Les jeunes rentrèrent qu’aux petits matins. Reï pouvait dire que c’était bien la première fois où il s’était vraiment amusé comme un fou. Le top des tops, ce fut quand pour faire plaisir à Ludwig, Shin ordonna à son camarade de lui mettre une certaine musique. Il semblait que cette musique charmait comme un serpent le percé. Plus tard, il apprit de la bouche même de l’intéressé que c’était la musique préférée de sa mère Ludivine.

            Dès les premiers morceaux, Ludwig se retrouva de nouveau sur la piste et devint presque fou au grand plaisir de ces amis d’ailleurs. À vrai dire, Reï trouvait la musique très chouette et puis faire de la musique dance avec le son d’un saxophone, il fallait oser. Shin lui donna le titre dès qu’il put lui demander. C’était Infinity deux mille huit de Guru Josh Project, une musique reprise sortie dans les années mille neuf cent quatre-vingt-dix.

            Lina pendant la chanson était venue chercher Reï afin qu’il ne reste pas seul. La folie de Ludwig avait gagné tout le monde et la boite était surchauffée. Bien sûr, Shin ne resta pas en reste et accompagna son ami dans sa folie.

            Reï put dire ce soir-là qu’il n’avait jamais ri autant depuis très longtemps. Quand il fut l’heure de rentrer, les jeunes se retrouvèrent un peu dans le chou. Heureusement pour eux, Lina était une très bonne conductrice et n’avait bu aucune goutte d’alcool. En chemin, Ludwig tomba dans le sommeil et sa tête tomba pile-poil sur l’épaule de Reï qui n’osa pas bouger de peur de le réveiller.

            Shin leur avait annoncé qu’il venait les rejoindre chez les Oda Miori. Il les suivait en moto. Évidemment avec la chance qu’elle avait, Lina se fit contrôler par les gendarmes. Les coquins s’étaient très bien cachés. Mais manque de pot pour eux, la fille n’avait rien à se reprocher et ils ne tardèrent pas à la relâcher. Par la même occasion, ils s’occupèrent de Shin, mais ne restèrent pas longtemps, car une voiture passa à très grande vitesse. Les gendarmes furent donc trop occupés d’un coup pour les ennuyer encore plus.

            Quand finalement, ils arrivèrent, ils entrèrent dans la maison sans faire de bruit. Mais contre toute attente, l’un des deux hommes se trouvait toujours debout. Apparemment le petit Luce avait décidé que l’un d’eux ferait une nuit blanche. Carlin les salua plutôt grognon. Trois nuits blanches consécutives ne rendaient surement personne de très agréable compagnie.

            Alors, ce fut sur la pointe des pieds que les jeunes se rendirent dans la chambre pour au moins avoir quelques heures de sommeil. Lina et Maeva squattèrent la chambre des garçons, vu qu’il y avait assez de lits.

            Ludwig se sentait bien pour une fois. Il se disait qu’il allait pouvoir faire une nuit complète sans cauchemars. Dans la semaine, Reï l’avait réveillé deux fois à cause de son agitation. Il s’en voulait un peu. Il ne voulait pas déranger les personnes qui n’étaient pas concernées par ses problèmes. Mais ce qui plaisait bien à Lud, c’était que le blond ne se plaignait jamais.

            Pas, qu’il n’avait pas de caractère, bien au contraire, mais que dans un sens, il savait être patient. En y réfléchissant, par certains côtés, Reï lui faisait penser à Simon, son défunt beau-père. Simon était toujours d’une patience d’ange, toujours le sourire et un mot gentil pour tout le monde et en particulier pour Ludivine.

            Ludwig se laissa tomber comme une masse dès qu’il vit son lit et s’endormit aussitôt sans se déshabiller. Maeva emprunta un des lits superposés tout comme Shin qui attrapant Lina, la força à dormir dans le même lit que lui. Il lui énonça qu’il avait besoin d’une bouillotte. Une excuse bidon ! Bien que la jeune fille ne refusa pas. C’était évident !

 

            Le jour venait de se lever depuis un moment quand Carlin se réveilla en sursaut du canapé. Le petit Luce se trouvait dans ses bras bien réveillés également. Dès qu’il vit son père le regarder, il lui adressa un joli sourire édenté.

- Tu es une sacrée fripouille, Luce !

            Le petit se mit à rire. Le jeune homme se releva et s’étira un bon coup. Un bon café et il serait d’attaques pour jouer les chieux aujourd’hui. Il embarqua le petit sous le bras. Luce riait d’être porté de cette façon. Il lui donna un biberon de lait. C’était la seule chose que l’estomac du petit acceptait le matin. C’était bien tout de même ces machines Senseo et compagnie. C’était rapide et efficace. Dès qu’il but sa première tasse, Carlin se sentit beaucoup mieux. Il en but au moins trois, puis s’exclama au petit Luce qui le regarda avec grand sérieux.

- Alors qu'est-ce qu’on fait maintenant ? Il est neuf heures trente du matin. Qu'est-ce que l’on pourrait faire à ton avis ?

            Luce pencha la tête sur le côté comme s’il réfléchissait et tout à coup se mit à rire. Son père eut un sourire à son tour. Un sourire de connivence !

- Tu penses comme moi, mon poussin ? On va faire les fous.

            Carlin attrapa dans ses bras le petit, se mit en devoir de monter à l’étage. En premier lieu, il devait s’occuper d’aller picorer celui qui avait réchappé à la nuit blanche. Il pénétra dans sa chambre et sauta sans douceur sur le lit en criant avec Luce. Renko se réveilla tellement en sursaut qu’il faillit chavirer du lit. Carlin éclata de rire de la situation.

- Carliiiiiinnnnnn ! On est dimanche.

            Son compagnon posant Luce entre les deux oreillers afin qu’il ne tombe pas, se pencha ensuite vers le brun et lui baisa les lèvres. En même temps, il souleva la couette et observa en dessous. Renko lui tapa la main.

- Pervers !

- Mais euh ! Je regardais juste si tu avais toujours de belles fesses.

- Elles n’ont pas changé, depuis hier soir, voyons !

            Carlin sourit. Luce bougea et se laissa tomber sur son deuxième père qui le rattrapa à temps.

- Toi aussi, tu es un démon !

            Le petit se mit à rire.

- J’ai bien l’impression qu’il déteint sur toi.

- N’importe quoi ! Allez ! Vient mon poussin. Il faut s’occuper des autres maintenant.

            Luce tendit ses petits bras à Carlin, qui le reprit dans ses bras. Avant de se lever entièrement du lit, il se pencha à nouveau vers son compagnon pour un nouveau baiser plus long cette fois-ci.

            Ensuite, en sautillant jusqu’à la porte, il s’exclama :

- Allez debout fainéant ! La meute d’affamé va arriver dans ta cuisine avant même que tu puisses dire ouf !

            Renko se laissa retomber sur les draps en poussant un long soupir. Impossible d’avoir la grasse matinée avec lui ! D’ailleurs, il ne savait pas du tout ce que cela voulait dire. Après un autre soupir, il se décida enfin à se lever. S’il ne le faisait pas assez vite, il risquait de revenir à nouveau et il lui en ferait voir des vertes et des pas mûrs.

 

            Carlin ouvrit doucement la porte de la chambre des garçons. Comme il se doutait le lit de tête était vide. En entendant le bruit de la douche, il sut de suite où se trouvait Reï. En jetant un rapide regard dans la chambre, il trouva assez rapidement ce qu’il cherchait. Il s’y dirigea et l’emprunta. Il se dirigea vers la salle de bain et d’un doigt fit le signe de silence au petit. Celui-ci refit le geste et eut un sourire.

            Reï se trouvait sous la douche depuis un moment. Il éteignit le robinet et se retourna. Il fut ébloui par un flash. Quand il sut ce qui c’était passé, il se sentit rougir de la tête aux pieds et attrapant une serviette se cacha derrière. Dès que ces yeux purent de nouveau voir correctement, il vit Carlin avec un large sourire tenant dans une main un appareil photo et de l’autre Luce.

- Vous n’avez pas osé ?

- Haha ! Bien sûr que si ! Mais si tu ne veux pas que j’en prenne d’autres et méfis-toi, je suis très doué pour en faire, tu as intérêt à me tutoyer. Fais en sorte que ta jolie petite tête s’en souvienne.

            Après cette réplique, le jeune homme sortit de la salle de bain abandonnant un adolescent rouge comme une tomate et qui ne savait pas du tout comment réagir. Il se dirigea ensuite vers les deux corps allongés dans le même lit. Un flash les réveilla en sursaut. Surtout pour Shin qui se redressa d’un bond et se cogna violemment la tête contre le haut du lit.

            Il foudroya du regard le coupable qui souriait d’un air sadique. Lina se frotta les yeux encore à moitié endormis.

- Carlin, il est trop tôt !

- Je sais, c’est bien pour cela que je suis là !

- Tu es un vrai sadique, papa ! s’exclama Maeva qui s’était réveillé en entendant le cri de Shin.

- Hihihi ! Allez au tour du dernier !

            Il se dirigea vers Ludwig. Il s’amusa à prendre plusieurs clichés de son filleul. Il savait bien que les flashs ne le réveilleraient pas du tout.

- Il est trognon quand il dort, s’exclama Maeva.

            En entendant du bruit derrière lui, Carlin se retourna et vit Reï. Il se mit à glousser quand le garçon se mit à nouveau à rougir. Pour le taquiner encore plus, il murmura :

- Les filles ? Vous voulez voir une belle photo ?

            Maeva et Lina s’approchèrent du jeune homme. Reï bondit et récupéra l’appareil photo.

- Hors de question !

- Eh ! Pourquoi ne veux-tu pas nous laisser regarder ? S’offusqua Lina.

- Ça ne te regarde pas !

            Carlin éclata de rire.

- Papa ? Qu'est-ce qu’il y avait comme photo ?

            Carlin lui jeta un coup d’œil malicieux.

- C’est un secret ! Bon, allez ! Luce, c’est le moment d’attaquer la terreur !

            Le jeune homme se retourna de nouveau vers son filleul et comme la dernière, dans l’appartement du percé, il se mit à califourchon entre les jambes et posa devant lui le petit. Luce se trouvait carrément assis sur le ventre de Ludwig.

            Le jeune homme brun sentit un poids et deux petites mains qui lui tiraient les joues en riant. Il ouvrit les yeux et croisa le regard noir moqueur de son oncle.

- On ne peut même plus dormir en paix ?

- Que dalle ! De plus si tu étais réveillé, tu aurais pu voir une certaine photo de Reï sous la douche.

- Quoi ? Bouge-toi, je veux la voir !

            Ces amis éclatèrent de rire, alors que Reï s’écria qu’il était hors de question qu’il la voit, que de toute façon, il l’avait effacé. Mal lui en prit, car Carlin lui jeta un regard de concupiscence. Le blond, horrifié, vit l’oncle de Ludwig sortit de sa poche un autre appareil photo et de le donner au percé. Rougissant, il s’enfuit de la chambre sous les rires de ces nouveaux camarades. « Le bougre, il l’avait bien eu ! »

            Il pénétra dans la cuisine où une bonne odeur de pain grillé se faisait sentir. Renko se tourna vers lui et le vit tout rouge. Il eut un sourire.

- Rien qu’à voir ta tête, je dirais que tu viens de te faire avoir en beauté par Carlin ? Je me trompe ?

            Reï se laissa tomber sur un siège.

- Est-il toujours comme cela ?

- Hahaha ! Tu n’es pas encore sorti de l’auberge mon pauvre. Ça, ce n’est qu’une des facettes de mon adorable compagnon.

            Reï laissa tomber sa tête sur la table.

- Dans quelle galère je me suis foutu !

            Renko éclata de rire. Il ébouriffa la tête blonde. Reï trouvait à chaque fois agréable ce simple geste. Il se souvenait que sa mère le faisait souvent quand il était petit surtout pour l’aider à dormir. C’était si loin. Il se redressa quand il entendit les autres arrivées. Ludwig pénétra dans la cuisine en pleine forme. Il s’installa près de Reï et se pencha vers lui, il lui chuchota :

- T’étais vraiment trognon sous la douche.

            Reï se recroquevilla un peu plus sur sa chaise pendant que Lud se mettait à rire de son embarras.