Dans le courant de la semaine, Reï eut droit de recevoir une lettre, une lettre provenant de Melinda Garcia. Sans trop savoir pourquoi il fut extrêmement content que cette femme n’ait point menti. Il s’empressa donc de la lire dans le salon. Il fut bien évidemment ennuyer un peu par Carlin qui lui demandait juste de garder un œil sur Luce pendant qu’il irait peindre dans son atelier.

 Reï observa le bambin assit sur la moquette. Il jouait avec ces cubes. Il put se remettre tranquillement à lire la lettre. Il avait une chance inouïe que son professeur de mathématique soit absent. Maeva et lui avaient pu ainsi rentrer plutôt et n’être pas obligé d’attendre après l’énergumène trop casse-pied.

 Depuis il se retrouvait seul dans l’immense maison en compagnie de Carlin et de Luce. Maeva s’était rendue à son club d’équitation. La lettre n’était pas très longue. La femme se disait ravie de voir que sa famille d’accueil semblait être des gens bien intéressant et plutôt du genre amusant. Elle pouvait voir à travers sa lettre que le garçon se sentait bien et semblait beaucoup apprécier toutes les personnes qui vivaient avec lui. Elle espérait sincèrement qu’il continuerait à lui écrire et qu’un jour s’il le voulait bien, ils pourraient à nouveau se revoir. Elle lui annonça également qu’elle avait lu sa lettre devant la tombe de son père. Elle était sure et certaine que Anselme devait être ravi.

 Reï regarda sa lettre un long moment. Il n’avait jamais eu de courrier alors cela lui faisait un peu bizarre. Il la rangea dans un de ces cahiers avant de se mettre à faire ces devoirs. Ludwig se moquait souvent de son air trop sérieux, mais Reï se devait de l’être pour ne pas décevoir les deux hommes qui l’hébergeaient.

 Il était entrain de recopier au propre son devoir quand un cube rebondit sur la table et le fit bouger. Un énorme trait barra à travers la feuille. Reï grimaça pendant qu’un éclat de rire retentissait dans la pièce. Le blond se tourna vers le coupable. Le bambin le regardait avec un sourire malicieux.

- T’es aussi pénible que cet idiot !

 Luce pencha la tête, sourit et lança un nouveau cube. Celui-ci percuta directement Reï qui leva les yeux au plafond. Le bambin rigola à nouveau.

- Laisse-moi finir et on jouera ensemble après. Ok ?

 Luce mit son pouce dans la bouche et regarda autour de lui. Pensant être enfin tranquille, Reï déchira la feuille et la recopia à nouveau. Deux minutes plus tard, il soupira à fendre l’âme.

- Luce ! T’es chiant ma parole ! S’exclama-t-il en regarda désespéré sa troisième feuille.

 Le bambin s’en fichant royalement, tapait des mains, tout content de lui.

- Je change d’avis, tu es plus pénible que l’idiot !

- C’est qui l’idiot ? s’écria une voix à l’entrée du salon.

 Reï sursauta et se retourna vers Ludwig qui venait de rentrer du Lycée. Il allait répliquer quand une petite voix lança :

- Diot ?

 Reï fixa le bambin trop étonné. Luce regardait dans la direction de la porte. Un fou rire gagna le blond. Il riait tellement qu’il devait se tenir les côtes qui lui faisaient mal. Ludwig pénétra dans le salon stupéfait et regarda son ami plier en deux. Luce, tout content, riait dans son coin et s’amusait à jeter un peu partout ces cubes.

 Lud s’installa à genoux près de Reï qui faisait ces devoirs sur la table basse et l’observa un instant sans rien dire, juste en esquissant un sourire de le voir si joyeux. Petit à petit, Reï se redressa, inspira et expira à fond pour retrouver son calme. Il n’avait jamais autant ri.

- On peut savoir la cause de ce fou rire ?

- Ha ! Euh ! Tu ne l’as pas entendu ?

- Quoi donc ?

- Je ne sais pas si je dois te le dire. Tu pourrais te vexer après tout, renchérit le blond en souriant.

- Mais non, pourquoi je me vexerais ?

- C’est la faute de Luce, il t’a traité d’idiot.

- N’importe quoi ! Comment veux-tu qu’il dit un truc pareil. Tu as du mal entendre !

 Ludwig sentit une petite secousse sur son tee-shirt. Il baissa son regard et y aperçut le petit microbe qui souriait comme à son habitude. Il allait lui frotter la tête quand le bambin lança :

- Diot ?

 Ludwig resta bouche bée pendant que Reï repartait dans son fou rire en voyant la tête de son ami. Finalement, Lud attrapa Luce et l’assit sur la table. Il le regarda droit dans les yeux. Il voulait surement lui faire peur sauf qu’au lieu de cela, le bambin attrapa les joues du percé et les tira.

- Ca t’amuse comme un fou, hein, petite canaille ?

 Luce sauta et se mit à rire.

- Tu vois que j’avais raison !

- Ah oui ? Et on peut savoir qui lui a dit que j’étais un idiot ?

 Reï se sentit rougir.

- Ah euh ! … Je ne l’ai dit que deux fois seulement. Ce n’est pas de ma faute s’il a compris que je parlais de toi. Comme quoi, il est intelligent !

- Ce n’est pas grave, je me vengerais, répliqua le percé en jeta un coup d’œil au blond qui regarda ailleurs.

 Pour changer de sujet, Reï demanda à qui appartenait les carnets à dessin sur la bibliothèque.

- A Carlin, bien sur. Des qu’il arrête de courir partout et s’il s’ennuit, il dessine.

- Est-ce que je peux les regarder ?

- Evidemment ! S’il ne veut pas qu’on les regarde sans sa permission, il les met dans sa chambre.

 Reï se leva et entreprit d’en prendre plusieurs pour les regarder. Il revint s’assoir près de la table de salon. Il en posa un sur la table et l’ouvrit. Il reconnut d’emblée Renko Miori en plus jeune. Il avait déjà une sacré assurance et avait gardé son air un peu sauvage. Un petit doigt toucha l’image et dit :

- Papa !

- Haha ! Il arrive à le reconnaître. T’es trop fort, Luce !

- C’est normal, c’est mon fils donc c’est un génie, répliqua aussitôt une voix.

 Les deux jeunes sursautèrent d’un même ensemble. Ils n’arriveraient jamais à s’habituer à voir arriver toujours par surprise Carlin. Cet homme était un vrai chat à la patte de velours. Luce, voyant son père, lui tendit ses bras en criant :

- Papa, papa, papa …

 Carlin s’approcha des jeunes et s’installa exprès entre eux. Ludwig grogna de frustration. Luce rampa jusqu’aux bras de son père qui le prit contre lui. Le petit posa sa tête contre son épaule, le pouce dans la bouche.

- Vas-y, continue Reï. Je ne vais pas te manger, tu sais.

 Le blond se mordit les lèvres et tourna à nouveau les pages du carnet. Il y avait beaucoup de dessins de Renko, mais ensuite il y vit d’autres personnes que Carlin nomma, Akira, Mili, Youji, Daisuke etc. … Pour ce Daisuke, Reï fut vraiment stupéfait de la musculature de cet homme. Il jeta juste un coup d’œil vers Carlin et laissa échapper :

- J’ai bien du mal à imaginer que c’est ton cousin. Vous avez une sacrée différence de gabarit !

 Carlin éclata de rire. Reï le regarda d’un air stupide. Qu’est ce qu’il avait dit d’amusant ? Même Ludwig n’en voyait pas la raison.

- Pardon, mais tu as presque dit la même chose que Renko quand il a sut que Dai était le cousin de ma mère. Ha ! Trop drôle !

 Carlin fit comme s’il réfléchissait avant de lancer.

- C’est peut-être normal après tout. Il y a des fois où tu me fais penser à lui, surtout ton côté sérieux. Mmmmmh ! Je me demande si tu vas finir par devenir aussi enquiquineur et aussi pervers !

 Ce fut au tour de Ludwig de rire de la tête halluciné de Reï qui rougissait à vue d’œil.

- Carlin, donne-moi le remède miracle pour le rendre pareille ? Susurra Ludwig sous le regard furieux du blond.

 Son oncle se releva en tenant bien Luce qui venait de s’endormir tout en gloussant.

- Il n’y a pas de remède, Lud. Si c’est dans sa nature, il le deviendra tout seul. Sur ce, je vous laisse.

- Ne te fait pas de film, idiot ! Ca n’arrivera jamais !

 

 Quelques heures plus tard, Reï rangea son sac de cours sous le lit. Il n’entendit pas son camarade arriver et bondit comme un malade quand il sentit une main se poser directe sur ces fesses. Il se retrouva face à face avec Ludwig qui souriait ravi de son effet.

- Espèce de malade !

- Ah ! Je ne suis plus idiot ?

 Ne préférant pas répondre, Reï voulut passer, mais le percé l’en empêcha en le poussant. Le blond cogna sa jambe contre son lit et tomba à la renverse. Ne perdant pas de temps, Ludwig se positionna juste au dessus de lui en califourchon. Il eut un sourire en coin quand il vit son camarade mal à l’aise.

 Le garçon voulait repousser le percé mais il n’osait pas le toucher. Il avait peur de ces propres réactions. Ludwig devait s’en rendre compte car son sourire s’élargit. Cela l’amusait beaucoup de le voir paniqué.

 Le percé se pencha et frôla légèrement ses lèvres contre celles de Reï qui se mit aussitôt à trembler. Ludwig se demandait si c’était de peur, d’appréhension ou bien autre chose. Avec la langue, il en fit le contour et à sa grande surprise, les lèvres s’écartèrent. Il hésita un instant avant de s’en emparer. Il titilla d’emblé la langue timide avec son piercing et la réaction se fit aussitôt.

 Quand il redressa la tête, il vit le blond qui gardait les yeux fermés, les joues rouges. Ludwig se demandait s’il pouvait se permettre d’aller un peu plus loin. Il se secoua un bon coup. Reï était assez grand pour décider tout seul quand il faudrait s’arrêter. Alors sans plus réfléchir, Ludwig continua. Il déposa ses lèvres sur la bouche qui le laissa à nouveau entrer, ensuite elles glissèrent sur les joues un peu creuses, jusqu’à une oreille qu’elles s’amusèrent à taquiner.

 Reï ne réagissait pas. Il laissait les sensations venir à lui. Le fait que Ludwig soit du même sexe, ne le dérangeait absolument pas, mais cela ne voulait pas dire non plus qu’il le laisserait faire tout ce qu’il veut non plus.

 Les lèvres de Ludwig glissèrent ensuite vers le cou. Il sentit le corps de Reï frissonner. Serai-ce un point sensible ? Il s’amusa à s’attarder à cet endroit. Le corps soumis se trouvait plus tendu. Le percé posa ses mains sur la taille mince du blond et rebroussa le pull. Il les fit glisser dessous et elles allèrent caresser la peau douce.

 Ludwig se réjouissait de voir son camarade disposer à se laisser faire, mais en même temps, il savait bien que ce n’était pas le moment, ni l’heure. Il retira ses mains et se redressa. Il avait le souffle un peu court. Il vit que le blond l’observait en silence. Il avait encore le regard vert un peu brumeux. Dieu qu’il était tentant ! Ludwig posa son front sur le torse de Reï et s’exclama :

- T’as pas honte d’être aussi mignon !

 Le corps du blond fut secoué d’un rire.

- Va porter plainte si tu veux ! Je n’ai pas demandé à naître ainsi.

- Je ne faisais pas de reproche, idiot !

 Le percé grogna quand il sentit un coup sur la tête, il se redressa d’un bond.

- Aïe ! Ca fait mal !

- Je ne suis pas un idiot ! C’est toi l’idiot ! La vérité sort toujours de la bouche des enfants. Tu ne le savais pas ?

 Ludwig grogna à nouveau et jeta un oreiller à la tête de Reï. Le blond s’échappa et attrapa celui d’un autre lit et frappa le percé avec. Une bataille d’oreiller eut lieu avec des mots tendres à couper aux ciseaux. Thalia, en passant devant la porte, pouvait les entendre rire. Un sourire étira ses lèvres. Elle était heureuse de voir son frère reprendre goût à la vie. Elle le préférait beaucoup plus ainsi que faisant la tête toute la journée.