et Reï aimaient beaucoup leur première heure de cours. C’était l’art plastique avec Mira Martin qui faisait toujours son cour avec humour et les élèves l’adoraient. Les garçons l’idolâtraient et certains essayaient même de la draguer, même en sachant qu’ils n’auront aucune chance vue les penchant de la jeune femme.

 Quand à Ludwig lui se trouvait de mauvaise humeur. Il n’aimait pas du tout aller en cours, surtout le premier cours. C’était celui de Tankeï. Que voulez-vous qu’il fasse avec de la littérature ? C’était des plus ennuyants. La lecture n’était pas sa tasse de thé et pour couronner le tout, Tankeï avait décidé que ces charmants élèves devront faire une fiche de lecture de quatre pages sur Honoré de Balzac en prenant n’importe quel livre de cet auteur. Cet homme prenait plaisir à être sadique.

 A la pause de déjeuner, Maeva se rendit comme à son habitude à sa place favorite et s’installa sur le dossier. Elle commença à manger son sandwich en attendant que les garçons se décident de la rejoindre ou non. Depuis qu’ils la côtoyaient, les déesses étaient de plus en plus horribles avec elle, mais la jeune fille s’en fichait royalement. Son père lui avait apprit à répondre aux imbéciles par le silence et c’était devenu son crédo.

 Elle se rendit compte au bout d’un moment d’être observer. Elle jeta un coup d’œil autour d’elle et aperçut un groupe de trois filles. Elle les avaient déjà vues. Les déesses les appelaient les empotées intellectuelles. Elles semblaient hésiter. Maeva leur fit signe et un sourire apparut sur les lèvres des trois filles. Elles semblaient ravies que Maeva les invite. La jeune fille se demandait bien pourquoi. Elle les observa un peu mieux. Il y avait la grande tige du fait de sa taille très fine et de sa grande taille. Elle pouvait rivaliser avec les garçons. Elle tenait toujours ces cheveux blond cendré en queue de cheval. Une black avec une tignasse frisotante d’un noir de jais et la dernière, petite et avec de l’embonpoint, les cheveux court de couleur rouge.

- Bonjour, je peux vous aider ?

 Les trois filles se regardèrent en silence, puis la black se décida à prendre la parole.

- En fait, cela fait des mois qu’on voulait te parler, mais on n’osait pas.

- Pourquoi donc ?

- Bien, tu avais toujours un air renfrogné. Tu mettais une barrière entre les autres et toi, expliqua la grande tige.

- Mais depuis un moment, tu semble beaucoup plus accessible. Alors on s’est dit qu’on devrait prendre notre courage à deux mains et venir te parler pour faire connaissance avec toi, renchérit la plus petite.

 Maeva les observa toutes les trois et les vit très mal à l’aise. Elle eut un sourire ce qui fit un effet bénéfique chez les trois filles. Elles se détendirent.

- Vous me faites penser à Killian qui d’ailleurs est en retard.

 Elle jeta un regard autour d’elle, mais ne le vit pas. Elle haussa les épaules et finit par demander.

- Bon, c’est bien tout ça. Mais ce serait correcte de votre part de me dire qui est qui ?

 Les trois filles se regardèrent à nouveau et dans l’ordre précédent, elles se présentèrent chacune.

- Moi, je suis Astrid Morin, se présenta la grande tige.

- Moi, c’est Maïwen Kobata.

- Et moi, je suis Fleur Baron.

- Enchantée de vous connaître les filles. Maintenant dites-moi pourquoi vous vous intéressez à moi ? Ce n’est pas à cause des deux glandus ?

 Les filles secouèrent négativement la tête, quand elles sursautèrent comme des malades en entendant la voix grave de Ludwig.

- Qui c’est que tu traite de glandu, Mave ?

- Toi et Reï, pardi ! Qui veux-tu que ce soit d’autre ?

 Ludwig se laissa tomber sur le banc et étira ses longues jambes devant lui. Reï s’installa de l’autre côté de Maeva. Le percé détailla les nouvelles venues de la tête aux pieds. Elles ne savaient plus du tout où se mettre les pauvres.

- Tu les sors d’où celles-là Mave ?

 La jeune fille vit que les mots de Ludwig faisaient dégât chez les trois filles. Elle donna un coup violent sur la tête de son ami qui cria de tous les diables, en sortant des insultes à tout casser.

- Ca ne va pas ta tête, Mave. Va te faire soigner ! s’écria le percé.

- N’insulte pas mes amies !

 Ludwig stoppa net ses mouvements et lui jeta un coup d’œil. Il avait bien entendu, n’est ce pas ? Il n’était pas devenu idiot à ce point ? Elle avait bien dit amie ? Il se retourna vers les trois filles qui semblaient rayonner de se voir accepter par la fille qu’elles admiraient en douce. Il secoua la tête. Un sourire étira ses lèvres. Il s’exclama :

- Il t’en a fallu du temps pour te faire des amies.

- Bin, il semble que je les intimidais.

- Hahaha ! C’est claire, tu peux être effrayante des fois Maeva.

- Hé ! Ne t’y met pas à ton tour Reï ! Vous avez vu où se trouve Killian ?

 Les deux garçons se regardèrent et se sourirent.

- Bah ! Surement à l’infirmerie comme à son habitude !

 La jeune fille se leva d’un bond et s’exclama :

- Quoi encore ? Je vais aller voir.

- Oui, oui, va voir et ne revient pas avant d’avoir vu s’il allait super bien.

 La jeune fille détala sous le rire des deux garçons. Les trois filles ne savaient plus ce qu’elles devaient faire.

- Nous ferions mieux de partir.

- Vous pouvez rester. Vous nous dérangez pas le moins du monde, répliqua Ludwig.

- Oui, il a raison. Les amies de Maeva deviennent nos amies aussi. Cela ne vous dérange pas, j’espère ? demanda gentiment Reï en leur souriant.

 Les trois filles rougirent à l’unisson et hochèrent la tête ayant perdu la parole.

- Ce n’est pas possible. Tu leur fait un effet ouf, Reï chou !

 Reï balança son bras et donna un coup de poing dans l’estomac du percé qui grimaça sous la douleur.

- Je ne te répéterais pas trente six fois la même chose : ARRETE DE M’APPELER REI CHOU, COMPRIS ?

- Mais euh ! Tu laisse bien Carlin t’appeler ainsi. Pourquoi moi je n’ai pas le droit ?

- Parce que Carlin est Carlin et toi, tu es toi, c'est-à-dire un idiot ! Je n’ai pas raison mes demoiselles ?

- Ne les mêle pas ! Tu risque de les convaincre que c’est vrai et adieu, ma réputation.

 Les trois filles les regardaient hallucinés se chamailler devant eux sans la moindre gène. Elles finirent par se détendre face à eux et décidèrent d’emblé de se mettre du côté du beau gosse blond. Quant à faire, autant prendre le plus beau d’entre eux ! Tout le reste du déjeuné, ils passèrent le temps à mettre en boîte un Ludwig complètement battu. Fallait dire quatre contre un, ce n’était pas du jeu !

 

 Maeva se rendit le plus vite possible à l’infirmerie. Pourquoi ces abrutis s’acharnaient-ils toujours sur lui ? Il ne faisait rien pour les ennuyer pourtant. Elle passa près des Déesses qui la regardèrent avec mépris. Maeva haussa les épaules. Ces cruches étaient vraiment inutiles. Elle ne voyait pas pourquoi tout le monde les idolâtrait. Ces filles n’avaient rien d’exceptionnelles à part leurs jolis visages.

 Elle passa devant le professeur Tankeï qu’elle bouscula et lui fit tomber tous ces papiers. Mince la poisse ! Le professeur grailla comme à son habitude, mais sans rien rajouter d’autre, ce qui était étonnant de sa part. Il la remercia juste de son aide. La jeune fille repartit avec des pensées qui se bousculaient dans sa tête.

 Elle devait être entrain de rêver. Des filles venaient lui adresser la parole et voulaient devenir ses amies, puis maintenant le professeur de littérature qui disait merci. Où lala ! Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond !

 Elle arriva enfin devant la fameuse porte de l’infirmerie et l’ouvrit. La première chose qu’elle entendit, fut une insulte. Ce n’était pas étonnant. Tout le monde savait dans le lycée que Madame Loutanit était une vraie sadique pure et dure.

- Putin ! Mais vous faites mal !

- Arrête de te plaindre ! Si tu arrêtais de servir de punching-ball aussi. Tu ne viendrais pas ici.

- Parce que vous croyez que ça m’amuse peut-être ?

- Je le sais. Pourquoi ne veux-tu pas porter plainte contre eux ?

- A quoi cela servirait-il ? Ils m’attendraient à la sortie et ce sera encore pire qu’ici.

 Loutanit ébouriffa la tête du garçon et lui sourit. Il fut étonné de son geste affectif.

- Tu me fais penser à quelqu’un que je connais. Il a fait ces études ici.

- Vous parlez de Carlin Oda ?

- Ah ! Tu le connais ? Je suis bête, c’est vrai que je te vois souvent parler avec sa fille. Comment le trouves-tu ?

- Vous voulez vraiment le savoir ?

- Oui, j’aimerais savoir comment tu le vois.

- Euh ! Il est fascinant. J’ai jamais rencontré quelqu’un comme lui, mais en même, il est fatiguant.

 Madame Loutanit s’esclaffa de rire.

- Tu trouve aussi. Ma parole ! Il venait chaque année passer Noël avec sa mère chez nous. Il y avait toujours un nombre incalculable de personne invité, mais dans toute cette foule disparate, la seule personne que tu pouvais retrouver facilement, c’était lui.

 Elle se tourna pour changer le coton quand elle aperçut la jeune fille qui n’osait pas bouger de la porte d’entrée. Loutanit sourit et se leva. Cela lui rappelait un autre souvenir. Décidemment, son infirmerie était plutôt un lieu de rencontre, plutôt qu’un petit pensionnaire de soin.

- Maeva ? Ravie de te voir ma jolie. Tu pourrais t’occuper de cet énergumène pour moi, s’il te plaît ? Je dois aller voir le proviseur.

- Euh ! Je veux bien, mais je ne suis pas douée.

- Ne dis pas cela voyons ! Au moins avec toi, je suis sure qu’il arrêtera de geindre comme un bébé.

 Killian baissa la tête de honte. Merde ! Pourquoi Maeva se trouvait-elle ici ? Il se sentait vraiment dans la peau d’un minable. La jeune fille s’installa devant lui et soupira.

- Ne m’en veux pas si je te fais mal, hein Kill ?

 Le garçon releva la tête et se sentit rougir. La fille était bien trop proche, beaucoup trop proche. Il sursauta quand il sentit le coton imbibé. Il se mordit la lèvre pour ne pas crier. Il voyait bien que Maeva faisait de son mieux pour ne lui faire aucun mal.

- Pourquoi les laisses-tu te faire du mal, Killian ?

- Que veux-tu que je fasse ? Je ne suis pas comme ton père Maeva. J’admire sa force de caractère. Je l’envie.

- Tu ne devrais pas l’envier. Tu dois prendre confiance en toi-même. Lui aussi à ces propres faiblesses, tu l’as vu. En plus, il est têtu comme une bourrique, il est purement et simplement sadique, il est pervers, fatiguant, narcissique aussi, alors hors de question que tu deviennes pareille.

 Killian sourit et grimaça sous l’effet de la douleur de ces muscles.

- Aïe ! Tu n’es pas très gentille avec lui. Je croyais que tu l’adorais.

- C’est le cas. Je l’adore, c’est lui qui m’a sorti de ma solitude, qui m’a rendu ma joie de vivre, mais cela ne l’empêche pas d’avoir les pires défauts qui soient. Pour moi, il est le père idéal, mais c’est défauts là, je ne veux pas les voir sur quelqu’un d’autre que lui.

 Le garçon baissa un peu la tête et soupira.

- Quand je t’entends parler de ton père de cette façon, j’ai l’impression que personne ne pourrait lui arriver à la cheville.

 La jeune fille se mit à rougir et sa main se mit à trembler. Elle déposa le coton sur la petite table. Elle rougissait un peu. Elle posa ses mains sur ses genoux et les regarda se tortiller.

- Ce n’est pas ça. C’est juste que ces défauts soient sur lui des qualités et cela n’irait pas chez quelqu’un d’autre. Puis avoir un compagnon comme lui, il faut être sacrément armé. J’admire papa Ren pour son courage de le supporter. Ah ! Mince, désolée. J’étais venue voir si tu allais bien.

- Comment as-tu su que j’étais là ?

- C’est Ludwig qui me la dit.

- Ah ! Je le retiens celui-là ! Je lui avais demandé de ne rien te dire.

- Tu es nul ! Faut pas lui dire ça ! Il fait toujours le contraire de ce qu’on lui dit à cet empoté. Pourquoi ne voulais-tu pas que je le sache ? On n’est pas ami, tous deux ?

 Le garçon détourna les yeux et s’exclama :

- Bien sur que si, nous sommes ami, mais … mais je ne voulais pas que tu me vois dans cet état encore une fois.

 Maeva se redressa et donna un léger baiser sur la joue de Killian qui fut tétanisé, tout comme elle. Il porta sa main sur sa joue et se tourna surpris vers la jeune fille. Elle souriait, mais ne semblait pas très sure d’elle.

- Pour … Pourquoi tu… tu as fait ç … ça ?, dit-il avec difficulté tout en rougissant.

- Parce que j’en avais envie. Mais si tu n’aime pas, oublie-le.

 Killian inspira un bon coup et se pencha sur Maeva et l’embrassa. A cet instant la porte s’ouvrit et une exclamation les fit sursauter.

- Waouh ! Tu as vu mon Reï ? Hein, tu as vu ? Killian est devenu un grand garçon !

- Mais oui, j’ai vu, merci. Je ne suis pas aveugle.

 Maeva et Killian semblaient assortit. Tous deux étaient rouges comme des pivoines. Ludwig fonça sur eux et serra sa petite Maeva dans ses bras.

- Alors ma belle. Qu’est ce que ça fait de recevoir son premier baiser ?

 Reï gloussa devant la tête de la jeune fille qui semblait vouloir entrer sous terre. Il s’installa à côté de Killian sur le lit et lui chuchota :

- Carlin t’a fait tellement peur pour que tu ailles obéir si vite à sa recommandation ?

 Killian resta bouche bée et piqua de nouveau un fard. Maeva et lui étaient mal barré avec ces deux-là dans les parages.