Chapitre 14

 

       Ne voyant pas revenir Eryna Oda et vu que leur estomacs criaient famine, Carlin finit par accepter de se lever pour préparer un repas pour ses amis et lui. Ce n’était vraiment pas dans ces cordes la cuisine et Renko vint finalement lui donner un coup de main. Il fut gratifié par un rapide baisé avant que les deux autres viennent y mettre leur grain de sel. Ludmila félicita donc le cuistot pour la nourriture et lui demanda où il avait appris. La mère des frères ne sachant pas cuisiner même un œuf, Renko s’était débrouillé depuis son plus jeune âge pour pouvoir nourrir son frère dignement et sainement. Tous quatre dégustèrent donc avec bonne appétit des pâtes à la carbonara. Bien sur, ils n’oubliaient pas pour autant de discuter sur les sujets qu’ils les intéressaient. Youji finit d’ailleurs par demander :

- Pourquoi Ludwig et toi allaient chez le psy ?

- Pour Ludwig, c’était des problèmes familiaux. Il semblait que son père et lui étaient toujours à s’engueuler pour un oui, pour un non. Il faisait également tout pour se faire haïr des autres élèves de son lycée. Personne ne sait encore maintenant pourquoi il le faisait et on ne le saura jamais.

       La jeune fille regarda un instant son assiette en silence. Parler de Ludwig lui faisait encore un peu mal. Après tout, c’était son premier amour et le père de l’enfant qu’elle portait.

- Quant à moi, j’étais une suicidaire récidiviste doublé d’un début d’anorexie.

- En gros, vous étiez tous des cas, s’exclama d’un coup Youji. Mais pour Ludwig, je ne savais pas qu’il avait des problèmes avec son père. À l’époque, il vénérait son père comme un héros.

- Cet homme, un héros ? Je ne vois pas en quoi, il peut être un héros, répliqua Renko.

       Son frère lui jeta un regard surpris. Renko devait savoir plus de chose que lui. Il soupira, il était toujours le dernier mis au courant.

- Pourquoi tu dis ca, frérot ?

- Tu ne t’es jamais demandé pourquoi Ludwig ne nous invitait plus chez lui ?

- Si, mais …

- Il voulait nous épargner de la vue pitoyable d’un homme qui avait succombé à l’alcool. Je les sus quand je suis allé les voir pour leur parler des problèmes de drogues de Ludwig pensant que sa famille pourrait l’aider, mais c’était juste pitoyable. Même sa mère ne faisait rien pour arranger les choses. Elle laissait faire sans aucune autorité. Comment veux-tu t’en sortir avec ce genre d’individu ?

- Tu peux dire cela Renko, mais en même temps, tu l’as abandonné, répliqua Ludmila sans prévenir.

       Le jeune homme reçut cette phrase comme un coup de poing. Carlin posa une main sur sa cuisse que Renko s’empressa de s’emparer. Il le savait depuis longtemps. Il avait pensé juste amener Youji chez son père et ensuite revenir aider son ami, mais son père lui avait parlé d’une chose qui l’avait fait changer d’avis. Il avait préféré écouter son propre cœur plutôt que celui de son ami d’enfance. Maintenant il le regretterait toute sa vie.

- Tu es cruelle Ludmila ! s’écria Carlin furieux. Nous sommes des gosses, même à 18 ans, nous sommes encore des gosses. Nous ne pouvons vivre normalement comme des adultes. Nous avons besoin d’eux ! Que voulais-tu qu’il fasse de plus ? Ludwig ne l’aurait jamais laissé faire et leur amitié aurait été détruite à jamais. Tu le sais, il nous l’avait clairement dit ! Il ne voulait plus que Renko et Youji soient dans les parages. Il ne voulait plus que les deux personnes qu’il chérissait le plus, se trouve dans la même ville que les deux autres.

- Pourquoi ? Explique-toi !

- C’est Gustave et Liam qui ont donné la drogue à Ludwig. Ils en vendaient au lycée. Une fois, il nous a dit que les deux autres avaient projeté d’en donner à Youji.

- Hein ? Mais j’en n’aurais pas voulu. Ils sont barje !

- Tu n’en aurais peut-être pas voulu, mais ils auraient fait en sorte que tu en veuilles, rétorqua la jeune fille. C’est facile, il t’aurait fait boire et quand tu aurais été sous contrôle une petite piqure et  hop !

- Ce serait bien leur genre.

       Carlin jeta un coup d’œil à son camarade. Il avait le visage fermé.

- Merde ! Tu veux dire que Ludwig voulait à tout prix nous protéger ?

- Oui comme il l’a fait pour nous lors de l’accident.

       Renko se tourna vers Carlin. Il n’avait pas pu assister à l’enterrement de son ami d’enfance, car il l’avait su beaucoup trop tard. C’était sa mère qui avait daigné les informer. Le garçon se rappelait très bien de l’immense accident d’autoroute. Les journaux et les informations à la télévision en avaient parlé pendant des jours, mais ils n’avaient jamais publié le nom des victimes. Comment aurait-il pu deviner que son ami, ce serait retrouvé au milieu de ce drame ? Carlin, la tête baissée, se mit en droit de dire ce qui s’était produit ce fameux soir, aidé par la jeune fille qui d’ailleurs commença :

- Ils nous arrivaient souvent de nous réunir à la sortie de la ville. La bas, il y avait un vieux parc et une vieille bicoque. C’était notre lieu secret où nous allions tous les trois pour discuter, faire les fous. Pour s’engueuler aussi, ça nous arrivait. J’arrivais souvent la première et ce soir-là ne fit pas exception. Mais pour mon malheur, Gustave et Liam s’y trouvaient également. Ils se trouvaient dans le parc. Ils sont venus me chercher querelle dès qu’ils m’aperçurent. Ils faisaient peur. Ils étaient brutaux.

- Je suis arrivé un quart d’heures après, reprit Carlin voyant qu’elle n’osait plus parler. Ludmila était sur le sol, les vêtements à moitié déchirer. Elle se débattait. J’ai foncé sur eux. Je les ai frappé, mais deux contre un, je ne faisais pas le poids. Ils m’ont frappé à leur tour.

- Frappé ? Tu veux plutôt dire tabasser ! Ils t’ont battu à mort Carlin. Ils y allaient à coup de pied. Tu n’arrivais presque plus à protéger ton visage. J’ai voulu l’aider, mais ils se sont retournés contre moi. J’ai reçu des coups. Je me souviens que l’un d’eux a jeté sa jambe vers mon ventre et que c’est Carlin qui l’a reçu à ma place.

       Youji jeta un coup d’œil vers le garçon qui semblait recroqueviller sur la chaise. Il remontait dans son estime. Il était horrifié. Dire qu’il avait côtoyé ces deux garçons pendant 3 ans. Il pouvait voir la rage déformer le visage de son frère. Lui aussi, il devait les haïr, surtout à cause de ce qu’ils avaient osé faire à Carlin. Renko serra ces doigts plus forts à ceux de son ami. Celui-ci releva la tête. Contrairement à ce qu’il avait imaginé, parlait de ces vieux souvenirs ne lui faisait plus aussi mal qu’avant.

- Après ça, il vaut mieux que Ludmila parle à ma place parce que je me souviens plus de grand-chose, même de l’accident d’ailleurs.

- Quand ils ont vu que Carlin me protégerait aussi longtemps qu’il respirerait, ils ont fini par lui injecter un produit. Je suppose que ce devait être de la drogue. Ca m’a fait peur, horriblement peur. Carlin hurlait et se débattait, ensuite plus rien. Il ne bougeait plus. Les deux autres ricanaient, mais pas longtemps, car ils ont entendu une voiture arrivée. Ils se sont regardé et sont partis à l’opposé. J’ai essayé d’appeler les secours par le portable, mais il avait été endommagé. Ludwig est arrivé peu de temps après. J’avais essayé de réveiller Carlin, mais il ne réagissait pas. Je paniquais. J’aurais pensé que Ludwig serait aussi paniqué que moi, mais c’est la première fois et même la dernière fois d’ailleurs, où je l’ai vu différemment. Je l’ai trouvé plus adulte. Il a soulevé Carlin et nous a conduit jusqu’à sa voiture. Il n’a pas broché une seule fois. J’ai juste vu son regard, un regard complètement éteint. J’étais à l’arrière tenant Carlin dans mes bras. Je pleurais en silence.

       Les larmes coulaient le long des joues de Ludmila, mais sa voix était clair, ne tremblait pas. Carlin l’écoutait en larme lui aussi. Elle lui avait déjà raconté la partie qu’il ne savait pas puisque inconscient.

- Un moment, je me souviens, Ludwig m’a parlé. Il disait qu’il ferait en sorte qu’ils ne nous ennuient plus, ni nous ni quelqu’un d’autre. Qu’il aurait dû s’en douter que Gustave et Liam s’en prendraient à nous deux, qu’il n’aurait pas du être si négligent. Il s’excusait de nous avoir apporté les ennuis. Ensuite il y a eu le drame. J’ai vu de loin l’explosion, puis les voitures qui allaient dans les sens et j’ai entendu avant de perdre connaissance, la dernière phrase de Ludwig. « Je suis désolé Ludmila ».

       Elle éclata en sanglot. Renko la prit par l’épaule et la serra contre lui. Le jeune homme observa le ventre de la jeune fille. Ludmila s’écarta au bout d’un moment.

- Merci, lui dit-elle simplement, elle essuya ses larmes. Quand je me suis réveillée, je me trouvais à l’hôpital entouré de personnes que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, mais ils m’ont traité comme si j’étais leur fille. C’était étrange ! C’est eux également qui m’ont annoncé la mort de Ludwig et le coma de Carlin. J’ai plus voulu quitter la chambre de Carlin tant qu’il ne se réveillait pas. Ils ont dû m’installer un lit pour que je puisse me reposer.

- C’est vrai, tu es la première personne que j’ai vue en me réveillant. Ça m’a changé de l’horrible tête de Daisuke !

       La jeune fille sourit.

- Qui étaient ces personnes étrangères ? interrogea Youji très curieux.

- Mili a déteint sur toi Youji, s’exclama Carlin en souriant.

       Le jeune homme rougit. Heureusement qu’il était là. Il changeait l’humeur morose et triste de la pièce.

- Oh ! Vous les connaissez. C’est Basil Moreau, sa femme Lilas et Simon Lagardère.

- Le proviseur de notre lycée ?

- Oui, lui-même. Lilas, c’est votre Infirmière et Simon c’est le prof d’Art plastique, je crois qui est le fils de Lilas.

       Les deux frères jetèrent un coup d’œil vers Carlin qui les observa innocent.

- Je suppose que tu le savais ? demanda Renko.

       Le garçon se mordit la lèvre inférieure et se tortilla sur sa chaise.

- Oui, finit-il par dire. Je ne peux qu’être au courant. Lilas est la demie - sœur de Juntsou. Les Loutanit ne pouvaient pas avoir d’enfant, ils ont adopté et recueillit un bon poignet d’enfants orphelins. Juntsou fut placé chez eux quand il avait 10 ans et depuis ils sont devenus sa famille. Lilas a hérité de l’instinct maternel de sa mère adoptive. Quand les parents de Ludmila lui ont dit qu’elle n’existait plus pour eux, Lilas a décidé de l’adopter.

- C’est génial ! cria Youji. Même si j’ai un peu de mal à imaginer Loutanit avec un instinct maternel.

- Oui, c’est bien pour Ludmila, mais bon, il y a Simon aussi. Pas vrai Lud ?

- Je vais te taper, Carlin, s’exclama la jeune fille rougissante.

       Le garçon gloussa.

- Tu m’as cherché tout à l’heure, je te rends la monnaie !

- Tu as des vues sur le prof d’Art plastique ?

- Ne commence pas à t’y mettre Renko ! Non, je n’ai pas de vue sur lui.

- Menteuse ! Tu es toujours très frétillante quand il est dans les parages.

- Carlin ! Ça suffit !

       Le garçon se leva et entoura le cou de son amie. Il l’embrassa sur la joue.

- Ne crois pas qu’il t’en voudra si tu refais ta vie ma belle. Je suis sure qu’il ne veut que ton bonheur.

       La jeune fille baissa la tête et caressa son ventre.

- Ah merde ! Ce n’était peut-être pas la personne la plus fréquentable, mais il m’a quand même laissé un très beau cadeau, pas vrai ?

- Mouais, si tu le dis ! Ce sera encore un autre mioche qui va brailler dans mes oreilles, gloussa Carlin.

- Méchant !

       Le garçon s’écarta et se laissa attraper par Renko qui le logea entre ses bras.

- Mince, vous avez vu l’heure ?

- Bah ! Il est l’heure de se coucher. Pourquoi ?

       Youji se leva d’un bond.

- Il faut que j’y aille. Je suis sure que la porte sera fermé et je vais être obligé d’aller dormir au garage.

       Renko lança à son frère un trousseau de clé qu’il attrapa de justesse. Il regarda son frère avec surprise.

- Tu n’as qu’à dormir à mon appart. C’est plus près et n’oublie pas d’appeler P’pa ou Debbie pour leur dire où tu es, Idiot !

 

       Bien qu’il fût tard, Carlin appela Matt Cauthon afin de savoir si sa mère se trouvait dans les parages. Le jeune photographe lui avoua que sa mère était chez eux une heure auparavant, mais qu’elle en était repartie. Elle avait annoncé qu’elle avait rendez-vous. Le garçon fut donc soulager pour sa mère et pour ces amis. Matt  lui affirma que Mili était bien rentrée chez elle, raccompagné par le jeune homme et d’Akira qui squattait l’appartement. Carlin se doutait bien que son ami ne perdrait pas une aussi belle occasion d’être avec son photographe préféré. Il put annoncer à Ludmila qu’elle pouvait emprunter la chambre d’Eryna Oda. Elle essaya de négocier pour avoir celle de son meilleur ami, mais celui-ci n’en démords pas. Bien que la fille fût plutôt du genre inoffensif et que de toute façon, Carlin ne ressentait rien pour elle, cela n’empêcha pas Renko de se dire que cette fille pouvait devenir pénible quand elle avait décidé d’emmerder son monde. Vu qu’elle s’en rendait bien compte, elle fit de son mieux pour être une vraie chieuse surtout pour embarrasser Renko, pour le frustrer également en accaparant son petit Carlin. Quand finalement au bout d’une heure de bagarre verbale, avec vannes, insultes polies et fou rire d’un démon qui prenait plaisir à en rajouter, Renko put s’enfermer dans la chambre de son camarade en soupirant à fendre l’âme. Comment Ludwig avait pu sortir avec une folle pareille ? Il venait à peine de la rencontrer qu’il en était déjà tout essoufflé. Carlin se tenait dans ses bras, la tête enfoui contre son torse. Vu les soubresauts de ses épaules, il riait encore.

- A-t-elle toujours été ainsi ?

       Carlin frotta son visage contre le tee-shirt de Renko en respirant son odeur, une odeur douce et piquante à la fois, exactement contre son propriétaire. Il finit par répondre.

- Non, elle était horriblement timide. La fille la plus renfermée que j’ai jamais vue. Elle n’avait pas une seule amie, elle s’habillait toujours de noire et d’après elle, et ce que j’ai vu aussi, elle n’était pas aimée du tout, par personne, même par sa propre famille. Elle n’avait aucune confiance en elle, elle se trouvait pitoyable. Mais voilà un jour, elle a débarqué dans une salle d’attente dans un hôpital et elle a rencontré les deux plus beaux mecs du coin.

       Renko émit un rire et serra son ami un peu plus fort.

- Tu n’es pas entrain de te jeter des fleurs ?

- Hein ? Je ne suis pas beau ?

       Carlin venait de lever son visage vers le jeune homme en boudant. Renko se pencha et baisa les lèvres minces, mais bien dessinés.

- Si très même, mais  pas avec un bleu sur la joue !

- Ah ! Je préfère !

       Avant que le jeune homme puisse se redressait, Carlin lui entoura le cou de ses bras et le força à rester à sa portée. C’était bien ce petit baiser, mais ce n’était pas assez. Il s’empara avec véracité la bouche de son camarade qui se laissa faire. La langue chaude s’inséra entre ses lèvres et taquina la sienne pour un ballet qui faillit lui faire perdre l’équilibre. Quand elle se retira, elle lui manqua. Il gémit de frustration. Carlin gloussa. Il mordilla la lèvre inférieure avant de reprendre le ballet où il avait terminé. Il glissa ensuite ces lèvres sur les joues un peu rugueuses, remontant vers une oreille qui le tentait. Il la chatouilla avec la langue. Il sentait le souffle de Renko s’accélérer et sentit contre lui son désir. Cela ne l’empêcha pas de continuer à taquiner cette partie. Renko passa une main sous le tee-shirt de Carlin pour sentir sa chaleur. Il remonta tout le long du dos. Carlin frissonna et se serra un peu plus. Cela mit Renko au supplice. Il passa sa main sur le devant afin de rejoindre un des endroits sensible du garçon. Il frôla légèrement avec les doigts et sentit le téton durcir. Il le caressa et joua avec.

Carlin poussa un petit cri de plaisir et se tortilla. Il finit par repousser la main taquine. Renko lui dut serrer les dents. Les lèvres du garçon quittèrent enfin l’oreille pour glisser à nouveau sur la joue, puis le menton carré et ferme avant de frôler à peine le cou. Renko se mordit les lèvres pour ne rien laisser échapper. Carlin releva le tee-shirt et le força à l’enlever. Le garçon se recula un peu. Il eut du mal, car son ami ne voulait pas le lâcher. Il glissa son regard sur sa poitrine. Renko avait un corps mince, mais au muscles fins avec des épaules carrés, sûrement dû au fait d’avoir pratiqué le basket pendant des années. De plus depuis qu’il travaillait au garage de Bradly, il se maintenait en forme. Carlin se lécha les lèvres et Renko laissa échapper un son inarticulé. Le garçon, avec un sourire taquin, leva les yeux vers son congénère. Renko se penchait de nouveau vers cette bouche très tentante quand tout à coup la porte céda derrière lui. Il tomba lourdement sur les fesses. Maudite soit ces portes qui s’ouvraient à l’inverses des portes normales ! Carlin, à genoux entre les jambes de son camarade, était plié en deux dans un fou rire qu’il avait beaucoup de mal à contrôler. Une voix derrière Renko, fit lever la tête de celui-ci. Il vit bien évidemment Ludmila. Elle le regardait avec un sourire emplie d’allégresse. Cette fille était un véritable démon incarné.

- On n’a pas idée de rester coller à une porte les enfants !

- De quoi, je me mêle ! T’était pas au lit ?

       La jeune fille s’accroupit malgré son gros ventre. Elle ne se gêna pas pour observer le corps du petit ami de Carlin. Renko se sentit mal à l’aise. Avec un petit rire, elle s’exclama en se relevant doucement.

- Allez bonne nuit !

       Elle se dirigea vers la chambre d’à côté et avant d’entrer, elle reprit amusé :

- Carlin ? Il a un gros souci au niveau de l’entre jambe.

       Pendant que Renko lui s’empourprait, Carlin riait toujours en éclat.

- Vas-y amuse-toi à mes dépens, sale traître !

       Le garçon, gloussant toujours, se traîna au dessus de Renko et posa son front sur celui de son ami. Ils s’observèrent un moment en silence. Puis, le sourire du garçon s’élargit et s’exclama :

- Bon reprenons où on a arrêté !

       Carlin posa sa main droite sur l’épaule avant de la laisser glisser doucement sur la peau lisse et légèrement teinté de Renko. Celui-ci l’observait faire sans rien dire ou faire un geste pour reprendre le contrôle. Il devait vraiment être étrange. Il n’avait jamais aimé être dominé par qui que se soit, mais par Carlin, cela ne le dérangeait pas. Il devait bien s’avouer qu’il faisait pas mal de chose qu’il ne faisait pas avant. Les lèvres du garçon venait de se poser à son tour sur le torse et venait titiller les deux tétons qui durcissaient sous les coups de langue et les morsures que leur faisait subire Carlin.

Finalement, la bouche gourmande quitta ses nouveaux jouets pour descendre vers une petite cavité qu’elle titilla pendant que deux mains déboutonnaient un pantalon aidé par deux autres très impatiente. Renko sentait le souffle de Carlin sur son ventre. Il se demandait si celui-ci ne le faisait pas exprès. Ce serait bien son genre de le rendre fou. Son pantalon et le reste de ces vêtements furent valdingués un peu partout. Carlin retira son propre tee-shirt. Renko put ainsi admirer le corps de son amant à loisir. Bien qu’il ait déjà couché avec lui plus d’une fois ce week-end, il ne s’était pas vraiment attardé à l’observer.

Sa peau blanche ressortait par rapport à la sienne. Bien que très très mince, son corps était tout en muscle fin et noué. Le regard de Renko s’attarda sur trois points sur le torse de Carlin. L’un se trouvait à quelques centimètres de son cœur, un autre juste au dessus du nombril et le dernier à la droite. Ce n’était plus très visible, mais ces trois petites marques resteraient à vie sur son corps. Trois petites cicatrices dues au couteau qu’Oscar Aduscar, le père du garçon, lui avait donné quand il avait à peine 6 ans. Renko leva une main et frôla la cicatrice près du cœur. Le garçon l’attrapa et embrassa la paume avant de se pencher vers son camarade pour baiser ses lèvres d’un frôlement. Renko se sentit à nouveau frustrer, mais plus pour longtemps.

La main de Carlin vient se poser sur son sexe. Il le caressa doucement, dans un frôlement. Il en fit le tour avec un doigt tout en l’observant. Il sentait bien que Renko n’en pouvait presque plus. Il posa enfin sa bouche sur le bout et l’engloutit entièrement. Un nouveau son inarticulé retentit dans la pièce. Il commença le va et viens, joua avec sa langue la glissant le long de la verge. Il continua ce manège un petit moment avant que la charge finisse par éclater. Renko jouit dans la bouche de Carlin qui ne se retira pas. Il avala même le tout.

Quand il se redressa, il se léchait les lèvres et ne vit pas deux bras l’attrapaient pour le faire chavirer contre le torse de Renko. Celui-ci s’empara de cette bouche vraiment très gourmande. Rien que le fait de l’embrasser le fit durcir à nouveau. Ses mains se baladaient sur tout le corps de Carlin. Il déboutonna le pantalon et tira afin que le garçon l’enlève. Bien sur comme à son accoutumé, Carlin ne portait rien dessous. Cela excita encore plus son camarade. Le garçon gloussait contre le torse de Renko qui se transforma en un cri de plaisir quand les mains baladeuses lui frôlèrent les fesses et les malaxèrent.

Carlin s’installa en califourchon sur les jambes de son camarade et laissa les mains jouaient avec son corps sans condition. Finalement n’en pouvant plus, Carlin se positionna en bonne place et laissa la verge pénétrer son anus. Il serra un peu les dents. Le passage n’était pas toujours très agréable au début, mais ce qui l’avait le plus surpris et que cela lui plaisait, c’était jamais douloureux avec Renko. Renko posa ses deux mains sur les cuisses de Carlin en forme de caresse. Le garçon lui sourit, d’un petit sourire, coquin et aguicheur en même temps. Il commença à bouger lentement, très lentement. Renko mordit à nouveau sa lèvre inférieure. Ce démon le faisait exprès.

Carlin fermait les yeux et se laissait porter par les sensations. Sentir Renko en lui, c’était un pure paradis sur terre. Son va et viens s’accéléra au fur et à mesure aidé par son ami qui le forçait à prendre un rythme plus rapide. Bientôt leur souffle se fit plus fort ainsi que leur gémissement. Ils jouirent en même temps et Carlin se laissa retomber sur le jeune homme. Il se sentait bien comme jamais il ne l’avait jamais été avant. Il sentit les lèvres de Renko lui frôler les tempes.

Renko avait du mal à retomber sur terre, mais il fut vite ramené en entendant.

- C’était un très joli spectacle ! Ne m’en veuillez pas si j’ai regardé jusqu’au bout, s’exclama joyeusement Ludmila appuyer sur le chambranle de la porte voisine.

       Le grand brun aurait voulu être six pieds sous terre. Il savait qu’il rougissait. Elle avait un sacré toupet ! Il sentit le regard de Carlin sur lui et le regarda. Carlin avait un sourire malicieux scotché sur les lèvres. Il eut un mauvais pressentiment.

- Tu savais qu’elle regardait ?

       Le sourire s’élargit. Il avait eu raison.

- Pourquoi tu ne l’avais pas vu ? demanda Carlin innocent.

       Renko attrapa son camarade et lui frotta la tête avec une main. Carlin criait et riait à la fois. Le garçon, pour se faire pardonner, baisa les lèvres de Renko.

- Pardon, pardon, mais c’était trop tentant. Puis je ne pouvais pas lui dire d’arrêter de regarder, alors que je l’ai vu plus d’une fois faire l’amour avec Ludwig.

       Renko hoqueta surpris.

- Mais t’es un vrai pervers ma parole.

       Carlin se mit à nouveau à rire avant de se relever et aida le jeune homme à en faire autant. Ludmila observa les deux hommes nus en silence. Elle n’allait tout de même pas se priver d’une telle vue. Elle avait vraiment de la chance d’être en vie finalement. De plus, c’était une très bonne fin de journée aujourd’hui. C’était le troisième homme nu qu’elle voyait depuis ce matin. Elle en avait de la chance. Elle rougit. Elle ne raconterait pas à Carlin qu’elle était entrée sans frapper dans la chambre de Simon ce matin. Il se changeait.

Elle se demandait lequel des deux avaient été le plus rougissant. Elle jeta un nouveau regard vers les deux garçons qui ne faisaient même plus cas d’elle. Elle leva les yeux au ciel et se décida enfin à gagner la chambre pour dormir.